• [Interview] Olivier Girard

    [Interview] Olivier Girard

    Interview réalisée dans le cadre du Festival des Utopiales de Nantes 2016, tous mes remerciements à Olivier Girard pour sa disponibilité et sa gentillesse ! 

     

    Bonjour Olivier,
    Pour commencer, pour ceux qui auraient le malheur de ne pas connaître les éditions du Bélial, est-ce que tu peux présenter qui tu es ?


    Moi, je suis Olivier Girard. Je suis le fondateur de la maison que j’ai créé en Avril 1996, je suis le rédacteur en chef de la revue Bifrost que le Bélial publie et, globalement, je suis le directeur éditorial de la maison d’édition.


    Première question inévitable : comment a commencé cette aventure du Bélial ?

    En fait, je suis arrivé à l’édition par l’écriture comme pas mal d’autres gens. J’écrivais des nouvelles que j’essayais de faire publier. Ça c’était début des années 90-92.

    Chose que je ne savais pas et que Pierre-Paul m’a soufflé hier ! [Rires] Cf. interview de Pierre-Paul Durastanti


    …Moi déjà depuis tout gamin je voulais déjà soit être auteur soit être éditeur, c’est vraiment…ça relève de la vocation depuis que j’ai 10-12 ans, c’est ça que je voulais faire. C’est vraiment une évidence, ça a toujours été ça aussi loin que je me souvienne. Par contre, c’est vrai que je ne savais pas trop de quel côté ça allait tomber en termes de barrières…est-ce que j’allais être plutôt auteur parce que j’écrivais aussi depuis tout gamin ou éditeur ou les deux…bon voilà.
    Je suis un autodidacte complet, je n’ai pas fait d’étude. J’ai le bac et c’est tout. En revanche, en sachant exactement ce que je voulais faire mais ne connaissant pas du tout les filières, je ne suis même pas certain qu’il y avait vraiment des filières à l’époque d’éditions etc… Il y avait peut-être des choses mais je ne les connaissais pas !
    Donc très vite, dès la fac - je me suis inscris en fac d’histoire mais comme prétexte, je savais que je n’y resterai pas – ça m’a permis d’accéder au statut de stagiaire dans les maisons d’éditions. J’ai commencé chez Albin Michel, parce que mon idée c’était d’appréhender l’ensemble du métier enfin…l’ensemble des métiers que représentait l’édition…le livre au sens large : d’un côté l’édition, d’un autre côté la librairie et puis, dernier aspect, la diffusion-distribution. Donc j’avais déjà une idée assez précise du truc mais il fallait que je voie vraiment tout ça. Je suis rentré en tant que stagiaire chez Albin Michel, département sciences humaines, j’y suis resté quasiment deux ans…En réussissant à me faire payer au bout d’un an tout ça…Fin voilà je me suis cramponné ! Donc là, j’ai énormément appris sur l’édition parce qu’en plus je travaillais au département sciences humaines qui est un département un peu particulier chez Albin Michel parce que c’est une micro-structure au sein de cette énorme boîte, de cette immense maison qui travaillait un peu de manière autonome, c’était 5 personnes avec un responsable de la librairie, un éditeur, une attaché de presse…Du coup, j’avais le sentiment de voir une petite maison d’édition évoluer, et moi j’étais stagiaire de tous ces gens-là.  Ça m’a vraiment beaucoup beaucoup appris. J’ai adoré ça. Ça m’a juste confirmé que c’était pour moi quoi.
    Après, j’ai été libraire à la FNAC pendant deux ans pour voir comment ça se passait dans la librairie etc… Vraiment la vente de livres, j’ai adoré aussi. Puis ensuite j’ai été démarché par Interforum qui est une structure d’édition et de distribution.  Et puis, j’ai fait une formation pour être représentant mais là j’ai vite vu que c’était pas pour moi. Il fallait beaucoup se déplacer, la voiture tout ça, pour aller voir les libraires, présenter les nouveautés.  C’est curieux parce que dans l’édition cette profession-là, enfin à l’époque , c’était un petit peu le Graal parce que financièrement c’est ça qui payait le plus. Mais moi ce n’était pas ça mon enjeu de toute façon, et à mesure que j’avançais dans l’espèce de formation que je me suis faites moi-même à travers tout ça, je le pressentais mais ça n’a fait que confirmer que je ne voulais pas de patron. J’avais déjà l’idée de monter ma maison plus ou moins mais j’étais pas trop sûr et à travers toutes ces expériences qui m’ont passionné encore une fois, ça m’a appris plein de choses mais notamment ça m’a confirmé l’idée que je voulais monter ma maison.
    Et dans le même temps, j’écrivais, tout ça de manière parallèle. Je cherchais à être publié donc je me suis un peu intéressé à l’état du marché de la littérature de genres parce que c’était mon truc, moi j’écrivais de la SF déjà. Gros lecteur[Interview] Olivier Girard de SF, fantastique, un peu moins de fantasy mais quand même j’étais un lecteur boulimique d’un peu de tout mais mon intérêt premier c’était la SF. J’écrivais des nouvelles de SF, je lisais beaucoup de SF, mais beaucoup de SF comme plein de gamins de mon âge, de la SF anglo-saxonne donc je ne connaissais pas du tout la SF francophone ou très très peu à part les ancêtres Jules Vernes etc…Je n’avais aucune connaissance qu’il existait un milieu, un fandom, je ne savais pas ce qui se passait réellement à la fois d’un point de vue amateur, et presque j’ai envie de dire d’un point de vue professionnel dans la SF parce que je ne savais pas vraiment qui était les éditeurs donc je lisais Présence du Futur, Pocket, mais je ne savais pas qui était derrière tout ça. C’était vraiment un milieu que je ne connaissais pas du tout. Je connaissais Fiction parce que j’avais acheté des numéros de Fiction d’occaz’ donc je savais que Fiction n’existait plus à ce moment-là. Mais j’ai découvert de façon assez criante … Bon, j’envoyais des nouvelles et j’ai reçu une réponse positive d’un éditeur de revue qui m’a dit « C’est bon, j’te publie » etc… Mais moi je ne savais pas ce que c’était un fanzine ! Donc j’étais super content et…quand j’ai reçu le fanzine – c’est pas du tout une question de mépris – mais j’ai pris conscience de ce que c’était un fanzine et du coup de l’audience qu’avait un fanzine, c’est à dire proche de rien…vingt lecteurs ! Ce n’était pas du tout une question d’argent, ce n’est vraiment pas ça…Et là, j’ai discuté avec des gens qui faisaient des fanzines, c’était des gens très motivés. Dans le même temps, j’ai gagné un concours de nouvelles organisé par le club Présences d’Esprits qui était parrainé par Présence du Futur avec remise de prix à Cannes dans le cadre d’un festival de science-fiction et c’est là que j’ai découvert que ça pouvait exister. Là, j’ai commencé à rencontrer des gens, à publier dans d’autres fanzines et à prendre conscience du milieu amateur, ce que c’était le fanzinat de SF dans les années 1993-1994, et je me suis rendu compte qu’il y avait à la fois un milieu dynamique qui faisait plein de choses, qui était complètement désargenté et qui avait très peu d’audience, vraiment très peu d’audience et il y avait assez peu de passerelles entre ce milieu amateur et le milieu professionnel.
    Au regard de la frustration que j’avais tout en travaillant – j’étais libraire à cette époque, je bossais à la FNAC, et pareil je m’occupais du rayon sciences humaines en fait, je bossais pas du tout en littérature de genres – j’ai pris conscience de l’importance d’une revue…Il manquait une revue pro ! Je me suis dis ce n’est pas possible, il faut relancer Fiction, il faut refaire un truc qui permettent aux auteurs français d’avoir un espace où ils peuvent publier des nouvelles, où ils vont être un peu payés, où ils vont être mieux diffusés, mieux considérés, ça ferait à la fois une passerelle entre le milieu amateur et le milieu pro et surtout…ça va être valorisant pour les auteurs !
    Donc je me suis dit « Faut faire ça ! » et « ça », c’était Bifrost. J’ai mûri ça, je me suis dit « Moi, je veux faire une maison d’édition », j’ai la conscience aiguë qui manque ça dans la chaîne éditoriale actuelle donc il faut pallier à ce manque, il faut faire une revue. C’est ce constat qui m’a fait franchir le cap.
    J’ai fait la revue, j’ai fait Bifrost avec des amis de longue date, amateurs de littérature de genres comme moi. Encore une fois, on connaissait très très peu de gens dans le milieu. Moi, j’avais rencontré quelques personnes à ce truc-là qui s’appelait Cyberfictions à Cannes où j’avais eu le fameux prix Présences d’Esprits, j’avais publié dans trois-quatre fanzines et j’avais un peu noué des relations dans un fanzine qui m’intéressait bien et dans lequel j’avais publié deux-trois nouvelles qui s’appelait La Geste. C’est marrant parce que j’ai des sommaires de La Geste où il y a par exemple des textes de moi, de Gilles [Dumay, ancien directeur de la collection Lunes D’encre chez Denoël] aka Thomas Day, de Johan Heliot, de Thierry Di Rollo…Il y avait déjà ce qui allait constituer les auteurs du Bélial et de Bifrost dès le début, et même une partie de l’équipe critique qui à terme allait rejoindre le Bifrost. La Geste, sans que je le sache, c’était une espèce de proto-Bifrost, c’est assez marrant.
    [Interview] Olivier GirardDonc, je me lance et j’étais en contact avec Gilles Dumay parce qu’on s’était vu à Cannes et puis on correspondait parce que je lui avais soumis des nouvelles pour ses propres fanzines, il me parlait de ses projets, il était en train de se structurer, il envisageait aussi une maison d’édition. Lui, par contre, c’était un pur produit du milieu, il avait fait plusieurs conventions, il connaissait déjà plein d’auteurs, des auteurs amateurs mais aussi quelques auteurs pros ou semi-pros, par exemple Laurent Genefort, des gens qui publiaient déjà au Fleuve Noir qui pour moi représentaient des espèces de figures, pas des monstres, mais des gens importants que j’aurais aimé avoir dans la revue qu’on était en train de développer. A un moment je lui ai dit « Bon bah voilà, ma revue ça y est c’est prêt » et il m’a dit « Faut que tu viennes à la convention nationale de SF »…Je savais à peine qu’il y avait une convention nationale de science-fiction ! Donc j’y vais…je prends ma bite et mon couteau, ma revue sous le bras que j’avais fait dans mon coin encore une fois…le premier numéro de Bifrost ! Mais j’avais maintenant conscience de ce qu’était un fanzine - en tout cas en termes de contenus…c’était très proche d’un fanzine [Rires] C’était même sans doute pareil ! Par contre, au niveau de la gueule, c’était différent, c’était une impression offset, c’était de la quadri, c’était un papier glacé…Au niveau du contenu, c’était un fanzine mais au niveau de la gueule c’était pas un fanzine.
    Donc, j’arrive à cette convention qui se passait à Nancy, ça devait être en mai 96, avec un Bifrost tout chaud. J’en avais tiré deux mille en me disant deux mille c’est à peine plus que ce que l’on est en amphi, je vais vendre ça en trois coups de cuillères à pot…Pour l’anecdote, des deux mille en question j’en ai encore aujourd’hui en stock ! En fait je ne trouvais pas de diff’, c’est ça qui me bloquait un peu. Je savais l’importance de la diff’ au regard de l’information que j’avais mis en place à travers mes stages chez Albin, la librairie, Interforum, mais personne ne voulait me prendre en diffusion. J’arrivais avec une revue, je n’avais pas de thune et en plus, je faisais Bifrost donc j’avais constitué une SARL tout de suite, je me suis constitué en société immédiatement. J’étais quand même dans une démarche pro tout de suite. Sauf que je n’avais pas d’argent et à l’époque – je ne sais pas si ça existe encore maintenant – tu pouvais créer une SARL un peu spécifique qui s’appelait une SARL de presse donc qui te permettait de faire des produits serial, éventuellement des anthologies numérotées ou des revues, des magazines… Ce truc-là avait un avantage énorme – bon à l’époque c’était en francs – au lieu d’avoir le sacro-saint capital de cinquante mille francs qu’il fallait pour avoir une SARL normale (donc huit mille euros), c’était que deux mille francs (cent cinquante euros ou un truc comme ça) ! Donc c’était royal !
    Je prends cent cinquante balles, je fais les dépôts au greffe partout etc… et je crée mon truc. Je savais bien que ça allait me limiter très vite parce que je voulais faire des livres aussi moi et avec ce statut-là, je ne pouvais pas faire des livres. Mais enfin au moins je pouvais faire Bifrost.
    Alors, j’arrive à la fameuse convention, là je découvre le milieu réellement, une convention de SF, et là je vois que c’est quand même deux cents personnes, là je comprends que mes deux mille ça va être compliqué quand même…surtout je[Interview] Olivier Girard découvre un truc très très étrange, enfin c’était un hasard complet, il y a une autre revue qui se monte en même temps que la mienne qui s’appelle Galaxies par des gens du milieu. Galaxies c’est l’anti-Bifrost. Moi, je ne connais pas le milieu, je fais la revue dans mon coin et j’arrive dans le milieu avec ma revue, Galaxies c’est l’émanation du milieu. C’est-à-dire que Galaxies c’est un projet de plusieurs années, de quatre à cinq ans, porté par Stéphane Nicot, quelqu’un vraiment issu du milieu et qui convainc cinquante personnes de mettre cinq cent francs comme fondateurs initiaux pour faire un capital suffisamment important pour pouvoir lancer sa revue, c’est un truc qui est développé par le milieu depuis des années et moi j’arrive dans le milieu comme un chien dans un jeu de quilles. Fatalement, tout de suite, ça se passe mal. Le paradoxe, c’est que, très très franchement, si j’avais su que Galaxies existait au moment où j’avais Bifrost en gestation, je n’aurais probablement pas fait Bifrost parce que Galaxies correspondait à ce que je voulais faire, ça remplissait le manque. Je me serais dit « Très bien, je vais faire vraiment des bouquins à ce moment-là » enfin tu vois je vais faire autre chose mais je ne vais pas faire une revue. Donc, ça tient à peu de choses en fait.
    A ce moment-là, j’ai vingt-trois/vingt-quatre ans donc je fédère un peu les jeunes, les Thomas Day, les Di Rollo, les Heliot tout ça…Et puis, un peu, les auteurs plus installés vont plus vers Galaxies. Donc, il y a tout une espèce de clivage. Bifrost devient vite la revue des p’tits cons, la nouvelle vague, qui veulent tout péter, qui considèrent que ce qu’il y avait avant c’était de la merde et que eux, ça va être tellement génial et tellement nouveau et tellement quelque chose qu’on a jamais vu alors qu’on réinvente l’eau chaude…Et Galaxies qui prend tout de suite une posture un peu plus universitaire, un peu plus confit dans ses certitudes mais bien plus de qualités objectivement quand on regarde les premiers numéros de Galaxies…Le premier numéro de Galaxies c’est un numéro spécial Dan Simmons quoi ! Avec une novella inédite de Dan Simmons qui en plus est mortelle ! Nous, on ne faisait même pas de trad ‘, nous on faisait que des auteurs français. C’était un choix éditorial, je trouvais que c’était vachement ambitieux comme démarche, je me disais les auteurs étrangers c’est facile, il n'y a qu’à choisir machin…et en fait c’était ridicule parce qu’en termes d’audience, de ventes, tu te tires une balle dans le pied. Dans une revue de SF, en t’interdisant les trucs anglo-saxons…ça n’a pas de sens ! Des énormes conneries : pas de diff’, pas d’auteurs étrangers enfin... N’importe quoi !
    Mais on a tenu et on est parti comme ça !

    Mais très très vite, bon je le savais dès le départ, que la diffusion allait poser un énorme souci et on essayait de s’autodiffuser. On achète une carte IGN de la France de 2 mètres sur 2, on la placarde dans notre bureau. On était hébergé chez les parents d’un copain qui avait une librairie…dans les combles de la librairie.

    Ça fait un peu penser à Steve Jobs avec Apple. [Rires]

    Le succès n’est pas tout à fait le même ! Financièrement c’est pas encore tout à fait ça ! – Mais ça peut venir, on ne sait pas !! [Rires] -  On ne sait pas mais je le sens moyen !
    Mais c’est complètement artisanal. On placarde la carte de la France et on regarde les grandes villes, on regarde dans le Minitel parce qu’Internet c’était vraiment les balbutiements, avec les modems qui font « hhhrihhhhhhhh » où après des heures on a la page… « Ah merde, y’a une image, c’est foutu ! ».
    On se démerde comme ça, avec des débuts du net, le minitel et tout. On contacte les grandes librairies, on les appelle, on leur dit « On lance une revue », on met des punaises de couleur sur les villes contactées, pas contactées, les oui et non, on fait des dépôts, on fait un contrat avec la Poste, on fait des enveloppes T pour que les libraires puissent retourner les invendus…un bordel pas possible quoi. On fait ça sur le numéro un de la revue, sur le numéro deux.
    Pour la petite histoire, le numéro un, on en tire deux mille, on est débiles, on est jeunes, on fait plein de bêtises mais quand même on apprend vite et dès le numéro deux, on ne tire plus qu’à mille exemplaires…Evidemment, le numéro deux, il est épuisé depuis longtemps. C’est une usine à gaz, on n'y arrive pas … On commence à se rendre compte qu’on n’y arrive pas mais on continue.
    [Interview] Olivier GirardOn n’avait pas de thune, on tape nos parents, on rajoute du fric…On ne se payait évidemment pas. Moi si tu veux, j’ai mis cinq ans, cinq années avant de me prendre le moindre centime aux Editions du Bélial. Pendant cinq ans, j’ai gagné peau de balle, rien. Mais c’était un choix complètement assumé. J’étais libraire chez les parents du pote qui nous hébergeaient, je faisais la mise en place des arrivages le matin, il y avait un petit rayon presse donc je m’occupais de la presse à 5h du matin, je foutais en rayon, je filais un coup de main pour Noël et tout. Je me démerdais comme ça parce qu’évidement j’avais tout quitté, à ce moment-là j’ai tout de suite vu qu’en terme de temps ça allait tout me bouffer, y compris mon énergie pour écrire de la fiction. Au bout d’un an, j’ai su que je ne serais pas auteur. Alors, il y a des gens qui ont assez d’énergie pour les deux mais moi c’était typiquement pas le cas. En plus, on faisait une revue ! C’est une usine à gaz. Au début tu n’es pas rodé, tu perds beaucoup de temps.
    Au bout du numéro quatre, on arrive enfin, après s’être fait envoyer chier par les diffuseurs qu’on contactait, à trouver une diff’. Alors une diff’ qui valait ce qu’elle valait mais qui était quand même une vraie diffusion avec un vrai diffuseur etc… Et ça nous a changé la vie ! Ça nous a vraiment vraiment changé la vie.  On a commencé avec quelques centaines d’implantation en librairie, évidemment c’était eux qui géraient les retours. La vraie diff’ quoi ! Et voilà, ça s’est lancé comme ça ! Mais ça n’a été qu’à partir du numéro quatre ou cinq, au bout d’un an, un an et demi.

     

    Quand on en vient à la parution des romans, des choses de ce genre, comment ça se choisit les auteurs étrangers ? Juste par vos gouts ou par des personnes qui vous en disent du bien ?

    Moi, j’avais déjà des goûts un petit peu arrêtés quand même sur certains auteurs. Nous, on met trois ans d’existence au Bifrost où on ne fait que du livre avant de commencer à faire des livres. En fait, les premiers livres que l’on fait, parce qu’on était toujours coincés par ce putain de statut de SARL de presse et comme on n’arrivait pas à réunir les huit mille euros qu’il fallait pour passer en SARL classique, pendant ce laps de temps, Thomas Day travaillait pas encore à l’éditorial de la revue comme il le fait maintenant mais je le publiais dans Bifrost assez régulièrement et on était déjà devenus super potes. Lui, entre temps, il avait monté une vraie SARL qui s’appelait éditions ORION et communication avec un statut qui lui permettait de faire des bouquins. On était chacun dans notre coin et très vite on s’est dit « C’est débile ! Toi, tu fais une revue je la trouve super, je publie dedans, j’ai envie d’amener des articles. Moi, je peux faire les bouquins, tu as des envies d’éditions de livres et tout…Essayons de faire des trucs ensemble quoi !»
    Donc, on a fait de la co-édition en fait. Très vite, on a réuni nos choix, nos goûts, on a discuté, très vite on s’est trouvé à[Interview] Olivier Girard deux ou trois…ça n’a jamais été « Bon voilà, je vais faire ça c’est comme ça ! », moi c’est plutôt « J’ai envie de faire ça, qu’est-ce que vous en pensé ? », c’est assez collégial, j’écoute ce que l’on me dit et inversement. Il y a beaucoup de gens qui me disent « J’ai envie de faire ça avec toi, qu’est-ce que tu en penses ? » et on en discute. Dès le début, c’était un peu ça. J’avais certaines envies sur certains auteurs, Gilles en avait d’autres…assez vite on a été rejoint par Pierre-Paul Durastanti qui nous a amené très vite une connaissance des auteurs anglophones qu’objectivement ni Gilles ni moi n’avions qui nous a dit « Il faut lire ça. Ça c’est génial et ce n’est pas traduit » parce que lui lisait déjà énormément d’anglais très vite. Il est un peu plus âgé que nous donc il avait un peu plus de vécu de lecteur notamment, il avait été lecteur pour les éditions Denoël etc… Donc, il va nous amener beaucoup de trucs.
    Dans le même temps, il se passe un autre truc qui est quand même important dans la constitution du Bélial, c’est que Gilles, avec qui on faisait de la co-éd’, est démarché de façon totalement improbable – C’est là qu’avec le recul on voit que l’on incarnait une nouvelle vague réellement – par les éditions Denoël pour prendre la direction de Présence du Futur, qui est un truc pour nous…énorme !
    Nous, on a grandi avec Présence du Futur, c’était la collection de référence, une collection de poche un peu chère donc moi je n’en achetais pas souvent mais c’était quand même une espèce de collection rêvée ! Gilles fait les sélections et on apprendra qu’il y avait des gens super capés qui vont essayer d’avoir ce poste etc… Et c’est lui qui est pris ! C’est une espèce de ciel qui nous tombe sur la tête…enfin surtout à lui… mais à moi aussi parce que je suis à la fois super content, j’ai aussi conscience au moment où ça arrive que ça fait trois mois que je dirige ma boîte, je sais aussi l’importance du relationnel, je sais que c’est un poste de décision et que ça va pouvoir nous aider aussi nous pour certains trucs donc je suis super content, mais en même temps je perds mon pote dans Orion et communications…Comment je vais faire ?
    Et là, la décision elle est simple, Gilles dit « J’arrête Orion », il ne pouvait pas continuer évidemment il n’avait pas le temps, on arrête la co-ed’ mais par contre on se dit « Toi, tu récupères le fond qui t’intéresse, les contrats qui t’intéressent, le reste tu laisses et tu intègres tout ça sous le label Bélial ».
    Nous à ce moment-là, on a un petit peu plus de sous, je retape un peu mon grand-père qui m’a beaucoup beaucoup aidé sur les premières années de la maison d’édition et nous ça nous oblige à basculer en SARL tout court. Là, on prend véritablement notre envol, on se met à publier de notre propre chef sous le nom Bélial 100% des bouquins au-delà de Bifrost. Ça s’est fait comme ça.
    Encore une fois ça a toujours été et c’est resté même après – enfin je pense les patrons de l’époque de Denoël en avaient pas vraiment conscience – mais j’ai toujours continué, Gilles étant chez Denoël, ça se passait de la même manière, il amenait quelque chose au Bélial. Il me disait « Voilà, j’ai envie de faire ça chez Denoël qu’est-ce que tu en penses ? », moi je lui disais ce que j’en pensais et en même temps on pourrait faire ça au Bélial. On se partageait notre monde. Avec quand même, j’insiste bien là-dessus, Pierre-Paul qui était notre éminence anglophone, c’était notre caution de culture, vraiment. Une grosse partie du savoir venait de lui quand même…Et encore maintenant ! Vraiment, il est extrêmement important Pierre-Paul au Bélial. Bon y’en a d’autres hein…Jean-Daniel Brèque…enfin voilà.


    Pour en venir à quelque chose de beaucoup plus actuel, concrètement pour ceux qui sont intéressés par ce qu’il y a derrière le livre, c’est quoi le métier d’un éditeur ? Que faites-vous en « vrai » ? Il y a la sélection des livres mais qu’y a-t-il d’autres ?

    Ce que fait avant tout l’éditeur, c’est lire. Sauf que dans une petite structure, c’est quand même compliqué donc dans une structure comme le Bélial, un éditeur fait un peu tout globalement. C’est aussi ça qui m’intéresse, c’est aussi pour ça que je ne voulais pas bosser dans un groupe.
    Donc l’éditeur lit, il fait les choix éditoriaux encore une fois avec ses collaborateurs proches, il négocie les contrats avec les agents et/ou les auteurs (français notamment) donc il y a beaucoup de négo’ de contrats, il s’occupe du travail du texte sur le texte…quand tu fais de la trad’, tu travailles avec le traducteur, quelque part tu as un rapport avec le traducteur qui pourrait presque être celui que tu as avec un auteur, j’exagère mais pas loin, parce que c’est lui qui te livre le texte français que tu sais que tu vas publier, tu ne le considères pas comme l’auteur mais tu regardes son texte comme si c’était un texte d’auteur quoi. Ou effectivement avec l’auteur français où là c’est un travail plus de fond sur la structure, sur la nature de ses phrases, sur son travail tout simplement, ça parfois ça peut être long, ça peut être douloureux, c’est toujours passionnant mais c’est un énorme boulot. Après, il y a tout l’aspect commercial qui est considérable, c’est-à-dire « Qu’est-ce que tu mets comme couverture ? », « Est-ce que tu crées des collections ?  Qu’est-ce que tu mets dedans ? Comment t’articules tout ça pour que ça soit lisible et pour la diffusion et pour la distribution et pour la librairie et pour les lecteurs ? » …Ça c’est un énorme boulot ! Après, tu vas en réunion de repré’, tu vois les représentants donc les dix représentants qui vont voir en permanence les libraires pour nous représenter tous les quinze jours, les trois semaines, tous les mois, pour présenter nos nouveautés. Tu fais de la maquette, parce que nous on fait de la maquette en interne. Moi, à ce jour, je ne fais plus toutes les maquettes des livres mais j’en fais encore beaucoup…Bon la maquette de Gotland, c’est pas moi qui fait ça mais bon la maquette du Bifrost, c’est moi qui l’a fait. C’est aussi un choix, j’aime ça. Mon problème, c’est que j’aime tout dans l’édition. Ce n’est pas que j’ai du mal à déléguer, j’ai aucun problème d’égo vraiment…


    C’est quelque chose qui a à voir avec la polyvalence, avec la multi-casquettes ?


    Voilà, c’est ça. Mais du coup, le problème c’est que j’ai envie de tout faire parce que tout m’intéresse ! Et vingt ans après, parce que là on parle quand même d’une histoire de vingt piges, j’ai commencé jeune, ça fait vingt ans que je dirige le Bélial et ça fait vingt-cinq ans que je suis dans l’édition, j’ai commencé à vingt ans quoi…Bah c’est pire qu’avant ! J’ai encore plus d’envies !!

    Et encore une fois, on a fêté les vingt ans du Bélial il y a très peu de temps dans une librairie parisienne qui s’appelle Millepages à Vincennes, clairement j’ai commencé mon espèce de petit discours de remerciements à tous les gens qui étaient là en disant « Voilà, vous me regardez j’ai quarante-cinq ans et je suis l’adulte que je rêvais d’être enfant ! Vraiment, je suis l’adulte que je rêvais d’être gamin !». Objectivement, c’est génial, c’est top. Je souhaite ça à tout le monde, vraiment. C’est ce que je souhaite à mon fils quel que soit son rêve. Ayons des rêves et réalisons-les ! Quand tu y es…c’est le bonheur quoi !
    Pour moi, l’édition c’est ça. C’est un rêve réalisé.


    Pour continuer sur les choses actuelles, Le Bélial, c’est les éditions qui nous ont permis de découvrir des auteurs qui sont quand même majeurs comme Greg Egan…

    Alors Greg Egan, ce n’est pas que le Bélial objectivement, il faut rendre…

    Oui, c’est un travail collectif… C’était en relation avec les 42…

              [Interview] Olivier Girard[Interview] Olivier Girard[Interview] Olivier Girard


    Historiquement, Greg Egan, ça a d’abord été publié chez DLM et puis après quand même en Ailleurs et Demain par Gérard Klein…Donc, il y a des gens qui sont passés avant. Le problème c’est que pour moi, il y a des auteurs que j’estime majeurs, notamment Egan, et que je trouvais un peu en déshérence…Et ce n’est pas complètement un hasard, ce n’est pas que parce qu’il manquait une revue que j’ai fait une revue, c’est parce que moi ce que j’adore c’est la nouvelle, ce qui est une gageure…Nous, on a fait tout le contraire de ce qui fallait faire sur le papier : on a commencé avec une revue, avec des nouvelles et c’est très compliqué à vendre. On a un catalogue qui est quand même très charpenté autour de la forme courte. On a lancé par exemple Une Heure-Lumière qui est une collection dédiée à la novella donc des longues nouvelles ou des courts romans…mais pas des romans quand même, c’est un truc un peu différent ! On fait des recueils en permanence : on a publié un recueil de Ken Liu, on sort Peter Watts là. On sort des recueils tout le temps. C’est devenu un peu, j’ai envie de dire, notre marque. Bon, on fait des romans, pleins de romans aussi, mais on est très très présent sur la nouvelle, c’est un choix éditorial. Parce que moi, c’est ça que j’aime, vraiment. Je considère que la nouvelle en SF, c’est la forme majeure du domaine. Ça, c’est mon avis d’éditeur.  C’est pour ça que je travaille énormément cette forme. Après il y a des romans que j’adore, ce n’est pas le problème. Et Egan, il se trouve que c’est un très bon romancier mais je trouve surtout que c’est un nouvelliste dément – j’en parlais à Philippe Curval d’ailleurs qui n’est pas de cet avis – et ses nouvelles étaient complètement en jachère donc on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. Donc, on s’est mis à publier l’intégrale des nouvelles, c’est parti comme ça.


    Finalement, en portant un regard sur vos vingt ans de carrière, quelles sont vos plus grandes fiertés d’éditeur ? Par exemple, disons, trois grandes fiertés ?

    C’est un peu foireux. Très franchement, ma plus grande fierté ce n’est pas un auteur…C’est Bifrost ma plus grande fierté. Parce que Bifrost, je pense que c’est important pour tout le monde. Ce n’est pas beaucoup de ventes mais pour le milieu c’est essentiel. Je pense que si le Bélial disparaissait sans Bifrost, le milieu aurait à peu près la même gueule. Je ne suis pas sûr que s’il n’y avait pas eu Bifrost, le milieu ait la même gueule. C’est pour ça…Je pense que pour le coup Bifrost a contribué à façonner le genre en France, j’en suis convaincu. Après, les auteurs importants, je vais dire un truc très très trivial mais c’est les auteurs qui se vendent le plus parce que c’est ça qui permet de faire les auteurs qui ne se vendent pas beaucoup. – Ce qui rejoint ce que disait Pierre-Paul dans son interview sur l’idée des locomotives entraînant d’autres projets – Après, on a les locomotives qu’on peut avoir aussi au regard de notre surface éditoriale et au regard du genre dans lequel on s’exprime. Une locomotive pour nous au Bélial, c’est cinq mille ventes, on est déjà très très [Interview] Olivier Girardcontent. En ce moment, typiquement, un auteur que l’on vend beaucoup, et pourtant on n’a jamais publié un roman de lui, c’est Ken Liu. C’est vraiment un auteur qu’on a imposé pour le coup contrairement à Greg Egan. C’est un auteur à travers quelques nouvelles dans Bifrost et il y avait eu quelques nouvelles ailleurs aussi (NDLR : la défunte revue Fiction) mais très parcellaires et dans des supports relativement confidentiels. On fait un recueil de nouvelles avec les 42, La Ménagerie de Papier, et là il se passe un truc, ça cristallise un truc. Ken Liu devient, dans l’esprit de plein de gens, à tort ou à raison…enfin pour une grande partie à raison…mais il syncrétise un peu l’écume de la SF moderne d’aujourd’hui. De ce fait, on capitalise là-dessus, on sort dans la collection Une Heure Lumière une novella, L’homme qui mit fin à l’Histoire, qui se vend tout de suite à trois mille exemplaires en un mois. Il se passe un truc en ce moment sur Ken Liu. En ce moment, il n’y a pas que ça mais voilà, il y a plein d’autres trucs. Le Bélial fête ses vingt ans, c’est l’année (2016) de nos vingt ans en ce moment, on fait une année exceptionnelle. Entre 2015 et 2016, nous c’est un peu compliqué parce qu’en termes de gestion, on n’est pas sur une année civile, on est d’avril en avril, puisqu’on a créé la revue en avril donc le bilan c’est avril-avril, mais sur notre dernier exercice comptable, on fait +86% sur le livre et sur la revue on fait + 10% ! Donc c’est exceptionnel ! C’est vraiment exceptionnel ! J’ai une fierté, un truc qui me tient vachement à cœur en ce moment, c’est Stéphane Przybylski parce que l’on fait peu d’auteurs français, et surtout peu d’auteurs français inconnus, on fait peu de premiers romans, parce que…je ne sais pas…on a sans doute un niveau d’exigences un peu élevé…On en reçoit beaucoup, ce n’est pas moi qui traite les manuscrits en direct au Bélial, c’est Erwann (Perchoc) qui pourrait répondre mieux que moi, mais on en reçoit entre un et deux par jour, c’est vraiment une[Interview] Olivier Girard masse de données énorme ! Ça nous arrive très très rarement, ça nous est même quasiment jamais arrivé. Stéphane arrive avec son roman qui n’est pas nécessairement dans le cœur de ce que l’on fait, on est plutôt dans une SF réflective, un peu exigeante etc… Et là…Il a une exigence historique démente, surtout il a une ambition et c’est là où je me retrouve, c’est un mec tu sens qu’il n’a peur de rien, il est comme nous éditorialement il y a vingt ans ! On n’y connaissait rien et on s’en foutait, on y allait voilà, on ne savait pas ! Et lui, il te prend une histoire complètement démente avec un substrat historique énorme, il te met l’Histoire, les nazis, l’Histoire secrète, les extra-terrestres, il te mélange tout ça sur cinquante ans et il te dit moi je vais faire quatre tomes, trois million et demi de signes…Tu te dit « What quoi ? » …Puis tu lis le truc, avec des flash-backs, des flash-forwards et tout. On sort ce truc-là, on joue le jeu à fond, c’est un truc qui nous caractérise, on joue toujours le jeu à fond. Par exemple là, on va sortir Edmund Hamilton, auteur de l’âge d’or dans la nouvelle collection qu’on a lancé (NDLR : Pulps), pareil on joue à fond le registre Pulps, ça nous éclate à mort, on est très très loin de Ken Liu ou de Przybylski. Donc, là, on met de la croix gammée sur les bouquins, des nazis machin et tout et…le bouquin, ça se vend super bien…Encore une fois à notre échelle. Premier roman, on en fait quatre mille, le deuxième suit, le troisième suit, là on va sortir le quatrième, c’est vendu en poche chez Pocket, c’est la fête. Ça, j’en suis très très fier parce que c’est quelque chose en plus qu’on fait très peu.



    Quels sont les projets du Bélial ? Vous avez fait la collection Une Heure-Lumière, la collection Pulps.

           [Interview] Olivier Girard[Interview] Olivier Girard[Interview] Olivier Girard

    Ça c’est deux collections qu’on a lancées cette année…Et en fait cette année, on lance trois collections ! On lance Wotan là maintenant avec Nicolas Fructus qui est du livre illustré avec de la quadri, de la cinquième couleur, des pages dépliantes, du relié. Pour le coup, vraiment du beau livre. Ça fait partie des rêves de gamin que j’avais, publier des bouquins comme ça. On met vingt ans pour pouvoir le faire, c’est vraiment top. Donc, cette année on lance trois collec’. Une collection dédiée à l’âge d’or de la science-fiction, Pulps, une collection dédiée à la novella qui est vraiment mon format référent en tant que lecteur, et manifestement je ne suis pas le seul puisqu’on a lancé cette collection en janvier (2016) dernier et ça marche très très bien. Et on lance Wotan. L’actu du Bélial, elle est là-dessus, tout en continuant Bifrost, le reste ce que l’on fait avec les 42 etc… Il y a énormément de grain à moudre. Là, nous, notre souci, c’est de garder la tête froide maintenant et de ne pas trop s’exciter parce que je suis globalement un excité parce que passionné, et moi ça se traduit par l’excitation ma passion. Là, on franchit une espèce de petit palier de Darwin en termes de structure donc il faut gérer cette petite crise de croissance, surtout ne pas se mettre à publier trop de bouquins. Le Bélial deviendra jamais Bragelonne, ce n’est pas du tout une critique contre Bragelonne, c’est juste que ce n’est pas du tout ma manière de voir. Moi, je veux être un éditeur qui a lu 100% des livres qu’il publie, c’est aussi con que ça, sinon pour moi, ce n’est pas de l’édition.


    Pour le mot de la fin, s’il y a des lecteurs qui nous lisent et qui ont envie de devenir éditeur aujourd’hui, vous leur diriez quoi ?

    Eh bien, il faut y aller plein pot !
    Depuis que je suis dans l’édition, on me dit que c’est la crise du livre ! Ça fait vingt-cinq ans que l’on me dit que c’est la crise du livre. C’est la crise du livre, c’est la crise du livre mais en même temps c’est un milieu qui te permet d’arriver avec deux cents euros sur la table et vingt ans plus tard, tu as publié quatre cent cinquante bouquins, quatre-vingt-quatre numéros de revue et de hors-série, tu fais des livres dépliants avec quadri et cinquième couleur !
    Donc, c’est la crise du livre, mais la crise du livre…On l’emmerde quoi ! Il faut y aller !

    [Interview] Olivier Girard

    Pour s'abonner à Bifrost, revue de l'imaginaire, c'est ICI.

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    - La Critique de La Ménagerie de Papier de Ken Liu

    - La Critique de L'Homme qui mit fin à l'Histoire de Ken Liu

    - La Critique de Cérès et Vesta de Greg Egan

     

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  • Commentaires

    1
    Samuel Ziterman
    Mardi 16 Mai à 08:40
    Samuel Ziterman

    Merci pour cette interview, c'est super intéressant de connaître la genèse du Bélial' et ça donne vraiment envie. Tout est possible du moment que l'envie et la passion sont là ! 

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