• [Interview] Fabrice du Welz

    [Interview] Fabrice Du Welz

    Interview effectuée dans le cadre des Utopiales de Nantes 2016. Tous mes remerciements au passionnant (et passionné) Fabrice Du Welz et à l'aide des organisateurs du Festival.

    Bonjour Fabrice,
    Vous êtes un des réalisateurs de genre francophone les plus atypiques que j’ai pu voir. Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore, vous pouvez vous présenter ?

    Eh bien, je m’appelle Fabrice. Je suis belge, je vis à Bruxelles même si je partage mon temps entre Paris et Bruxelles et donc je fais des films…euh…(rires) je fais des films ! En tout cas, je me bats pour ça, je me bats pour aller au bout de mes désirs de cinéma. Alors de temps en temps, je suis obligé, je suis amené à faire des films de commande. J’en ai fait un qui s’est très très mal passé, je viens d’en terminer un autre à Los Angeles qui s’est beaucoup mieux passé mais où je reste quand même en conflit de vision parfois pour aboutir à quelque chose…même si le film américain s’est très bien passé et j’en suis relativement content. Mais bon voilà, c’est toujours un cheminement pour moi pour essayer d’aboutir et aller au bout d’une vision qui, à mon avis, est très personnelle. Je vois bien avec le temps que je suis dans un mouvement qui m’est….


    Vous essayez de mêler les deux en fait ? Les films que vous, vous avez vraiment porté de bout en bout et les films comme on le disait de « commande » ?

    Oui mais alors le truc c’est que j’en parle mais ça n’a aucun sens pour moi. C’est-à-dire que je mets toujours la même âme que ce soit dans un film personnel ou un film de commande. Ça engage toute ma personnalité en fait de faire un film. Je peux pas faire un film en vacances ou en étant détaché. Je sais que j’ai certains collègues qui arrivent à le faire mais moi-même sur les films qu’on dit de commande je donne tout. Ce qui pose parfois des problèmes parce que j’oublie que je travaille pour des producteurs et que c’est plus compliqué, plus difficile.


    Question habituelle : vous en êtes venu comment finalement au cinéma ?

    Déjà par la fascination de l’écran, de ce que j’ai pu voir. Au départ comme j’étais fasciné par l’écran et par les acteurs, je voulais être acteur moi-même. J’ai grandi, j’ai fait le Conservatoire donc j’ai fait une formation d’acteur. Mais très vite je me suis rendu compte qu’être le désir des autres était quelque chose d’insupportable pour moi, je voulais être mon propre moteur en fait. Très vite j’ai commencé à faire des films avec les copains et puis j’ai fait un court-métrage puis un deuxième puis j’en ai fait un un peu plus professionnel puis je me suis battu pour faire mon premier long-métrage.

    Justement vous avez commencé par le court-métrage…les avantages du court-métrage par rapport au long et puis surtout comment on passe du court au long ?

    Je ne suis pas un fanatique de court-métrages, c’est juste que ça me permettait quand je faisais des films en Super-8 avec des copains dans les bois, c’était juste l’adrénaline que procurait le tournage en fait. Et j’adore le terrain, j’adore le tournage, je pense que je suis vraiment un fabricant, physique. C’est-à-dire que tous mes sens, toute ma personnalité sont vraiment en éveil quand je tourne un film, c’est vraiment quelque chose de très constituant pour moi. Donc j’adorais ça, j’adorais cette adrénaline. Et puis après il se trouve que j’ai proposé un court-métrage écrit un peu plus bordé, un peu plus professionnel entre guillemets, et que j’ai eu l’argent du CNC Belge qui m’a permis de le faire puis après j’ai voulu me lancer dans le long-métrage. Là, c’est une autre aventure, beaucoup plus longue, beaucoup plus difficile. On était en 2003-2004, c’était une période où il n’y avait pratiquement pas de genre en France, y’avait juste Aja qui avait fait Haute Tension et moi je venais avec une histoire, un truc qui était un peu bizarre entre le film référencé et un peu tordu psychologiquement. Donc ça a été très très dur et très très long à financer puis finalement au bout de quelques années j’ai pu le faire. C’était Calvaire.

    [Interview] Fabrice Du WelzCalvaire, justement, j’y viens logiquement. Calvaire ça a été un succès critique immédiat dans les critiques de genre.

    C’est ça, c’est qu’avec le temps le film est devenu un petit peu….C’est sûr que le film a étonné. Le film a été présenté à la semaine de la critique à Cannes. Après quand il est sorti en France, le film a été un bide complet et puis surtout la presse était surtout très partagée, je me souviens d’avoir pris des sacrés coups. Mon film suivant, Vinyan, a été très très mal reçu, aujourd’hui il se trouve que le film est de temps en temps un peu réhabilité. Les films, c’est toujours étranges, on sait jamais vraiment comment ça se passe, avec le temps...

    J’opposais plus la critique de genre à la critique mainstream qui était parfois plus à côté du film, enfin à mon sens.

    Mais la particularité de mon cinéma en fait, je pense que c’est tout le temps des films qui ne sont pas assis dans une case. Ce n’est jamais du genre pur donc ils frustrent les amateurs de genre, et ce n’est pas non plus des films d’auteurs stricto-senso. Ce sont des films qui sont un peu hybrides, c’est ce qui fait un peu leur particularité et leur saveur mais c’est aussi leur limite. Jusqu’au jour où viendra j’espère un grand succès. Donc voilà, c’est ce qui les rend atypiques et limités aussi.


    Pour revenir immédiatement sur Calvaire, vous aviez choisi dans Calvaire une intrigue qui se passe dans du banal, dans un tout petit village à l’écart, même pendant une bonne partie dans une auberge strictement. Surtout dans cette région où l’on ne penserait pas aller tourner directement un film d’horreur, qu’est-ce qui vous a poussé en fait à faire un film d’horreur comme ça, sur le banal ?

    Aujourd’hui, ça devient assez commun, surtout depuis le succès de True Detective. Il y a une vague comme ça de séries télés qui sont comme ça de plus en plus dans des coins reculés de France ou de Belgique. Les Ardennes ça vient, personnellement, parce que j’ai grandi pas mal dans les Ardennes belges, c’est un coin que je connais bien, qui est très mystérieux, plein d’une poésie venimeuse et étrange. C’est quelque chose qui m’a toujours attiré. Et puis c’est surtout un décrochage, je suis pas un réaliste. Je pense vraiment qu’avec le temps, plus j’avance – On parle de Calvaire et bon, ça fait longtemps mais… - et plus j’essaye de renouer le réalisme magique de Franju ou de Cocteau, de ces maîtres du fantastique français des années 50, ou André Delvaux en Belgique, c’est-à-dire que c’est vraiment un cinéma qui me passionne. Je n’aime pas beaucoup ce courant du cinéma français qui emprunte à Maurice Pialat et à Truffeau aujourd’hui, où on encre toutes les histoires dans du social où tout doit être réel, où tout doit puer le réalisme, c’est vraiment quelque chose qui me dérange absolument. Moi, j’aime la limite du réalisme, j’aime être emmené dans un monde étrange et inquiétant quoi. J’aime suivre un personnage qui glisse dans quelque chose.


    Ce que je me disais en regardant Calvaire, je retrouvais cette idée dans ce que vous venez de me dire. On parlait de genres qui ne rentrent pas dans les cases, de transgenres, de rentrer dans quelque chose qui est totalement à part, des moments surréels dans votre film qui sont assez frappants même picturalement parlant. On revient à cette idée que vous ne rentrez pas dans des cases.

    C’est pas du tout quelque chose de volontaire. J’aimerais bien rentrer plus dans des cases et avoir un public plus soutenu mais après il y a la diffusion des films, mes films voyagent beaucoup, sont parfois mieux considérés à l’étranger que chez nous mais ça c’est peut-être parfois culturel. Chez nous, il y a des chapelles de cinéma encore qui sont chapelles très strictes qui sont pas des chapelles toujours très bienveillantes entre elles. Pour faire court, on peut avoir les Cahiers du Cinéma et on peut avoir Mad Movies. Et même les deux sont parfois un peu rigides. J’aime tous les cinémas en fait. Je suis d’abord cinéphile, je suis un grand cinéphile. J’aime tous les cinémas, j’aime Jess Franco à Ozu quoi. C’est-à-dire dès qu’il y a des personnages, dès qu’on me raconte une histoire, je vois un style, une écriture visuelle…je plonge ! J’essaie d’être très perméable en fait. Enfin, je suis très perméable à toute forme de cinéma ! Après quand ça m’emmerde ça m’emmerde hein bien sûr ! Et beaucoup de films m’emmerdent de plus en plus… parce que justement je trouve que beaucoup de gens essayent de plus en plus de rentrer dans des cases, beaucoup de gens se formatent eux-mêmes, le système formate tout…

    J’en profite que vous parlez de ça pour avancer une autre question que je devais vous poser après, mais qu’est-ce que vous pensez du genre maintenant, surtout en France, son évolution ?

    Je n’aime pas du tout, mais de manière générale et puis aux Etats-Unis c’est pire. Qu’est-ce que le genre aujourd’hui, je trouve que c’est vraiment…je trouve qu’on a régressé, de toute façon, on a beaucoup régressé en tout mais dans le genre, je trouve ça pathétique. En fait, le genre est aux mains des cyniques et des mercantiles. Le cynisme est terrible. Il y a des recettes : on fait des petits films à 4-5 millions de dollars qui en rapportent 60-80 dans le meilleur des cas. Y’en a plein comme ça, et puis surtout ce sont des films qui sont dénués de toute subversion et qui sont la majorité du temps réac’, machistes… C’est vraiment pas intéressant. Je regarde toujours parce que mon premier amour c’est toujours le cinéma d’horreur donc j’ai toujours un intérêt, une curiosité pour ce qui se fait, donc je regarde toujours mais ça m’ennuie. Le cinéma d’horreur aujourd’hui, ou même fantastique, à part quelques auteurs confirmés qui continuent à explorer et à me surprendre, m’emmerde prodigieusement. Je n’y vois aucune poésie, j’y vois absolument rien.

    Un genre qui peut être porteur de pleins de choses mais gâche un peu ses possibilités.

    Mais tout est mercantile. C’est-à-dire que moi je ne suis pas contre l’idée que le cinéma est une industrie et qu’il doit rapporter de l’argent, bien sûr que c’est évident mais quand ce n’est que ça… !

    Pour le rôle principal de Calvaire, vous avez pour le rôle principal Laurent Lucas, que vous avez retrouvé plus tard dans Alléluia. Comment ça s’est passé, comment avez-vous trouvé cet acteur ?

    [Interview] Fabrice Du WelzNous sommes en 2003, ou même avant… j’ai contacté Laurent avant, Laurent a accompagné le projet pendant longtemps… En tout cas, Laurent était en plein boom puisque Harry, un ami qui vous veut du bien était sorti, c’était un acteur très demandé, très considéré à l’époque. C’est un des premiers acteurs qui a réagi à mon script et qui m’a appelé et qui m’a dit que ça l’intéressait etc… On s’est rencontré et il a passé des essais et c’était formidable… J’ai tout de suite senti que Laurent avait l’ambiguïté que je recherchais. C’est mon acteur préféré, c’est vraiment un acteur que j’aime vraiment beaucoup, c’est un acteur très technique, très précis avec qui je m’entend très très bien et donc voila Laurent a campé ce personnage qui n’était pas simple. Et le personnage d’Alleluia est vraiment un personnage – Aux antipodes ! – Oui, complètement. En fait, je me souviens des castings ou lors des rencontres avec les acteurs, je me suis rendu compte à quel point la majorité des acteurs sont réticents à ce type de rôle. Dans Calvaire, c’est quand même un rôle un peu difficile d’un mec qui se fait torturé, violenté tout le temps, est pris pour une femme…enfin c’est vraiment quand même un peu douloureux. Et l’autre c’est un séducteur épouvantable. J’avais beaucoup de rejets, d’incompréhension… Laurent, il a cette faculté absolument exceptionnelle, c’est qu’il ne juge jamais ses personnages, il est capable de les endosser sans aucun jugement. Il ne commande pas son personnage, il ne commande jamais son personnage et ça ça a l’air simple comme idée mais c’est très très rare en fait dans le monde francophone. Les acteurs dans le monde francophone jugent souvent ou commentent leurs personnages malgré eux. Ça c’est très anglo-saxon en fait de faire corps avec son personnage. Et Laurent a ça.
    Un autre acteur qui, à mon avis, a ça, c’est Jean Dujardin, dans ses rôles comiques même de mecs stupides, dans Brice de Nice (le un hein, entendons-nous bien !) mais à l’époque j’étais stupéfait de voir un mec comme Ben Stiller qui fait le débile mais qui est vraiment débile quoi, au premier degré. Alors que chez les comiques français, ils font les cons mais y a une petite voix dont on a l’impression qui fait derrière « c’est pas moi ». Y’a quelque chose comme ça. Et bien Laurent, il a ça, il a vraiment cette faculté de faire corps, dans aucun jugement, sans prêt à penser, sans morale.

    On peut dire que c’est un peu devenu votre acteur fétiche finalement ?

    Oui ! J’adore Laurent ! J’aime beaucoup Laurent vraiment !


    Je ne vais pas vous demander votre vision de l’horreur, vous y avez déjà répondu, mais au sens plus large, qu’est-
    ce qui vous effraie ?

    [Interview] Fabrice Du WelzBeaucoup de choses m’effraient. J’adore avoir peur. En fait, la peur au cinéma pour moi c’est l’inconnu, le mystère, c’est le hors champ. Ce qui vraiment m’effraie c’est le hors champ, la jubilation que je peux avoir à avoir peur dans une salle de cinéma, sombre. C’est vraiment un truc que je recherche au cinéma. C’est très rare aujourd’hui parce que bon je commence un peu à être âgé, j’ai vu beaucoup beaucoup de films, donc c’est très rare pour moi d’être surpris, mais c’est vraiment une recherche de cette sensation que j’avais quand j’étais gamin adolescent à regarder des films effrayants qui me chaviraient, qui me poussaient dans leurs retranchements. En fait, moi j’aime être déranger au cinéma. J’aime pas être diverti…enfin j’aime bien être diverti mais c’est comme quand je vais voir une exposition ou un concert, j’aime qu’on me dévisse la tête en fait. J’aime être poussé dans mes retranchements, j’aime être interrogé. Et ça c’est quelque chose qui a malheureusement un peu disparu, parce qu’aujourd’hui tout devient normal, il faut être normal, les films se ressemblent un peu tous. Heureusement il reste quelques auteurs qui provoquent, qui osent, qui risquent et c’est formidable. Mais ce que je recherche c’est ça, c’est vraiment des moments de troubles quoi.


    A mettre mal à l’aise le spectateur, à le déranger ?

    Oui, mais alors dans mon propre cinéma j’essaye pas de mettre mal à l’aise mais en tout cas…je retiens toujours cette phrase de Clouzot que je dis souvent en interview, Clouzot disait que le cinéma pour lui devait être un divertissement et une agression. Je pense ça vraiment. Alors il faut trouver la bonne mesure mais il faut pouvoir divertir et agresser, idéalement il faudrait que le spectateur sorte de la salle différent qu’au moment où il y est entré. Cette notion d’aller au cinéma, d’aller voir une comédie mal torchée, mal éclairée, mal jouée simplement pour oublier son quotidien, comme boire du pinard etc… C’est vraiment un truc que je ne comprends pas. En fait, le cinéma est devenu un antidépresseur aujourd’hui. La majorité des films français agissent comme des antidépresseurs donc on a Frank Dubosc, Kad Merad et tous ces acteurs-là qui jouent dans des films qui sont ineptes, mal éclairés, mal joués, mal mis en scène, et qui agissent comme des antidépresseurs. Après y’a la salle et on les met encore à la télévision, et le système gagne beaucoup beaucoup d’argent autour de ça. Donc les auteurs gagnent beaucoup d’argent, les metteurs en scènes, les producteurs… donc c’est un système qui tourne en rond. Mais je pense que tout ça va changer par l’arrivée massive des Netflix, des Amazon et tout ça, ça va changer. Voilà, je suis parfois un peu malheureux, dans le système de production tel qu’il est, je dois bien l’avouer. Le fait d’avoir été ailleurs, d’avoir vécu un peu aux Etats-Unis, de voir comment les films se faisaient là-bas…bon alors, c’est une industrie colossale et c’est sans pitié mais y’a beaucoup plus de diversité et y’a beaucoup plus d’ambition. En fait c’est ça mon gros souci aujourd’hui avec l’Europe et surtout la France, c’est Dieu sait si j’ai aimé et j’aime le cinéma français mais je me reconnais pas dans le cinéma des vingt dernières années, c’est-à-dire que je ne comprends plus. C’est comme si on avait capitulé sur l’ambition, comme si on avait capitulé sur le risque et l’ambition. On laisse ça aux américains, aux asiatiques, aux coréens. La volonté de faire de grands films dramaturgiques avec de grands personnages, de créer des héros, de créer comme on l’a fait en fait, on l’oublie. On l’oublie. On dit « Non, non, faisons du cinéma anti-dépression ».


    Je suis assez d’accord avec vous sur tous ces points donc je n’ai pas grand-chose à rajouter. On est un peu sur la même longueur d’onde pour ça.
    Pour en venir à Alléluia, que j’ai eu la chance de voir et qui a été à mon sens mal distribué pour le moins, c’est une horreur du quotidien que vous tirez d’un fait divers. Quelle est la différence majeure avec Calvaire, qu’est-ce qui différencie vraiment les deux projets ?

    [Interview] Fabrice Du WelzOh, ben déjà une décennie. Donc entre temps, entre Calvaire et Alleluia, j’ai fait 3-4 films donc j’étais beaucoup plus mûr, beaucoup plus préparé, c’était pour moi un moment un peu difficile, je sortais d’une expérience très douloureuse avec Thomas Langmann quand j’ai fait Colt 45 qui s’est très très mal passé. J’avais besoin de me ressourcer, de revenir à l’essence même de mon cinéma, de me retrouver moi, il y avait vraiment un truc existentiel. J’ai renoué un peu avec tous mes camarades, mon acteur de Calvaire, Laurent, et je suis parti en expérimentation mais je n’ai jamais opposé les films. Pour moi, c’est une continuité, j’essaye peut-être d’être plus dramatique, d’être plus dans l’émotion, j’essaie d’être plus épuré encore. Non, ce qui m’importais c’était surtout la crédibilité dans ce cadre un peu surréel. Bien sûr, il y a le fait divers, le fait divers a été adapté plusieurs fois, il y a des grands films qui ont émergé de ce fait divers. Je voulais proposer une vision libre et ancrée dans les Ardennes belges. Mais je voulais surtout faire un portrait de femme plus grand que nature donc le personne de Gloria dans Alleluia est un personnage qui m’a beaucoup, beaucoup intéressé et énormément fasciné. Son rapport à Michel et comment elle évolue par rapport à leur rencontre.


    Quels sont les films coup de cœur que vous avez dans les derniers temps ?

    J’ai vu vraiment des choses bien, j’ai vu surtout là récemment le Park Chan-Wook, Mademoiselle, qui m’a vraiment mis par terre, qui est vraiment un grand grand film. C’est un film sublime, d’une grande beauté, d’une grande élégance et thématiquement, pour le coup, vraiment subversif. C’est vraiment un film féministe, un film d’amour pur en 3 chapitres avec 3 visions. C’est vraiment éblouissant. La mise en scène est prodigieuse, très épurée pourtant. Des interprétations vraiment incroyables…Non, vraiment le film est brillantissime. Et j’espère vraiment qu’il va rencontrer un large public, je l’espère de tout mon cœur.


    Je vous remercie énormément pour cette rencontre. J’espère moi aussi que vous aurez franchement du succès avec vos prochains films parce que je suis un grand amateur du genre, j’ai les mêmes sentiments que vous sur le genre et personnellement, ça m’a fait du bien de voir Alleluia, surtout en en ayant jamais entendu parler auparavant…

    Pourtant, on a fait la couverture de Mad Movies et tout ça ! Il est connu des amateurs de genre et tout ça mais la distribution a tellement été tué…Mais c’est tellement dur, les exploitants ne veulent plus…C’est vraiment aussi de la faute des exploitants. Les exploitants ne veulent plus de ce genre de film. La France devient vraiment…Avoir été perméable à toutes sortes de cinéma et elle est toujours perméable à toutes sortes de cinéma, mais les exploitants font la loi et surtout tout ce qui est subversif, violent…ils n’en veulent plus ! Parce qu’ils pensent que ça amène la racaille, les problèmes, les bagarres etc… Il y a un film prodigieux, un beau petit film belge qui s’appelle Black de deux réalisateurs belges dont le nom m’échappe [NDLR : Adil El Arbi et Bilall Fallah], qui a été tourné à Bruxelles sur une histoire de gangs, et qui a été boycotté des salles. Le film est très très bien finalement, il a fait une carrière absolument remarquable aux Etats-Unis, les deux réals sont engagés, font plein de trucs aux Etats-Unis et en France…y’a vraiment un truc bizarre…


    Malheureusement…
    Merci Fabrice Du Welz !

    La critique de Calvaire de Fabrice Du Welz
    La critique d'Alleluia de Fabrice Du Welz
    La critique de Vinyan de Fabrice Du Welz

    Et la critique du magnifique Mademoiselle de Park Chan-Wook.


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