• L'Hérésie d'Horus, Tome 7 : Légion

    Légion


    Pour ce septième tome de L’Hérésie d’Horus, c’est le génial Dan Abnett qui revient pour nous parler d’une des légions les plus méconnues qui soit dans l’univers de Warhammer 40.000, celle de l’Alpha Legion. Comme l’anglais ne fait pas les choses comme tout le monde, il choisit de positionner son action deux ans avant l’Hérésie et de livrer ainsi une préquelle à la trilogie Loken. Mais ce n’est pas la dernière surprise que nous réserve Légion, qui avec ses 415 pages renoue avec l’excellence de l’Ascension d’Horus et davantage encore.

    Sur la planète Nurth, la 670ème flotte expéditionnaire piétine devant l’armée Nurthienne et sa magie aérienne. Alors que certains des plus prestigieux régiments de la Garde Impériale se battent sans relâche, comme la Chiliade cinq-deux du Geno ou les Outremars, le seigneur commandant Namatjira lance un appel à l’aide aux légions Astartes pour mettre à genou les Nurthiens. C’est la plus énigmatique et la plus retorse des légions qui répond à l’appel des impériaux et leur vient en aide au lieu de livrer bataille à Ullanor avec l’Empereur : l’Alpha Legion. Lorsque les Space Marines entrent dans la danse, les cartes du jeu se troublent. On dirait bien qu’il n’y a pas qu’une simple bataille planétaire en jeu et des puissances aussi vieilles que la Galaxie elle-même se mettent en branle pour avertir Alpharius d’un immense danger à venir.

    Fait unique jusqu’ici, le récit de Légion n’est pas vu à travers les yeux des Space Marines. Abnett choisit de prendre des individus humains « ordinaires » (ou presque) de la Garde Impériale combattant sur Nurth. En premier lieu se trouvent les hommes du Geno, des humains génétiquement sélectionnés et légèrement améliorés – une sorte de Space Marine light sans armure – et dont la structure d’armée s’avère très originale avec les uxxor qui commandent chaque cohorte et transmettent leur ordre par télépathie. Ainsi on suit surtout Honzi, Soneka et d’autres gardes non seulement face à un ennemi redoutable – les Nurthiens – mais aussi livrés aux mensonges et aux secrets utilisés par tous les partis en présence, et notamment les membres de l’Alpha Légion. Une grande partie de l’action se passe sur Nurth et fait la part belle au mystère, non seulement vis-à-vis des Nurthiens et de leur allégeance (que l’on devine rapidement) mais surtout vis-à-vis des Marines et de leur primarque si discret. Alpharius étant certainement le moins connu de tous les fils de l’Empereur, Abnett a l’occasion de remodeler son histoire et d’imaginer une structure et une méthode de combat originales à cette légion, la seule à comprendre dans ses rangs des hommes ordinaires.

    Abnett n’a rien perdu de sa vivacité et de son talent pour entretenir le suspense et captiver le lecteur. Légion passionne par ses multiples rebondissements et mêle dans un même récit Impérium, Chaos et...Xénos. Car l’anglais ne fait pas que nous raconter un fait d’armes de la XXème légion, il nous parle également du passage d’Alpharius dans le camp d’Horus et de ses motivations. Là où la plupart se serait contenté du strict minimum, Abnett imagine une immense machination d’origine Xénos avec une Cabale d’extra-terrestre dont John Grammaticus serait l’émissaire. Personnage captivant, Grammaticus est une des plus grandes réussites du roman, de par son humanité enfouie et ses obligations vis-à-vis de la Cabale dans le même temps. Puisque le fluff autour de L’alpha Legion était jusque là très évasif sur l’Alpha Legion, Abnett repart des bribes glanées de-ci de-là et arrive à les assembler avec son hypothèse de conspiration galactique pour accoucher d’un coup de théâtre et d’une fin totalement inattendue. Alpharius ne choisit pas Horus par connivence, bien au contraire, et les raisons de son allégeance propulse l’Alpha Légion au rang des plus intéressantes légions Space Marines à suivre.

    De même, Abnett a parfaitement compris que pour magnifier des personnages ( Alpharius, Omegon ou les autres de L’Alpha Legion), le meilleur moyen est de les définir par les yeux d’autres protagonistes. Un peu à la manière d’un Raiden dans Metal Gear Solid 2, Soneka et Bronzi nous permettent de mieux appréhender la grandeur des Space Marines, ce simple outil de narration permettant de donner une autre dimension au Primarque. C’est pour cela qu’Alpharius, sans pour autant se dévoiler autant que l’ont fait Horus ou Fulgrim, devient un des personnages les plus emblématiques de la saga. De même, la façon qu’a l’anglais pour amener les choses le place très largement au-dessus d’un McNeill ou d’un Counter, on reste captiver du début à la fin par l’intrigue de Légion et les connaisseurs de l’univers vont prendre un immense plaisir à découvrir toutes sortes de petites choses sur L’Alpha Legion mais aussi sur l’Hérésie elle-même. La toute fin pousse même le vice jusqu’à laisser le lecteur choisir son opinion à l’encontre de la Cabale : Manipulateurs avides de détruire l’humanité ou bienfaiteurs de la galaxie quelqu’en soit le coût ? Une chose est sûre, on a hâte de retrouver Alpharius et ses (sur)hommes.

    Légion est une surprise de taille. Pas en terme de pages puisque le roman reste assez raisonnable à ce niveau mais en termes de densité narrative, de suspense et d’intrigue. Véritable bonheur pour tout fan de L’Hérésie d’Horus ou du monde de 40.000 en général, Légion est aussi et surtout un excellent roman de divertissement SF dont vous auriez tort de vous priver. Même si le début est assez difficile avec la profusion de termes employés, la suite est une totale réussite. Le meilleur tome de la série jusqu'ici.

    Note : 8/10


    N.B : Le Tome 6 du Cycle ne sera pas chroniqué, tout simplement parce que Le Retour des Anges de Scanlon est unanimement salué comme une piètre lecture et une perte de temps. Vous pouvez donc totalement zapper le dyptique Dark Angels et ainsi ne pas ternir votre image de la légion du Lion.

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.

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