• [Critique] Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur

    [Critique] Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur

     C'est périodique, il faut toujours qu'à intervalle régulier Hollywood tente de relancer un film estampillé Roi Arthur. La dernière tentative (en 2004 déjà) voyait Antoine Fuqua enrôler Clive Owen, Keira Knightley ou encore Mads Mikkelsen pour une vision "réaliste" (comprendre dénuée de magie) du fameux mythe Arthurien. Un échec à tous les niveaux. Cette fois, Warner Bros choisit Guy "Snatch" Ritchie pour donner une seconde jeunesse à la légende (et jeunesse est bien le meilleur terme). Tout ceux qui connaissent Guy Ritchie et son style très particulier risquent pourtant de faire un AVC s'il aime la tradition arthurienne.On se doute bien qu'avec le réalisateur qui a fait de Sherlock Holmes, une version gypsie-action du fameux détective, Le Roi Arthur risque fort de se contrefoutre de la légende. Ce que viennent confirmer les bandes-annonces. En quelque sorte, on est prévenu dès le départ, Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur aura autant avoir avec le mythe que Keira Knightley ressemble à Guenièvre. 

    Ritchie n’est cependant pas un mauvais réalisateur, du moins est-il beaucoup plus tranché dans son style qu'un Antoine Fuqua. Dès les premières minutes de film, la chose apparaît plus qu'évidente. Le Roi Arthur s'ouvre sur une séquence simplement folle où Ritchie imagine un monde Arthurien à mi-chemin entre Seigneur des Anneaux et Conan le Barbare. C'est immense, épique en diable, totalement WTF mais...c'est diablement excitant. En faisant cette intro, Ritchie rompt clairement avec son prédécesseur et prévient son spectateur : voici un film de fantasy pure et dure. Dans cette mouture, Mordred est un magicien rebelle qui tente de détruite Camelot mais Pendragon, aidé par l'épée magique Excalibur forgée par Merlin, stoppe son avancée. Malheureusement, Pendragon est trahi par son frère Voltigern qui s'empare du Royaume. Reste le jeune Arthur envoyé tel Moïse sur une barque vers Londinum où il grandit dans les bordels et les bas-fonds pour finir chef de meute d'une bande de bras cassés. Difficile de faire plus Ritchie dans le genre. En renouant avec son style thief/gypsie qu'il affectionne tant, le cinéaste se lâche également sur tous les plans. Ce qui était certainement la meilleure et la pire des choses qu'il pouvait faire.

    Pendant longtemps, le métrage fait illusion voir même plus. La mise en scène est ultra-nerveuse (mais on s'y attendait) avec une bande-son géniale de Daniel Pemberton qui rythme à merveille le personnage de sale gosse d'Arthur. Charlie Hunnam trouve ici un rôle taillé sur mesure pour lui (Si l'on y réfléchit, il n'est pas si loin de son rôle dans Sons of Anarchy) et assure le show. Ritchie se fait un immense plaisir d'alterner les séquences d'action shootées à l'adrénaline avec des dialogues à la cadence d'un AK47. Les problèmes commencent cependant dès ce départ. Si l'on excepte le grand méchant incarné par un Jude Law des plus convaincants, les autres personnages n'ont aucune existence. Comme si Ritchie misait tout sur Arthur et...c'est tout. Pire encore que cette absence de caractérisation, le casting pullule de miscasts, Aidan Gillen et Djimon Hounson en tête. On comprend que Ritchie tente d'ébaucher un Roi Arthur social (sisi !) en opposant les pauvres aux puissants, en faisant vaincre la plèbe multiraciale contre un blanc tyrannique. L'idée n'est pas mauvaise, et pas forcément si mal exploitée mais puisque les personnages n'existent pas, impossible de trouver le procédé autre qu'opportuniste.

    Jusqu'à un certain degré ce Roi Arthur amuse et retrouve même une ambiance fantasy-thief réjouissante. Ritchie a un mal fou à se canaliser et déborde (la caméra sur les personnages pendant une course-poursuite en ville, très mauvais effet digne d'un film amateur)...mais il insuffle une énergie rare dans son métrage. Là où le bât blesse c'est que le développement de l'intrigue sur le traumatisme d'enfance d'Arthur ainsi que sa confrontation avec Voltigern s'éternisent alors qu'on sait pertinemment comment tout va finir. Ritchie n'aurait-il pas gagner à s'engouffrer encore plus profondément dans son versant fantasy notamment durant la séquence terrible (mais beaucoup trop courte) des Terres Sombres ? Ce qui étonne le plus, c'est qu'Arthur réussit là où l'on ne l'attendait pas : dans la fantasy. Mais, là aussi, jusqu'à un certain point. Ritchie joue toujours sur la corde raide et ce dernier métrage bascule assez vite vers le foutoir tendance WTF en fin de parcours. La conclusion finit par faire...n'importe quoi. Un serpent géant pour jouer les Deus ex machina, une baston d'Arthur contre un régiment en mode jeu vidéo pour finir sur un combat de boss final style Mortal Kombat...Ritchie finit par perdre son sang-froid et craque. La conclusion ressemble plus à un vaste jeu vidéo qu'à la splendide (et épique) introduction. C'est d'autant plus dommage que le réalisateur évitait le piège de l'histoire d'amour ou celui de réunir tous les chevaliers de la table ronde dès le départ. 

    Esthétiquement incroyable avec un côté fantasy assumé qui fait du bien, Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur est loin d'être le naufrage annoncé. Il s'agit surtout d'une proposition radicale par un Guy Ritchie qui s'éclate tellement qu'il finit par oublier en route ses personnages, son timing et une conclusion moins téléphonée. En l'état, le long-métrage s'avère un divertissement décomplexé plus intéressant que la moyenne. Par contre, si vous êtes fan de la légende Arthurienne, vous risquez d'avoir un malaise. Que cela se tienne pour dit. 

     

    Note : 7/10

    Meilleure(s) scène(s) :  L'introduction 

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