• [Critique] Wonder Woman

    [Critique] Wonder Woman

     Alors que Marvel a depuis longtemps installé son univers sur grand écran, DC peine toujours à en faire de même. Clairement handicapé par le studio Warner Bros, Batman vs Superman était devenu un fourre-tout précipité où surnageait tout le même le génie de Zack Snyder. Avant d'en arriver à la Justice League (que l'on appréhende beaucoup pour tout dire), Patty Jenkins prend les reines de l'adaptation du film Wonder Woman pour faire renaître une super-héroïne kitsch remise au goût du jour par Snyder. Vendu comme un film féministe (comme si le fait que la réalisatrice soit une femme soit suffisant...), le métrage a connu un immense succès critique et publique outre-Atlantique tandis que l'Hexagone a réservé un accueil bien plus froid à l'amazone. Wonder Woman, réussite surprise ou pétard mouillé ?

    Nous ne reviendrons pas en détails sur le postulat de Wonder Woman, héroïne archi-connue depuis des dizaines d'années. Diana Prince est une guerrière amazonienne qui vit sur l'île de Themiscyra, protégée des yeux du monde par Zeus et dans l'attente de la bataille finale contre Arès, le dieu de la Guerre. Alors qu'un avion s'écrase sur l'île, Diana découvre que l'Europe est en guerre contre l'Allemagne. Bien décidée à mettre un terme au conflit ainsi qu'à révéler le vrai coupable, Arès, elle s'embarque pour Londres avec l'espion britannique Steve Trevor. Elle va donc devoir non seulement s'adapter au monde "moderne" mais également comprendre que le rapport de force est bien plus complexe qu'il n'en a l'air. C'est du moins ce que voulait tenter de faire Patty Jenkins sur un scénario de Geoff Johns et Allan Heinberg. Le résultat lui, est bien moins convaincant.

    Le métrage commence pourtant très bien avec la présentation du monde des Amazones et la jeunesse de Diana. Jenkins capte l'essence mythologique de l'héroïne et nous donne une sorte de réponse au Thor de Kenneth Branagh. Le côté Shakespearien en moins malheureusement. Ce qui manque dès le départ à ce Wonder Woman, c'est un véritable dilemme moral qui était, quoique l'on en dise, très bien incarné par le personnage de Loki dans Thor. Ici, Patty Jenkins va opposer la conception naïve du monde de Diana à la dure réalité de la Première Guerre Mondiale. Ce qui va au final lamentablement échouer, mais l'on y reviendra. On saluera d'abord la prestation de Chris Pine, tout à fait irréprochable, et qui domine largement le casting. Gal Gadot en Wonder Woman est toujours convaincante mais manque simplement d'une certaine dose de charisme cette fois. Le personnage semblait plus bad-ass dans Batman vs Superman.

    Le très gros problème de Wonder Woman, c'est qu'il s'effrite au fur et à mesure pour finir par un final pyrotechnique franchement décevant. C'est d'autant plus dommage que les scènes d'actions sur la plage ou surtout dans les tranchées étaient franchement réussies. Il semble que Patty Jenkins se perde quelque part en route, à peu près lors de la formation de l'équipe qui accompagne l'Amazone en fait. Une équipe peu crédible et trop rapidement introduite. Mais le plus gros problème semble être le virage niais (pour ne pas dire ridicule) du message final : c'est l'amour qui compte. Super. Tout ça pour ça. Certes le message n'est pas fondamentalement mauvais mais il est juste exposé avec une subtilité pachydermique. En y ajoutant le problème du grand méchant avec un évident miscast, Wonder Woman rate une foule d'opportunités. Notamment toute l'histoire avec Luddendorf et le Dr Poison, finalement bien plus convaincante que le combat contre Arès.

    Pourtant, on ne peut pas reprocher à Wonder Woman de faire le job. Le film est divertissant, plutôt bien interprété et rythmé. Mais il souffre de certaines incohérences regrettables - Wonder Woman confie ses armes à n'importe qui, les soi-disant villageois belges ultra-caricaturaux...- qui masquent l'avantage des productions DC : un ton plus adulte, plus noir, plus réaliste en fait. Enfin, le côté féministe ressemble bel et bien à un pétard mouillé. La séquence à Londres, drôle mais anecdotique, ne fait pas de Diana un personnage féministe, encore moins quand on assiste à cette fin tout sauf avant-gardiste. Patty Jenkins a beau diriger une guerrière amazone, elle a du bien du mal à faire ressortir son côté farouche et indomptable. Dommage...

     Wonder Woman n'est en réalité qu'un divertissement correct à la fin quasiment ridicule. Décidément, DC et Warner Bros ont bien du mal à trouver leur voix et ce n'est pas en misant sur un simili-féminisme putassier qu'ils vont changer les choses. Un film tiède qui passe à côté de son potentiel. 

     

    Note : 6.5/10

    Meilleure(s) scène(s) : Les tranchées

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