• [Critique] La Volonté du Dragon


    L'empire d'Asreth étend son pouvoir vers le Grand Sud. Avant de pouvoir conquérir ces contrées, les Asriens doivent prendre possession de Qhmarr, réputé imprenable. Pendant que le généralissime Vasteth et sa garde en armure lourde réclament la soumission du royaume au gouverneur Mherran et à l'enfant-roi Qasul une ultime fois, l'amiral Urvayd attend sur son navire amiral la Volonté-du-Dragon. Alors que tout semble joué pour cette enclave primitive et que les cuirassés se rangent face aux voiliers, la partie d'échec à venir va réserver bien des surprises...

    Lionel Davoust a surtout traduit avant de passer à l'écriture. Il ne faut pourtant pas oublier qu'il a signé quelques excellentes nouvelles dont notamment L'île Close (Prix Imaginale 2009) ou encore L'impassible Armada parue dans l'anthologie Rois et Capitaines. C'est grâce aux jeunes éditions Critic que le français nous livre son premier roman La Volonté du Dragon, un court récit de 165 pages.

    Commençons par un mot sur l'objet-livre lui-même : La couverture de Cyrielle Alaphilippe est très belle et en parfaite adéquation avec le roman. Celui-ci comprends plusieurs illustrations de Frédéric Navez qui permet par exemple de se représenter le vaisseau amiral Volonté-du-Dragon. Un travail soigné donc. Pour son premier roman, Lionel Davoust choisit de livrer un court récit aussi guerrier qu'intense. A l'instar de L'impassible Armada, le déroulement de l'aventure se fait la plupart du temps à bord d'un navire, le Volonté-du-dragon. Ce navire, comme toute la flotte et la technologie de guerre de l'empire d'Asreth, apparaît très en avance sur les autres nations (le Qhmarr ne dispose que de voilier pour le combat) grâce à une technologie de cristaux-vapeur qui permet ainsi la suprématie du général Vasteth. Cependant, la confrontation avec le Qhmarr va prendre une autre tournure qu'escomptée, donnant lieu à l'opposition entre une certaine forme de technologie et une certaine forme de magie.

    Plaisant. Voilà le mot qui nous vient à l'esprit à la lecture d'un texte de Lionel Davoust. L'auteur a un style des plus fluide mais qui n'oublie pas pour autant le côté descriptif de son histoire. Ici encore, les navires et les combats maritimes occupent le centre des évènements engendrant un récit qui laisse peu de temps mort. Malgré un certain classicisme dans le déroulement de l'intrigue et des personnages au final assez stéréotypés, le tout fait preuve d'une efficacité certaine qui permet de ne pas lasser le lecteur. De plus, le roman est court, il n'y a donc pas de motifs de lassitude comme l'aurait produit un ouvrage beaucoup plus imposant. Avant tout, la force du roman tient dans l'opposition entre les deux factions. La description de la technologie asrienne et de la magie des qhmarriens fascine et permet quelques belles trouvailles. La Volonté-du-Dragon s'impose comme un des personnages centraux du roman. Un navire fait d'acier et dont les batteries de canons draniques (les fameuses armes des asriens) causent des ravages dans les rangs adverses. Cette fascinante technologie se retrouve dans les armures lourdes asriennes au final assez peu exploitées dans le récit malgré un beau combat au cœur du vaisseau amiral.

    Si on sent quelques réflexions pertinentes à travers le récit - le sacrifice par les commandants de leur troupe sans aucun remords ou encore l'exploitation du peuple Qhmarr sous prétexte d'un principe de vie permettant aux plus hauts placés de vivre de très confortables existences - c'est surtout la confrontation entre l'enfant-roi Qasul et le généralissime Vasteth qui se révèle la plus passionnante. On voit nettement que Lionel Davoust a parfaitement assimilé l'idée qu'à la guerre, les soldats sont des pions sur un jeu d'échec...Mais La Volonté du Dragon n'est pas vraiment un roman de réflexion, du moins pas autant que son côté action qui reste bien plus présent. A l'exercice périlleux de doser ces deux composantes, il faut admettre que Davoust s'en tire avec les honneurs.

    En fait, le roman de Lionel Davoust se veut clairement le récit d'un combat maritime sur fond d'opposition technologie/magie. Si les personnages et l'intrigue restent relativement classiques, ils n'en apparaissent pas moins tout à fait convaincants. Du fait d'abord de l'écriture du français mais également de quelques bonnes trouvailles et réflexions qui jalonnent l'ouvrage. En ces temps d'inflation, ce court roman de 165 pages rassemble tous les critères pour passer un agréable moment de lecture. Et franchement, c'est déjà beaucoup.

    Note : 8/10

    CITRIQ


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