• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 16 : L'âge des ténèbres

    [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 16 : L'âge des ténèbres


    Pour ce tome 16, le cycle de L'Hérésie d'Horus fait une nouvelle pause "nouvelles".  Après un recueil Chroniques de l'Hérésie très décevant, L'âge de ténèbres a la lourde tâche de relever le niveau, d'autant plus qu'il s'agit la d'un volume destiné à faire la transition vers l'après Istvaan V. Au travers de 9 nouvelles et autant d'auteurs, L'âge des ténèbres fait un peu le point des forces en présence avant d'embrayer vers des tomes tels que Délivrance Perdue où l'on assistera au devenir de Corax et de ses troupes meurtries. Peut-il effacer le souvenir médiocre de son prédécesseur et rassurer quand à la capacité des auteurs de la Black Library à écrire correctement sur une forme courte ?


    Premier auteur à ouvrir ce volume, le vétéran Graham McNeill qui se penche cette fois du côté des Ultramarines qu'on avait eu peu l’occasion de voir auparavant. On y suit l'affrontement terrible entre le capitaine Remus Ventanus, commandant de la 4ème compagnie, et les différents envahisseurs du secteur d'Ultramar tandis que le Primarque Roboute Guilliman débute l'écriture d'un livre essentiel pour l'avenir de l'humanité, le Codex Astartes. Malheureusement, si McNeill était le plus convaincant dans le premier recueil de nouvelle, il ne réitère pas cette exploit avec un texte franchement inutile, tout juste destiné à ceux qui recherche de l'action. De plus, Roboute Guilliman est présenté de façon tout à fait étrange, seul enfermé dans son domaine de Maccrage alors que la galaxie se déchire sous les coup du maître de guerre... Voilà qui est pour le moins peu crédible. Les Règles du combat constitue une piètre entrée en matière...

    Heureusement, le second texte relève le niveau. Dans le Fruit du Mensonge, James Swallow - l'auteur de La Fuite de l'Eisenstein - tente une nouvelle approche du conflit. Sur la planète agricole Vigor-Mos II, un monde reculé et sans aucune importance stratégique, une terrible nouvelle secoue les habitants. Horus a tué l'Empereur de l'Humanité et règne désormais sur la galaxie. Léon pourtant n'en croit pas un mot tandis que le reste de la population commence à se diviser entre les fidèles de l'Empereur qui refusent de croire à son décès et les lâches qui préfèrent déjà se ranger sous la bannière d'Horus. Léon commence alors à s’intéresser à un étranger arrivé quelques semaines auparavant, un certain Mendacs. Originale, sans aucun space marine à l'horizon, James Swallow nous démontre de manière fort convaincante comment un monde peut changer d’allégeance par un simple mensonge. Derrière cette stratégie retorse, une légion qu'on a plaisir à retrouver et une ambiance qui tranche avec l'habituelle atmosphère martiale et guerrière. Une vraie bonne pioche et le premier bon texte de Swallow.

    Pour Les Fils Oubliés, Nick Kyme, un petit nouveau pour le cycle de l'Hérésie, raconte comment Bastion, un monde technologiquement et militairement avancé, demande à des émissaires de chaque camp de se rencontrer pour plaider leur cause et choisir leur allégeance en conséquences. Du côté renégat, ce sont les Iron Warriors qui se chargent de cette tâche tandis que de l'autre, Heka'tan, un survivant Salamanders, et Arcadese, un Ultramarine, portent la lourde responsabilité de représenter l'Imperium...Mais si la rencontre était un piège ? Relativement sans surprise et presque complètement anecdotique, la nouvelle de Nick Kyme ne vaut que pour les quelques passages où l'on assiste au dernier carré des Salamanders et de leur primarque Vulkan à la surface d'Istvaan. Le reste fait appel à des ressorts scénaristiques éculés et les personnages peinent à convaincre (la présence d'Arcadese laisse sceptique...). Dommage.

    Le Dernier Commémorateur prend encore à contre-pied son prédécesseur et expurge toute action ou bataille pour renouer avec un huit-clos et rapporter le récit de Solomon Voss, fondateur des Commémorateurs. Très bien pensée, la nouvelle a l'avantage de se pencher sur les extrémités auxquelles sont obligés de se résoudre les loyalistes et ainsi, de préfigurer l'horreur que sera le 41ème millénaire. Rogal Dorn y apparaît plus humain et surtout dans une position bien plus inconfortable qu'il n'y parait. C'est aussi l'occasion d'apprendre ce qu'est devenu l'ordre des commémorateurs. En résumé, John French convainc dès son premier texte. Chapeau.

    Ce n'est pas le cas de Chris Wraight avec Renaissance. Non seulement sa plume présente quelques lacunes mais en plus son sujet souffre de cette même inutilité qui sapait l’intérêt du texte de McNeill. Le lecteur y suit le retour de certains Thousand Sons non présents durant l'attaque de Prospero et leur réaction face à la dévastation. Wraight tente un faux-suspense longuet sur l'identité des agresseurs qui se trouvent à la surface de la planète mais surtout, il n'apporte rien de neuf au cycle. De même, la justification de la présence des renégats sur Prospero s'avère très légère, pour ne pas dire ridicule. Une belle déception.

    Le Visage de la trahison n'est, lui, pas du tout inutile, c'est même tout le contraire. Dans celui-ci, Gav Thorpe raconte le sauvetage inespéré des survivants de la Raven Guard et de leur primarque, Corvus Corax. Le texte est non seulement fort bien mené mais il permet en plus d'annoncer clairement la suite des choses en constituant le parfait prélude pour Délivrance Perdue. Thorpe met ses pions en place, que ce soit du côté des loyalistes ou des renégats, et en profite pour expliquer par quel miracle Corax a pu s'échapper d'Istvaan V. Un miracle qui n'en est d'ailleurs surement pas un. Voilà un texte qui rehausse le niveau.

    Dan Abnett avait largement déçu dans les Chroniques de L'Hérésie. Cette fois, avec L'autre Horus, il capitalise sur un des personnages qu'il avait lui-même introduit dans le premier tome du cycle. C'est un vrai plaisir de retrouver Horus Aximand et de pouvoir enfin constater ce que sont devenus les Sons of Horus, et plus particulièrement le Mournival. Courte, très bien écrite, et avec son lot de fan-service, la nouvelle arrive à rassurer sur la capacité d'Abnett à forger de courtes histoires passionnantes.

    Rob Sanders, encore un nouveau nom pour l'Hérésie, s'intéresse à un conflit intra-légion, en l’occurrence l'opposition entre des Iron Warriors loyalistes emmenés par le maître de forge Barabas Dantioch, seigneur du Fort de la Misère sur Damantyne La Petite, et le maître de forge renégat Krendl envoyé par Horus et Perturabo. Épique et haletante, la nouvelle permet en plus de mettre en lumière un des héros méconnus ayant ralenti la progression des renégats vers Terra. Avec ses personnages charismatiques et une ribambelle d'idées, notamment à propos du lieu de la bataille, Rob Sanders offre un récit qui se lit avec grand plaisir et qui ne manque pas de moments de bravoure.

    Pour conclure, Aaron Dembksi-Bowden, le responsable de l'excellent Le Premier Hérétique, s'intéresse aux Dark Angels dans Des Armes Brutales. Il nous emmène dans le secteur de Thramas où les Darks Angels ont reçu l'ordre de défendre les mondes impériaux et où ils se sont heurtés à la légion de Konrad Curze, le Night Haunter. Il nous convie à une rencontre au sommet entre les deux primarques et à un inévitable affrontement bien épique. Les deux demi-dieux sont excellemment dépeint et la fin du récit permet d'annoncer un nouveau rebondissement dans la saga, que l'on retrouvera dans quelques tomes. Une excellente conclusion.

    L'âge des Ténèbres rassure. Malgré trois nouvelles anecdotiques, le reste des textes du recueil tient largement ses promesses et fait de belle manière la liaison avec la suite du cycle. En gros, si vous souhaitez lire de courts récits intéressants et importants pour la saga, oubliez Chroniques de l'Hérésie (excepté les deux dernières nouvelles) et prenez L'âge des Ténèbres, autrement plus convainquant.

    Note : 7/10

    Chronologie :
    - Les Règles du Combat de Graham Mcneill : Après la bataille de Calth [Lire après le tome 19 dans l'idéal]
    - Le Fruit du Mensonge de James Swallow : Peu précise, après Istvaan V [Lire après le tome 7 dans l'idéal]
    - Les Fils Oubliés de Nick Kyme : Quelques temps après la bataille d'Istvaan V et avant Calth [Lire après le Tome 5 dans l'idéal]
    - Le dernier Commémorateur de John French : Après la fondation de la forteresse-prison de Titan
    - Renaissance de Chris Wraight : Après la bataille de Prospero [Lire après le diptyque Tome 12+15} 
    - Le Visage de la Trahison de Gav Thorpe : A la toute fin de la bataille d'Istvaan V [Lire AVANT le Tome 18]
    - L'autre Horus de Dan Abnett : Indéterminé, après Istvaan V [Lire après la trilogie Loken et le Tome 5 dans l'idéal]
    - Coeur de Fer de Rob Sanders : Lors de l'avancée de la flotte d'Horus vers Terra [Lire après le Tome 5 dans l'idéal]

    - Des Armes Brutales : 2 ans après la trahison du maître de guerre Horus

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 10, Chroniques de L'Hérésie ici.

    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

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