• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 23 : L'Ange Exterminatus

    [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 23 : L'Ange Exterminatus

    L'ange Exterminatus est le 23ème volet du cycle de L'Hérésie D'Horus. Quid du vingt-deuxième ? Il s'agit simplement d'un recueil de nouvelles - Les Ombres de la Traîtrise - qui ne sera publié que vers le milieu de l'année 2015. En attendant, voici donc un nouveau pan de l'immense guerre civile qui déchire le trente-et-unième millénaire. De retour au manettes, Graham McNeill revient au premier plan après Les Morts Oubliés qui n'était pas un des indispensables du cycle mais restait une agréable lecture, surtout par ce qu'il nous apprenait sur la période pré-Grande Croisade. Cette fois cependant, McNeill revient auprès des légions pour se recentrer sur deux en particulier : les Emperor's Children et les Iron Warriors. C'est donc l'occasion non seulement de dévoiler un peu plus de choses sur la IVème légion jusqu'ici à peine effleurée - une seule nouvelle - mais aussi celle de retrouver Fulgrim et ses hommes, passablement changés...

    Perturabo n'en finit plus d'assiéger les mondes fidèles à l'Empereur et de méthodiquement détruire les forteresse de l'Imperium. Encore malade du génocide planétaire qu'ils ont commis sur leur propre planète d'origine, Olympia, les Iron Warriors désirent plus que tout être reconnus pour leur bravoure et leur férocité. Alors qu'il achève la conquête d'une des places fortes tenues par les Imperial Fists, Fulgrim et la IIIème légion débarquent en force pour offrir une chance unique à leurs alliés. Le primarque des Emperor's Children a fait une découverte fascinante depuis que Slaanesh lui a révélé les secrets de la galaxie, et aujourd'hui, le jour est venu pour Perturabo de l'accompagner dans l'Oeil de la Terreur en quête du légendaire Ange Exterminatus, un être d'une puissance incommensurable jadis emprisonné par les eldars.

    Le soucis majeur auquel vient se heurter le cycle à présent, c'est qu'il a pratiquement fait le tour des principaux événements du début de l'Hérésie et qu'il est temps, tout de même, de passer à la suite des réjouissances. Malheureusement, McNeill a beaucoup de mal à faire avancer les choses. Ce volume se concentre sur l'expédition des deux légions renégates et tente de présenter une "amitié" improbable entre deux primarques totalement opposés : Perturabo et Fulgrim. Si le second a déjà eu largement l'occasion d'être représenté par McNeill, c'est le premier qui restera le plus intéressant. Le récit permet - enfin - d'expliquer la rébellion des Iron Warriors et de décrire la légion elle-même. Ce qui est intéressant, c'est qu'au contraire de beaucoup, ils restent peu, voir pas, attirer par le Chaos. Perturabo et ses triarques s'avèrent diamétralement opposés à Fulgrim et ses hommes. La coopération entre les deux et la dissemblance évidente des formations renégates constituent un des points forts du roman.

    L'autre point fort, c'est Perturabo. Primarque constamment rabaissé, toujours considéré comme un poids par les autres, il prend ici toute son envergure et s'affirme comme un meneur charismatique et puissant. McNeill réussit formidablement bien sa description et donne une personnalité à cette légion (et ce primarque) qui en manquait cruellement jusqu'ici. Malheureusement, tout cela ne suffit pas. Un des plus gros points noirs de la série, et de McNeill en particulier, c'est cette capacité à gonfler artificiellement l'histoire. Disons-le clairement, l'Ange Exterminatus bat des records dans ce domaine. Son gros problèmes c'est qu'il possède un énorme ventre mou en milieu de roman avec le voyage vers l'Oeil de la Terreur et le combat spatial contre les Légions Éclatées. Non pas que la bataille en soi soit mauvaise ou mal écrite, pas du tout, mais elle n'a en fin de compte aucune utilité et ne fait rigoureusement rien avancer. Un reproche qui peut s'étendre à tout le roman car, au-delà de sa description de Perturabo et des Iron Warriors, le reste est soit archi-connu (on avait déjà bien compris où en était les Emperor's Children...), soit exagérément étiré. 

    Cela si bien qu'au fond, l'Ange Exterminatus met des plombes à en arriver à l'essentiel, c'est à dire la prise de la forteresse au cœur de l'Oeil de la Terreur et le destin des deux primarques. Et même là, certaines choses s'avèrent rébarbatives. Comme les sempiternels massacres des Emperor's Children qui semblent passer leur temps à s'entretuer - à ce rythme, on se demande s'ils vont prendre le palais impérial à dix... - ou encore l'exagération continue sur le nombre de survivants des Iron Hands - on va finir par croire que seule une compagnie a combattu sur Isstvan V.. -, bref, on appelle ça tirer à la ligne. C'est d'autant plus dommage qu'à aucun moment le style et l'écriture de McNeill ne faiblit et que les cent dernières pages mettent en scène des choses réellement intéressantes. Il faut simplement se farcir la moitié inutile du récit pour en arriver là. On sauvera en réalité quelques personnages charismatiques de tout ça, Lucius en passe de devenir l’éternel et Sharrowkine, un formidable combattant de la Raven Guard ou Kroeger, le sanguin triarque Iron Warriors.

    Déception que ce vingt-troisième volume de L'Hérésie d'Horus. McNeill semble prendre un mauvais virage et entrer dans une politique de remplissage réellement navrante. Si L'Ange Exterminatus reste intéressant pour la vision qu'il offre des Iron Warriors ainsi que pour un certain événement en fin de volume, le reste est long...très long. Il constitue en réalité l'exemple typique du roman qui aurait mérité une bonne coupe pour en tirer le meilleur. Reste à espérer que Graham McNeill changera la donne pour L'Esprit Vengeur.

    Note : 6/10

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