• [Critique] Spider-Man : Homecoming

    [Critique] Spider-Man : Homecoming

     Spider-Man au cinéma, c’est un peu les montagnes russes.
    A l’origine, les deux premiers films de Sam Raimi avec Tobey Maguire avaient mis la barre très haut. Le réalisateur américain trouvait le ton exact pour retranscrire le super-héros sur grand écran et livrait, dans le même temps, des vilains extrêmement réussis (le Docteur Octopus restant à ce jour l’un des tous meilleurs).
    Seulement, un jour - quand les majors se sont aperçus que le super-héros faisait recette au box-office - l’Araignée a commencé à chuter. Il y eut d’abord le troisième volet de Raimi avec l’obligation d’inclure Venom…qui se révéla une catastrophe...puis Sony reboota la franchise avec Marc Webb. En soi, Webb n’était pas un mauvais réalisateur puisqu’il venait de réaliser un excellent film indépendant – 500 days of Summer – mais il n’était certainement pas prêt à faire face aux exigences de Sony. Le résultat ? Deux nouveaux films où Tobey Maguire laisse sa place à Andrew Garfield (énorme miscast) dans un univers qui se voudrait plus proche de la version Ultimate des comics. Le problème…c’est que c’est nul. Il n’y a quasiment rien à sauver de ces deux métrages si ce n’est la musique du second volet. Le reste, TOUT le reste est une catastrophe…jusqu’à la mort de Gwen Stacy, véritable outrage cinématographique d’une scène culte du comic book original.

    Après l’échec artistique d’Amazing Spider-Man, Sony conclut un arrangement avec Marvel Studios pour faire apparaître Spider-Man dans le cross-over Captain America : Civil War. On y découvre avec bonheur un jeune Spider-Man incarné par un Tom Holland rafraîchissant et attachant. Pour peu, il constituerait presque le meilleur moment du film ! Fort du succès de ce « caméo », Sony et Marvel se mettent d’accord pour s’associer, donnant naissance à une nouvelle trilogie Spider-Man dans la continuité de l’univers Marvel au cinéma. Le résultat de cette collaboration arrive en 2017 sur les écrans sous le nom de Spider-Man : Homecoming rajeunissant la franchise et ses héros tout en tentant d’inclure l’Homme-Araignée dans le Marvel Universe.

    Tout le problème de Spider-Man : Homecoming se situe dans le choix de son réalisateur et dans la direction imposée au Marvel Universe par Kevin Feige. Depuis un certain nombre de films, Feige est devenu le chef d’orchestre des films Marvel au cinéma et applique, il faut l’avouer, une recette. Celle-ci est assez simple : recruter des réalisateurs sans patte particulière pour avoir le contrôle sur le métrage. Ceci a deux conséquences : les films Marvel sont devenus des divertissements relativement efficaces mais sans caractère, et ils cartonnent au box-office. Du coup, pour Spider-Man : Homecoming, c’est le réalisateur Jon Watts qui a été choisi pour s’occuper de Peter Parker. Un cinéaste qui n’a…quasiment rien fait dans sa carrière jusque-là…. On est très loin d’un Edgar Wright (mis à la porte d’Ant-Man) ou d’un Shane Black (débarqué après Iron Man 3). Ce qui fait que Spider-Man : Homecoming a tendance à avoir les mêmes défauts et qualités que les derniers Marvel.

    Le bon côté des choses, c’est que le métrage redore le blason terriblement terni du super-héros par les deux infâmes bouses de Marc Webb. Tom Holland, bien plus crédible et attachant qu’Andrew Garfield, incarne un Spider-Man jeune qui doit encore gérer le lycée et ses amis. L’acteur britannique s’avère à la hauteur, émouvant même parfois. Homecoming a la (très) bonne idée de ne pas nous refaire une origin-story (parce qu’on en a un peu ras-le-bol de voir ce genre de choses à l’écran) mais de continuer l’arc narratif aperçu dans Civil War. Spider-Man troque son oncle Ben contre un Tony Stark très efficace dans le rôle du « père » de substitution permettant en même temps au Tisseur de s’intégrer parfaitement dans la continuité de l’univers Marvel. C’est certainement d’ailleurs la plus grosse réussite du film.

    Chargé en humour (heureusement assez agréable), Homecoming renoue avec une certaine légèreté qu’on avait pas vu depuis quelque temps dans l’univers Marvel. De même, en tenant son postulat de base, le métrage laisse Peter Parker au lycée en ne tentant pas vainement de le faire sortir par quelque astuce que ce soit. Un choix audacieux (certainement le seul du film en fait) mais qui paye. On lui reprochera juste de fatiguer sur la durée. Non, les véritables problèmes de Spider-Man : Homecoming sont ailleurs…dans la recette Marvel made in Kevin Feige. Il s’agit en effet d’un divertissement pur et dur. Vous n’aurez finalement aucun véritable sous-texte fort. Les quelques thématiques intéressantes étant balayées en quelques scènes. Ce qui handicape vraiment cet opus, comme dans tous les Marvel ou presque, reste bien sûr son méchant.

    Pour cette fois, c’est Le Vautour qui passe à la moulinette cinématographique sous les traits du génial Michael Keaton. Et c’est un échec total. Non pas que Keaton soit un mauvais acteur, c’est tout le contraire et son jeu ici reste même très correct…mais il est totalement sous-exploité. La définition du méchant (et donc le principal antagoniste du film, un moteur primordial pour le héros) repose sur cinq minutes pré-générique ultra-rapides, quelques scénettes où le Vautour se montre méchant puis à une rencontre finale où la seule chose intéressante est balancée en une phrase (la parenté entre Tony Stark et le Vautour) avant que les deux ne se tapent dessus. C’est bien simple, Le Vautour s’oublie aussitôt le film terminé. Il n’a aucune saveur. Spider-Man : Homecoming n’a donc du fait aucune gravitas. Tous les autres éléments de l’histoire déçoivent (l’amourette de Peter, la difficile conciliation de sa vie de lycéen et de super-héros)…tout ça a déjà été vu ailleurs et en largement meilleur.

    Au contraire d’un Batman vs Superman, Homecoming n’a aucun caractère dans sa mise en scène non plus. Il n’icônise plus son héros (comme le faisait si bien les deux premiers volets de Sam Raimi), et manque simplement de scènes fortes. La séquence la plus impressionnante – celle du ferry – s’avère un pétard mouillé. Non pas qu’elle soit mauvaise en elle-même mais elle a déjà été vu ailleurs (Spider-Man 2). Elle manque surtout d’une chose essentielle : elle manque d’intensité dramatique ! Une chose que ne maîtrise absolument pas Jon Watts. Le ferry pourrait couler…on n’en aurait rien à faire contrairement à la magnifique scène de sauvetage du métro de Spider-Man 2 de Sam Raimi.

     Spider-Man : Homecoming a beau remonter la pente après les catastrophiques Amazing Spider-Man, il n’en reste pas moins un blockbuster calibré made in Marvel. En s’obstinant à prendre des réalisateurs insipides, Marvel Studios s’enferme dans une recette de divertissement qui lasse petit à petit. Le film de Jon Watts n’est que cela, un petit divertissement agréable mais qui ne laissera rien derrière lui.

    Note : 7/10

    Meilleure(s) scène(s) : L'invitation à joindre les Avengers

    Suivre l'actualité du site :

    Abonnez-vous à la page Facebook   

    Littérature

     Suivez sur Twitter :

    Cinéma


    Tags Tags : , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Lundi 24 Juillet à 20:54
    Lucius

    Pour une fois, les différents avis que je lis se rejoignent assez : pas mal. Mais sans plus !

    Pour l'instant, je ne suis pas allé le voir, je me tâte encore...

    Merci pour la critique !

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :