• [Critique] Brume de cendres

    [Critique] Brume de cendres

     Jadis un auteur incontournable de la science-fiction française, Dominique Douay avait disparu de la circulation dans les années 90. Son retour dans le service actif, il le fait avec Les Moutons Électriques à travers des rééditions - La Vie comme une course de chars à voile, L'Impasse-temps… - mais également avec de nouveaux romans dont le dernier, La Fenêtre de Diane, est paru l’année dernière. Pour 2016, Dominique Douay nous offre un court roman, bien plus court que son précédent. Brume de Cendres s’apparente d’ailleurs davantage à la novella qu’au véritable roman du haut de ses 208 pages en format réduit. Ce qui est sûr, par contre, c’est que l’auteur a encore des univers à explorer.

    En l’occurrence pour cette histoire, celui de la Protée. Toutes les Terres possibles (donc de plusieurs espace-temps) forment la Protée. Le Livre, lui, constitue la mémoire et une façon commode pour le clergé chargé de le protéger, de parcourir la dites Protée. Cela grâce à des marque-pages, comme si l’ensemble des univers possibles n’était qu’une œuvre unique découpée en chapitres. Mais cette fabuleuse construction est en péril. Raison pour laquelle le Sage d’entre les Sages charge son plus fidèle serviteur de trouver un moyen de contrer la menace qui dévore un à un les mondes de la Protée : Les Nuées, aussi nommées Brume de Cendres.

    Franchement, avec un tel point de départ, Brume de Cendres titille l’imagination de façon tout à fait extraordinaire. Dominique Douay imagine un système extrêmement fort, à la fois dans sa symbolique et dans ses possibilités narratives. Les différents mondes qu’il nous dévoile s’avèrent aussi originaux (et fous) qu’on pouvait l’attendre, notamment celui des Mouroirs et des jeunes aux noms improbables. Toutes ces belles idées fascinent malgré le manque d’explication de la première partie du roman. De même, l’Heptadécagone, c’est-à-dire le groupe de personnages détenant un moyen de lutter contre les Nuées, tient autant de La Horde du Contrevent que des Sliders voir même de Code Quantum. Le mix de toutes ces influences donne quelque chose de diablement excitant.

    Sauf que Brume de Cendres ne marche pas.
    D’abord parce qu’il ne s’agit que d’une novella et que rien n’est suffisamment développé au final. Douay abandonne trop vite son idée de Protée, bride les possibilités de l’intrigue et va faire de même avec son Heptadécagone. Dès que l’histoire arrive dans son versant « rock », on s’ennuie ferme. Parce que le français, en plus de faire trop court (c’est assez rare pour le mentionner) dévie vers une histoire d’amour qui ne convainc guère. Les personnages de Mareva et Bajo n’ont pas réellement le temps d’exister, on n’arrive pas à s’attacher à eux et, finalement, ils nous privent de toutes les merveilles promises par le postulat de départ.

    Certes les mondes visités valent leur pesant d’or avec le ton tragi-comique employé par Dominique Douay, mais on se retrouve à passer péniblement les pages de chansons rock pour finalement se retrouver face à une fin des plus frustrantes. Tout ça pour ça en somme. C’est d’autant plus dommage que, comme il est dit plus haut, le roman est rempli de bonnes idées. Les Nuées, l’Heptadécagone, le monde de jeunes (avec un héros qui s’appelle Pikachu quand même), la Protée, le système des marque-pages (à peine effleuré) … Brume de Cendres donne la sensation d’être le brouillon d’un livre brillant.

    Dominique Douay loupe son coup avec un Brume de Cendres à moitié convainquant et frustrant au possible.
    Espérons mieux pour la suite.

    Note : 5/10

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