• [Critique] Pompéi

    [Critique] Pompéi

    Il y a des jours comme ça où la vie est moche. Mais vraiment. Comme ce jour où vous allez voir un film et qu’il est tellement nul que s’en est effrayant. Oui, d’accord, avec Paul W.S Anderson à la barre, difficile de croire que le film aurait pu être bon (à ne pas confondre avec Paul Thomas Anderson, le réalisateur de There Will be blood qui, pour le coup, enchaîne les petites pépites). Pour ceux qui n’ont pas suivi, le monsieur est responsable de la saga Resident Evil, ce monument du cinéma d’horreur – comprendre : cet infâme viol et terrifiante déjection cinématographique. Oui oui, on se rappelle qu’il y a déjà eu un miracle dans sa carrière et qu’il a fait un excellent film (Event Horizon), mais des rumeurs affirment qu’il avait alors été remplacé par un clone d’une dimension parallèle (et nous ne sommes pas là pour croire ces choses-là). Bref, Paul W.S Anderson revient ! (même si nous ne l’attendions pas du tout en fait) Et pas avec n’importe quoi mais avec un tas de mecs bodybuildés en tenue de gladiateurs recouverts de sueur (Non, ce n’est pas un porno gay, désolé). Le titre du film : Pompéi. Parce que l'on a oublié que derrière les romains et les gladiateurs, il y avait aussi un volcan qui explose. Pour mener à bien ce projet trépidant d’aventures catastrophes, il a même engagé Kit Harrington, le beau gosse ténébreux de Game of Thrones, accessoirement le plus mauvais acteur de la série (et là, ça sent bien le sapin).
    Donc, vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir !

    Le film commence avec un petit garçon qui dort dans une tente et qui est réveillé par des petits bruits étouffés. En ouvrant la tente sus-nommée, il découvre avec horreur qu’on massacre les siens (oui, les tentes sont très isolantes à l’époque, mais vraiment). Emmenez par des esclavagistes romains pour devenir gladiateur, le Celte (comme on le surnomme avec une énorme originalité), combat dans les arènes de l’ancêtre de Londres avant d’être envoyé à Pompéi pour les jeux (Et là, on se dit que, parfois, les Dieux, ils choisissent un mec pour qu’il en chie. Il aurait pu aller à Rome mais non, PAM, Pompéi. Ce manque de bol de compétition quand même). En arrivant à la ville en question, il croise une jeune noble romaine, Cassia, qui rentre de Rome passablement dégoûtée de la vie politique de la Cité. Alors que les jeux se préparent pour accueillir le sénateur Corvus (qui adore dire son nom complet à l’écran, mais qui adore VRAIMENT), la cité tremble, et le volcan semble se réveiller petit à petit.

    Bon.
    Disons que pendant les vingt premières minutes, le résultat fait rire. Et c’est déjà ça. Parce que sur ce laps de temps nous avons droit à un empilement de clichés à en faire pâlir n’importe quel nanar. Entre le guerrier celte qui semble être un sauvage mais qui en fait a un cœur gros comme ça, même qu’il aime les chevaux et qui fait tourner la tête de Cassia en un seul coup d’œil (en même temps c’est Kit Harrington, et les femmes quand elles voient des abdos, des yeux sombres et des beaux cheveux, on les tient plus, c’est bien connu) qui est elle-même une noble romaine... mais en fait non, elle n'est pas d’accord avec les méchants romains, et les romains en question, très très vilains et méchants rappelons-le, ainsi que super-prétentieux en jupette, on sent déjà bien les choses à venir. La suite ne fait que confirmer les craintes. Et pire encore. Parce qu’ensuite, le film devient consternant et navrant de nullité. Comment faire pire me direz-vous ? C’est simple, en plagiant.

    En gros, Pompéi c’est Gladiator meets Titanic meets Volcano. D’ailleurs, le film ayant deux tiers de son temps un univers resserré autour des gladiateurs, le plagiat de Gladiator saute aux yeux (même des aveugles, c’est dire). Parce qu’en somme Pompéi parle d’un homme – qu’on appelle durant la moitié du temps par son ethnie, tiens tiens tiens - qui cherche vengeance en tuant un très haut responsable romain mégalo et pervers – ohhhh – et qui se fait des potes gladiateurs dont son meilleur ami, un grand black qui a perdu sa famille et qui prie devant des statuettes en bois. Si en plus on ajoute des scènes du genre une bataille dans l’arène où les gladiateurs sont en sous-nombre pour reconstituer une bataille romaine, et où les romains de la dite bataille sont des gladiateurs belliqueux et que tout se déroule à l’inverse de ce qui s’est vraiment passé sans parler du haut dignitaire romain s’exclamant « Mais dans la réalité, ce sont les romains qui ont gagné, non ? », là il faut vraiment n’avoir jamais vu Gladiator pour ne pas se rendre compte que Scott a de quoi porter plainte. Enfin bon, vu le bide du film, il n’aurait pas grand-chose, certes. Mais quand on dit que Pompéi copie Gladiator, attention, c’est du Gladiator leaderprice. Du Gladiatux. Gladiator date de 14 ans déjà et pourtant Pompéi est dix fois plus moche à la fois sur le plan de la réalisation (ça c’était couru d’avance) mais aussi sur les FX. Les plans sur la ville s’avèrent immondes (c’est une torture visuelle) et les décors tout à fait risibles. La version leaderprice du Colisée, c’est un grand moment de solitude.

    Donc, après ces bases, soyons clairs, les clichés continuent à fuser à 200 à l’heure, c’est presque là que se trouve le vrai exploit du film. Les personnages sont d’une fadeur hallucinante... pas un pour rattraper l’autre. Dans tout ça, les acteurs (pas aidés par la pire VF de l’histoire, à mourir de rire) révèlent le défi d’être aussi lamentables que le film. Kit Harrington est triste (non, ce n’était pas pour le rôle de Snow en fait qu’il était triste, c’est juste qu’il ne sait que froncer les sourcils, faire un regard mystérieux et sourire une ou deux fois parce qu’il faut bien emballer les minettes), Carie-Ann Moss et Adewale Akinnuoye-Agbaje se disputent la place de l’acteur has-been pitoyable, Kiefer Sutherland se demande encore pourquoi on lui a fait porter un costume de sénateur romain (WTF ?) sans parler de Jared Harris et Emily Browning qui découvrent que, non, en fait c’était pas Paul Thomas Anderson le réalisateur. On y ajoute des dialogues crétins et tout ce qu’il y a de plus cliché (encore) et puisqu’on va en finir avec les clichés, on arrive à l’histoire d’amour et le volcan qui fait boum.

    Amour. Oui. Non. Peut-être. Il semble à un certain point que le vrai amour du film c’est entre le réalisateur et les chevaux qu'il a lieu, ce qui est assez dérangeant en fait. Mais l’idylle entre Milo (et non Milou, un Celte, ça peut pas avoir un nom celte, faut pas déconner) et Cassia, c’est un peu Twilight version fleur bleue ( ça fait mai hein ?) avec cette scène culminante de niaiserie sur le flanc du volcan ou pire, la scène finale. Mais nous y reviendrons. Parce qu’après les bagarres du film (en fait la préoccupation numéro 1 d’Harrington), Anderson se souvient que son long-métrage s’appelait Pompéi et qu’il avait même fait mourir un noir au début pour annoncer la catastrophe – le noir meure toujours en premier. Donc le volcan fait boum. Si vous pensiez qu’au moins il y aurait des images impressionnantes de la catastrophe volcanique, vous aviez tort. Parce que c’est aussi moche qu’avant, mais c’est surtout plus sombre. Comme pour Titanic, alors que tout vire au cauchemar, les protagonistes se foutent sur la gueule. Bah oui. Ce n’est pas comme s’ils allaient tous mourir s’ils ne se barraient pas. On assiste donc à une succession de scènes absurdes de bagarres. Alors que la ville se meurt. Logique.

    Enfin…logique. Ce mot n’existe pas pour Anderson et il va même réussir à caser un tsunami dans le lot – sérieux – qui sera arrêté d’ailleurs par un rempart avec plein de trous – bah oui. Finalement, après un déluge d’immondes effets spéciaux, une coulée pyroclastique déboule. Et donc, Mr fait la tronche qui poursuivait Corvus Pupus Caïus Respecte Mon Autorité JE SUIS UN SENATEUR ROMAIN PUTAIN, se rend compte qu’il faut prendre son cheval et Cassia pour se tirer. Il arrive même à sortir des remparts de la ville avant d’être rejoint par la coulée (rappelons qu’une nuée ardente va au moins à 200km/h, et donc que son cheval est supersonique) avant de bazarder son cheval parce qu’ils n’iraient soi-disant pas assez vite (alors que le cheval en fait, sera le seul survivant). Tout ça pour un bisou avant de mourir. Soupir, THE END.

    Non, Pompéi s’annonçait comme un film désastreux mais là c’est juste pathétique et immonde, un amoncellement de clichés, de médiocrité et de débilités. Tout est à jeter, tout. Il n’y a vraiment pas de quoi en faire une vraie critique construite, car tout est honteux. Alors franchement, même si votre copine vous menace pour aller le voir, larguez-la.

    Note : 0/10

    Meilleure réplique : « Hey, on vous a bien enculé non ? » …Oh pardon, c’est pas dans le film ça…

    Meilleure scène : le cheval affolé dans l’écurie ou comment 5 soldats romains d’élite sont terrifiés par un cheval. WTF


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