• New York Melody


    Gretta vient de se faire larguer par son petit ami chanteur. Dan vient de perdre sa place dans sa propre maison de production de musique. Par un coup du sort, les destins de ces deux âmes en peine vont se rencontrer dans un petit cabaret un soir à Brooklyn. Immédiatement charmé par la voix de Gretta, Dan va lui proposer de devenir son producteur et de la propulser sur le devant de la scène. Et ce n’est pas le refus de son ex-boîte de les financer qui va les arrêter, car, sur un coup de tête, ils décident d’enregistrer eux-mêmes les chansons aux quatre coins de la ville de New-York. Plus qu’une virée entre musiciens et chanteurs, la ballade de Gretta et Dan va aussi ouvrir des chapitres douloureux de leur passé.


    Chaque été, ou presque, a droit à son feel-good movie. De qualité souvent inégale, ce genre de long-métrage trouve un nouveau représentant avec Begin Again (aka New York Melody). Réalisé par John Carney, un habitué de la chose, le film fait pourtant un peu peur par son côté « romance new-yorkaise » annoncé. On y retrouve deux acteurs excellents mais également un peu en retrait actuellement : Mark Ruffalo et Keira Knightley. Misant quasiment tout sur sa bande-annonce et son « couple » de stars, New York Melody a pourtant quelques sérieux atouts à faire valoir.

    A commencer justement par la ville où il situe son action. Carney aime New-York et sait la filmer comme il se doit et en saisir quelques plans magnifiques. L’atmosphère qu’il en retire donne tout son charme au métrage, d’un cabaret obscur à un toit d'immeuble au pied de l’Empire State Building. Mais ce décor sert avant tout à supporter ses deux formidables acteurs. Mark Ruffalo en vieux divorcé blasé mais attachant, jamais plus à l’aise que dans un rôle dans lequel on ne l’attend pas. Il est merveilleux. Et puis Keira Knightley, plus proche du registre de Never Let Me Go que d’A Dangerous Method, parfaitement à l’aise pour jouer une petite anglaise à la voix d’or et au cœur plein d’espoir et de mélancolie. Plus surprenant, l’alchimie entre les deux fonctionne à plein tube, on y croit dès la première minute et la chose ne se démentira jamais.

    Heureusement, et contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, Carney évite le piège de la romance. Il bâtit son récit d’abord en deux temps avec l'histoire de Dan puis celle de Gretta, avant de nouer les deux fils et de broder autour. Au lieu de les faire tomber amoureux l’un de l’autre comme un tas de métrages vus et revus, le réalisateur explore la voie de l’amitié, autrement plus salutaire pour ces deux-là et qui permet de faire vivre les personnages secondaires tels que Miriam et Violet ou encore Dave. Ceux-là trouvent naturellement leur place, nullement étouffés par l’histoire des deux protagonistes principaux. Alors, bien sûr, on n’évite pas une intrigue amoureuse un peu chiante avec le retour de Dave. Mais encore une fois, Carney arrive à bien faire passer ce revirement et à s'en servir pour enrichir le personnage de Gretta au lieu de le dégrader. La meilleure partie finalement revient à Mark Ruffalo et l’aspect familial, tendre et joliment abordé, sans jamais trop surligner les choses.

    Reste alors la musique, et l’évident message de Carney. New York Melody s’emploie à retrouver le bonheur d’artistes « authentiques », et rejette en bloc le travail dénaturant et prémâché des grandes boîtes de prod’. Exit les chanteurs issus du même moule, le métrage nous présente une musique plus authentique et sensible (avec la belle voix de Knightley en prime) tout en revenant à la base de l’art musical : la passion. Dans le fond, c’est ça que cherche à transmettre New York Melody, une passion dévorante pour la belle musique, celle qui vient de la rue, du cœur et non celle des usines à hits. La BO, magnifique, achève de convaincre du bien-fondé de l’entreprise en enrobant le métrage dans un voile mélodieux et entêtant.

    Ce New York Melody se révèle surprenant. Touchant, simple, emporté par deux acteurs sublimes et se jouant des clichés de la comédie romantique, le long-métrage de John Carney fait du bien aux yeux comme aux oreilles.

    Note : 8/10

    Meilleure scène : La discussion entre Gretta et Dan sur ce qu’apporte la musique au quotidien.


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