• L'Hérésie d'Horus, Tome 5 : Fulgrim

    L'Hérésie d'Horus, Tome 5 : Fulgrim


    Le dernier roman, La Fuite de L’Eisenstein (critiqué ici) prenait le parti malheureux de revenir sur la trilogie Loken pour en combler les trous et en donner un autre point de vue, celui de la Death Guard. Heureusement, Fulgrim, son successeur tente de corriger le tir. Pour l’occasion, c’est un des vétérans de l’équipe de la Black Library qui revient aux commandes en la personne de Graham McNeill qui avait déjà officié avec succès sur le second tome, Les Faux Dieux (critiqué ici). Fulgrim initie en fait un second type de roman du cycle de L’Hérésie D’Horus, à savoir des volumes centrés sur une légion particulière et leur parcours durant le conflit. Mais est-ce vraiment un choix judicieux ?

    La IIIème légion affronte un ennemi redoutable. Sur Laeran, un peuple reptilien - nommé les Laers - s’est déclaré représenté le guerrier parfait. Et pour cause puisque que leurs soldats, améliorés génétiquement et bénéficiant d’une technologie des plus efficaces, ont tenu en échec les flottes expéditionnaires impériales. Pour Fulgrim, primarque des Emperor’s Children, une des légions favorites de l’Empereur, l’affront doit être lavé dans le sang : seul l’Imperium peut prétendre à la perfection. Alors que les Space Marines livrent des combats acharnés sur la planète, Fulgrim ne se doute pas que cette guerre marque le premier pas vers sa longue déchéance. Seuls des hommes comme Solomon Demeter et Saul Tarvitz tentent de l’avertir, mais un autre adversaire agit dans l’ombre et corrompt petit à petit le cœur de la légion. Lorsque l’inévitable est sur le point de se produire, même les frères d’hier ne résistent pas aux immondes complots du Chaos.

    Avec plus de 500 pages au compteur, Fulgrim s’impose comme le plus gros volume jusqu’ici de L’Hérésie d’Horus. C’est d’ailleurs son premier défaut. McNeill, très enthousiaste à l’idée de dérouler l’historique de la légion des Emperor’s Children, s’emporte et tire facilement à la ligne. Tout le début du roman (en gros les cent premières pages) aurait mérité de sérieuses coupes comme présenter par exemple juste l’assaut final contre le temple des Laers. Mais McNeill tente de nous mêler à ce conflit, certes historiquement primordial pour la suite, mais qui reste bancal de toute façon. D’un côté, on nous décrit une guerre terrible que même les Astartes ont du mal à gagner, et de l’autre on sait que le tout sera expédié sur une centaine de pages, sans compter que ce n’est même pas le cœur du roman. Il se reproduit un peu la même chose lors de la rencontre entre Eldrad Ulthran et Fulgrim, les événements trainent en longueur pour, finalement ne faire que rallonger la sauce. En taillant dans le gras de ces deux parties, le roman aurait pu facilement s’alléger de cent pages, ce qui le rendrait déjà plus digeste.

    L’autre défaut de Fulgrim, c’est que McNeill n’arrive pas encore à caractériser une légion avec l’habilité d’un Abnett. Ainsi, toutes les deux pages, il insiste sur l’idéal de perfection des Emperor’s Children et à quel point ils se voient tous de cette manière. La redondance de cette caractérisation finit par lasser…et c’est dommage puisque, du reste, Fulgrim s’avère très réussi. McNeill arrive à mêler un aspect à la Loken avec le personnage de Demeter, tout en écrasant pas son récit et en laissant la part du lion au primarque Fulgrim. Son parcours et son portrait rehaussent immédiatement le tableau d’ensemble du roman. Personnage dramatique et rapidement pathétique, Fulgrim succombe à sa fierté et à son obsession. McNeill ne manque pas de revenir sur une des causes prépondérantes de cet aspect monomaniaque avec l’accident dans la création des Space marines et leur nombre réduit au départ de la Grande Croisade. De même, il humanise Fulgrim pour mieux le faire chuter, une chute d’autant plus impressionnante qu’elle évolue sur un mode insidieux jusqu’à une explosion d’horreurs lors de la Maravaglia.

    L’autre excellente idée du roman, c’est de présenter une seconde légion intimement liée aux Emperor’s Children : les Iron Hands. La relation qu’entretiennent les deux primarques à leur tête prend tout son sens lors des dernières pages. Ferrus Manus bénéficie d’un soin tout particulier et son tempérament fougueux et inflexible contraste avec celui plus posé et réfléchi de son frère. C’est aussi l’occasion d’opposer deux styles radicalement différents de combats et d’univers. Lorsque la trahison d’Horus arrive, la réaction de Ferrus captive à la fois par sa véhémence mais aussi par un sentiment d’inéluctabilité – il doit laver l’affront sous peine d’être soupçonner d’hérésie. La dernière partie du roman nous emmène d’ailleurs plus loin que les événements relatés dans la trilogie Loken. On assiste au fameux et terrible massacre du site d’atterrissage d’Isstvan V. McNeill réussit totalement ce tournant décisif et nous entraîne dans une bataille aussi courte qu’intense et impitoyable. La confrontation finale entre Ferrus et Fulgrim s’illustre facilement comme le point d’orgue du récit. Ses conséquences sur la santé mentale de Fulgrim puis la prise de conscience de ce dernier le font tomber vers l’horreur totale quand le coup de théâtre final éclate. Bien pensé, il amène à une vision radicalement différente de Fulgrim – notamment avec la délicieuse entrevue entre Horus et le primarque de la IIIème légion – et invente un nouveau pan de fluff bien plus original que le précédent.

    Mais si Fulgrim arrive finalement à convaincre, c’est grâce à l’habilité que possède McNeill pour opérer ce lent glissement dans la folie, à la fois des Space Marines mais aussi des commémorateurs humains. On sent petit à petit Slaanesh s’introduire dans le mode de pensée et l’envie de perfection des Emperor’s Children pris à leur propre piège. De l’autre côté, des personnages charismatiques comme Lucius, Demeter ou Santor ajoutent du piment à l’aventure. Sans compter le redoutable et rusé Fabius Bile dont, finalement, on remonte les origines et motivations. Pas si chaotique que ça mais simplement obsédé par les modifications corporelles, il compte dans les plus grandes réussites du roman, chacune de ses apparitions ayant de quoi filer sa dose de frissons.

    Ce cinquième tome rassure, et grandement, sur le devenir de la série. McNeill arrive à surpasser ses lacunes pour livrer un portrait convaincant et quelques séquences mémorables – Isstvan V, la Meravaglia, la forge de Manus. Passionnant pour les amateurs de Warhammer 40.000, surement un peu longuet pour les autres, Fulgrim rehausse le niveau après un tome 4 très décevant.
    Si l’on ajoute que le prochain opus, Légion, voit le retour du meilleur auteur de la Black Library, nous voici impatient de continuer…

    Note : 7/10

    CITRIQ


    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.


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