• [Critique] 007 Spectre

    [Critique] 007 Spectre

    Immense succès international, Skyfall avait permis à la franchise James Bond de définitivement se débarrasser d'une image kitsch et vieillotte. Le troisième volet de l'ère Daniel Craig avait également introduit l'excellent Sam Mendès (American Beauty, Jarhead...) au poste de réalisateur. Trois ans plus tard, il revient aux commandes de Spectre, qui, à la façon de Casino Royale et Quantum of Solace, constitue une suite directe de Skyfall. En embarquant les désormais traditionnels Ralph Fiennes, Ben Whishaw et Naomie Harris, ce nouvel opus accueille également une belle brochette de stars avec Léa Seydoux en James Bond Girl, Christoph Waltz en grand méchant, Dave Bautista en homme de main coriace et Monica Bellucci en veuve éplorée. Tout le problème de Spectre réside dans sa capacité à reprendre le flambeau de son illustre aîné sans décevoir les fans de l'ère Craig. Un pari bien difficile. 

    Skyfall a vu la destruction du siège du MI-6 par Raoul Silva ainsi que la mort de M. Alors que l'Agence tente de se reconstruire, James part sur les traces d'un criminel notoire mentionné dans un message posthume de M. Il découvre rapidement que celui-ci fait parti d'une organisation tentaculaire appelée Spectre. Pour l'infiltrer et faire sortir de l'ombre son dirigeant, 007 doit retrouver la fille d'un ancien ennemi, Mr White. Seulement, le temps est compté pour Bond. Au Royaume-Uni, Max Denbigh, nouveau directeur de l'Agence, remet en question l'utilité des double zéros, devenus selon lui obsolètes depuis l'avènement de la technologie informatique de pointe. Une course contre la montre s'engage pour déjouer un complot mondial visant à mettre le monde à genoux.

    Si Skyfall avait été critiqué par les puristes, c'était pour son éloignement vis-à-vis des codes du James Bond classique. Plus noir, plus torturé, dénué de James Bond Girl, il est vrai que le premier opus de Sam Mendès permettait enfin à 007 de passer à un âge plus adulte. Ces critiques semblent avoir été entendu par le réalisateur américain qui réintroduit nombre des aspects traditionnels de la saga. Organisation secrète qui veut détruire ou (au minimum) asservir le monde, l'homme de main muet qui peut casser des murs à mains nues, les filles emballées par 007 en un seul regard...oui, le kitsch est de retour pour Spectre, au plus grand désarroi du public précédemment acquis et pour le plus grand bonheur des fans. Ou presque. Parce que Spectre n'arrive en réalité pas à se décider pour un retour aux sources total ou pour une continuité pleinement assumée avec Skyfall. Du coup, le long-métrage se retrouve le cul entre deux chaises, sorte de récit hybride qui ne sait pas vraiment sur quel pied danser.

    De ce fait, Spectre s'épuise en cours de route, case des personnages tout à fait inutiles dont la palme revient à celui de Monica Belluci en veuve éplorée qui s'envoie en l'air avec Bond au passage. Les poursuites en voitures ne sont pas aussi mémorables, la scène de torture fait un peu trop lisse comparée à celle de Casino Royale, et seules quelques rares passages captivent vraiment, en fait ceux qui retournent à la maturité atteinte avec Skyfall et qui tentent, tant bien que mal, de creuser le passé de l'agent secret. Seulement voilà, Mendès nous offre aussi deux mauvais choix artistiques avec son casting : Christoph Waltz et Léa Seydoux. Si le premier n'est pas mauvais à proprement parler, il fait son rôle habituel de méchant raffiné et prêt à dérailler à tout moment. Le manque d'originalité rend donc Oberhauseur bien fade en comparaison du génial Silva ou du charismatique Le Chiffre. Pour la seconde...les choses sont bien plus épineuses ! Lamentable de bout en bout, Léa Seydoux confirme qu'elle est une piètre actrice. Jamais crédible, soit dans l'excès soit dans le non-jeu, la française fait véritablement de la peine...comme lors de cette scène où elle fait mine de s'endormir sur son lit en insultant James Bond de "Liar". A côté, la mort de Marion Cotillard dans The Dark Knight Rises passe pour un chef d'oeuvre dramatique, c'est dire. De quoi amèrement regretter la géniale Eva Green.

    Il reste, heureusement, quelques bonnes choses dans ce Bond. La réalisation de Mendès, même si elle n’est pas aussi ahurissante que dans son précédent volet, reste toujours impressionnante notamment dans une scène d'introduction à Mexico diablement excitante. Les personnages annexes de l'Agence apportent toujours un petit plus indéniable tandis que l'apparition d'un Mr White mourant donne lieu à une très belle scène dramatique. Si l'on ne s’ennuie pas trop dans Spectre, c'est aussi grâce à des scènes d'actions efficaces qui combleront ceux venus trouver en Spectre un divertissement honnête. En tentant de faire la synthèse des trois derniers opus de l'ère Craig, le long-métrage se débrouille plutôt bien malgré le postulat archi-connu du grand méchant qui était derrière les autres méchants. Du coup, Spectre semble offrir une belle porte de sortie à Daniel Craig, encore une fois fabuleux et qui, décidément, incarne le plus célèbre de agent secret avec une classe insolente. 

    Semi-déception pour les fans de Skyfall, semi-réussite pour les aficionados de la saga d'antan, Spectre fait figure de James Bond bâtard pris entre les mâchoires de la modernité et d'un classicisme désuet. Reste un Daniel Craig au top, une belle réalisation et, à l’arrivée, un film d'action honnête qui saura certainement vous divertir l'espace de deux heures trente...

    Note : 6.5/10

    Meilleure scène : L'introduction




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