• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 24 : Félon

    [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 24 : Félon


    Le dernier volume du cycle de L'Hérésie d'Horus, à savoir L'Ange Exterminatus, avait laissé une désagréable impression de remplissage et de surplace. Félon, le vingt-cinquième tome, part sur un postulat de base similaire, c'est à dire l'union de deux primarques renégats pour ravager l'Imperium. Seulement voilà, c'est le jeune prodige Aaron Dembski-Bowden qui se charge de l'aventure. L'auteur de l'excellent Le Premier Hérétique continue son arc Word Bearers/Ultramarines, prenant le relais de l'illustre Dan Abnett. Alors que l'on est encore déçu de l'histoire de McNeill, Félon vient relever le défi de redorer le blason d'une série qui risque grandement de s’essouffler. Est--ce seulement encore possible ?

    Les Ultramarines ont brûlé. Calth est en cendres. La fière flotte de Guilliman saigne. Pourtant, tout cela n'est pas suffisant pour Lorgar. Assoiffé de vengeance depuis Monarchia, le primarque a trouvé de nouveaux Dieux à vénérer. Ceux-ci lui murmurent qu'Ultramar doit être saccagé, sacrifié sur l'autel de la grande Hérésie. De sa destruction jaillira une tempête à même de couper les armées de Guilliman du Palais Impérial. Lorgar décide alors d'emmener un de ses frères avec lui. Pour mettre à genoux des planètes entières, l'Urizen utilise Angron, l'Ange Rouge, le primarque sanguinaire des World Eaters, Sur Armatura cependant, l'écuyer d'Angron, Khârn, sent que son primarque sombre définitivement dans la folie et l'autodestruction. La Croisade des Ombres a commencé, et avant son terme, elle détruira plus que des mondes, elle fera chuter un primarque.

    Félon se découpe en deux parties. La première se passe sur Armatura et la seconde... disons qu'elle revient sur un monde hautement symbolique. Là où le roman de McNeill traînait constamment la patte et accumulait les longueurs, Félon cumule les moments épiques. S'inspirant très certainement de la Bataille de Calth d'Abnett, Aaron Dembski-Bowden propose plusieurs séquences mémorables parmi lesquels deux primarques face à un Titan, un assaut planétaire ou encore un vaisseau créant un raz-de-marée en s'écrasant dans un océan. L'ampleur rappelle clairement Calth, mais sait également varier les plaisirs. La prise d'Armatura est le moment idéal pour savourer la sauvagerie martiale des World Eaters et l'efficacité implacable des Word Bearers. L'auteur fait très clairement plaisir aux fans mais il le fait merveilleusement bien, avec un sens du tempo juste parfait. Cependant, n'allez pas croire qu'il n'y a que de l'action dans Félon, car c'est tout le contraire.

    A la manière de McNeill dans L'ange Exterminatus pour les Iron Warriors, Dembski-Bowden donne littéralement une âme à la légion des Word Eaters. Après avoir décrit avec talent et minutie les Word Bearers, l'anglais explore la légion de l'Ange Rouge. Entre Khârn, personnage exquis et ultra-charismatique et Delvarus, un bourrin de première, on trouve bien d'autres individus captivants, à commencer par la commandante du vaisseau-amiral Lotara Sarrin, et le vieux Lhorke. La différence de point de vue apporté par Lhorke reste d'ailleurs une des choses les plus appréciables dans l'histoire, apportant un regard critique vis-à-vis des monstres que deviennent petit à petit les World Eaters. En plongeant sans retenue dans la malédiction qui accable les enfants d'Angron, Dembsi-Bowden accomplit quelques petites prouesses, entre la mélancolie d'un temps révolue où les War Hounds étaient des guerriers honorables et celui, terrible, où les limiers sont devenues des tueurs.
    L'immense succès de Dembski-Bowden dans Félon, c'est de capturer l'âme de la légion et de la restituer de façon tout à fait magistrale. Jamais plus vous ne regarderez ceux de la XIIème de la même façon.

    Mais, bien évidemment, la plus grande réussite de l'anglais (et on l'attendait au tournant), c'est sa description d'Angron. Le primarque légendaire perd de son aura terrifiante sous la plume de Dembski-Bowden, il devient un personnage désespéré et torturé, dans la droite lignée de la nouvelle Après Desh'Ea. Magnifique personnage dramatique, Angron n'en reste pourtant pas moins extrêmement impressionnant, à aucun moment on ne doute de l'incommensurable force de l'Ange. Mieux encore, l'auteur invente tout un volet sur un premier rappel à l'ordre des World Eaters...par les Space Wolves de Russ. Ce passage, juste formidable, vaut à lui seul l'achat du roman. En plus d'explorer les relations compliquées entre Angron et ses frères (et notamment Lorgar), Dembski-Bowden décortique davantage le primarque en le confrontant à son "double" loyaliste, Leman Russ. A travers lui, il en profite également pour disserter sur le ressentiment d'Angron vis-à-vis de L'Empereur. La chose est tellement bien menée que même le plus fervent loyaliste ne pourra que tomber d'accord avec l'amertume du roi-gladiateur. Ainsi, lorsqu'arrive une vengeance longtemps attendue, dans la seconde partie du roman, son déroulement s'avère un vrai moment de plaisir sadique pour le lecteur. Jusqu'à la dernière scène (écho d'une certaine nouvelle), Aaron Dembski-Bowden fait des merveilles. 

    Félon fait mieux que relever le niveau qui avait bien redescendu depuis 2 volumes, il l'explose carrément et rend honneur au volume d'Abnett dans cet arc Word Bearers/Ultramarines décidément passionnant. Épique, passionnant et franchement bien pensé, le roman d'Aaron Dembski-Bowden devient instantanément un indispensable de la série, un volume incontournable que l'on ne peut que vous recommander chaudement. Que brûle Ultramar !

    Note : 8/10

    Le Guide du cycle de L'Hérésie d'Horus. 


    CITRIQ

     

     

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    loyaliste
    Mercredi 27 Janvier 2016 à 20:30

      Le style d'écriture, les enchaînements des batailles et les dialogues méritent des louanges, Mais je trouve que l'auteur favorise un peu (beaucoup trop) le camp d’Horus dans les scenarios, faisant passer les ultramarines pour des crétins pompeux (ce qui après la bataille de Calth est dure à avaler....). Il va même jusqu’à essayer de nous faire croire qu'il capture un titan immense, sans perte significative, ou encore que l'équipage (du titan World Bearers tombé) à le temps de tirer un coup de pistolet sur un ultramarines avant que celui ci puisse tirer est absurde... et bien sure la faille majeure du scénario (qui permet a l'auteur de caser  sa final epic battle)  : que Reboute Guilliman oublie tout sens logique pour se ruer sur ses ennemis, choses qui est en totale  opposition avec les caractéristiques du personnage de Dan abnett.

    les loyalistes sont trop souvent valorisé et favorisé dans les romans, mais dans ce livre c'est l'inverse (à la fin je me demandais si kharn ne valait pas 100 ultramarines au combat singulier....), et c'est tellement visible que ça gâche le livre en brisant son réalisme,  surtout quand Aaron Dembski-Bowden joue avec des personnages dont la consistance a été faite par d'autres auteurs.

    Enfin l'écriture de ce livre est bonne, Aaron Dembski-Bowden est vraiment talentueux, mais ça tendance à favoriser le camps du chaos rend ses livres souvent peu réaliste  (on le remarque aussi dans le chasseur d'âme). Il n'est pas le seul, Dan Abnett fais la même chose (pour les loyalistes), mais plus finement...). 

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :