• [Interview] Stefan Platteau

    [Interview] Stefan Platteau
    Photographie de SnorriThe Horns Photography

    Critique  Les Sentiers des Astres, Tome 1 : Manesh
    Critique  Les Sentiers des Astres, Tome 1 : Shakti 
    Critique de Dévoreur

    Interview réalisée dans le cadre du festival des Imaginales 2017

    Disponible à l'écoute audio ou en transcription écrite ci-dessous

    Tous mes remerciements à Stefan Platteau, barde souriant, ainsi qu'au festival des Imaginales d’Épinal.

    Bonjour Stefan.
    On vous voit souvent arpenter les festivals de l’Imaginaire ces derniers temps, il parait même que vous arpentez le Nord de la France. Alors…qui êtes-vous ?

    Je suis Stefan Plateau, je suis un valeureux Belge qui tâche comme tous les Belges de conquérir la France mais je le fais de façon moins violente que la plupart de mes compatriotes - qui vont bientôt débouler pour vous apprendre à dire déjeuner et pas petit-déjeuner [Rires, et chicon et pas endive. - Je le fais de façon littéraire. Je suis travailleur social dans une autre vie, et écrivain dans une part croissante de ma vie.

    [Interview] Stefan PlatteauVous n’êtes pas passé par des micro-structures ou par d’autres publications, vous arrivez directement aux Moutons Électriques avec Manesh qui était le premier tome d’une saga de fantasy. Comment avez-vous fait pour prendre contact avec les Moutons et comment ça s’est passé pour travailler sur sa publication ?

    La chance que j’ai eue, c’est que j’ai envoyé mon manuscrit directement aux Moutons, qui était mon premier choix d’éditeur et qu’il était signé en 48h. Je n’ai donc pas eu le parcours du combattant. Simplement, il faut savoir que les petits éditeurs de l’Imaginaire comme Les Moutons, Mnémos, ActuSF, L’Atalante tout ça…Ils lisent les manuscrits ! Ils les lisent souvent même assez vite. Il y a donc vraiment moyen de placer son manuscrit s’il sort du lot.

    Et le travail avec André-François a été plutôt facile ou y avait-il beaucoup de modifications à apporter, de choses à retravailler ?

    En fait, très peu. Maintenant, il y a eu une petite étape préliminaire, c’est que la première personne à qui j’ai rendu mon manuscrit c’était Ayerdhal par un réseau de relations ! Mais c’était un peu le même test que de l’envoyer à un éditeur finalement. C’était un peu « Voyons comment il réagit et voyons si ça passe bien ! », et ça s’est bien passé, et c’est devenu un ami. C’est un peu lui qui m’a aiguillé en me disant « Tiens, je pense que Les Moutons Électriques te conviennent mieux etc… ». Il y a eu un peu de travail avec Ayerdhal mais ça reste assez léger : un travail sur le passage au présent du récit principal (qui, avant, maniait différents temps), ce qui a fait gagner en fluidité au récit. Quand c’est arrivé dans les mains d’André-François Ruaud, il n’y a pratiquement pas eu de travail. J’ai mis dix ans à sortir mon premier roman. Je n’ai rien envoyé tant que je n’étais pas sûr d’avoir fait le truc dont j’étais content. J’ai mis longtemps à sortir un peu de mon bureau puis une fois que je l’ai fait, c’était relativement au point.

    [Interview] Stefan PlatteauQu’est-ce qui vous attire dans la fantasy ? Parce que vous avez choisi un univers fantasy pour votre premier roman, et pour la suite aussi d’ailleurs, qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans le genre fantasy ?

    Ce qui m’attire, ce sont évidemment nos racines mythiques, historiques que l’on a toujours envie d’explorer. Quand j’étais enfant, j’étais bercé par l’Iliade, par l’Odyssée, par le Mahabharata hindou, par différents mythes. J’ai toujours adoré ça, donc forcément j’ai envie de m’y retrouver. Il y a le goût du Moyen-âge, le goût du chevaleresque que l’on continue à aimer en grandissant mais différemment. Puis, il y a la puissance symbolique de la fantasy pour raconter les choses. La fantasy comme le fantastique permettent de parler de grandes thématiques, parler de l’humanité mais avec une forte puissance (d'évocation). Derrière le fantastique se cache parfois une autre réalité qui est déguisée sous les vêtements de la magie - par exemple l'exploration de la pulsion humaine.

    Maintenant la saga comporte déjà deux volumes, Manesh et Shakti, il y a également une novella qui est paru, Dévoreur. Vous aviez déjà toute cette histoire, tout cet univers en place avant de commencer ou bien vous l’étoffez un peu au fur et à mesure ?

    C’est les deux, mon capitaine ! J’ai d’abord, évidemment, beaucoup de notes préliminaires. D’ailleurs, pour la petite histoire, je devais d’abord écrire ce qui se passe avant ma saga : les origines de la guerre civile. J’avais une centaine de pages de notes de scénario, mais je n’étais pas content des personnages. Comme je séchais, à un moment, je me suis offert une petite distraction. Il y avait d’abord ce background de jeu de rôles, que j’ai eu envie d’écrire. J’avais mis en place mon univers (de jeu) en remplaçant les elfes et les nains par des géants solaires, des géants lunaires et la possibilité de jouer des personnages demi-solaires etc…Et puis : « Tiens, qui veut jouer dans mon univers amélioré ? » J’avais conçu le background (d’un personnage joueur) mais on n’a jamais joué, et ça s’est développé pour devenir le récit de Manesh. J’ai continué à le développer en roman puis finalement je me suis rendu compte que j’étais en train d’écrire le milieu (de ma saga) et que là, j’avais un fil qui était mûr ! Donc j’ai laissé ce qui pourrait devenir un jour une préquelle pour attaquer la saga actuelle. J’ai beaucoup de pages de notes sur l’univers. J’ai beaucoup construit aussi la structure de la saga. Je continue à l’affiner à des tas de moments, quand je m’arrête d’écrire pour continuer à bâtir les éléments de mon monde, à rajouter des idées, à aller plus loin dans le scénario. Puis, en même temps, quand j’écris, je continue à étoffer de beaucoup de détails, d’idées ou même carrément de correspondances symboliques qui n’étaient pas encore apparues au début, quand j’ai conçu le scénario, et qui me sautent aux yeux au moment où je les écris.

    C’est une mythologie un peu particulière que vous mettez en place. Une mythologie qui lorgne plus vers l’hindouisme ce qui n’est pas très commun en fantasy. Pourquoi ce choix-là ?

    Est-ce un choix ? On écrit avec ce que l’on est, on développe un univers à partir de son propre univers mental et ses propres souvenirs. J’ai vécu en Inde quand j’étais enfant, entre mes quatre et mes six ans, c’était une époque cruciale. Je n’ai pas vraiment de souvenirs antérieurs à mes quatre ans donc mes premiers souvenirs sont en Inde. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal à m’acclimater à la Belgique en rentrant, à m’acclimater à l’Europe. Ça reste un peu ma seconde patrie. D’une façon ou d’une autre, j’ai vraiment des racines là-dedans. Ça a évidemment beaucoup joué. Mon univers, le Royaume de l’Héritage, c’est un peu comme si les Celtes avaient conquis l’Inde Antique ou le contraire, et que les deux s’étaient intégrés en une seule civilisation qui avait évolué jusqu’au niveau de la fin du Moyen-Âge avec l’apparition de l’artillerie à poudre. Donc, ce ne sont pas les dieux Hindous, ce ne sont pas les dieux Celtes, c’est une mythologie qui s’en inspire, qui fait des emprunts, qui les retravaille. C’est un mélange un peu étrange mais qui marche bien parce que ce sont deux peuples Indo-Européens, qu’il y a d’ailleurs des principes qui sont les mêmes. On a les trois fonctions [NDLR : la fonction sacerdotale, la fonction guerrière, la fonction productrice], des faits comme le sacrifice du cheval, qui est un sacrifice fait par le Roi, et qu’on retrouve à la fois dans l’Inde Védique et à la fois dans le monde Celtique. Finalement, ce sont des mondes qui ne sont pas si éloignés en fait.

    [Interview] Stefan Platteau

    En 2015, vous obtenez le Prix Imaginales pour Manesh, premier roman, ça fait quoi ? Et est-ce que ça change la façon d’écrire un tel prix ? 

    Ça n’a pas changé ma façon d’écrire, car ce qui fait évoluer, ce sont les retours, ce sont les chroniques, c’est soi-même, sa propre envie. C’est un processus assez complexe de maturation d’écrivain. Par contre, ce que ça change…C’est très gai parce que c’est vraiment un prix que je trouve important, parce que c’est Les Imaginales, parce que c’est vraiment LE festival dédié à la fantasy en France, que c’est un jury de haut niveau…C’est quand même quelque chose qui apporte beaucoup dans la carrière d’un écrivain je pense.

    Dans Shakti et Manesh, vous aimez particulièrement enchâsser des récits dans d’autres récits, parler de légendes au milieu de l’histoire principale. Pourquoi vous aimez ce genre de procédé au lieu de faire quelque chose de tout à fait linéaire ?

    Ce sont les personnages eux-mêmes qui génèrent les digressions  ! Et celles-ci prennent parfois carrément la taille d’un roman parce qu’ils ont quelque chose à raconter. Ils prennent corps, ils se développent dans l’arrière-boutique de mon esprit. Ils finissent par acquérir une telle histoire que je finis par avoir envie de raconter cette histoire. Je me dis « Tiens, je ferais bien un petit insert » et puis à un moment, ça fait un roman cet insert !…C’est assez diabolique comme processus mais je m’intéresse vraiment à l’humain. Quand les histoires me touchent, j’ai envie de leur laisser la place pour s’exprimer.

    Dans Shakti que vous avez publié un peu plus récemment, il y a au moins une petite touche, un petit abord écologique par rapport à la vision que vous avez de la Nature. Vous-mêmes, c’est un problème qui vous préoccupe ?

    [Interview] Stefan PlatteauEvidemment, ça me préoccupe très fort parce que c’est la perte de notre patrimoine naturel qui est en cours…cette extinction de masse et la perte d’espèces me touchent profondément comme étant une perte inestimable de qualité de vie, de qualité de monde simplement... Alors, les choses changent aussi naturellement, il ne faut pas l’oublier, mais moi, par exemple, imaginer qu’il ne puisse ne plus y avoir de glaciers dans les Alpes, moi qui adore la montagne, ça me rend fou, ça me rend furieux. Maintenant, je travaille dans un monde qui est traditionnel, et dans le monde traditionnel, on n’est pas écolo. D’abord, parce qu’il n’y a pas besoin de défendre la nature, et qu’au contraire on est « en lutte contre la Nature » pour la maîtriser, la dominer. Le but du jeu c’est : « Tiens, j’ai cueilli du grain mais en fait ça serait bien si je pouvais maîtriser la pousse de ce grain de façon à être sûr que j’ai plus à manger ». Ou « Tiens, si je pouvais exploiter la force de cet animal ! ». Donc, c’est une autre histoire à l’époque et la magie n’est pas distincte de ça. C’est ce commerce, cette relation avec les forces naturelles mais en même temps, il n’y a pas en même temps le même sentiment d’être séparé de la Nature. On en fait partie et on essaye de la dominer. Comme auteur, je pense qu’il faut surtout être attentif au fait que le rapport est différent et que si on veut être juste dans la description d’une société traditionnelle, alors on n’est pas dans le cliché de gentils druides qui protègent la Nature contre les méchants hommes - qui est un fantasme, un placage de notre monde contemporain.

    Après ces deux volumes-là, vous avez publié Dévoreur, qui est une novella s’inscrivant dans le même univers que les deux romans. On y aborde le mythe de l’Ogre et en même temps une dimension plus horrifique. Que pouvez-vous nous dire de cette novella qui est un peu à part dans ce que vous avez fait et est-ce que vous avez des projets de novella/histoires courtes pour développer votre univers à côté de la saga principale ?

    [Interview] Stefan Platteau

    J’adore le format novella en fantasy ! C’est un format qui est actuellement réputé difficile à vendre, mais qui était fort exploité en fantasy au siècle passé. Je pense à Fritz Leiber, je pense à Conan (qui n’est pas du tout le Conan que l’on voit dans le film mais des novellas plus subtiles). C’est un format qui permet vraiment de raconter des choses géniales en fantasy. Dévoreur, c’est un bouquin avec lequel j’ai un fort lien affectif, parce que je n’en ferai pas deux comme ça. Et évidemment, je ne traiterai pas une deuxième fois ce thème-là. C’est le mythe de Chronos, en fait. Un mythe qui parle de la place qu’on laisse aux générations futures ou qu’on garde pour soi-même. De l’acceptation de sa propre finitude, dans le but de laisser sa place aux générations suivantes. Je pense que l’élément déclencheur de l’écriture de Dévoreur remonte à l’université. On avait un prof de philo qui avait eu plusieurs cancers, et qui avait un rapport avec la mort particulier ; donc il faisait un cours sur le thème de la mort, qui m’a vraiment marqué : « Vivre sa mort ». Il disait qu’autrefois, on acceptait plus facilement de mourir, parce qu’il n’y avait pas une croissance agricole infinie et donc, on ne pouvait pas nourrir une population toujours croissante – même s’il y a eu des booms démographiques notamment au milieu du Moyen-Âge – et donc, il fallait accepter de mourir pour laisser la place à ses enfants, pour les laisser hériter. Il fallait à un moment se dire « J’ai fait mon temps, j’ai profité de la vie, j’ai eu ma vie, maintenant c’est à d’autres de le faire ».  La mort est un acte d’altruisme, qui n’est plus compris dans notre monde, où l’individualité est perçue comme irremplaçable et plus précieuse. C’est un basculement qui arrive au XVIIIème siècle, d’abord dans les élites. Mais de toute façon, la mort, elle existe même au niveau mathématique, même statistiquement. Imaginez que nous soyons immortels … S’il y a une chance sur un milliard que l’on se prenne un météore sur le coin de la gueule, un jour ou l’autre, si on attend assez longtemps, on se le prendra. [Rires] Donc, rien n’est immortel. Dévoreur, c’est ce thème-là en fait. Il y a des chroniqueurs qui y ont vu – et ça m’a vraiment fait plaisir – une métaphore de notre propre société, qui grossit à l’infini, tout comme l’ogre de Dévoreur grandit en mangeant des enfants. Est-ce que l’on veut soi-même dévorer ce qui nous entoure, dévorer les potentiels futurs pour se surgonfler soi-même et accéder à l’immortalité ?  Ou est-ce que l’on veut savoir s’effacer humblement pour laisser place aux générations futures ? Et puis, ça parle aussi de la paternité, parce que la paternité c’est ça aussi, un sacrifice d’une part de son temps libre, de ses potentialités mais pour quelque chose de supérieur et qui en vaut la peine.

     

    Que nous réservez-vous pour la suite de ces aventures, d’abord pour la saga et à côté de celle-ci avez-vous d’autres projets ?

    Les autres projets, je vais peut-être les garder pour moi pour le moment, parce que j’ai encore tellement de travail devant moi avec les deux tomes restants pour la saga que c’est une perspective lointaine. Evidemment, j’ai des envies de novellas, j’ai des envies de préquelles parce que, comme je l’ai dit, j’ai beaucoup de choses encore à dire dans cet univers. Je pense que je vais rester longtemps dans le même monde, parce qu’il met très personnel, que je n’en ferais probablement pas un deuxième aussi personnel, et que pour moi, c’est avant tout un cadre qui me permet d’explorer plein de thématiques – donc je n’ai pas tellement de raisons d’en changer. Après, il faudra voir si l’attractivité reste la même pour le lecteur ou si je ne ferais pas mieux, à un moment, de changer de crèmerie pour traiter d’autres thèmes. Mais je pense qu’il y a tellement à explorer dans un seul monde, pour en montrer d’autres ramifications, d’autres aspects…Un monde c’est infini, donc à priori je pars du principe qu’il n’y a pas de raison que je lasse, et que le lecteur pourrait prendre plaisir à s’y retrouver chez lui, familièrement. Donc oui, des novellas, d’autres romans. Mais d’abord ce mur de saga à finir…

    [Interview] Stefan Platteau

    Ce dont je peux vous parler, c’est un peu de la suite. Vous dire que dans le tome 3, on va continuer le récit de la Courtisane et basculer dans un cadre plus urbain, ce que je voulais faire depuis très longtemps. C’est vrai que le récit de vie de Manesh reste très campagnard et forestier, et le récit principal (celui du Barde) est forestier aussi, il se déroule dans de grands espaces naturels boréaux. Le récit de la Courtisane a commencé dans des univers similaires, dans un grand rapport à la Nature. Ici, on va plonger  dans les villes… donc je redévore des bouquins d’Histoire médiévale qui font vivre les cités, des livres sur la pollution urbaine au Moyen-Âge, sur la condition des femmes, sur les marginaux… Je suis en train de mettre tout ça en scène. C’est un peu l’histoire d’une chute sociale. On parlera donc aussi des miséreux, des marginaux, des minorités. Le récit de la Courtisane touche à la social-fantasy, osons le terme. Ça reste du fantastique, il y a de l’action, il y a des intrigues qui se noue avec l’Outre-songe donc ça reste, rassurez-vous, de la fantasy ; mais c’est aussi une histoire humaine, une histoire sociale. Je trouve que quand on s’intéresse aux petites gens, on fait beaucoup plus vivre le monde. Une saga qui ne s’intéresse qu’aux chevaliers, aux mages, aux princes, reste dans un monde de carton-pâte, superficiel (j’adore les personnages humbles. J’ai un attachement fort par exemple pour Varagwynn le Batelier. Je me suis rendu compte finalement, après avoir écrit le tome 1, que c’était le personnage qui avait le plus agi sur l’intrigue. Dans Manesh, ce n’étaient pas les grands seigneurs, les bardes, les brahmines qui avaient le plus pesé mais lui, avec ses compétences de nageur et de conducteur de navires sur les fleuves, et son courage, son envie, ses impulsions qui le font agir pour ce qui lui paraît juste). Dans le même temps, l’intrigue principale va continuer dans le grand Nord à travers les forêts boréales de plus en plus fantastiques ; et l’on entendra un peu plus parler, on explorera sans doute, les sentiers des Astres.  

    Pour finir, des coups de cœur littéraires/cinéma/séries récents ?

    Qui a peur de la mort ? de Nnedi Okorafor [NDLR : qui sera bientôt rééditer par ActuSF]. Ce n’est pas le livre le plus récent que j’ai lu mais c’est vraiment le coup de cœur qui m’a le plus touché. Parce que je prétends faire de la fantasy humaniste ; et je pense que c’est ce qu’elle fait, elle, encore plus que moi. Ça se passe dans une Afrique post-apocalyptique qui, finalement, n’est pas très différente de l’Afrique actuelle, enfin pour certains secteurs de l’Afrique (puisqu’il y a aussi d’autres faces, plus positives, à l’Afrique). C’est l’histoire d’une sorcière qui est le fruit d’un viol inter-ethnique et qui va affronter son père sorcier, qui est un grand génocidaire en chef (on va dire). Ça parle en réalité de conflits ethniques, de viols de masse comme arme de guerre, et d’excision. C’est l’histoire de la sorcière qui fait repousser les clitoris, c’est quand même magnifique ! Si vous dites en littérature générale « Je vais faire un roman sur ces sujets », beaucoup de gens ne vont pas le lire en se disant « Moi j’ai plutôt envie de m’évader là ! Regarder les infos, c’est déjà assez glauque, y en a assez, je veux lire des choses positives ! Etc… » Mais : « Tiens, ça t’intéresserait une histoire de sorcières africaines ? » « Ah oui, pourquoi pas, ça a l’air chouette ton histoire ! ». Elle affronte son propre père en plus, c’est toujours un ressort fort ! Donc les gens vont le lire pour le plaisir, mais ils vont être aussi sensibilisés à ces grandes questions que s’ils s’étaient tapés un reportage…et ça c’est bien ! C’est bien parce que, pour explorer des réalités aussi dures, la fantasy est, à mon avis, une des deux voies possibles, pour les rendre attractives et plaisantes à lire. L’autre voie étant l’humour. Et là je conseille Allah n’est pas obligé d’Ahamadou Kourouma, sur les enfants-soldats, qui arrive à parler de ce thème hyper dur d’une façon qui est juste hilarante, et c’est incroyable !

                               [Interview] Stefan Platteau                [Interview] Stefan Platteau    

    Pour le mot de la fin, pour conclure : France, Belgique ou Hauts-de-France ?

    [Rires] Euh, mon habitat ? Actuellement, Tournai avec Amélie ici présente, c’est-à-dire dans la banlieue de Lille en fait ,mais dans la banlieue belge de Lille !


    Merci beaucoup Stefan


    Merci à également !

     

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