• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 9 : Mechanicum


    Sur Mars, l’homme vénère la Machine. Ceux qui ont forgé l’immense organisation du Mechanicum avancent désormais main dans la main avec les hommes de Terra pour reconquérir la galaxie au nom de l’Empereur de l’humanité. Mais l’Omnimessie se retrouve aujourd’hui dans une position dangereuse. Certains au sein du Mechanicum murmurent que l’Empereur n’a pas libéré Mars mais l’a asservi et qu’il n’est pas l’incarnation du Dieu-Machine. Parmi eux, le puissant Fabricator General Kelbor-Hal et les maîtres de forges Chrom et Malevolus. C’est alors que Régulus, l’émissaire d’Horus Lupercal arrive sur Mars avec une proposition sinistre qui risque d’entraîner tout Mars dans une violente guerre civile. De leur côté, les fidèles de l’Empereur se rassemblent pour une dernière lutte désespérée. Koriel Zeth, la redoutable maîtresse de la Cité du Magma fait appel aux loyaux sujets de la Legio Tempestus et des Chevaliers de Taranis pour protéger son grand projet. Elle a en effet mandé Dalia Cythera, une transcriptrice aux pouvoirs extraordinaires, pour accéder au savoir universel. Mais Dalia va découvrir bien plus qu’elle n’était censée le faire sous les cieux menaçants de Mars...

    Graham McNeill revient après son pavé sur Fulgrim pour s’attaquer à un sujet qu’il maîtrise bien, les adeptes de Mars. Ainsi, ce 9ème tome de L’Hérésie D’Horus fait un peu le même choix narratif que le précédent, Légion (critiqué ici), en délaissant les Space Marines pour se concentrer sur une nouvelle faction entraperçue dans les volumes précédents, les disciples du Dieu-Machines. Mechanicum revient un peu en arrière (grosse modo au niveau de la trame temporelle des deux premiers volumes du cycle) pour s’achever sur le funeste destin de la planète Mars prise dans les mâchoires de l’Hérésie. Relativement épais (450 pages environ), le livre ne se contente pas de nous conter la chute des derniers bastions loyaux à l’Empereur, mais en profite pour installer une intrigue secondaire qui ne manquera pas de titiller les fans de l’univers.

    Mechanicum nous plonge donc dans l’organisation Martienne bien connue des fans de Warhammer. Ses adeptes vénèrent la mécanique et la technologie avec une telle avidité et une telle obsession qu’ils se modifient lentement au cours de leur existence pour remplacer des parties organiques de leur corps par du métal. McNeill adore cette faction et ça se voit. Ses descriptions et sa plongée sans retenue dans les différents organes du pouvoir de Mars fascinent le lecteur. Même s’il se borne finalement à peu (deux légios de Titans seulement par exemple), l’anglais accouche de personnages charismatiques et attachants, notamment le Princeps Cavalerio, Korial Zeth ou encore Dalia Cythera. Curieusement, McNeill s’aventure moins à parler des rebelles, les passages avec Kelbor Hal sont moins nombreux sans parler de l’inexistence de chapitres consacrés à la Legio Mortis. Cela n’affaiblit pas forcément le récit mais a de quoi frustrer ceux qui voulaient s’immiscer dans les rangs du Mechanicum Noir.

    McNeill choisit au final de narrer le déroulement de la guerre civile sur Mars avec brutalité et précision (la rencontre initiale entre les Legio Mortis et Tempestus) tout en laissant une belle part du récit à la sous-intrigue de Cythera. Ce choix pourra en rendre perplexe certains mais pourtant, il apporte une originalité que l’on n’avait pas coutume de voir avant l’arrivée de Légion : celle d’ajouter des Xenos aux conflits. La petite bande de Dalia ne joue pas tant un rôle important dans la guerre sur Mars... mais plutôt dans une future guerre intergalactique autrement plus meurtrière mais qui se déroulera des milliers d’années plus tard. Avec cette histoire dans l’histoire, McNeill fait plaisir aux connaisseurs de l’univers dont aucun n’a oublié celui que l’on nomme le Dragon de Mars. Seulement voilà, les autres risquent de ne pas du tout comprendre la pertinence de ce passage... Ce qui est, avouons-le, bien dommage car il constitue tout de même une pierre angulaire du 41ème millénaire.

    Du côté de la guerre civile, McNeill s’en sort brillamment. D’abord en faisant monter la pression entre les différentes factions, puis ensuite en décrivant les affrontements qui en résultent. Il faut saluer sa représentation des batailles entre Légions Titaniques, intense et épique, qui culminent lors de l’immense bataille devant la Cité du Magma. Même si l’on sait l’issue inévitable, l’auteur insuffle un souffle héroïque désespéré dans la confrontation qui ne manque jamais de piquant. Le charisme de Cavalerio et des chevaliers de Taranis n’y est d’ailleurs pas étrangère. Reste l’intervention des Imperial Fist, aussi frustrante qu’’exaltante pour le lecteur, puisque McNeill ne fera jamais de réelle place aux Space Marines, mais restera ancré sur le Mechanicum et les hommes qui se retrouvent piégés sur une planète qui tombe en morceaux. Un choix tout à fait logique et cohérent puisque c’est bien à Mars que le livre rend honneur. Le seul vrai reproche à faire au roman de McNeill, c’est cette espèce d’intrigue mal fichue autour de la machine démoniaque de Chrom, trop artificielle et vraiment laborieuse.

    Mechanicum donne l’occasion à Graham McNeill de revenir au meilleur de sa forme. Passionnant et parfois épique, le récit concilie plusieurs facettes de l’univers et change des sempiternels affrontements entre Space Marine. Reste que seuls les vétérans de l’univers pourront appréhender toutes les allusions de l’écrivain. 
    Un bon cru.

    Note : 7,5/10

    CITRIQ

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.


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