• [Interview] Jean-Laurent Del Socorro - Boudicca

    [Interview] Jean-Laurent Del Socorro - Boudicca

    Interview réalisée pour la sortie de Boudicca, second roman de Jean-Laurent Del Socorro

    Critique de Boudicca sur Just A Word.
    Critique de Royaume de Vent et de Colères sur Just A Word.
    Interview des Utopiales de Jean-Laurent Del Socorro.

     

     Bonjour Jean-Laurent, vous êtes l’auteur de Royaume de Vent et de Colères aux éditions ActuSF, roman de fantasy historique couronné par le prix Elbakin.net. Après un tel succès, comment aborde-t-on l’écriture d’un second roman ?

    Avec une certaine fébrilité. J’ai été aux anges quand j’ai appris que j’avais remporté le prix Elbakin.net. Je lui dois une partie du succès de Royaume de Vent et de Colères. Mais cette mise en lumière est à double tranchant. Cela m’a mis la pression pour l’écriture de mon second roman. Heureusement, je suis bien entouré. Le fait que j’ai reçu une bourse d’écriture pour Boudicca du Conseil régional et de la DRAC Auvergne Rhône-Alpes m’a fait gagner en confiance également.

     

     Vous passez de Marseille et son XVIème siècle à l’Angleterre de l’an 1. Pourquoi cette époque en particulier ? Qu’est-ce qui vous a fasciné dans le personnage historique de la reine Boudicca ?

    Parce que je suis très attaché à mettre des héroïnes en avant, et parce que Boudicca est un personnage historique autant qu’une légende ! Une reine, une politique, une militaire… Une personnalité telle que sa révolte a fait trembler Rome et que ses historiens l’ont citée dans leurs mémoires. Je voulais rendre hommage à cette femme méconnue en France, alors qu’elle est une légende en Angleterre.

     

     Après un roman choral, vous adoptez une narration unique en plongeant dans l’esprit de Boudicca, pourquoi ce changement ?

    C’était une nécessité dans mon parcours d’écrivain. Royaume de vent et de colères avait une construction particulière : un récit à plusieurs personnages, très rythmé. Je ne pouvais pas prendre le risque de refaire ce même montage, cela aurait donné une impression de réchauffé.

    Je voulais m’essayer à un roman à une seule voix, sans fioritures, sans effets excessifs. Ce n’est pas du tout la forme dans laquelle j’écris spontanément un roman, mais je devais me faire violence, pour faire évoluer mon écriture.

     

     Visiblement, vous vous refusez au roman long et vous ajoutez de nouveau une nouvelle en fin d’ouvrage. Les longues séries ou les pavés, ce n’est pas pour vous ?

    J’écris court parce que je suis un feignant qui fait le minimum… ! :-)

    Sans rire, je suis parfois un peu lassé en tant que lecteur des pavés où je me dis « avec cent ou cent cinquante pages de moins, ce serait encore mieux ». J’ai l’impression qu’on a délayé ma lecture.

    Aussi, quand j’écris, je veux éviter les passages inutiles. Mes premiers jets sont assez longs… Puis entre mes relecteurs et moi-même, nous coupons pas mal et il ne reste que l’essentiel du récit. Les chroniqueurs disent parfois que « j’écris sans gras », et cela me correspond assez en effet. Il va falloir maintenant que j’apprenne peu à peu à faire épaissir mon texte avec quelques pages de muscles… 

     

     Il existe apparemment peu de sources quant à l’histoire de la reine Boudicca, comment avez-vous préparé votre travail romanesque ? Plutôt Tacite que Cassius ?

    Un peu des deux. Mais je me suis surtout appuyé sur les textes d’historiens, notamment l’excellent Boudicca : The Warrior Queen de M. J. et Taliesin TROW. Ce sont des archéologues spécialistes de l’histoire de cette reine celte, dont les recherches et les hypothèses m’ont permis de retracer une histoire cohérente de Boudicca. J’ai complété ce travail par d’autres lectures (dont je cite une partie en fin de mon roman) ainsi que par des documentaires.

     

     Boudicca, hymne à la liberté, appel à la révolte ou tout cela à la fois ? Quels liens entretient votre roman avec l’actualité ?

    C’est d’abord le récit d’une femme qui cherche à être libre. Qui est cette femme qui va faire trembler Rome ? Et comment devient-t-on un symbole de révolte ? Ces réflexions s’adressent à moi autant qu’aux lecteurs car je n’ai pas la réponse. Forcément, en cette période, cela fait écho, notamment en politique.

    Mais je ne juge pas. Je vous pose simplement la question… ;-)

      Vous mettez de nouveau en avant un personnage féminin dans Boudicca. Vous êtes un féministe décidément Jean-Laurent ?

    Mettre un personnage féminin en avant, c’est essentiel pour moi – comme évoquer l’homosexualité ou les origines ethniques de mes personnages. Mes romans sont ancrés dans l’histoire, mais je veux qu’ils parlent aux gens d’aujourd’hui. J’en ai assez du héros blanc hétéro de quarante ans. Je ne sais pas si être féministe, c’est ça. En tout cas je revendique la diversité dans les personnages que je mets en scène.

     

     L’aspect fantasy est encore plus ténu avec Boudicca qu’avec Royaume de Vent et de Colères. Pourquoi ne pas avoir écrit un roman historique pur et dur ?

    Boudicca est un roman historique. Si dans Royaume de vent et de colères, la magie était encore explicite, dans mon nouveau roman elle est encore plus suggérée. Elle n’est pas démonstrative, on peut même en douter. C’est la croyance des personnes qui la rend réelle à leurs yeux.

    La question d’historique ou fantasy n’est pas vraiment importante selon moi. J’écris une biographie romancée d’une personnalité historique d’exception. C’est ça le cœur du récit.

     

     En fin de roman intervient un surprenant personnage de druide avec un regard plus incisif sur le dogme religieux. Quel est votre but en faisant intervenir ce personnage ?

    Le personnage de Cenios a une double fonction. La première, au moment où il apparait, est de briser le rythme du récit qui est de plus en plus sombre. La seconde, est mon attachement aux personnages drôles / cyniques comme peut l’être Silas dans Royaume de vent et de colère.

    À travers ce personnage qui peut prêter à rire, je peux aborder et critiquer avec du recul des thématiques comme la religion. Comme Silas, Cenios est un personnage qui divisent les lecteurs : certains l’adorent, d’autres ne l’apprécient pas. Et comme Silas, il ne laisse personne indifférent.

     

     La nouvelle qui clôt Boudicca s’intéresse à la fameuse Tea Party de Boston et partage bien des thématiques avec votre roman. Que nous réservez-vous pour cet univers américain à venir et cette nouvelle époque ?

    Je prépare un roman avec plusieurs personnages qui nous feront traverser la guerre civile américaine du premier coup de feu jusqu’au premier fusil rendu. Pour aborder un sujet aussi vaste et complexe, il me fallait cette multitude de points de vue, et je ne saurais pas vous dire combien il y en aura à la fin. Je veux faire une fresque mais en un seul volume, comme mes précédents romans. Il y aura du fantastique dans le récit à travers l’un des personnages du récit, mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant.

    Quand à thématiques abordées, ce sera bien entendu la lutte contra l’esclavage et contre le racisme… et la raison qui nous pousse à prendre les armes pour défendre nos valeurs.

    Finalement, Boudicca n’est pas si loin…. ;-)

     


    Tous mes remerciements à Jean-Laurent Del Socorro pour cette nouvelle interview.

     

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