• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 17 : Les Morts Oubliés


    Pour son cinquième roman dans le cycle de L’Hérésie d’Horus, Graham McNeill abandonne Mechanicum et Légions Astartes pour un corps très spécial dans l’immense machinerie de l’Imperium : L’ Astra Telephatica. Autre originalité, il situe l’action non pas à l’autre bout de la galaxie mais sur le berceau de l’humanité, Terra. Ce dix-septième tome fait un peu figure de « pause » dans le cycle entre la destruction de Prospero et le destin de Corax. En mêlant des protagonistes de natures radicalement différentes – humains, guerrier-tonnerre, space marines, Custodes, Assassin... - McNeill offre un récit dépaysant mais pas forcément indispensable.

    Kaï Zulane est le meilleur astropathe au service de l’Empereur mais depuis l’incident terrible survenu sur l’Argo, son vaisseau au sein de la XIIIème légion, Zulane est incapable de communiquer au moyen du Warp. Pour soigner et recoller son esprit brisé, il est remis à la Cité de la Vue au cœur du Palais Impérial de Terra. La survenue d’une catastrophe psychique sans commune mesure et sa communion forcée avec Sarashina vont faire de lui le détenteur d’un secret dont la portée pourrait changer la face de la guerre civile qui se joue. Déjouant ses gardiens, Zulane tente de s’enfuir avec ceux qui aujourd’hui sont considérés comme des traîtres et notamment Atharva, un Exemptus des Thousand Sons. Dans la traque qui s’engage, Zulane devra faire un choix terrible... parfois tout ce que l’on peut faire c’est empêcher l’ennemi de gagner...

    Les Morts oubliés pèse environ 540 pages. Autant dire que sa lecture prend un certain temps. McNeill nous pose le décor dans la première partie du roman en nous faisant visiter la Cité de la Vue et en nous exposant ses différentes fonctions et institutions (comme les Cryptaesthésistes). Si le tout regorge d’informations pour le fan de l’univers, il faut bien avouer que cette partie est un peu le point faible du récit. Simplement parce que pas grand-chose ne s’y passe (excepté à la toute fin) et que les vrais événements – la traque elle-même – ne commencent que bien tard, dans la seconde partie. Même si tout ce qui gravite autour de Zulane s’avère fascinant, McNeill perd un peu de la force de son récit et l’étire inutilement. Une franche coupe dans ces pages aurait été souhaitable, surtout autour du personnage de Roxanne qui apparaît très vite dans l’histoire pour se retrouver mise de côté pendant les deux tiers qui suivent...

    L’autre point faible des Morts Oubliés, c’est en fait le côté anecdotique des révélations qui sont contenues dans le fameux secret que détient Zulane. Certes, le néophyte y trouvera quelques surprises sur le destin de l’Imperium, mais quiconque connaît Warhammer 40.000 au préalable ne sera absolument pas surpris de ces visions. Ce qui est déjà nettement plus intéressant, c’est le pragmatisme et le fatalisme de l’Empereur face à ce funeste destin. On retrouve ce sens du sacrifice si noble et si cher à l’univers. Celui-ci se retrouve aussi dans l’attitude des compagnons de Zulane, les infortunés space marines enfermés pour leur seule appartenance à des légions qui se sont rebellées. La peinture des World Eaters et surtout du Thousand Sons est géniale. De même, dès que l’aventure avec ceux-là est lancée, le récit s’emballe et McNeill nous tient jusqu’au bout en haleine.

    Outre cela, le roman peut se targuer de nous faire visiter Terra, que l’on connaissait mal jusque-là mais aussi de nous faire rencontrer une large diversité de personnages. De l’assassin Culexus aux redoutables Custodes, en passant par des navigators et des astropathes, on découvre de nombreuses autres facettes de l’univers. Quelques personnages secondaires seront d’ailleurs particulièrement réussis, à commencer par Nagasena, le traqueur mystérieux à la tête de l’expédition, ou encore Babou Dhakar. Ce dernier permet à McNeill de disserter sur un terrain inédit et vraiment intéressant, celui de l’Unicité et de l’ère pré-impériale. On découvre les fameux guerriers-tonnerre et leur funeste destin tout en continuant à s’interroger sur les intentions de l’Empereur. Malgré le fait que ce fil ne soit pas non plus vraiment exploité vers la toute fin du récit, l’initiative est à saluer. De même, il faut avouer que tout ce qui tourne autour des visions psychiques et/ou des pouvoirs des psykers est remarquablement bien représenté par l’auteur.

    Histoire sympathique mais pas vraiment indispensable dans le cycle, Les Morts Oubliés tente de porter un regard original sur l’univers de l’Imperium. Malgré sa longueur exagérée, l’histoire de Kaï Zulane tient nombre de ses promesses et permettra aux lecteurs de faire une halte dépaysante dans la grande fresque guerrière de L’Hérésie d’Horus.

    Note : 6.5/10

    N.B : Ce tome est indépendant dans le cycle, il peut se lire avant Thousand Sons. La critique arrive en avance car le roman est en attente de réédition et donc introuvable et qu'il s'agit d'un prêt.

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.

    CITRIQ


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  • Commentaires

    1
    Samedi 23 Août 2014 à 13:52
    Guillaume Stellaire

    C'est un peu l'avantage de ces épisodes se plaçant autour de l'intrigue principale de l'Hérésie d'Horus. Même si ce tome-là n'est pas forcément le meilleur dans cet exercice, il permet de mieux explorer Terra dans cette période charnière de l'histoire du 31ème millénaire. Et McNeill est un auteur qui a fait énormément de progrès en écriture, c'est désormais un auteur de licence bien sympa.

    2
    Dimanche 24 Août 2014 à 00:03

    En effet, c'est un paradoxe pour la première partie. Pour le fan, c'est cool, on apprend plein de choses sur le Palais Impérial et la Cité de la Vue, mais pour le lecteur néophyte, ça fait juste traîner en longueur.
    Après, je suis totalement d'accord avec toi sur le fait que McNeill s'améliore de livre en livre, je me souviens l'avoir lu au début de la Bibliothèque Interdite et l'évolution est flagrante.
    Il me reste son Thousand Sons mais je le sens bien.

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