• L'Hérésie D'Horus, Tome 1 : L'ascension d'Horus

    L'Hérésie D'Horus, Tome 1 : L'ascension d'Horus



    L’univers de Warhammer 40.000 est un des plus célèbres univers de Science-Fiction contemporain. Son immensité (et pas forcément son originalité) permet d’envisager une énorme quantité d’histoires en son sein. Après la publication des premiers romans prenant place dans ce Dark Millenium sous l’égide de la Bibliothèque Interdite, c’est à présent Black Library France qui a repris le flambeau et se charge de publier les volumes consacrés à l’univers. Soyons clair, il ne s’agit pas de grande littérature, bien au contraire, mais plutôt de divertissement d’action et militariste à souhait. Une collusion entre le roman de gare et le roman de SF militaire. Dans tous les auteurs qui publient pour Games Workshop, ils s’en trouvent quelques-uns qui produisent du bon travail, quand d’autres s’avèrent réellement incapables (William King par exemple). Dan Abnett figure tout en haut de cette galerie d’écrivains et trône, assez facilement, au-dessus de tous les autres. C’est aussi lui qui est également responsable du Marvel Cosmic Universe (Annihilation) et l’auteur du roman Zone de Guerre. Autant dire qu’on peut toujours espérer une bonne qualité pour ses écrits.

    Dans l’univers de 40.000, L’Hérésie d’Horus occupe une place centrale, et c’est tout naturellement qu’une vaste série de romans s’emploie à traiter le sujet. Le tout premier tome s’intitule L’ascension d’Horus et débute en réalité une trilogie avec Les Faux Dieux et La Galaxie en Flammes, respectivement de Graham McNeil et Ben Counter. Pour ce premier volume signé Dan Abnett, nous voici plongés dans la Grande Croisade avec la 63ème flotte expéditionnaire, commandée par le Maître de Guerre Horus en personne à la tête de la légion des Luna Wolves. Alors que la flotte arrive en vue d’une planète où les habitants se croient être les seuls hommes de la galaxie et nomment leur monde Terra, l’officier Loken, commandant d’une des compagnies de Space Marines s’apprête à fondre à la tête de ses guerriers contre ces usurpateurs. Mais sur soixante-trois dix-neuf (le nouveau nom de ce planétoïde), Loken et les Luna Wolves vont découvrir des entités qu’ils n’ont encore jamais affrontées. Ce sera le début d’un engrenage implacable qui conduira Horus, le Maître de Guerre, le premier parmi les fils de l’Empereur, à se confronter à son plus grand adversaire, le Chaos.

    Grossièrement, on peut diviser le roman d’Abnett en trois parties. 
    Tout d’abord, la bataille sur soixante-trois dix-neuf et sa conquête ainsi que l’expédition au Pic des Murmures. Dans ce segment, Abnett met en place ses personnages principaux et pose le contexte. Le tout reste très fluide et assez compréhensible pour introduire même le novice de l’univers. Immédiatement, l’auteur affirme sa maîtrise sur les combats et l’action, l’assaut du palais est intense et épique, les Space marines iconiques et Loken, le personnage principal, instantanément sympathique (ce qui est rare dans 40.000). De même, il introduit la caste des commémorateurs et itérateurs, de façon à donner une dimension plus humaine et certainement aussi, plus empathique pour le lecteur que celle des demi-dieux en armures. S’ensuit l’assaut sur le Pic des Murmures, où Abnett distille une ambiance plus étouffante et plus glauque, et dévoile véritablement l’enjeu du roman. Dans ce premier tiers, on apprend non seulement à connaître la structure de la légion des Luna Wolves (avec le Mournival notamment) mais aussi celle de la Croisade avec ses flottes expéditionnaires hétéroclites. L’anglais profite de cette introduction pour revenir sur la situation de l’Empereur à ce stade de la croisade et ses enseignements, notamment ce refus violent de toute forme de religion.

    Pour la seconde partie, Dan Abnett élargit l’objectif et inclut des protagonistes d’autres légions Space marines dont les célèbres Eidolon et Lucius des Emperor’s Children, et les Blood Angels. Bien plus féroce que la précédente, on assiste à l’immense bataille sur Meurtre, une planète arachnide où les combats se font âpres et sanglants. Abnett se débrouille ici pour creuser la personnalité des Emperor’s Children et dépeindre leurs chefs, prétentieux et trop enclins au narcissisme, même en pleine déroute. C’est l’occasion d’introduire le personnage de Tarvitz, le capitaine de la première compagnie des Emperor’s Children. Il s’avère à ce stade que l’auteur possède toujours ce talent certain d’incarner ses personnages et de les rendre vivants et attachants. De même, sa maîtrise de l’univers ajoute un plus indéniable et il peut mener de front deux arcs essentiels, celui de la tentation de la légion et d’Horus (vu par le prisme de Loken) et celui de la montée du sentiment de déification de l’Empereur. C’est vraiment très habile et très bien intégré au récit, ne gênant absolument pas l’action globale. Ce deuxième segment s’achève une fois tous les éléments en place pour le véritable début, la rencontre avec l’Interex.

    La confrontation avec L’interex donne une étrange sensation. Abnett décrit un Horus que l’on avait peu l’habitude de voir, utopique et très enclin à la paix. Toujours dépeint comme un monstre d'habitude, celui-ci retrouve ici son humanité et, forcément, ses failles, faisant de lui un excellent personnage et donnant une grande force à son destin. C’est aussi ici que se découvre lentement le mal insidieux qui détruira la légion. Certains lecteurs pourraient d’ailleurs être déçus de voir que le roman coupe juste avant le voyage vers Davin mais, d’une façon exemplaire, Abnett vient de poser toutes les bases pour la suite. L’ascension d’Horus, en plus d’être un excellent roman d’action, bénéficie du sens du rythme inné de l’auteur anglais, donnant une vraie dimension de page-turner à l’ouvrage. On peut aussi louer le fait qu’Abnett n’oublie pas d’employer des petits détails de l’univers qui trouveront tout leur sens par la suite (Les loges guerrières) et qui raviront les fans.

    Au final, ce premier volume s’avère une grande réussite. A son échelle de divertissement pur et simple, L’ascension d’Horus est prenant, intense et suffisamment intriguant pour motiver la lecture du second volume. Ses personnages, ses batailles…Abnett n’a rien perdu de ses talents de scénariste et le démontre une nouvelle fois. La suite dans Les Faux Dieux de Graham McNeil.

    Note : 8/10

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