• [Critique] Maggie

    [Critique] Maggie

    (Re)devenu ultra-populaire grâce à l'adaptation télévisuelle de l'excellent Walking Dead de Robert Kirkman, le mort-vivant n'en finit plus de dévorer les écrans de cinéma. Dernière tentative en date, Maggie, un film énigmatique dont la bande-annonce mise avant tout sur l'émotion et non sur l'horreur. Premier film du britannique Henry Hobson, le long-métrage tente d'explorer le mythe du zombie par un abord plus intimiste et moins "bourrin" pourrait-on dire. Un pari d'autant plus surprenant que l'acteur principal n'est autre qu'Arnold Schwarzenegger, définitivement remis de ses années de gouverneur californien. A ses côtés, on retrouve la révélation de Little Miss Sunshine, Abigail Breslin, qui a bien grandi. Reste que vu l'embouteillage sur le créneau, Maggie va avoir fort à faire pour convaincre...

    Ravagé par une terrible épidémie, le monde de Maggie s'écroule. Parqués en quarantaine par les autorités en attendant de mourir puis de devenir des monstres sanguinaires, les malades du virus deviennent des morts en sursis. En allant dans une zone interdite, Maggie se fait malencontreusement mordre par un infecté. Son père, Wade Vogel, décide de la reprendre chez lui pour les dernières semaines qu'il lui reste à vivre. De jour en jour, Maggie se transforme et glisse lentement mais surement vers l'horreur. Impuissant, Wade veut pourtant tout faire pour rester auprès d'elle malgré tous les dangers que cette attitude suppose. Bientôt, il devra choisir que faire de Maggie...

    Maggie a de bonnes intentions. On sent dès le départ qu'Hobson veut se démarquer des navets grands public estampillés horreur. Pendant les premiers instants du film, il arrive même à donner le change. Univers inquiétant aux couleurs effacées et austères, le monde de Maggie effraie autant qu'il fascine. Seulement voilà, bien vite, le récit s'enlise. Il faut bien comprendre que Maggie nous parle de la difficulté de perdre des proches contaminés, pire : de devoir les éliminer soi-même. En somme, un moment obligé de tout film de zombies qui se respecte. Sauf qu'ici, la chose est étirée sur une heure et demie, il est donc tout à fait logique que l'histoire tourne sérieusement en rond dès la fin du premier tiers. Une fois les personnages installés, le contexte posé... Hobson se retrouve à devoir trouver tout ce qu'il peut pour rallonger la sauce, histoire que l'intrigue ne se résume pas aux choix moraux engendrés par la transformation de Maggie. 

    Il nous parle donc des voisins puis des amis... avant de revenir à la principale intéressée pour un final attendu. Le réel souci du film, c'est que quitte à proposer quelque chose d'atypique, il aurait fallu jouer cette carte à fond (pourquoi pas un huit-clos avec Maggie et son père ?) et non tenter vainement de trouver des péripéties clichées au possible à jeter en pâture au spectateur. On retrouve ainsi le dilemme de la mise à mort d'une enfant contaminée, puis de celui d'amis proches, puis le sort du petit copain. Bref, le résultat s'avère répétitif et assommant. On a vite compris où voulait en venir Hobson. Le problème, c'est qu'il nous martèle la chose pendant plus d'une heure. Maggie va mourir, son père va devoir prendre une décision. Voilà. Même la transformation de Maggie s'avère mal gérée avec cette volonté de montrer d'autres protagonistes dont on n'a rien à faire. 

    C'est d'autant plus dommage qu'Abigail Breslin joue correctement - malgré quelques passages où elle surjoue ostensiblement - et qu'Arnold Schwarzenegger sort des rôles auxquels on l'a cantonné d'habitude. C'est d'ailleurs lui qui reste le plus convainquant dans ce rôle de père déchiré (et déchirant). Maggie était l'occasion pour lui de trouver son Sixième Sens, malheureusement Hobson n'est pas du tout à la hauteur de la tâche. Dans l'optique de réaliser un film personnel et intimiste, le britannique lorgne vers le cinéma d'auteur. Ce qu'il en retient pour façonner son film frôle la catastrophe. Il abuse des plans serrés - seul Kechiche a fait pire, c'est dire - et filme un peu n'importe quoi pour faire son Terrence Malick. Ajoutez-y une shaky-cam totalement hors de propos et hautement énervante et vous obtenez quelque chose de totalement indigeste. Maggie apparaît au final comme une caricature de film d'auteur, du moins sur le plan de la mise en scène.

    Malgré de bonnes intentions évidentes, Maggie s'embourbe dans son sujet vu et revu ailleurs (et en bien meilleur). Même si Schwarzenegger trouve en Wade Vogel un rôle touchant qui le sort du carcan habituel de l'action-movie, tout concourt à rendre le récit banal et pénible. Un bien mauvais départ pour Henry Hobson...

    Note : 3.5/10

    Meilleure scène : L'exploration de la maison des voisins par Wade.

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