• [Critique] Bone Tomahawk

    [Critique] Bone Tomahawk
    Grand Prix Festival Gerardmer 2016

     Acclamé dans plus d'un festival, Bone Tomahawk est le premier long-métrage de l'américain Craig Zahler. Avec un casting alléchant (Kurt Russell, Patrick Wilson ou encore Matthew Fox), le réalisateur se penche sur un genre plutôt discret ces derniers temps : le western. Consacré par le Grand Prix de Gerardmer en 2016, le film n'aura finalement pas eu les honneurs d'une distribution sur grand écran et se retrouvera, comme beaucoup d'autres films de genre ces dernières années, directement en Blu-Ray. En effet, Bone Tomahawk a l'idée attrayante de mélanger le western à l’horreur dans la droite lignée d'un The Burrowers ou du plus méconnu, mais génial, Vorace. On suivra ainsi quatre cow-boys de circonstances, le shérif Hunt, le dandy John Brooder, l'adjoint Chicory et l'estropié Arthur O'Dwyer qui partent à la recherche de la femme de ce dernier enlevée par des Indiens en plein milieu de la nuit. Postulat simple donc mais qui se permet une originalité de taille en faisant des dits Indiens des sortes de cannibales consanguins passablement violents et terrifiants. Ce mélange détonnant suffit-il à faire de Bone Tomahawk l’événement annoncé par la presse spécialisée ? Pas tout à fait...

    Il faut d'abord concéder à Bone Tomahawk une véritable envie d'apporter du neuf dans un milieu souvent trop cloisonné. Avant de revenir sur son versant horreur, il faut mentionner que le long-métrage pose les bases d'un univers western peut-être un peu trop propre pour être pleinement crédible mais véritablement appréciable dans le fond. Zahler installe lentement sa galerie de personnages pour finalement nous faire suivre les quatre héros sus-nommés. C'est là que le film va diviser. En adoptant un rythme très lent, trop en fait, Bone Tomahawk ennuie un tantinet. Il souffre de façon flagrante d'un ventre mou qui nuit clairement au récit. Si les intentions de l'américain sont louables, à savoir installer une vraie "complicité" et creuser les personnages, il se répète. Le fil rouge de l'histoire, à savoir la blessure à la jambe d'O'Dwyer, devient pénible. Une erreur d'autant plus dommageable que la galerie d'acteurs à l'écran assurent, en particulier un Matthew Fox méconnaissable et qu'on confondrait volontiers avec un Matthew McConaughey au meilleur de sa forme. A trop vouloir prendre son temps, Bone Tomahawk se tire une balle dans le pied et coupe l'élan narratif offert par son prologue (et le caméo délicieux de Sid Haig)

    On ne peut pourtant pas parler de ratage pour Bone Tomahawk. Pas du tout même puisque la mise en scène méticuleuse de Zahler ainsi que son talent évident pour distiller une atmosphère inquiétante donnent au film de sérieux atouts dans sa catégorie. On en arrive alors au côté horreur-fantastique qui a beaucoup fait parler dans les festivals. Très proche d'un Vorace dans l'esprit, Bone Tomahawk prend le risque d'inventer de toutes pièces une tribu d'indiens cannibales pas piquée des hannetons. Terrifiants dans leur look et dans leur organisation à peine dévoilée, les sauvages offrent une succession de séquences chocs où Zhaler n'hésite pas un instant à faire gicler le sang et à démembrer. Le résultat s'avère sauvage et jouissif au possible (mais qu'on déconseillera aux âmes sensibles...) notamment lors d'une scène de découpage particulièrement violente. Bone Tomahawk semble même plus réussir dans l'horreur pure que dans le reste puisque la dernière partie horrifique, plus courte, se révèle plus efficace sur le spectateur. Encore une fois cependant, Zahler ne profite pas à fond des possibilités offertes par cet aspect et son dernier acte, bien que saisissant, manque de l'explosivité qu'il aurait du contenir. Comme si le métrage fourmillait de bonnes idées mais qu'elles n'étaient pas exploités à leur juste valeur. 

    Restons cependant optimiste, en tant que premier long-métrage, de par ses qualités scénaristiques et de réalisation, Bone Tomahawk vaut très largement le coup d’œil pour les amateurs du genre. Zahler réalise en fait un film bourré de promesses et contenant quelques séquences remarquables. Ajoutez à cela un indéniable talent de directeur d'acteurs et vous obtenez un métrage intéressant à plus d'un titre. On suivra la carrière de ce jeune cinéaste avec une attention toute particulière en espérant que la flopée de promesses de Bone Tomahawk trouve un accomplissement dans le futur !

    Note : 7.5/10


    Meilleure scène : L'arrivée dans la vallée des Indiens
     

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