• [Critique TV] Jessica Jones, Saison 1

    [Critique TV] Jessica Jones, Saison 1




     Marvel annonçait fièrement un partenariat avec Netflix en 2013 pour bâtir un univers comics sur petit écran. Au programme d'abord l'excellente série Daredevil (pour la critique c'est ici) et, de façon tout à fait surprenante...Jessica Jones ! Excepté les férus de Marvel, très peu de personnes connaissaient jusqu'alors cette héroïne pourtant popularisée entre 2001 et 2004 par la série Alias (rien à voir avec l'autre série télé) créée par Brian Michael Bendis et Michael Gaydos. En portant son dévolu sur un personnage confidentiel et pas du tout grand public comme pouvait l'être d'une certaine façon Daredevil, Marvel prend un gros risque. L'audace paye-t-elle au pays des super-héros ?

    Forcément, il va falloir un peu expliquer qui est Jessica Jones. Détective privé avec de grosses tendances alcooliques et aussi avenante qu'un Doberman au premier abord, Jessica Jones semble davantage survivre dans Hell's Kitchen qu'autre chose. Jusqu'au jour où les parents d'une jeune femme du nom de Hope Shlottman lui demandent son aide pour la retrouver. A partir de là, tout capote dans la vie de Jessica. Un vieil ennemi l'a retrouvé : Kilgrave. L'homme capable de manipuler les gens, de leur faire faire tout ce qu'il veut. Jessica panique et pense à fuir. Car même si Jessica n'est pas une femme comme les autres, qu'elle est capable de bondir à des hauteurs hallucinantes et de soulever une voiture, Kilgrave la terrorise. Durant les 13 épisodes qui suivent les péripéties de notre nouvelle héroïne, il lui faudra finalement affronter sa plus grande peur et se confronter au terrible Homme Pourpre.

    Comme pour Daredevil, Netflix offre une fournée de treize épisodes au format 55 minutes. Comme pour Daredevil, l'action se situe à New-York et, plus précisément, dans Hell's Kitchen. Mais les similitudes s'arrêtent là car Jessica Jones adopte un autre ton et une autre ambiance (bien moins sombre) trouvant de facto sa propre voix et évitant le piège (évident) de faire dans la redite. Grâce à un pilote diablement efficace et intriguant, on découvre Jessica interprétée par une Krysten Ritter taillée sur mesure pour le rôle. Constamment maussade, portée sur la boisson (la plus forte de préférence) et aigrie au possible, la détective cache forcément d'anciennes blessures que l'on devine petit à petit. Pas question de vigilante cette fois, Jessica Jones est bien une super-héroïne avec les pouvoirs qui vont avec. Malheureusement (ou heureusement, c'est selon), elle ne dispose que de pouvoirs limités, une super-force en l’occurrence, qui la cantonne au pied du podium. Il faut dire aussi que la jeune femme n'a aucune envie de jouer dans la cour des grands et a tendance à plutôt mal-vivre ses pouvoirs. 

    Ce personnage atypique et franchement séduisant est encore enrichi par le rapport particulier qu'elle entretient avec Kilgrave, LE grand méchant de cette première saison. Contrairement à 99% des cas, Jessica Jones n'est absolument pas prête à l'affronter, c'est même plutôt le contraire. Elle est tétanisée par son retour. La show-runneur, Melissa Rosenberg, faut un choix des plus excellents en la montrant pendant une bonne moitié de la série (voir plus) en position de faiblesse, voir de détresse, par rapport à Kilgrave. Ce dernier d'ailleurs n'emprunte pas le même chemin qu'un certain Wilson Fisk. Très tôt mis en avant, Kilgrave possède un pouvoir unique mais terriblement efficace dont il n'hésite jamais à abuser. Du coup, Jessica Jones n'a rien à envier à la violence d'un Daredevil, rien du tout même. Ce grand méchant psychopathe est interprété par l'excellent David "Dr Who" Tennant, qui prend visiblement son pied à se mettre dans la peau de ce pervers manipulateur qu'est Kilgrave. Du coup, sa prestation, peut-être moins exubérante que prévue, devient en définitive un véritable atout de taille pour la série toute entière. Encore plus loin, les liens qu'il entretient avec Jessica Jones et le passé que l'on découvre dans l'épisode 8 et 9 offre un surplus d’intérêt au personnage. Véritable victime ou psychopathe incompris ? On vous laisse choisir votre camp.

    L'originalité de Jessica Jones réside aussi dans sa volonté de revenir à quelque chose de plus modeste que Daredevil. Entremêlant un aspect enquête traditionnelle avec une narration en voix-off, Jessica Jones pouvait également tomber dans le piège de la série hertzienne insipide. Heureusement, il n'en va jamais ainsi puisque les récits annexes s’entremêlent de façon tout à fait convaincante avec l''intrigue principale en finissant toujours par l'épouser avec classe. Le seul véritable reproche à mentionner à ce propos, c'est certainement la sous-intrigue consacrée à Hogarth (aka Carie-Ann Moss que l'on croyait définitivement disparue) qui n'apporte rien au récit à part un couple lesbien cliché et tout à fait plat. Pour dire vrai, à part un seul événement, on pourrait enlever toutes les séquences consacrées à Hogarth sans ne rien changer à la série toute entière. L'autre point polémique, c'est aussi le personnage de Luke Cage. Pas qu'il soit mauvais ou inutile, mais son pouvoir n'a pas grand chose de passionnant à vrai dire. De ce fait, on se demande bien comment Netflix va pouvoir nous surprendre avec une série qui lui est entièrement consacrée. 

    Soyons francs également, Jessica Jones ne boxe pas dans la même catégorie niveau combat que Daredevil, loin de là même. Heureusement pour elle, il ne s'agit nullement d'un des piliers du show contrairement à notre ami en rouge. Ce qui finit par pleinement convaincre dans Jessica Jones, c'est plutôt le soin apporté au personnage de Jessica justement, ses relations, son passé, ses démons. Pour peu, on pourrait presque affirmer qu'elle est plus réussie que Matt Murdock. Plus touchante et plus forte à la fois. Elle profite notamment d'un grandiose épisode avec l'épisode 8 AKA WWJD qui plonge dans le passé de notre héroïne la tête la première et la confronte enfin de plein fouet à Kilgrave. Certes, on regrettera quelques grosses ficelles par la suite (l'arrivée des parents de Kevin franchement téléphonée) mais rien qui ne puisse endiguer la sympathie que l'on peut éprouver face à ce show à la fois modeste et bien pensé. C'est aussi l'audace d'offrir une super-héroïne totalement inconnue ou presque qui accentue encore cette impression, mais on ne boudera pas son plaisir pour autant. Jessica Jones est une réussite.

    Vraie bonne surprise du petit écran, bien plus risquée que Daredevil à certains égards, Jessica Jones réussit de façon surprenante à s'attacher la sympathie du spectateur avec des acteurs convaincants (notamment le duo Krysten Ritter et David Tennant), une réalisation efficace et une storyline franchement bien pensée. On a véritablement hâte de voir ce que nous prépare Marvel et Netflix pour la suite des aventures de la détective la plus bad-ass d'Hell's Kitchen !

    Note : 8/10

    Meilleur épisode : Episode 8 AKA WWJD?

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