• Captain America 2 : Le Soldat de l'Hiver


    La phase 2 du Marvel Universe au cinéma a commencé sur les chapeaux de roues avec Iron Man 3 (ou a très mal commencé selon si vous vous adressez à un fan du comic book ou à un néophyte) mais s’est embourbée avec le très décevant Thor 2, largement en retrait par rapport à l’ensemble des autres Marvels. Autant dire que Captain America 2 était attendu au tournant, tant les studios devaient rassurer le public. Alors que le premier volet constituait une plaisante surprise, Joe Johnston s’en est allé et la suite se voit confiée aux frères Russo, Joe et Anthony. Pas très connus au cinéma ( et c'est peu dire, qui se souvient de Toi et moi…Et Dupree ?) mais un peu plus dans les séries TV, leur nomination avait de quoi inquiéter. Comment deux novices allaient-ils pouvoir mener à bien la franchise du héros le plus patriotique qui soit ? Ce second opus, intitulé Le Soldat de l’Hiver, a pourtant surpris tout le monde. Explications.

    Steve Rogers, alias Captain America, s’acclimate doucement au XXIème siècle après avoir enduré le pire avec les Avengers dans l’invasion de New-York. Pourtant, des choses se trament en secret et Nick Fury, le directeur du SHIELD commence à soupçonner un complot visant son organisation. Épaulé par La Veuve Noire et Falcon, les deux héros vont devoir se confronter à une organisation secrète aux moyens colossaux employant un tueur sans-pitié et surpuissant surnommé le Soldat de L’hiver. Malgré les pertes et les blessures, Captain America va se retrouver confronter non seulement à son passé mais aussi à un avenir qui s’assombrit.

    Captain America est un héros difficile à adapter. Né dans le patriotisme américain de la seconde guerre mondiale, il peut très vite devenir de la propagande pure et simple. Heureusement, le premier volet jouait la carte de l’historique pour pallier à cet écueil. C’était donc ce volet, dans notre époque, qui allait se révéler déterminant. Les Russo s’en tirent d’ailleurs extrêmement bien, notamment pour dépeindre Steve Rogers, un homme mélancolique et solitaire, dont la vie a été brisé par son sommeil de près de 70 ans. Chris Evans tire ici encore davantage son épingle du jeu et prouve définitivement qu’il est parfait pour incarner l’homme ET le Super-héros. De plus, un peu à la façon de l’arc Civil War des comics, les réalisateurs ont l’excellente idée de positionner Captain America en porte-étendard des idéaux défendus jadis par les américains mais aujourd’hui largement foulés au pied. Du fait, pas de patriotisme américain à proprement parler, mais une sorte d’idéalisme fantasmé. Ainsi Rogers s’oppose au projet Insight qui tente d’instrumentaliser le concept de liberté dès le départ .

    C’est d’ailleurs ce concept qui occupe la part centrale du long-métrage et le scénario imaginé s’avère très convaincant, très actuel et surtout très juste. Comment protéger la liberté ? Doit-on prévenir la menace pour être libre ? Autant de questions fondamentales qu’explore le film avec bonheur. A l’instar du très politique Iron Man 3, le ton cynique en moins, le propos fait mouche. Concernant le cœur de l’intrigue elle-même, les Russo s’inspirent du travail du duo Bendis/Hickman sur Secret Warriors et L’hiver Meurtrier de Brubaker (qui fait d’ailleurs un caméo). Le melting-pot prend bien, même très bien et offre une histoire forte à la fois en rebondissements mais aussi en questionnement, notamment dans le rapport de Captain America envers son ennemi Le Winter’s Soldier. Ce dernier se révèle aussi fidèle et efficace que magnifiquement incarné par Sebastian Stan. Charismatique, impressionnant et intriguant, il offre un vrai adversaire au super-héros, là où Red Skull n’avait pas vraiment marqué les esprits. 

    La réalisation des frères s’avère également d’excellente facture, aussi nerveuse qu’il le faut dans les phases d’action sans pourtant jamais tomber dans une shaky-cam agaçante. Les multiples scènes de combats, bien plus nombreuses cette fois, sont superbement chorégraphiées et offrent quelques morceaux de bravoure (la poursuite de Nick Fury en voiture, l’affrontement sur le pont, les héliporteurs…) épaulées par des effets spéciaux impeccables et assez impressionnants. De même, Captain America est lié au SHIELD et donc aux personnages de Fury ou Black Widow. Le premier occupe une place de choix, notamment au début et Samuel Lee Jackson n’a aucun mal à briller. La seconde quant à elle manque un poil de subtilité dans son jeu mais permet à son personnage de gagner en épaisseur et en humanité. Mentionnons pour finir les petits nouveaux de la troupe alias Falcon incarné par l’excellent Anthony Mackie ,et Alexander Pierce interprété par le grand Robert Redford. Tous deux convainquent immédiatement et jouent un rôle essentiel dans la réussite du long-métrage.

    Côté fan-service et continuité, Le Soldat de L’hiver fait mieux que tous les autres précédents films et changent radicalement la face du Marvel Universe. On retrouve un tas de clins d’œil pour les fans : Stan Lee en caméo, des noms tels que Jason Sitwell ou Alexander Pierce, la mention d’un héros d’un futur film Marvel – aka Stephen Strange – ou encore Nick Fury qui part en Europe… N’oublions pas les fameuses scènes post-génériques (une après le premier, une en fin du second) dont la première donne de beaux frissons sur les trois personnages qu’elle laisse entrevoir. Voilà qui devrait achever de vous convaincre que Captain America 2 est une franche réussite.

    Plus que ça, Captain America 2 – Le Soldat de L’hiver pourrait bien devenir le meilleur film Marvel (à l’exception d’Avengers mais c’est un crossover) tout simplement. Passionnant de bout en bout, peuplé par un tas de personnages forts et attachants, soutenu par une réalisation sans faille et de vrais bouleversements, le premier gros film de Joe et Anthony Russo pour le compte de Marvel Studios laisse entrevoir de belles choses pour la suite, d’autant plus que les compères rempilent pour Captain America 3. Donc n’hésitez pas !
    Suite des réjouissances avec le Guardians of The Galaxy de James Gunn


    Note : 9/10


    Meilleur scène : Le combat de rue entre Captain America/Winter’s Soldier/Black Widow 

    Meilleure réplique : « Ça, ce n’est pas la liberté, C’est la terreur. »



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