• Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles

    En 1988, Don Bluth sort son nouveau dessin animé. Après le triomphe de Fievel et le nouveau monde (critiqué ici), Spielberg embarque son comparse George Lucas pour financer le nouveau projet du réalisateur américain. Dans une volonté de toucher un public plus jeune, Don Bluth et Gary Goldman imaginent une aventure préhistorique où un groupe de dinosaures recherche la terre promise. Intitulé The Land before the time (Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles en France), le long-métrage va connaitre un succès fulgurant notamment sur le marché de la VHS, ce qui lui vaudra une flopée de suites directement en vidéo...mais bien loin de l’œuvre originale de Bluth.

    Petit-Pied vient au monde parmi les herbivores, les « Dents Plates », qui vivent en troupeau selon leur espèce (Long-Cou, Grande Bouche, Trois Cornes...) pour se protéger des terribles Dents Tranchantes. Alors que plusieurs naissances surviennent, la terre se met à trembler et à se fissurer, entraînant la séparation de Petit-Pied et sa famille. En s’unissant avec d’autres enfants, Petit-Pied tente de retrouver le chemin d’un monde encore indemne du cataclysme : la mythique Grande Vallée. Mais les dangers sont nombreux sur le chemin et les Dents Tranchantes rôdent...

    Le troisième dessin animé de Don Bluth s’adresse clairement à un jeune public. Il présente d’ailleurs d’importantes similitudes avec le précédent long-métrage de l’américain – Fievel – du fait de cette volonté de rester plus accessible que l’était Brisby (critiqué ici). Elaboré comme un conte doublé d’un voyage initiatique, le dessin animé s’avère aussi court qu’il est poétique. Il s’ouvre sur une splendide séquence où une voix ténébreuse (celle d’Henri Virlojeux en français) nous raconte ce qu’était la vie en ces temps reculés. Simple, efficace mais toujours envoûtante, l’introduction culmine avec la naissance de Petit-Pied, moment de poésie absolu bercé par la fabuleuse partition d’un James Horner au sommet. La tendresse avec laquelle Bluth caractérise ses personnages et la délicatesse de ces premiers pas font des merveilles et harponnent immédiatement l’enfant en chacun de nous.

    Pourtant, on le remarque d’emblée, Bluth ne renonce pas à ses caractéristiques propres, à savoir une ambiance parfois sombre et inquiétante – le cataclysme, séquence impressionnante au possible, ou encore le passage volcanique. Mais plus encore que l’atmosphère, Bluth confronte une fois de plus le jeune spectateur à la mort, ici celle de la mère de Petit-Pied. A la différence d’un Bambi, on assiste frontalement au drame avec ce combat terrible l’opposant aux Dents Tranchantes puis à l’agonie de l’Apatosaure incapable de se relever. Cette séquence allie presque toutes les qualités du cinéma de Bluth : une mise en scène crépusculaire, une tristesse quasiment palpable et une musique mémorable. On n’oubliera jamais les larmes de Petit-Pied.

    Le reste de l’aventure fait la part belle aux exploits de la bande avec des membres tous plus attachants les uns que les autres, Becky et Petri en tête (avec une VF de l’époque inoubliable, prenez garde le film a été redoublé depuis...). On remarque cette fois la volonté de livrer un film plus grand public. Heureusement, le talent de l’américain arrive à toucher la corde sensible pour aborder des thèmes assez classiques comme la solidarité ou, plus surprenant, le deuil. En effet, pendant un certain temps, Petit-Pied y est confronté avant de rencontrer son nouveau groupe de compagnons. Entre ces deux aspects persistent de fugaces instants de beauté comme ces bébés ptérodactyles qui se chamaillent pour une cerise avant de l’offrir à un Petit-Pied amorphe, ou le groupe d’amis se blottissant les uns contre les autres pour se tenir chaud... ou encore les multiples tentatives de Petri pour voler (qui ne manquent jamais d’humour).

    Assez court au final (à peine 1h10), le film de Bluth fait office de pont entre Brisby et All Dogs go to Heaven. Il accomplit en réalité l’union quasi-parfaite entre dessin animé grand public et d’auteur. Malgré une certaine banalité dans le déroulement des péripéties contées, c’est avant tout la sincérité débordante du métrage qui parvient à décrocher la sympathie du spectateur. Aucune chance pour l’enfant de décrocher de nos petits héros. L’enchantement constant, auquel la musique d’Horner est loin d’être étrangère, rend le dessin animé aussi puissant que touchant.

    Troisième dessin animé de Don Bluth – et aussi un des plus connus – Le Petit Dinosaure et la Vallée des merveilles s’affirme comme une franche réussite qui ravira les plus jeunes en leur offrant un plus indéniable face aux autres œuvres plus traditionnelles.
    Un classique en somme.

    Note : 8.5/10

    Meilleures scènes : L’introduction/ La mort de la Mère


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