• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 12 : Un Millier de Fils

    [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 12 : Un Millier de Fils


    Après les tomes Légion ou Fulgrim centrés sur une légion particulière, c’est au tour d’Un Millier de Fils de venir s’intéresser aux fils de Prospero : les Thousand Sons.  Comme pour les Emperor’s Children, la tâche échoie à Graham McNeill qui signe sa quatrième participation au cycle colossal de L’Hérésie d’Horus après Les Morts Oubliés ou Mechanicum. Plus encore que pour Fulgrim, Un Millier de Fils constitue un défi pour l’auteur anglais tant le background autour des Thousand Sons et de leur primarque, Magnus le Rouge, est l'un des plus célèbres de l’univers et surtout l'un des plus importants. Sacrément épais – 630 pages – ce douzième tome va donc devoir décrire une des clefs du conflit intergalactique. Et McNeill nous réserve quelques surprises...

    Le Roi des Loups, Leman Russ, fulmine. Alors que sa légion est aux prises avec l’empire d’Ark Reach, son frère, Magnus le Roi écarlate, et ses précieux Thousand Sons, tentent de percer les secrets de la montagne d’Aghoru. Légion unique parmi ses sœurs, les Thousand Sons ont souffert par le passé d’une terrible erreur dans leur code génétique qui les condamnait à courte échéance. Lorsque Magnus les a sauvés, il a aussi formé ses fils à l’art de manipuler le Warp. Depuis, nombre des primarques murmurent que la légion n’est qu’un ramassis de sorciers qui se balancent dangereusement au bord du gouffre de l’hérésie. Parmi eux, justement, Leman Russ. Lorsque les choses s’emballent sur le Piton du Phénix, le Loup Suprême décide d’en référer à l’Empereur. Attendu sur Nikaea, Magnus sait que le destin de sa légion repose sur la décision de son père...

    Graham McNeill relève donc le gant et s’attaque à l’histoire des Thousand Sons, de la Grande Croisade jusqu’à la destruction de Prospero. Il segmente son récit en plusieurs périodes clés, ainsi que certaines moins importantes...notamment la première partie sur Aghoru qui sert avant tout d’introduction aux personnages et à la légion. Comme d’habitude avec McNeill, c’est fort long et l’on aurait pu largement se passer de l’affrontement initial sous la montagne. La suite relève immédiatement le niveau et nous présente des événements parmi les plus incontournables du 31ème millénaire : Ullanor et Nikaea. On assiste enfin à la Grande Victoire sur Ullanor et à l’annonce de l’Empereur tout comme au très fameux Concile qui changera la face de l’Imperium. La force du roman, c’est évidemment de montrer ce que l’on attend depuis si longtemps mais pas seulement. C’est aussi et surtout de formidablement bien les aborder avec de magnifiques personnages.

    D’abord grâce à Ahriman, très loin de celui qu’il deviendra au 41ème millénaire, le personnage est véritablement une des grandes réussites du roman. Il permet de suivre un Space Marine à la fois colossalement puissant mais qui doute à plusieurs reprises dans les rudes moments qui l’attendent. Ensuite et forcément, grâce à Magnus le Rouge. Protagoniste central du roman, il devient avec Horus et Alpharius, le primarque le plus brillamment dépeint par un récit de la Balck Library. Toute la force du personnage réside dans ses failles tout à fait humaines chez un être pourtant d’une puissance quasi-divine. Mais là où Fulgrim devenait rapidement détestable par son ton hautain, Magnus est un vrai défenseur de la justice et de la connaissance. C’est un enchaînement d’erreurs qui va l’obliger à commettre l’inévitable. Devant l’immensité de son chagrin et l’horreur qu’il éprouve lorsqu’il apprend qu’il a été trompé, Magnus touche immanquablement le lecteur. De même, Mc Neill en profite pour jeter un nouvel éclairage sur différents primarques, cela bien entendu par le point de vue de Magnus, avec Fulgrim, Mortarion (qui en prend pour son grade) ou encore (forcément) le terrible Leman Russ

    S’il l’on ne doit retenir qu’une seule chose d’Un Millier de Fils, c’est la réussite impeccable de McNeill à dépeindre la tragédie qui va s’abattre sur Prospero et les Thousands Sons. Un peu à la façon d’Abnett pour l’Alpha Legion, l’anglais arrive à concilier tout ce que l’on savait auparavant de la légion avec une foultitude de trouvailles qui rendent son destin encore plus poignant. Mieux encore, le roman monte graduellement en puissance avec non pas un mais bien deux sommets : Nikaea, sublime moment aussi terrible que palpitant, et l’arrivée des Loups sur Prospero, morceau de désespoir absolu jusqu’à l’éclatante sortie de Magnus. Le combat final, entre Russ et le Roi Ecarlate, s’avère aussi court qu’intense, amenant à ce que l’on sait inévitable. Mc Neill mène sa barque avec une impressionnante maîtrise. Le seul véritable accroc dans cette belle fresque, c’est la place des commémorateurs, qui font un peu rajout forcé, et qui étirent souvent inutilement le récit (sans parler de la fin de leur trame narrative pour le moins abrupte).

    Depuis ses premiers pas parmi la Black Library, Graham McNeill n’a eu de cesse de s’améliorer. Un Millier de Fils vient couronner ses efforts en s’imposant comme l’un des sommets du cycle et, plus simplement, des publications autour de l’univers de Warhammer 40.000. Une formidable tragédie sur fond de science-fiction militariste.
    A noter que ce tome forme un dytique avec Prospero brûle de Dan Abnett, et que les deux volumes ont été écrit en collaboration par les deux auteurs... Rendez-vous parmi les loups pour le prochain opus.

    Note : 8/10

    CITRIQ

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.


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  • Commentaires

    1
    Lundi 8 Septembre 2014 à 08:07
    Efelle

    Nous nous rejoignons, pas parfait mais au dessus de la mêlée.

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