• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 8 : La Bataille des Abysses

    L'Hérésie d'Horus, Tome 8 : La Bataille des Abysses


    Selon que vous suiviez l’ordre chronologique de parution des romans en France ou celui dicté par la Black Library, La Bataille des Abysses est le 9ème ou le 8ème tome du cycle de L’Hérésie D’Horus. En réalité, peu importe puisque les deux romans n’ont aucun lien et peuvent se lire dans l’ordre que l’on souhaite. Pour retracer le début de l’opposition entre Word Bearers et Ultramarines, c’est Ben Counter qui revient sur le devant de la scène, auteur que l’on n’avait pas lu depuis le troisième tome de la trilogie Loken. Seulement voilà, on sait que l’anglais a non seulement besoin d’une ligne directrice mais aussi de sérieuses coupes dans ses romans pour être à la hauteur. La Bataille des Abysses laisse donc quelques craintes vis-à-vis de la qualité de l’entreprise...

    L’Hérésie germe dans toute la galaxie. Le Furious Abyss, vaisseau Tueur-de-planète, vient de se lancer dans une course effrénée vers MacCragge, la planète natale de la légion des Ultramarines. Commandé par le capitaine de la Flotte Zadkiel, un chapitre complet des Word Bearers s’apprête à frapper sournoisement les hommes de Guilliman. La seule chose que le plan de Kor Phaeraon n’avait pas prévu, c’était l’intervention d’un groupe d’hommes déterminés emmenés par le capitaine Cestus et le contre-amiral Kaminska de la flotte Saturnienne. Avec un groupe hétéroclite formé par les guerriers des Ultramarines, des Space Wolves, des World Eaters et même un Thousand Sons, une traque périlleuse s’engage et déterminera le destin de toute la galaxie.

    La Bataille des Abysses commence mal. En effet, Counter n’a peut-être besoin de personne pour écrire des phases d’affrontements, mais lorsqu’il s’agit de mener une histoire, même simpliste, il a besoin de bases solides (comme dans la trilogie Loken). Or, ce roman nécessite d’abord d’installer les protagonistes et enjeux, ce qui fait que toute la première moitié du roman peine énormément. D’abord parce que Counter écrit  maladroitement mais surtout parce que ses dialogues s’avèrent totalement nuls. La palme revient aux paroles de Brynngar, le Space Wolf, d’un ridicule consommé tellement l’écrivain veut trop en faire. De toute façon, tous les protagonistes du livre ne sont que de faibles caricatures là où les romans précédents insufflaient du charisme ou un poil d’empathie. Que ce soit Cestus ou Zadkiel, on se fout totalement de leur destin. Un drame en soi pour un livre d’action-aventure...

    Mais le pire n’est pas dans cette faiblesse d’écriture. Celle-ci tend à s’amoindrir dans la seconde moitié... lorsqu’arrivent les enchaînements de batailles spatiales (certainement la seule chose réussie du roman). Non, le pire en fait, c’est que Counter enchaîne les invraisemblances et les incohérences, rien n’est crédible dans son histoire à l’exception du plan de Kor Phaeron. Le Furious Abyss est censé embarquer un chapitre de Space Marines, soit environ mille hommes, mais jamais dans le récit on ne voit plus de vingt Word Bearers simultanément barrer la route aux loyalistes. Comme si 90% de l’équipage se foutait de ce qui se passe sur le vaisseau. De même, comment expliquer la collusion des World Eaters, des Space Wolves Etc... Qu’est-ce que font ces space marines si loin de leurs légions ? Counter s’en fiche. Pire encore, le seul personnage un peu intéressant, le Thousand Sons Mhotep, se retrouve piégé dans une fin absurde en train de combattre un démon dans une épave de vaisseau. On sait qu’il va mourir, donc on s’en fiche, et donc le récit est gonflé artificiellement... encore !

    Les erreurs de ce genre, il y en a des tonnes dans la Bataille des Abysses. Comment expliquer que le démon dans l’équipage loyaliste se dévoile alors que le vaisseau est à la dérive, tout proche de la destruction, à quoi ça sert ? Et puis ces sempiternelles pages sur la force des Word Bearers alors qu’ils sont incapables de tuer un seul intrus dans leur vaisseau, fut-il un World Eaters ! Le récit accumule tellement de bourdes qu’il en devient ridicule. En rajoutant que même sur 400 pages, Counter arrive encore à traîner en longueur, La Bataille des Abysses peut se targuer d’être un ratage total. Il n’y a rien à en sauver ou presque. Seules quelques informations éparses sur le plan des Word Bearers ou les Suppliants, des créatures abjectes créées par Phaeron, sont dignes d’intérêt. Tout le reste n’est que médiocrité et absurdité.

    La Bataille des Abysses peut aisément être évité par le lecteur. Inutile au cycle de L’Hérésie d’Horus – pour ce qu’il faut savoir dessus, lisez un résumé, ça suffira amplement – le roman de Ben Counter n’est rien de moins qu’un récit insipide et douloureux. Heureusement que l’auteur semble ne plus sévir par la suite et que le jeune Aaron Dembski-Bowden prend le relais pour Le Premier Hérétique... en espérant qu’il pourra relever le niveau.
    Évitez ce récit, tout simplement.

    Note : 2.5/10

    CITRIQ

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.


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