• [Critique] America's got powers, Volume 1

    [Critique] America's got powers, Volume 1

     

    Image Comics est le quatrième éditeur de comics sur le marché américain. Créée par des pointures comme Todd McFarlane ou Jim Lee, la société a accueilli un certain nombre d’œuvres mémorables au fil du temps. En 2012, un nouveau projet débarque avec America's got powers. Malgré la réutilisation du thème super-héroïque, la série gagne petit à petit une excellente réputation. Ce qui intrigue pourtant, c'est que son scénariste n'est autre que Jonathan Ross, bien plus connu au Royaume-Uni pour son rôle de présentateur TV que pour ses talents d'auteur de comic book. Pourtant il ne s'agit pas d'un coup d'essai puisque l'anglais a déjà écrit Turf ou Revenge chez le même éditeur. America's got powers s'avère pourtant la grande entreprise de Ross qui trouve l'excellent dessinateur Bryan Hitch pour l'épauler dans cette tâche. Mais le coup de crayon de l'auteur d'Ultimates est-il le seul atout de cette nouvelle série prometteuse ?

    Alors que le soleil se lève sur la ville de San Franscico, ses habitants ne se doutent pas un instant que cette journée sera hors du commun. Du ciel tombe un immense et mystérieux cristal dont personne ne comprend bien la nature. Après quelques instants à flotter dans les airs, celui-ci explose en une vague d'énergie lumineuse aveuglante. Pourtant, personne ne meurt, personne n’est blessé. Seules les femmes enceintes de toute la région accouchent simultanément et donnent naissance à des bébés en pleine santé. Ces enfants deviendront bientôt la préoccupation principale des Etats-unis puisqu'ils se mettent à développer des dons tout à fait extraordinaires. Pour canaliser une jeunesse prête à se déchaîner, les autorités parquent ces nouveaux super-héros dans des camps et organisent une vaste émission de télé-réalité où les surhommes s'affrontent dans le but d'intégrer la super-équipe Génération-Pouvoirs.
    Tommy Watts regarde America's got powers comme tout le monde. Il fait partie de ces enfants pas comme les autres... sauf que lui n'a hérité d'aucun pouvoir.

    Il faut avouer que dit comme ça, le postulat de départ d'America's got powers ne déborde pas d'originalité. Le thème des super-héros venant au monde après un événement inexpliqué a déjà été traité ailleurs (l'extraordinaire Rising Stars de Joseph Michael Straczynski) et l'individu solitaire en quête de sens à sa vie ne se révèle pas un élément de première fraîcheur. Ainsi, la série démarre assez mal. Heureusement, le trait de Bryan Hitch n'a rien perdu ni de son dynamisme ni de son esthétisme. Le dessinateur des Ultimates offre des planches superbes et amples où les jeunes super-héros s'entrechoquent et où les couleurs fusent. On le sait pourtant, un trait magnifique ne suffit pas pour faire un vrai et bon comic book. America's got powers serait-il un pétard mouillé ?

    Loin de là. En développant son récit, Jonathan Ross s'éloigne de la problématique de départ autour de l'événement fondateur pour se concentrer sur la chose la plus intrigante de l'histoire, l'émission de télé-réalité. C'est précisément ici qu'America's got powers devient passionnant. Parodiant ouvertement les émissions du type Britain's got talent, Ross s'attaque en vérité à la manipulation médiatique et au voyeurisme. Les super-héros deviennent un prétexte pour dénoncer avec force la tendance perverse des téléspectateurs à regarder les choses les plus violentes en oubliant qu'il s'agit de véritables hommes et femmes derrière leur écran. L’arène où s’entre-tuent les adolescents est rapidement couverte par les cris de ferveur des fans, totalement aveugles au drame qui peut se jouer devant eux. Sous le motif de l'entertainment, le public est prêt à regarder mais surtout à accepter n'importe quoi. A commencer par parquer des enfants dans des camps, expérimenter sur eux toutes sortes de traitements, avant de les envoyer joyeusement se tabasser en leur faisant miroiter une place dans une équipe bidon. Ross touche du doigt une des plus épineuses et dramatiques questions de la société moderne.

    Meilleur encore, il s’intéresse au drame humain que vivent ces super-héros à travers Tommy, un zéro, dont le frère a péri dans l'émission et dont la vie ressemble à un vrai parcours du combattant. Autour de lui gravitent quelques personnages secondaires attachants, des objecteurs de conscience prêts à tout pour ne pas utiliser leurs pouvoirs et vivre le plus normalement possible. Seulement voilà, pour des raisons monétaires et rapidement militaires, ce genre d'individus devra vite arrêter de rêvasser. Ross montre comment, inévitablement, les autorités utilisent tous les instruments à leur disposition pour faire entrer les plus récalcitrants dans le moule. Tommy en fera l'amère expérience. Trois numéros donc pour commencer ce volume, c'est un peu court mais Panini nous livre une édition hardcover pour 13 euros, pas de quoi crier à l'arnaque, au contraire. Finissons par dire que les quelques articles de journaux glissés en début de chapitres apportent toujours de précieuses informations sur l'univers. Une plus-value appréciable.

    Pour ce premier volume, America's got powers dépasse son manque d'originalité initiale pour s'intéresser à notre société moderne bouffée par la télé-réalité et le voyeurisme malsain. Avec le trait toujours somptueux de Bryan Hitch, Jonathan Ross nous offre une excellente série dont on attend déjà avec grande impatience la suite !

    Note : 8/10

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  • Commentaires

    1
    feverish
    Dimanche 22 Mars 2015 à 17:36

    A noter que le volume relié US qui contient TOUT les épisodes et pas la moitié comme panini est commandable sur un grand site de vente en ligne et ne vaut que 16 euros 

    2
    Dimanche 22 Mars 2015 à 19:58

    Comme quoi, Panini reste Panini.
    Après pour ceux qui ne lisent qu'en VF, malheureusement, le problème reste entier.

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