• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 21 : Signus Daemonicus

    [Critique] Signus Daemonicus

    C'est donc le vingt-et-unième volume que nous abordons aujourd'hui avec Signus Daemonicus du britannique James Swallow. On se souvient de Swallow pour quelques-unes de ses nouvelles dans les recueils L'âge des Ténèbres et Chroniques de l'Hérésie, pour son Némésis, mais aussi et surtout pour son roman La Fuite de l'Eisenstein, pas très réussi au demeurant. L'anglais a l'occasion de se rattraper en revenant sur une des légions les plus importantes de L'Hérésie d'Horus, les Blood Angels et leur primarque Sanguinius. Pour Swallow, il s'agit d'un retour aux sources puisqu'il avait déjà écrit sur les Blood Angels mais dans l'univers du 41ème millénaire avec Deus Encarmine et Deus Sanguinius. Dans le même temps, cela permet à la série de combler un blanc dans le tableau d'ensemble de ce conflit titanesque puisque jusqu'ici, on ne savait quasiment rien des agissements des anges de Sanguinius. Signus Daemonicus pourra-t-il redorer le blason de James Swallow ?

    Sanguinius et le Maître de guerre Horus partagent tout deux un terrible secret, celui de la malédiction qui ronge la légion de l'Ange. Après une campagne des plus frustrantes aux côtés de l'énigmatique Alpha Legion, Sanguinius reçoit la visite d'un émissaire d'Horus qui lui ordonne de se porter vers l'amas de Signus dans le but de libérer ses mondes de l'emprise d'un très vieil ennemi xenos. Réunissant l'ensemble de ses Blood Angels, le primarque de la IXème légion découvre rapidement un système dévasté à une échelle inconcevable. Des mondes vidés de leur population, des planètes devenues des entités hostiles, des étoiles qui s'éteignent...Au fur et à mesure de leur incursion, les Blood Angels réalisent qu'ils se retrouvent face à un ennemi tout autre que celui qu'on leur a ordonné de réduire en cendres. Et si le commandement d'Horus avait un but caché ? Dans les profondeurs du monde-capitale de Signus Prime, la mort et la fureur attendent Sanguinius et ses fils.

    L'une des choses les plus attendues dans ce roman, c'est la caractérisation des Blood Angels mais surtout de leur fameuse tare génétique : La Rage Noire.  Pour se faire, James Swallow commence le récit par un flash-back qui permet dans le même temps d'introduire un ennemi Xenos qui servira de prétexte par la suite pour le maître de Guerre. Swallow installe une certaine forme de complicité crédible entre Horus et Sanguinius ainsi qu'un bref aperçu du sort qui attend les victimes de la Rage Noire. Par la suite, le britannique s'emploiera à faire graduellement monter la pression sur les Blood Angels lors de leur incursion sur Signus Prime. Celle-ci est d'ailleurs précédée par la lente progression à travers le système de Signus. Ce passage s'avère de loin le plus réussi et convainquant du roman, l'auteur arrive à distiller une ambiance pesante et assez terrifiante tout en évitant de confronter frontalement le lecteur aux démons du chaos. Le passage sur la planète vivante offre d'ailleurs quelques visions fantastiques où Swallow s'amuse à transformer l'environnement urbain en monstruosités. Cette approche en douceur installe une atmosphère pesante et oppressante qui se perd malheureusement avec l'arrivée des anges sur Signus Prime. A ce stade, le britannique dévoile les forces du Chaos et ses démons en ayant recours à une alliance improbable - Slaanesh et Khorne, qui l'eût crut ? - et passe d'un récit de terreur à celui de pure action où les Blood Angels révèlent toute leur férocité.

    Du côté du Primarque, Swallow arrive plutôt bien à mettre en avant Sanguinius mais l'on ne peut s'empêcher de penser que celui-ci manque un tantinet de relief, un comble pour celui qui tiendra envers et contre tous la Porte de l’éternité. Ce qui semble manquer à l'anglais ici, c'est un vrai talent pour les punchlines où les séquences héroïques comme Abnett, McNeill ou Dembski-Bowden dans leurs romans respectifs. Une autre déception majeure à attrait à certains rajouts malheureux et totalement inutiles comme celui du groupe de Space Wolves qui n'a rigoureusement rien à faire là et qui ne servira en fait que de punching-ball à des Blood Angels devenus incontrôlables. Enfin, et comme souvent, le roman aurait mérité quelques coupes franches et surtout de condenser l'affrontement final qui vire dans certaines fantaisies un poil abstraites. Heureusement, le récit se suit globalement sans déplaisir, Swallow arrive aussi à insérer quelques flash-backs intéressants ainsi qu'à disserter sur l'erreur monumentale que fut l'Edit de Nikaea. De même, deux personnages sortent du lot : Meros, l'apothicaire, aussi humble que primordial pour le récit, et Amit, le brutal et terrible Flesh Tearer. Les autres restent globalement trop peu travaillés pour réellement interpeller le lecteur. Pour terminer, James Swallow intègre son récit au niveau actuel de l'avancée du cycle et annonce la suite des événements qui se dérouleront dans l'arc Imperium Secundus de Dan Abnett.

    Malgré ses défauts, Signus Daemonicus relève le niveau des écrits de James Swallow. Il constitue également un volume primordial dans l'histoire de l'Hérésie D'Horus pour comprendre pourquoi les Blood Angels n'ont pas été du tout présents dans le conflit jusque-là. Même si Swallow souffre de son style très quelconque et d'un manque cruel pour façonner des personnages charismatiques, il livre un récit à l'atmosphère convaincante et globalement captivant, notamment pour les fans de la IXème légion.

    Note : 6.5/10

    Le Guide du cycle de L'Hérésie d'Horus. 

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