• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 14 : Le Premier Hérétique

    Au nombre des romans s’intéressant sur une légion en particulier, on trouvait déjà Fulgrim à propos des Emperor’s Children, Légion autour de l’Alpha Legion, Un Milliers de fils sur les Thousand Sons et Prospero brûle sur les Space Wolves. Le tome 14, Le Premier Hérétique, se concentre sur une autre légion space marines : les Word Bearers. Protagonistes essentiels de l’Hérésie d’Horus, Lorgar et ses fils représentent la porte d’entrée du Chaos au sein des armées d’élite de l’Imperium. Pour ce titre primordial et délicat, c’est Aaron Dembski-Bowden qui reçoit carte blanche. L’auteur anglais - déjà responsable d’une série autour des Night Lords et d’Helsreach pour la série Space Marines Battle – fait donc son entrée dans la troupe des auteurs de la Black Library travaillant sur L’Hérésie d’Horus. Pour le meilleur ?

    Lorgar est le Porteur du Verbe, l’Urizen, le fils le plus dévot de L’Empereur. Fanatique de la parole impériale, il conquiert les mondes puis les convertit à la foi en l’Empereur-Dieu de l’humanité. Mais l’Empereur a toujours refusé toute divinisation de sa personne et décide de mettre Lorgar au pas. Il envoie la XIIIème légion de Roboute Guilliman pour anéantir la capitale Monarchia de la planète Khur, une des planètes fanatisées par les Word Bearers. Durement réprimandé par son père en personne, humilié devant sa propre légion, Lorgar s’enferme dans ses quartiers. C’est alors que son premier capitaine, Kor Phaeron, et le premier chapelain, Erebus, murmurent à son oreille que si l’Empereur rejette l’adoration de ses fidèles, d’autres puissances n’attendent que la dévotion de Lorgar... Celui-ci se lance alors dans un Pèlerinage à travers la galaxie pour rencontrer ces mystérieux Dieux que mentionne l’ancienne foi de Colchis, son monde natal. Avec l’aide d’Argel Tal, capitaine de la 7ème compagnie d’assaut, Lorgar va découvrir des secrets qui auraient mieux fait de le rester.

    Depuis le début de la série de L’Hérésie d’Horus, On sait que les Word Bearers ont tenu un rôle clé dans la trahison du maître de guerre. Aaron Dembski-Bowden apporte ici toutes les réponses quant au rôle joué par ceux-ci dans l’Hérésie d’Horus. Le roman commence très fort avec l’événement de Monarchia et l’humiliation de Lorgar, peut-être le tournant décisif de la Grande Croisade, magistralement dépeint par l’auteur anglais. Celui-ci met un accent tout particulier pour explorer le personnage de Lorgar, un primarque à part puisque peu enclin à guerroyer, mais davantage à convertir les masses. La description minutieuse de ses croyances et de ses obsessions permet de bien mieux appréhender le lent et inévitable glissement de la légion vers le Chaos. C’est aussi une foule de détails qu’apporte Dembski-Bowden en retraçant l’histoire de primarque lors de sa prise de pouvoir sur Colchis et la présence de cette fameuse « ancienne foi ». C’est en réalité celle-ci et son emprise sur Kor Phaeron, le véritable premier hérétique, qui donne la clé pour comprendre la déchéance des Word Bearers.

    Non content de dresser un portrait solide et convaincant de Lorgar, l’anglais s’appuie aussi sur le personnage d’Argel Tal, un des capitaines les plus dévoués à Lorgar et qui découvre d’une façon plus naïve les horreurs dans lesquelles s’enfoncent petit à petit sa légion et son primarque. Son personnage permet de mieux s’immerger dans l’histoire, ses quelques doutes lui conférant une aura plus humaine. Ce que réussit fort bien Dembksi-Bowden, c’est également le décalage entre ce que pensent les Word Bearers et leur répugnance vis-à-vis des démons. Ainsi Argel Tal semble pendant longtemps ne même pas réaliser ce qu’il devient. De ce fait, on arrive à suivre d’autant plus facilement la pente glissante qui les amène au cœur du chaos. Cette rencontre avec le chaos s’avère d’ailleurs assez longue – beaucoup de sous-entendus pendant les deux premier tiers du roman – et semble éclater avec l’arrivée dans l’œil de la Terreur et l’espèce de flash-back qui revient sur la vision d’Horus pendant sa conversion au chaos sur Davin. L’auteur anglais s’échine à expliquer comment les puissances du Chaos ont parfaitement orchestré leur duperie pour faire chuter l’Imperium, et cela depuis le début. Les passages autour des cultes démoniaques primitifs dans l’œil de la Terreur n’est pas sans rappeler celui sur Davin dans Les Faux Dieux. La mise en abîme réalisée donne une nouvelle vision sur les projets que nourrissent les dieux du Chaos.

    Le Premier Hérétique arrive finalement à un dernier tiers explosif où tous les fils de l’intrigue se regroupent et où le lecteur se retrouve – à nouveau – plongé dans la sanglante bataille d’Isstvan V. Aaron Dembski-Bowden fait ici preuve d’un grand talent pour dépeindre ce conflit brutal et fait même largement mieux que Graham McNeil dans Fulgrim. Bien sûr, il est vrai qu’il profite d’une autre perspective, celle des légions traitresses qui débarquent sur Isstvan pour la seconde vague et non celles qui défendent au sol, mais la présence de Konrad Curze et de Corvus Corax permet de donner une dimension tout à fait épique à la chose. Ce dernier est ici dépeint de façon magistrale et devient un monstre de charisme dans les pages où il apparait. Cette nouvelle vision d’Isstvan V permet de mieux se rendre compte du piège tendu et du sort désespéré des trois légions loyalistes prises au piège dans la nasse. C’est aussi l’occasion pour l’auteur d’exploiter le potentiel de ses Gal Vorbaks – en fait, les premiers possédés du Chaos – et de livrer quelques visions terrifiantes à son lecteur. Finalement, on ne reprochera guère que l’inutilité de la trame de Cyrène, l’humaine qui a rejoint les Word Bearers après Monarchia. Décidément, les auteurs de la Black Library ont un souci avec les protagonistes purement humains...excepté Dan Abnett, bien entendu. Reste un épilogue tendu et triste qui annonce surtout le prochain volet de l’affrontement entre Ultramarines et Word Bearers, en même temps qu’il annonce – enfin - une avancée dans l’histoire globale du conflit avec, enfin, des événements post-Isstvan V : la bataille de Calth.

    Aaron Dembski-Bowden entre dans la danse de bien belle façon. Le Premier Hérétique est un roman passionnant, qui se bonifie au fur et à mesure des pages et qui regorge d’informations essentielles sur le conflit et l’univers du 31ème millénaire. Ne serait-ce que pour sa conclusion épique, ce quatorzième tome est aussi indispensable que la trilogie Loken ou le diptyque sur les Thousand Sons. On attend avec impatience Félon, le prochain écrit de Dembski-Bowden au sein de L’Hérésie d’Horus.

    Note : 8/10

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

    CITRIQ


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :