• [Interview] Pierre-Paul Durastanti

    [Interview] Pierre-Paul Durastanti

    Interview effectuée dans le cadre des Utopiales de Nantes 2016. Tous mes remerciements à Pierre-Paul Durastanti et son infinie gentillesse, ainsi qu'à l'aide des organisateurs du Festival.

    Aucun enregistrement audio pour cette fois dû à un incident pendant celui-ci.

    Bonjour Pierre-Paul,
    Première petite chose, je pense que pour beaucoup de lecteurs honnêtement Pierre-Paul Durastanti ça ne dit pas grand-chose…


    C’est ce qu’il faut, c’est ce qu’il faut !

    Est-ce que vous pouvez vous présenter pour ceux qui vont nous lire ?

    Je m’appelle Pierre-Paul Durastanti, j’ai 53 ans, je suis du midi de la France, j’habite dans le Sud-Ouest, je suis traducteur professionnel depuis 1984. J’ai traduit quelques dizaines de bouquins et quelques cent ou deux cents nouvelles. Donc c’est mon métier, c’est comme ça que je gagne ma vie depuis que j’ai 30 ans. Essentiellement dans les domaines de la science-fiction, du fantastique et de la fantasy qui sont mes domaines de prédilection. Après j’ai des activités de chroniqueur, directeur de collection au Bélial, j’aide pour Bifrost, j’ai travaillé chez Denoël pour Présence du Futur comme lecteur professionnel…je fais divers trucs mais toujours liés à la science-fiction.

    On ne connait pas beaucoup le nom des traducteurs, surtout en France, encore plus dans le milieu du genre, ce n’est pas un peu embêtant, un peu chiant quand on est traducteur de pas être « connu » ?

    Alors, il y a deux choses : le traducteur idéal est invisible, c’est juste une espèce de vitre qui dégage les détails du texte et qui les rend plus distinguable, plus discernable par le lecteur donc évidemment ça implique une transition d’une langue vers une autre mais l’essentiel c’est que l’esprit du texte – enfin pour moi – soit respecté. Donc en quelque sorte ma présence est importante mais elle ne doit pas être envahissante. A ce niveau-là, ça ne me dérange pas. Après, d’un point de vue quasi-syndicaliste, oui c’est bien que les traducteurs soient reconnus, que leurs noms soient mis en avant, c’est vrai que moi quand je vois des chroniques sur des blogs, « Ah machin écrit…Ken Liu par exemple… écrit vraiment très bien et tout », il n’y a même pas marqué quelque part que c’est moi qui ai traduit Ken Liu, ça me gave. Voilà, ça me gave. Je me dis quand même ils pourraient faire l’effort de marquer qui a fait le truc parce qu’après tout il ne l’a pas lu en anglais, il l’a lu en français et en français, il y a un « translater » pour faire un néologisme et pour parler de « translation » donc voilà. Mais en soi, dans l’ordre mondial des choses, ce n’est pas très important qu’un traducteur soit connu ou pas connu pourtant il faut qu’il fasse un travail correct.

    Du coup la prochaine fois, je citerai systématiquement le nom du traducteur …

    Ou sinon une paire de gifles ! (Rires)

    Concrètement en fait, c’est quoi le travail d’un traducteur ? Bon c’est d’être invisible vous m’avez dit mais comment on devient traducteur ?

    Alors là, il doit certainement y avoir à peu près autant d’itinéraires que de traducteurs mais enfin maintenant c’est beaucoup plus simple parce qu’il y a des écoles de traduction littéraire, y’en a plusieurs en France dont à Jussieux je crois qui a formé des tas de gens, Mélanie Fazi par exemple qui est une excellente traductrice, qui est passée par là si je ne m’abuse, mais moi quand j’ai débuté ces cursus-là n’existaient pas, tout ce qu’il y avait c’était des trucs de traductions commerciales ou industrielles ou d’interprétariat. J’ai fait un truc de traduction commerciale, ça ne me correspondait pas du tout. Le premier texte qu’on m’a demandé de traduire c’était « Comment briser une grève ? » donc ça m’a moyennement intéressé mais par contre pour moi l’avantage c’est que j’ai une tante qui est traductrice littéraire, qui a traduit Virginia Woolf, William Burroughs, qui travaille encore, elle est sous-titreuse pour un des opéras de Paris. Elle produit les sous-titres qui sont diffusés pendant les opéras et elle fait encore un peu de littérature. Donc je savais que le métier existait à la différence de beaucoup de gens, en plus ma tante n’était pas beaucoup plus âgée que moi, elle était cool, elle écoutait les Beatles, elle m’offrait des disques de Rock N’Blues, je la voyais bosser quand elle voulait…j’me disais « Putain, c’est pas mal ça ! ». Comme je commençais à lire de la science-fiction parallèlement, j’ai assez vite fait la relation, au lieu de me dire « Tiens, je vais écrire de la science-fiction » ben je vais traduire de la science-fiction. Donc c’est une façon d’écrire tout en ayant une certaine garantie parce qu’on traduit de façon générale de manière contractuelle, on a un contrat donc on est à peu près assuré d’être payé à la fin si on travaille avec des éditeurs normaux – et j’essaye de travailler avec des éditeurs normaux. Donc c’est comme ça que…Bon j’ai fait vaguement un début de fac qui n’a pas produit grand-chose…et en fait j’étais déjà dans le fandom, je faisais ma petite revue, je faisais des critiques dans le Fiction originel de l’époque avec Alain Dorémieux, j’étais un peu introduit, j’allais aux conventions. Un jour j’ai proposé à Joëlle Wintrebert une nouvelle d’un auteur anglais que je trouvais bien, elle a eu la gentillesse et l’inconscience de me la faire traduire et j’ai débuté comme ça.

    Autre question directement liée à ça : les auteurs vous les choisissez pour les traduire ou ça dépend ?

    Ça dépend. L’avantage en étant impliqué au point où je suis impliqué dans le Bélial, c’est qu’effectivement je peux apporter des projets voir diriger une collection avec Pulps par exemple ou apporter une nouvelle ou des articles pour Bifrost, tout ça est validé bien évidemment par Olivier Girard, le boss du Bélial mais donc je peux effectivement amener un texte…Là par exemple, je viens de rendre la traduction d’une deuxième novella de Ken Liu pour Une Heure-Lumière et celle-là, c’est moi qui l’ait choisi. La première c’était Olivier. Donc ça m’arrive effectivement de choisir, après ça m’arrive aussi d’accepter des traductions parce qu’il faut bien payer le loyer, l’électricité et la bouffe mais en général, avec Le Bélial – bon c’est pas pour me jeter des fleurs – mais avec le Bélial ce que j’ai maintenant, les gens savent ce que je suis capable de faire correctement ou moins correctement, dans quels délais etc…donc on me propose des trucs qui en général me correspondent. Je n’ai pas refusé une traduction depuis….Si j’ai refusé une traduction à Angle Mort parce que le texte ne m’intéressait pas du tout…Mais sinon en livre, je n’ai pas refusé une traduction depuis vingt ans !

    C’est donc tout de même maintenant plus une affaire de goût aussi

    Oui, oui oui ! Mais ça m’est arrivé aussi par exemple…Je fais aussi parallèlement à la traduction, je fais aussi, enfin moins maintenant, mais je fais beaucoup de réécriture de vieilles traductions datées ou ratées, des choses comme ça. J’en ai fait plein pour Folio par exemple. Et là ça m’est arrivé de dire une ou deux fois « Mais en fait, il n’y a pas besoin, la traduction elle est bonne » donc ils m’ont fait confiance et dans ce cas on le publie tel quel mais c’est rare. Honnêtement je ne me rappelle même plus qu’elle est le dernier livre que j’ai refusé. Après je peux ne pas prendre un livre parce que je n’ai pas le temps. J’ai trois bouquins à faire, on me demande d’en faire un quatrième dans le même délai je vais dire non.

    On a déjà commencé à l’aborder un petit peu mais vous œuvrez dans la littérature de genre, un choix ou une obligation ?

    Ah non, non, c’est un choix depuis que j’ai quatorze ans, j’en ai lu des milliers de bouquins de SF, de fantastique et de fantasy littéralement, j’en ai lu des milliers en anglais aussi avant même de traduire donc c’est un choix, c’est mes goûts, ça correspond aussi à des goûts aussi cinématographiques, enfin ça recoupe aussi mes goûts cinématographiques et même aussi certains de mes goûts musicaux – j’aime le rock progressif par exemple. C’est un imaginaire où je me sens parfaitement à mon aise. Après je lis énormément de romans noirs, de thrillers etc…parce que ça m’intéresse aussi mais je n’ai pas eu l’occasion d’en faire en tant que traducteur.

    Et qu’est-ce qui vous intéresse dans le genre par exemple de la science-fiction ?

    La liberté. La liberté de création, la liberté d’imagination, le fait que même la pire dystopie est un texte optimiste parce que même si 99,9% de la population a été tué par le virus de la Grippe comme dans le Fléau de Stephen King ou par une guerre atomique, il y a des survivants, il y a un futur. La science-fiction implique un futur. Bon sauf cas rare ou voyage dans le temps ou des choses comme ça…la science-fiction implique un futur et elle est par nature en quelques sorte un genre optimiste. Ca j’aime bien ! D’ailleurs, j’aime bien la science-fiction optimiste, j’aime beaucoup les textes un peu sévères, un peu austères ou graves ou à valeur d’avertissement mais on a un peu trop privilégié ça. Par exemple, le fait d’avoir créé Pulps au Bélial, c’est aussi trouver un espace ludique pour refaire de la SF certes un peu démodée en général mais porteuse de fun. Je trouve que ça manquait un peu de fun ces temps-ci !

    Je n’avais jamais vu l’apocalypse, le genre apocalytique, je ne l’avais jamais vu comme ça…dire oui il y a des survivants donc c’est optimiste…

    Même La Route c’est optimiste – Il y en a deux qui sont encore en vie ! – Alors c’est le verre à un milliardième plein mais c’est un milliardième optimiste. (Rires) Je reconnais ce que la position peut avoir d’outrancier.

    Non mais c’est un basculement du point de vue, je trouve ça vraiment très intéressant !
    Vous aimeriez traduire d’autres genres ? Par exemple vous parliez de romans noirs ?

    [Interview] Pierre-Paul DurastantiÇa ne me dérangerait pas du tout de faire du roman noir, ça ne me dérangerait pas du tout de faire du fantastique au sens classique du terme parce qu’il n’y en a quasiment plus et quand je vois des gens comme Dystopia faire deux recueils de Lisa Tuttle, je leur tire mon chapeau, dont un inédit quand même entièrement donc ça veut quand même dire un vrai investissement, une vraie prise de risque. En plus, ils en ont quand même vendus...pas des tonnes… mais ils n’en ont non pas non plus vendu douze donc c’est déjà une victoire en soi. Le pari est à peu près réussi. C’est pareil, je suis depuis très très longtemps le boulot que fait Dreampress Ténèbres, c’est vraiment des gens qui sont de vrais passionnés. C’est un genre que j’ai pratiqué beaucoup puisque j’ai traduit pendant plusieurs années pour les anthologies Territoires de L’inquiétude que dirigeait Dorémieux chez Denoël. Avec Jean-Daniel Brèque, on était même assistants d’Alain Dorémieux, on lui apportait des textes, là c’était vraiment le confort absolu. Il choisissait des trucs parmi les textes qu’on avait nous-mêmes choisi et il les proposait après…C’était super !

    Vous avez une impressionnante liste d’auteurs traduits – vous avez traduit les plus grands à mon sens : Gene Wolfe, Peter Watts, George Martin… - ça vous a mené à rencontrer, à dialoguer avec ces auteurs ?

    Depuis que l’on a internet c’est beaucoup plus simple. Ça m’est arrivé avant internet de faire des échanges de lettres trans-atlantique donc d’attendre quinze jours une réponse pour un point de détail d’une traduction etc… Mais par contre, honnêtement, je le fais assez peu, je sais que ces gens pour la plupart ont autre chose à faire que répondre à un traducteur mais ils le font toujours très volontiers si on leur signale une petite pétouille, un pain dans un bouquin, un truc oublié, une connerie, ils sont en général ravis donc je n’ai jamais eu de problème, ça c’est toujours très bien passé mais vraiment je le fais à très petite dose, à très très petite dose.

    Littérairement parlant, à la lecture et/ou à la traduction, vous avez des auteurs favoris ?

    Ah et bien Wolfe est un bon exemple. Sinon moi j’avoue j’ai une espèce de trio de tête c’est…enfin trio de tête c’est vite dit…disons que parmi mes cinq auteurs préférés, il y aura toujours Dick, Silverberg et Jeury, et après les deux autres Simak, Vance, Wolfe, Bishop… Ça se tient dans un mouchoir de poche ! Voilà ! Mais sinon c’est vrai que Dick/Silverberg/Jeury, c’est mon trio de tête et des gens que je peux relire mais à l’envie, il y a des bouquins de ces gens-là que j’ai lu dix-douze fois.

    Pour revenir à une actualité un peu plus récente, vous avez traduit récemment Ken Liu, notamment La Ménagerie de Papier et L’homme qui mit fin à L’Histoire, un mot sur ce travail, sur les difficultés particulières que vous avez rencontré, ce que vous pensez de Ken Liu ?
    [Interview] Pierre-Paul Durastanti
    Très peu de difficultés…Je pense que c’est pas loin d’être un génie. Pas au sens qu’il est tellement brillant…enfin il est brillant intellectuellement, mais surtout ce que j’aime beaucoup chez Ken Liu…Ken Liu c’est Greg Egan corrigé par Théodore Sturgeon. Il est capable de faire des trucs qui sont très très pointus scientifiquement sans jamais oublier les personnages, sans jamais oublier l’émotion, qui est un truc qui peut souvent être absent chez Egan, l’émotion est intellectuelle chez Egan alors que chez Liu elle peut être émotionnelle, je connais des gens, des grands gars costauds qui essuient une larme quand ils finissent la Ménagerie de Papier (Aka la novella éponyme dans le recueil). Donc ça…c’est fort il n’y a pas à dire ! Après, il y a tout le bagage du type qui est lui-même un exilé en quelque sorte, c’est un chinois arrivé aux Etats-Unis à l’âge de onze/douze ans donc qui a dû s’adapter à une culture duelle enfin qui a du géré la dualité de sa propre culture. Il est d’origine chinoise mais très américain, Il croit aux valeurs américaines par exemple. Donc ça donne un terreau très riche et ça, ça donne des fruits extrêmement gouteux au niveau des textes surtout qu’il est capable d’enchaîner de la Hard-Science, un Planet-opéra, une enquête policière dans une espèce de pays asiatique imaginaire, un conte fantastique, de la fantasy très light, des textes d’une noirceur absolue – L’Homme qui mit fin à l’Histoire c’est pas exactement d’une folle gaieté on va dire – et après moi j’ai traduit un texte qui va sortir dans Bifrost, une espèce d’aventure qui mêle exo-archéologie (c’est-à-dire archéologie sur une planète étrangère) et code fiscal…C’est très drôle ! C’est réellement très drôle et très intelligent ! C’est un mec vraiment complet que je n’ai pas pu aller voir à Vincennes pour le festival America, c’est mon camarade Jean-Daniel Brèque qui m’a servi de remplaçant, mais tout le monde l’a trouvé adorable, gentil comme tout, il est marrant…Vous pouvez demander à Olivier (Girard) qui l’a pratiqué avec quelques whiskies dans le nez…vous verrez Ken Liu est même capable d’être très très drôle [Rires]

    Vous êtes le traducteur pour le prochain Peter Watts (Au-Delà du Gouffre) qui va sortir au Bélial….

    Très peu ! Car en fait, j’ai traduit deux nouvelles de Peter Watts dans Bifrost, elles sont reprises dans le recueil, mais le traducteur principal c’est mon camarade, ami et vieux pote Gilles Goullet qui a traduit à peu près tout Peter Watts aux éditions du Fleuve donc comme il m’arrive de dormir [Rires], on lui a proposé de faire le recueil de Peter Watts. On a repris du coup mes deux traductions existantes qui étaient apparemment correctes. Je crois qu’il les a un peu revus parce que c’est des trucs qui font partie de toutes petites séries de deux-trois textes donc il a harmonisé avec ceux-là. Et comme c’était lui le traducteur principal, il m’a posé la question et je lui ai dit « Harmonise avec tes choix à toi, c’est toi qui a la priorité ! »

    Pour en finir sur l’actualité, vous avez aussi deux-trois reprises avec la collection Pulp’s au Bélial, pour les lecteurs, pourriez-vous expliquer pourquoi cette aventure ? Comment c’est né et qu’est-ce que vous voulez en faire ?

                                         [Interview] Pierre-Paul Durastanti   [Interview] Pierre-Paul Durastanti

    L’idée c’est de proposer un espace ludique de la SF fun, plaisir…Star Wars sur la page en gros pour caricaturer. Ça a commencé avec ce Jack Vance que j’avais, que je trouvais marrant, sympa, c’était un tout petit bouquin et je trouvais que ça n’allait pas au Bélial « comme ça ». J’ai proposé à Olivier Girard de créer une petite collection qu’au départ j’imaginais un peu aléatoire au sens de son rythme de parution, puis il m’a dit que non, on pourrait faire quelque chose qui serait un peu plus soutenu. Alors on a fait ce premier truc qui a servi un peu de test. Il s’est vendu tout à fait correctement au même titre que les autres Vance que l’on a fait. Donc là, j’ai eu l’idée de prendre une série qui est emblématique mais qui n’a jamais été traduite en France sauf un épisode très court dans une vieille antho, c’est la série Captaine Future d’Edmond Hamilton connue d’à peu près tout le monde sous le nom de Capitaine Flam parce que ça a été adapté en dessin-animé. Le Capitaine Flam qui est de notre galaxie contrairement à ce que raconte la chanson du générique, qui est né sur la planète Mars, c’est donc une espèce de redresseur de torts qui…bon évidemment c’est de la SF des années 30…donc il est beau, grand, musclé, roux, génial, inventeur, il tombe toutes les filles bref c’est le héros populaire par excellence. Il a une équipe que les gens qui sont familiers du dessin-animé reconnaîtront : un cerveau dans une boîte…un aquarium… un robot/un androïde…et cette fine équipe parcours le système solaire pour jouer les redresseurs de torts. Alors c’est simpliste au possible au niveau de l’idéologie ou quoique ce soit mais par contre c’est du fun : les soleils explosent, il y a des grandes batailles spatiales – C’est du blockbuster SF ? – C’est du Star Wars…de toute façon, la femme d’Edmund Hamilton, Leigh Brackett, on a été la chercher pour écrire le scénar’ de l’Empire Contre-Attaque parce qu’elle avait elle aussi le don de créer ces espèces d’environnements chatoyants, une espèce de Mars rêvé ou de Vénus rêvé etc… Donc c’est des gens qui ont inventé le Space-Op’ des années 30, Hamilton dès les années 20…J’ai trouvé que c’était marrant. On en fait deux… si ça plaît, on continuera la série, sinon ça sera une expérience qui tournera court mais…on verra ! C’est de la SF fun, accessible, probablement plus pour nostalgiques que pour jeunes gens…Mais on verra !

    Petite chose à laquelle j’ai repensé…vous avez déjà écrit !?

    Oui…

    Vous avez déjà écrit un texte pour le Bifrost…et depuis…pas de projet pour l’écriture ? Bon, il faut que vous dormiez d’accord mais ?

    Moi d’abord, l’écriture c’est un hobby. La traduction c’est mon métier et ma passion, l’écriture c’est un hobby. Il m’arrive d’avoir un désir de texte mais je n’ai pas vraiment de désir d’écriture. Je n’ai pas de besoin d’écrire. Je n’ai pas une espèce de monde intérieur très riche ou d’égo surdimensionné pour avoir l’envie d’exposer mes idées, mes personnages etc…à la face du monde. J’ai écrit quelques textes…J’en ai écrit…je sais pas…quatre-cinq en vingt ans, et encore je suis gentil je pense. C’est un passe-temps honnêtement. Quand un truc me prend, j’écris un texte et d’autre part, la traduction c’est de l’écriture pure, techniquement, on passe son temps à tapoter un clavier, à chercher des mots, des phrases, à composer des trucs. Quand j’ai fini une journée de traduction ou même quand je suis au milieu d’une traduction, je ne peux pas écrire. Les gens qui y arrivent, Michel Pagel, Lionel Davoust…pfiou, respect total ! Moi je ne peux pas !
    Et même, Michel Pagel que je connais bien, c’est un très vieux pote, il traduit un livre, il s’arrête quelques semaines et il écrit un livre, et il s’arrête et il reprend. Il ne peut pas réellement travailler sur plusieurs trucs à la fois. Je pense que personne peut trop. D’ailleurs, la plupart des écrivains français de SF qui sont devenus traducteurs, Dorémieux, Demuth, Klein (enfin éditeur dans son cas), tous ces gens ont arrêté d’écrire. Il n’y a pas de mystère.

    Quels sont les éditeurs avec qui vous préférez travailler ?

    Il y a le Bélial évidemment parce que c’est des potes, ça fait dix-huit ans qu’on collabore, parce qu’on est vraiment amis. J’aime beaucoup travailler avec toute la génération qui est arrivé juste à peu près au même moment, c’est-à-dire Gilles Dumay chez Denoël, Thibaud Eliroff chez J’ai Lu - qui d’ailleurs a été stagiaire au Bélial, c’est comme ça qu’on la connu – Sebastien Guillot qui a un temps dirigé la collection Imaginaires chez Calmann-Levy, Pascal Godbillon chez Folio…C’est des gens qui sont tous issus du fandom, tous issus quasiment du même fanzine, La Geste, un fanzine de la fin des années 90, où même Olivier Girard a publié des textes, ce dont il se garde bien de se vanter – sous son nom, on les trouve ! - Ces gens-là me correspondent très bien. Après j’ai été formé par des gens de la génération précédente, en plus des vraies figures…Alain Dorémieux qui m’a plus ou moins tout appris à traduire correctement, Jacques Chambon idem, Elizabeth Giles qui dirigeait Présence du Futur idem, qui m’a un peu pris sous son aile quand j’avais vingt piges. C’est des gens qui sont malheureusement tous disparus, ils me manquent, mais il y a les ptits nouveaux qui sont plutôt marrants et qui essaient de faire leur boulot avec intelligence et avec passion donc au moins au niveau de la passion on est à peu près équivalents, ça se passe bien.

    Une question difficile : Est-ce que vous avez une traduction dont vous êtes le plus fier et pourquoi ?

    [Interview] Pierre-Paul DurastantiJ’aime beaucoup une traduction qui m’a donné beaucoup de fil à retordre, ce n’était pas qu’elle soit dure mais je voulais vraiment trouver le ton et il y a une trilogie de James Blaylock, une trilogie de fantasy un peu humoristique, qui s’appelle les Contes de l'Oriel qui est sorti chez Rivages Fantasy, qui a été réédité chez J’ai Lu après et qui est dispo chez Bragelonne en électronique…et le premier volume m’avait vraiment vraiment vraiment posé beaucoup de soucis, j’ai réécris quelque chose comme treize fois le premier chapitre, y compris après avoir fini le livre jusqu’à être parfaitement content du truc. Je m’étais focalisé sur ça donc je suis très fier de cette traduction.
    Il y a une novella de Silverberg qui s’appelle Voile vers Byzance qui était mon premier texte où j’étais vraiment fier de moi après l’avoir fini…Alors ça faisait déjà trois-quatre ans que je faisais de la trad’ mais bon j’apprenais quoi, là j’avais l’impression d’avoir un peu appris, d’avoir un peu réussi.
    Donc si j’avais deux trucs à citer, ça serait ça. En plus j’aime beaucoup Silverberg, je le connais un peu, je ne dirais pas qu’on est amis mais on se connaît, on a fait deux-trois sorties ensemble, une fois j’étais allé le rejoindre à Rocamadour…Silverberg c’est pas un type adorable parce que c’est un mec qui a quatre-vingts piges et qui est un peu réservé mais c’est un type vraiment très attachant. C’est plus des liens comme ça, c’est des gens avec qui je peux avoir des liens affectifs parce que j’ai une façon bizarre de faire le boulot, ou Silverberg qui est une connaissance on va dire.

    Ce sont les liens qui rejaillissent sur la traduction ?


    Voilà. Après il y a des traductions où je suis plus fier que d’autres mais les lecteurs ont rarement le même ressenti alors c’est difficile à dire. Je suis très content de mon travail sur Ken Liu. Je trouve qu’on se correspond bien en quelque sorte.


    Quels sont vos projets pour le futur ?
    [Interview] Pierre-Paul Durastanti
    Eh bien là je viens de faire une deuxième novella de Ken Liu pour Une Heure-Lumière (NDLR : Le Regard à paraître le 15 juin 2017) que j’ai rendu justement avant de venir là à Nantes, je l’ai fini il y a 3 jours.
    J’ai mes deux Edmund Hamilton à traduire pour Pulp’s. Après il y a un recueil dans le genre du Ken Liu et du Peter Watts, ça c’est un genre de collection non déclarée qu’on fait en collaboration avec les 42 – Dominique Martel et Ellen Herzfeld – qui en fait conçoivent des recueils, des espèces de best-of donc le Ken Liu, le Peter Watts qui sort avec Gilles Goullet, moi je vais faire le troisième mais je ne sais pas si c’est signé donc je peux pas trop dire qui c’est…c’est une femme ! Ça c’est un projet. (NDLR : Un recueil de nouvelles de Nancy Kress)
    Et après divers trucs à faire pour Olivier. On est en discussion avec Thibaud mais c’est pareil c’est pas signé c’est important c’est un auteur connu donc je ne peux pas en parler, ce n’est pas que je ne veux pas [Rires]


    On gardera le mystère.


    De toute façon, on est tous traducteurs indépendants, on n’est pas salariés, il faut le savoir donc il faut quand même qu’on prévoit un peu comment on va gagner notre vie…En plus en ce moment la conjoncture est un peu dur pour tout le monde, y compris dans l’édition donc on a tous 6 mois, dans l’idéal un an de travail programmé.


    Ce qui m’amène en quelque sorte à ma prochaine question : L’état actuel des littératures de genre, et même le genre en France en général, vous en pensez quoi ?

    C’est compliqué. Il vient d’y avoir une enquête annuelle dans LivresHebdo sur les genres de l’imaginaire, LivresHebdo c’est le magazine professionnel de la librairie, et…baisse des ventes de 10% depuis l’an dernier. Donc c’est beaucoup. En fait depuis 2005, les ventes de l’Imaginaire ont été divisé par deux ou trois. Alors certes, il y avait des phénomènes comme Harry Potter etc…qui ont certainement gonflés un peu artificiellement les ventes mais le fait est qu’il y a tellement d’excellentes séries télé, d’excellents films, d’excellents comics, d’excellents jeux vidéo que ce soit dans le post-apo, la SF, même le Space-Opera, que les gens qui ont envie d’avoir leur dose, leur « fix » de SF, ils peuvent le trouver ailleurs. Ils le trouvent ailleurs de plus en plus.

    C’est peut-être un peu plus court aussi ? Un film prend moins de temps à regarder qu’un roman à lire ?

    Oui, mais après il y a des gens qui vont bingewatche une série pendant 12h d’affilée ! Ils pourraient lire trois livres dans le même temps ! C’est comme ça ! Après, il y a peut-être des nouveaux genres de lectures à mettre en place, je sais pas…d’ailleurs ça se tente ! On voit des éditeurs qui sortent des séries en quelque sorte, des feuilletons quasiment avec des bouquins tous les mois ou des choses comme ça. J’ai Lu commence à faire ça. Peut-être qu’il faut essayer de fidéliser les gens un peu comme ça. Peut-être qu’il faut se résigner à ce qu’un truc même comme la SF devienne une espèce de genre un peu élitiste comme peut l’être le jazz. Ce n’est pas une critique, le jazz n’est plus un genre populaire alors qu’il l’a été en musique, je suis même pas sûr que le rock soit encore un genre populaire, peut-être qu’il faut se résigner à ça…je ne sais pas !
    Comme l’économie du vivre à tellement changé, qu’il est beaucoup moins couteux de faire imprimer les livres qu’il n’y a ne serait-ce que vingt ans, les besoins en ventes ne sont plus les mêmes. Il y a trente ans, un bouquin qui ne vendait pas quinze ou vingt mille exemplaires en poche n’était pas rentable, littéralement. Maintenant ce n’est plus le cas, c’est beaucoup plus bas comme seuil de rentabilité. En fait, l’économie a, en quelque sorte, accompagné le déclin ou l’a provoqué, on ne sait pas.
    [Interview] Pierre-Paul DurastantiMais il y aura toujours de nouveaux auteurs intéressants : Ken Liu pour prendre un exemple que je connais bien (on va dire que je fais de la pub !), on l’a vraiment bien vendu…Le recueil et la novella c’est quasiment les deux meilleures ventes du Bélial donc quand le livre est bon, que l’auteur choppe un peu quelque chose de l’air du temps – c’est important aussi ça ! – le livre peut rencontrer son succès. Même pour une petite boîte comme le Bélial, une boîte qui vend quatre ou cinq mille exemplaires d’un premier recueil d’un inconnu chinois enfin d’origine chinoise, c’est pas gagné quoi ! Et c’est une vraie réussite. Là, ça vaut le coup d’être éditeur parce qu’on a fait plaisir aux gens et en plus on a rentré de l’argent dans les caisses pour aider à faire des trucs qui vont pas forcément se vendre aussi bien. On est à peu près certain que le Peter Watts ne va pas avoir le même succès que le Ken Liu. Peter Watts c’est bien mais c’est dark, c’est sombre, c’est littéralement compliqué à comprendre dans certains cas, les nouvelles sont complexes et font appel à des…c’est de la Hard-Science tout simplement ! On s’attend pas du tout à ce que ça rencontre le même succès public que le Liu. Mais c’est pas l’objet, on s’en fout…enfin c’est pas qu’on s’en fout mais le Liu aura permis de faire le Peter Watts, c’est pas grave.

    Dernière question sur votre métier, on parlait tout à l’heure de révision de traductions. Ça se passe comment et ce n’est pas un peu délicat de se pencher sur la traduction d’un collègue, d’un pote ?

    En général, quand on révise une traduction pour des trucs comme Folio ou Pocket, traductions qui ont été faites dans les années 50-60, la plupart du temps les gens ne sont plus là pour nous disputer, première chose.

    Et d’autre part, il y avait une culture dans le genre à l’époque qui faisait que la plupart des traducteurs qui ont fait de la SF les 15-20 premières années étaient des traducteurs de polars venus de la Série Noire, pour la plupart, Michel Deutsch, Bruno Martin, France-Marie Watkins qui sont vraiment des noms courants quand on regarde les vieux catalogues J’ai Lu, ils ont traduit 80% de ce qu’il y avait quoi. C’est des gens qui n’avaient pas forcément une culture SF, ce n’était pas forcément des gens qui aimaient le genre, donc ils traduisaient correctement c’est pas le problème, mais ils n’avaient pas forcément, on va dire, le feeling.
    Par ailleurs, un certain nombre d’éditeurs sur le modèle de la Série Noire, demandaient que les bouquins fassent 240 pages parce qu’ils avaient un accord avec l’imprimeur pour que tous les bouquins fassent la même taille, tout ce qui dépassait, on le rabotait. Il y avait des bouquins de 350 pages qui se sont retrouvés faire 240 pages donc là, quelque soit la qualité de la traduction, il en manque…donc il faut rétablir le texte intégral ! Enfin, on a pensé que c’était utile et correct[Interview] Pierre-Paul Durastanti de rétablir le texte intégral. Moi, j’ai révisé la Planète Géante, il en manquait trente pour cent. Bon là, ça ne venait pas des trucs français, il y avait eu des manips au niveau américain mais ça a donné un texte tout différent. D’un espèce de roman un peu juvénile, un peu sympathique, on s’est retrouvé avec un truc qui était beaucoup plus adulte avec des scènes de cannibalisme et avec des trucs avec lesquels les mecs dans les années 50 naturellement ils ont fait « Non, non, non c’est pas possible, ça ça reste dans le manuscrit, ça passera pas dans le texte imprimé ». Et le texte intégral n’est paru qu’en 1978 ! Vingt-cinq ans après la parution originale du livre. J’ai rétabli le texte original. J’adorais Alain Dorémieux, c’était vraiment un très bon ami à moi, on a passé des dizaines d’heures au téléphone à se raconter des conneries, mais c’était un type qui n’aimait pas la science, il adorait le fantastique. Il aimait la science-fiction mais pour le côté délire ou l’humanisme, ses auteurs préférés c’était Sturgeon et Simak, c’était pas Clarke, c’était pas Asimov, c’était pas Heinlein. Quand il traduisait un livre de Heinlein ou de Cordwainer Smith, dès qu’il y avait un passage scientifique, bizarrement il oubliait de le traduire. Avec tout le respect que je dois à mon vieux pote Alain, on a rétabli ses trucs.
    C’est plus ce genre de choses, ce n’est pas forcément qu’une traduction est mauvaise. C’est qu’il peut manquer des choses et surtout qu’elle est datée. Un texte original vieillit, bizarrement – alors c’est peut-être parce que les traducteurs venaient du polar et qu’ils traduisaient avec l’argo du polar – Il y a des textes des années 50 avec des « Hé, poupée viens ici »…Bon euh … ça passe mal quoi ! Parce que ce n’est pas du tout écrit comme ça dans le texte original. On a l’impression d’écouter le plus mauvais Michel Audiard dans l’espace ! C’est assez surprenant on va dire. Donc voilà, on essaye de rendre un peu plus l’intention originale de l’auteur.

    Des coups de cœur en films, en série, en littérature ?

    On a à peu près les mêmes. Moi le dernier truc qui m’a totalement retourné le ciboulot, c’est comme toi, Black Mirror, enfin la troisième saison de Black Mirror, j’avais déjà vu les deux premières et l’épisode de Noël. Il n’y a pas à dire il n’y a rien de mieux. C’est à mon avis très au-dessus de Westworld qui est une très bonne série mais…on va voir où ça va mener…ça aurait tendance à tourner en rond pour moi, pour les quatre premiers épisodes. Mais c’est très bien, casting de la mort, superbes paysages de l’Utah, enfin c’est magnifique Westworld il n’y a rien à dire !
    Je viens de voir l’original qui est repassé à la télé, avec Yul Brunner, c’est pas pareil hein [Rires] !
    Pour les séries ça serait ça. En SF ! Parce qu’après si on parle de polars… En SF, ce serait Black Mirror avec Westworld juste derrière. J’ai été très très déçu par la deuxième saison de Mr Robot alors que j’avais vraiment beaucoup aimé la première. J’ai trouvé que la seconde n’avait pas du tout le niveau. Ca tourne un peu en rond.
    Films…Il n’y a pas grand-chose qui me plaît en SF en films…Objectivement en récent…j’ai rien qui me vient. Seul sur Mars c’est sympa, Inception c’est sympa mais c’est pas des films qui m’ont retourné. Je trouve que la créativité…Il y a plus d’idées dans un épisode de Black Mirror que dans trois blockbusters Hollywoodiens.
    Ex Machina ? Oui, Ex Machina c’est pas mal ! J’étais en train d’y penser. Ex Machina on dirait un gros épisode de Black Mirror. Même l’esthétique ressemble. Donc ça oui, les choses comme ça.
    J’ai vu un truc pas mal avec Michael Pitt qui s’appelle I,Origins, c’est un truc assez bizarre. C’est curieux, pas parfait mais c’est à voir. C’est un film qui essaie des choses. J’ai vu plus de choses intéressantes dans le thriller horrifique. Un truc qui s’appelle Hush, c’est pas mal ça ! C’est une espèce d’histoire d’intrusion domestique. Un type qui persécute une nana qui écrivain d’horreur fan de Stephen King mais qui est sourde et muette mais qui vit seule dans une maison dans la forêt. Donc, comment va-t-elle arriver à se débrouiller alors que ce type a des avantages certains sur elle, d’abord c’est un mec donc il est plus fort physiquement et en plus elle est sourde et muette, elle ne l’entend jamais arriver quoi. C’est pas mal. Mais oui, ça serait Ex Machina en SF Pure.
    En livres, j’aime beaucoup Jack Vance, j’ai peut-être un regard un peu professionnel, j’ai beaucoup aimé le boulot qui a été fait sur Tschaï en J’ai Lu. Ca a été réédité et la traduction a été entièrement refaites, c’est tellement réécrit qu’on pourrait considéré que la traduction est nouvelle. Ils l’ont pas fait c’est bien, ils ont crédité le traducteur originel mais la nouvelle traduction est très très supérieure. Il ne manquait rien mais ce n’était pas très très bien écrit. C’est le vrai style de Vance, ça c’est bien.
    Et j’aime beaucoup, c’est une production Bélial mais je n’y ai pas du tout participé, je le découvre en tant que simple lecteur, je suis en train de lire Afterparty de Daryl Gregory et c’est vraiment chouette. J’aime bien ce que fait ce gars. C’est fun mais le sujet est un peu brut de décoffrage. Ce serait ça les deux trucs qui m’ont le plus marqué récemment.

          [Interview] Pierre-Paul Durastanti[Interview] Pierre-Paul Durastanti[Interview] Pierre-Paul Durastanti

    Pour finir, un petit mot pour les lecteurs qui seraient tentés par le métier de traducteur ?

    Il y a encore des possibilités parce que même s’il y a maintenant des diplômes de traduction littéraire, l’essentiel c’est le résultat. Si on arrive par exemple…on traduit une petite nouvelle, un extrait de roman ou quelque chose comme ça, que c’est bien et que c’est ne serait-ce que prometteur, aucun éditeur dira « Non, il faut d’abord que vous passiez un diplôme », il dira « Ah ouiais, c’est pas si mal, voyons voir ! » donc c’est encore jouable. Après c’est possible que l’on gagne mieux sa vie dans des trucs comme le doublage de séries, parce que ça c’est un marché qui s’est énormément développé, mais je ne sais pas car je n’y ai jamais travaillé.

    Merci Beaucoup Pierre-Paul !

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  • Commentaires

    1
    vegapunk
    Vendredi 5 Mai à 18:25

    Merci pour cette longue interview !

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