• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 26 : Vulkan est vivant

    [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 26 : Vulkan est vivant

    Les choses avancent toujours dans l'immense cycle de L'Hérésie d'Horus. On quitte les World Eaters d'Angron de Félon pour retrouver les légions brisées ainsi que deux primarques encore peu mis en avant jusqu'ici dans ce 26 ème volume (le volume 25 étant le recueil La Marque de Calth qui ne sortira qu'en Avril 2015...) intitulé Vulkan est vivant. Comme son titre l'indique, le roman se centre sur le primarque des Salamanders et revient (encore) dire quelques mots sur la sanglante bataille d'Isstvan V. Cette fois, c'est Nick Kyme qui prend les choses en main. Entrevu dans les recueils L'âge des ténèbres et Les primarques, l'anglais s'est également illustré par le cycle consacré aux Salamanders dans l'univers de 40.000 (justement...). Reste que la tâche est ardue pour l'écrivain qui doit passer après l'excellentissime ouvrage d'Aaron Dembski-Bowden

    La XVIIIème légion n'est plus. Ou presque. Sur les sables noirs d'Isstvan V, elle fut brisée par la traîtrise d'Horus, le maître de guerre. Une poignée de survivants a pourtant réussi l'exploit de s'extirper du massacre. Ces hommes forment désormais les légions brisées avec leurs frères d'armes de la Raven Guard et des Iron Hands. Sur un monde reculé, ils luttent pour arracher la victoire une dernière fois. Face aux Word Bearers fanatiques, Leodrakk, Pergellen et les autres savent qu'ils n'ont pas grand espoir de s'opposer aux traîtres mais ils combattront jusqu'à leur dernier souffle. Envers et contre tout, les Salamanders survivants gardent un espoir. Celui que leur primarque disparu, Vulkan, soit vivant. Ils ne savent pas qu'à des millions d'années-lumières de là, Vulkan est retenu prisonnier par son frère ténébreux, Konrad Curze dit le Nighthaunter. Le hasard va pourtant leur faire croiser la route de Sebaton, un archéologue qui a découvert une arme capable de changer le cours de la guerre.

    Vulkan est vivant rallonge encore la sauce. Cette fois (on l'espère), il s'agit du dernier ouvrage s'attardant sur Isstvan V et ses conséquences. Pas que les faits racontés soient mauvais en soi, mais les choses ont dangereusement tendance à faire du surplace chez la Black Library. Heureusement Nick Kyme se sert de flash-backs franchement prenants et adoptant l'unique point de vue des Salamanders durant la bataille, la dernière chose qu'il nous manquait jusque là. Seulement voilà, le roman peine à convaincre quand même. Tout simplement parce que Vulkan est vivant n'aurait jamais du être un roman justement. On sent dès le départ que l'ouvrage se scinde en deux parties (trois si l'on compte les flash-backs précédemment cités) : la première aborde le sort de Vulkan dans les geôles des Night Lords, la seconde retrace l'épopée de Leodrakk et de...Grammaticus. Pour tout dire, on aurait pu avoir deux bonnes novellas...mais certainement pas un roman.

    D'abord parce que les deux fils narratifs s’imbriquent très mal. Le lien entre les deux reste ténu et l'on aurait franchement gagné à les séparer carrément. Ensuite parce que chacun, de cette façon, souffre de ses propres défauts qui, accumulés, finissent par amoindrir grandement le résultat final. Si les arcs sont trop longs - décidément un travers récurrent dans ce cycle - ils n'en restent pas moins intéressants. La chasse à l'homme centrée sur les légions brisées permet de retrouver un Grammaticus en proie au doute et toujours embourbé dans un piège intergalactique aux allures inextricables. Sa seule présence et les intrigues qui l'accompagnent offrent un plus à cette aventure. Seulement, toute la partie avec les légions brisées s'étale bien trop, le seul véritable intérêt ne résidant d'ailleurs pas du tout dans les loyalistes survivants mais plutôt chez les renégats avec le personnage de Narek. Il constitue pour ainsi dire le meilleur point du roman puisqu'il représente l'unique cas du Word Bearers en désaccord avec sa propre légion de fanatiques, quelque chose qu'on avait jusqu'alors jamais rencontré. Mieux encore, son évolution lui fera adopter une position encore plus originale entre les deux factions qui s'opposent pour le contrôle de la galaxie.

    Reste ensuite l'autre (grosse) partie du roman avec le huit-clos centré sur Vulkan et Curze. Si Nick Kyme réussit sa description de Vulkan en en faisant le primarque le plus humain et le plus terre-à-terre, il se loupe passablement sur son geôlier. Non seulement les tortures du Nighthaunter traînent bien trop en longueur (on a compris au bout d'un moment) mais en plus la psychologie de celui-ci apparaît comme bancale. Le redoutable seigneur des Night Lords fait plus pleurnicheur que véritable seigneur de guerre psychotique. Lorsque le personnage sera repris par Dan Abnett dans l'ouvrage suivant, il en sera tout autrement. En attendant et malgré les excellents flash-backs autour d'un vieux conflit entre les deux légions, la confrontation fait long feu. Il faut attendre la toute fin pour réanimer l’intérêt du lecteur. Enfin, on pourra faire un dernier reproche à Vulkan est vivant : celui de difficilement se positionner dans la chronologie de l'Hérésie. A quel moment prend place cette torture alors que les Night Lords sont censés être en conflit avec les Dark Angels ? Plus important encore, il manque les clés aux lecteurs pour la situation initiale du roman Imperium Secundus. Peut-être que les recueils de nouvelles honteusement oubliés par Black Library France apporteront plus de précision à l'avenir.

    Malgré de bonnes choses, Vulkan est vivant déçoit. Non seulement il passe après un excellent roman mais il semble retomber dans les travers de l'Ange Exterminatus, à savoir faire du remplissage. Pas forcément désagréable mais poliment ennuyeux, le roman sera à réserver aux fans des Salamanders... et à ceux qui veulent tout savoir avant Imperium Secundus de Dan Abnett. Car en définitif, ce qui fait de Vulkan est vivant un roman important dans le cycle, c'est bel et bien son rôle (longuet) d'introduction au volet suivant.

    Note : 6,5/10

    Le Guide de l'Hérésie D'Horus

     

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