• [Critique] Le Choix

    [Critique] Le Choix
    Prix Sturgeon 2012 

    Dernier titre de lancement de la nouvelle collection Une Heure-Lumière des éditions du Bélial, Le Choix est l'oeuvre de l'anglais Paul J. McAuley (Cowboy Angels, Glyphes, Les conjurés de Florence...) qu'on avait plus guère lu sous nos latitudes depuis quelques années. Lauréat du fameux prix Sturgeon en 2012 pour cette novella de 73 pages, le britannique est l’occasion pour le Bélial de montrer une nouvelle fois la diversité de ses choix éditoriaux. On quitte donc les bas-fonds de Bangkok, les méandres de Lolsa Tech et les frasques du troisième âge pour revenir à une science-fiction à la fois plus conventionnelle mais aussi plus humaine. 

    Très courte mais pas moins prenante pour autant, le récit de Le Choix suit deux amis : Damian et Lucas, qui vivent tant bien que mal à l'écart d'un monde transfiguré par la bêtise humaine et...par le contact avec d'autres civilisations. Ensemble, ils décident de remonter les flots d'une Angleterre à moitié submergée pour rencontrer un Dragon tombé du ciel et échoué tel un animal mythique sur les côtes anglaises. L'artefact extra-terrestre n'intéresse cependant pas que nos jeunes aventuriers et ils vont bientôt découvrir que même l’événement le plus anodin peut changer la course de leur vie. En fin de compte, il faudra faire un choix.

    Ce dernier ouvrage retrouve en réalité un sens of wonder mâtiné de triste mélancolie que l'on avait pas rencontré jusqu'ici dans les trois dernière novellas. Paul J. McAuley dresse le portrait d'une Angleterre mise à mal par les (in)conséquences écologiques de l'homme ainsi qu'un retour aux sources face à l'émerveillement proposé par l'espace et les races extra-terrestres. Damian et Lucas incarnent deux abords différents du contact avec des visiteurs venus d'ailleurs. Le premier y voit un rêve, un moyen de s'extirper d'une Terre décevante et d'un père violent, le second une supercherie intrigante mais qui ne peut remplacer l'amour d'une mère complotiste (ou pas) et d'une terre natale qui l'a toujours porté. Le récit adopte alors un ton étrange, entre désillusion quant au sort d'une planète que l'on contemple meurtrie, et enchantement face à ces mystérieuses civilisations extra-terrestres qui semblent aussi surréalistes qu'un conte pour enfants.

    Plus que la simple évocation de tous ces chambardements, c'est avant tout le sort de l'humanité confronté à son propre dépassement qui titille l'imagination. McAuley ébauche des portraits crédibles et attachants d'hommes et de femmes saignés par la vie. Il réussit tout particulièrement Damian, encore davantage même que Lucas. On est fasciné par ce rêveur triste qui finalement tombe dans un cul-de-sac tragique. Toute la force de McAuley réside ici, dans sa capacité remarquable à incarner des sentiments plutôt qu'à les plaquer sur des êtres. Il faut toute cette force pour faire ressentir en quelques mots l'ouragan de sentiments contradictoires qui envahit Lucas pour le fameux choix final donnant son titre à la novella. Au cœur de ce futur désespéré et exotique, l'auteur britannique brûle tout pour partir explorer d'autres chemins. Et on le suit avec bonheur.

    Le Choix clôt la première fournée de titres estampillés Une Heure-Lumière de fort belle manière. A hauteur d'hommes, à la fois triste et pleine d'espoir, la novella offre une dernière variation science-fictive sur les conséquences écologiques de notre mode de vie en se demandant si un deus ex machina extra-terrestre suffirait vraiment à nous sauver...à moins que le choix ne repose entre nos mains depuis le début.

    Note : 8/10 


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