• [Critique] The Jane Doe Identity

    [Critique] The Jane Doe Identity

     En 2010 sortait discrètement sur nos écrans un petit film norvégien qui s’inscrivait dans la mode (agaçante) du found footage : The Troll Hunter. Ce long-métrage norvégien, bien loin des médiocres Paranormal Activity et autres Tchernobyl Diaries, arrivait à jongler avec bonheur entre horreur, humour et documentaire. Son réalisateur, André Øvredal, revient sept ans plus tard avec un second long-métrage et deux excellents acteurs américains, Emile Hirsch et Brian Cox. The Autopsy of Jane Doe (renommé The Jane Doe Identity pour l’occasion parce que...bah parce que ça fait un peu Jason Bourne et que ça pète...) nous plonge dans une atmosphère pesante au cœur d'une vieille morgue tenue par un soir d'orage. Alors que le shérif Sheldon intervient sur une scène de crime particulièrement sanglante, il découvre le cadavre d'une jeune femme impossible à identifier. Cette Jane Doe est amenée à Austin et Tommy Tilden pour que les deux légistes découvrent enfin son identité. Mais d'étranges choses commencent à survenir durant l'autopsie... C'est donc un postulat de départ très simple que propose The Autopsy of Jane Doe et qui semble tout entier contenu dans son titre. 

    Øvredal a quelques idées bien arrêté qu'il met en pratique dès les premiers instants du film. The Autopsy of Jane Doe démarre rapidement, et l'on entre dans le vif du sujet au bout d'une quinzaine de minutes. La principale originalité du métrage est de proposer une approche atypique dans le traitement de son horreur, à savoir que toute la première moitié du récit se concentre sur l'examen d'un corps, faisant surgir l'horreur et entretenant son ambiance oppressante par les découvertes et déductions des deux légistes. Le show repose alors sur deux éléments : la capacité de mise en scène du cinéaste norvégien dans ce qui est, en réalité, un huit-clos, et la prestation des deux acteurs principaux. Sans surprise, Hirsch et Cox assurent permettant au spectateur d'avoir à la fois une attache empathique (notamment avec le personnage d'Austin) et une immersion convaincante dans l'enquête en cours. Jamais Øvredal ne mise sur les effets gores de son autopsie comme aurait pu le faire un film lambda et durant une bonne moitié de l'histoire, le norvégien arrive à faire vivre ses personnages et son intrigue avec une habilité qui force le respect. D'autant plus qu'il développe une atmosphère lourde en arrière-plan.

    Cependant, à un certain stade (et peut-être par peur de lasser le spectateur), le réalisateur s'engage dans une autre voie horrifique en transformant son huit-clos d'expertise et de sous-entendus en un huit-clos horrifique surnaturel avec fantômes et autres apparitions. Ce virage n'est, en soi, pas forcément mauvais, il permet à Øvredal de varier les sources de terreur et de jouer également avec le cliché du fantôme. Evidemment, puisque la chose est plus courante ailleurs, l'originalité a tendance à disparaître. Il faut cependant concéder que le norvégien s'y prend fort bien, évite les jump-scares abusifs, et privilégie les silhouettes aux effets gores grossiers. Quelques astuces simples comme la clochette au pied d'un des cadavres, permettent ne pas miser frontalement sur l'horreur, Øvredal comprend qu'il vaut mieux laisser de la place à l'imagination. Certes, il est assez difficile de comprendre pourquoi la petite amie d'Austin est impliquée là-dedans. Le film n'y gagne rien en réalité. Mais le reste se révèle tout à fait honorable.

    Le vrai raté de The Jane Doe Identity, c'est de ne pas aller au bout de son postulat de départ et de ne pas intégralement fondé son intrigue sur une autopsie. Evidemment, il est fort possible que le résultat d'une telle démarche soit rébarbative mais elle éviterait au moins la sévère sensation de manque d'originalité de la seconde partie du métrage. En l'état, l'intrigue de fond, elle, reste accrocheuse. Øvredal arrive à retourner les hypothèses du spectateur quand à l'identité de la jeune fille et même à inverser le sempiternel cliché de la sorcière. Il y a donc du bon dans cette histoire de revenants matinée de satanisme. Du très bon même puisque le norvégien tient de bout en bout une atmosphère délicieusement effrayante grâce à une mise en scène précise et épurée.

     Pour son second long-métrage, André Øvredal offre un spectacle à la hauteur des attentes. Même si The Jane Doe Identity semble avoir du mal à choisir parfois, il n'en reste pas moins un film fantastico-horrifique relativement original et efficace supporté par deux excellents acteurs. Les amateurs seront ravis. 

     

    Note : 8/10

    Meilleure(s) scène(s) :  L'autopsie

    - Critique de The Troll Hunter d'André Øvredal

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