• Warhammer 40.000

    Warhammer 40.000

    "Ils auront le coeur pur et le bras puissant, le doute et l'orgueil n'auront nulle d'emprise sur eux. Ils seront les étoiles qui brilleront au firmament des batailles, les Anges de la Mort dont les ailes Immaculées apporteront l'annihilation aux ennemis de l'Humanité. Ainsi en sera-t-il pour cent millénaires, jusqu'à la fin de l'éternité et l'extinction de toute chair mortelle."

    Suivre l'actualité du site :

    Abonnez-vous à la page Facebook  

    Littérature

    Suivez sur Twitter : 

    Cinéma

     

  • [Critique]

    Le gros problème de Black Library France, c'est qu'ils sont parfois incapables de respecter un ordre de parution cohérent. La preuve avec les tomes 22 et 25 de L'Hérésie d'Horus. Les recueils de nouvelles se vendant moins bien en général, et à plus forte raison en France, les lecteurs assidus du cycle auront déjà achevé le tome 29 avant de pouvoir poser les yeux sur Les Ombres de la traîtrise, tome 22 de la saga et recueil de 5 nouvelles et 2 novellas. Histoire de rendre la chose encore plus cocasse, les novellas sont presque essentielles pour comprendre Imperium Secundus de Dan Abnett. Rassemblant également des écrits exclusifs au Games Day (La Tour Foudroyée de Dan Abnett et Le Roi Sombre de Graham McNeill), Les Ombres de la traîtrise s'affirme en fait comme le recueil le plus intéressant de la saga.

    Le Poing Écarlate ouvre le bal. C'est John French qui s'y colle, l'auteur du cycle Ahriman déjà entrevu dans le recueil L'âge des ténèbres pour Le Dernier Commémorateur. Novella de 115 pages, Le Poing Écarlate raconte un des plus gros trous de l'histoire de l'Hérésie d'Horus jusqu'ici, c'est à dire le destin de la flotte envoyée par Rogal Dorn pour prendre part aux représailles d'Istvaan V. Perdu dans l'espace suite aux violents orages Warp qui se sont abattus sur la région, les Imperial Fists ont perdu une grande partie de leurs vaisseaux ainsi que leur commandant. C'est le capitaine Alexis Pollux qui doit reprendre le flambeau et qui se retrouve pris au cœur d'un épineux dilemme : continuer vers Istvaan ou contacter Terra et son primarque pour de plus amples instructions. Seulement voilà, l'arrivée des Iron Warriors menés par Perturabo en personne ne va pas lui laisser le choix : il faudra se battre. Le Poing Écarlate est, somme toute, une bonne novella. La présentation du capitaine Alexis Pollux que l'on retrouve dans Imperium Secundus s'avère excellente, permettant de se rendre compte du génie précoce de celui-ci tout en conservant une certaine part d'humanité face aux sacrifices qu'il doit faire. C'est également l'occasion d'assister à une immense bataille spatiale menée de main de maître par French, ainsi que la première véritable confrontation entre deux légions qui s’exècrent : les Imperial Fists et les Iron Warriors. Si toute cette partie s'avère réussie, jonglant entre le récit à la première personne de Pollux et l'affrontement dantesque des deux armées, Le Poing Ecarlate ajoute un arc plus anecdotique avec les scènes sur Terra notamment entre le primarque Rogal Dorn et Sigismund, son champion. La conclusion de celui-ci en est même ridicule, puisque Sigismund se voit renié par son primarque mais...celui-ci ne le dira pas à ses hommes pour ne pas affecter leur moral. Un "rebondissement" absurde et qui a surtout tendance à couper le rythme de la novella. 

    Seconde nouvelle et changement de situation avec Le Roi Sombre du vétéran Graham McNeill. Encore une fois, il s'agit de revenir sur un événement particulièrement célèbre de l'Hérésie d'Horus, à savoir l'affrontement, avant même la traîtrise du Maître de Guerre, entre Konrad Curze, le primarque des Night Lords, et Rogal Dorn, le primarque des Imperial Fists. Amenant directement à l'annihilation de Nostramo, le monde natal des seigneurs de la nuit. Bien menée, bien écrite, l'histoire ne va cependant pas chercher bien loin. Elle donne surtout un aperçu du personnage cynique qu'est le Night Haunter tout en se questionnant sur les moyens de coercition nécessaires pour maintenir une planète conquise dans le giron impérial. Un texte plaisant mais qui se retrouve malheureusement dans le mauvais recueil puisqu'un autre récit va lui voler complètement la vedette, mais nous y reviendrons.

    Décidément, Les Ombres de la traîtrise met Rogal Dorn à l'honneur puisqu'il est encore question de lui dans la nouvelle La Tour Foudroyée de Dan Abnett, auteur phare s'il en est de la Black Library. L'écrivain anglais se penche sur les peurs intimes de Dorn en faisant le point sur la situation dans le même temps. L'écriture d'Abnett est toujours aussi agréable et la réflexion relativement bien menée. Le problème, c'est que la question a déjà été largement abordé dans Les Morts Oubliés de Mc Neill, certes pas avec le même personnage, mais l'objectif reste le même. Un texte relativement anecdotique en réalité.

    Le Projet Kaban marque le retour de Mc Neill a un univers qu'il affectionne particulièrement, celui du Mechanicum. Sorte de préquel à son roman, l'histoire suit les mésaventures de l'adepte Pallas Ravachol alors que celui-ci travaille sur une machine d'un tout nouveau genre et jusqu'ici proscrite par les commandements de l'Empereur. Découvrant un complot au sein même du Clergé de Mars, Ravachol va tenter de trouver de l'aide en la personne de son ancien mentor, Malevolus. Récit enlevé et regorgeant d'informations pour les fans du Mechanicum, Le Projet Kaban compte aussi quelques personnages secondaires excellents tels que la machine Kaban elle-même ou l’assassin Remiare. On sent que Mc Neill est à l'aise dans cet univers et, le format aidant, il fait court. Il faut d'ailleurs mentionner que Le Projet Kaban peut parfaitement être lu avant Mechanicum du même auteur.

    Vient ensuite Le Vol du Corbeau de Gav Thorpe. Auteur limité mais parfois surprenant - Délivrance Perdue n'était pas si mauvais - l'anglais retrouve donc la Raven Guard pour revenir sur le dernier carré du primarque Corax et de sa légion sur Istvaan V. Il constitue la dernière pierre de cet arc narratif dont les autres morceaux figurent dans Fulgrim et l'Âge des Ténèbres. Le récit alterne entre Corax et ses hommes qui tentent de causer le plus de dégâts possible chez l'ennemi alors que leur fin semble inéluctable, et la prémonition de Valerius qui se heurte au scepticisme du capitaine Branne. Si en soi l'histoire n'est pas mauvaise et se suit sans déplaisir, elle souffre du même défaut que La Tour Foudroyée, à savoir qu'elle aborde un sujet que l'on a déjà vu en long, en large et en travers. Du fait, le lecteur connaît déjà exactement ce qu'il va se passer ôtant quasi tout intérêt au texte. Dommage.

    Enfin, dernier tour de piste pour Graham McNeill avec Mort d'un orfèvre qui s’intéresse au destin tragique d'un commémorateur. Mettant en scène un humain et non un space marine, le texte gagne en sensibilité et permet de porter un regard différent sur la Grande Croisade au contraire des autres textes du recueils. Surprenant et bien écrit, Mort d'un orfèvre est une très bonne surprise. Reste alors à aborder le dernier texte de l'ouvrage : la novella Le Prince des Corbeaux du génial Aaron Dembski-Bowden. Précédé par une réputation des plus flatteuses, le texte était extrêmement attendu par les fans. Auteur de la trilogie des Night Lords, Dembski-Bowden aime les fils de Curze. Dans le Prince des Corbeaux, il se penche sur un personnage iconique au possible : le premier capitaine Sevatar. Alors que les Night Lords se sont fait étrillés dans une embuscade tendue par les Dark Angels mené par leur primarque Lion El'Johnson, les membres du Kyroptera tentent de faire le point sur la situation. En l'absence du Night Haunter grièvement blessé, c'est pourtant le terrible et redouté Sevatar qui va reprendre les choses en main : pas de démocratie chez les seigneurs de la nuit. Que faire après la prise de pouvoir ? Attaquer à nouveau les Dark Angels ou scinder la légion ? Le Prince des Corbeaux est un quasi-chef d'oeuvre de la part d'Aaron Dembski-Bowden. Géniallissime de la première à la dernière phrase, le texte cumule les qualités. Il introduit un des tous meilleurs personnages de l'univers, l'ultra-charismatique Sevatar, mais il se permet également de revenir sur la vie passée du Night Haunter. Formidable plongée dans un passé torturé et glauque au possible, les passages consacrés à Konrad Curze sont de vrais moments grandioses pour tous les fans de l'univers. Mais Dembski-Bowden ne se contente pas de cela. Au contraire, il se penche également sur la structure des Night Lords et ébauche un caractère très particulier pour ce qui reste la plus énigmatique des légions. Mieux encore, il enchaîne sur une bataille spatiale haletante qui renvoie tout le monde dans les cordes. Le Prince des Corbeaux permet en outre de comprendre la situation initiale décrite dans Imperium Secundus. A l'arrivée, cette novella constitue non seulement le meilleur texte du recueil, le meilleur récit court du cycle mais également un des tous meilleurs textes de l'univers de Warhammer 40.000. Rien que ça. Les fans des Night Lords seront aux anges en tout cas.

    Recueil globalement agréable à lire comprenant deux novellas essentielles à la compréhension d'Imperium Secundus, Les Ombres de la Traîtrise vaut aussi tout simplement pour la présence du grandiose Prince des Corbeaux d'Aaron Dembski-Bowden.
    Du coup, voici un indispensable pour tous les fans de 40.000.


    Note : 7.5/10

    Meilleure nouvelle : Le Prince des Corbeaux.

    Le Guide de l'Hérésie D'Horus

     

    [Critique] Les Ombres de la Traîtrise

    Suivre l'actualité du site :

    Abonnez-vous à la page Facebook  
     

    Littérature

     Suivez sur Twitter :

    Cinéma

     


    votre commentaire
  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 27 : Imperium Secundus

     

    L'imperium est à feu et à sang. Grâce à sa croisade contre Ultramar et Calth, Lorgar a réussi à lever la Tempête de la Ruine coupant toutes les voies de communications à travers la galaxie. Les légions restées fidèles à l'Empereur se retrouvent donc aveugles et à la merci des renégats. Pour changer la donne, Roboute Guilliman décide de remettre en état de marche un artefact Xenos. Celui-ci fait office de phare pour les égarés et bientôt, les survivants affluent vers Ultramar. Imperial Fist, Dark Angels, Iron Hands ou Raven Guard, tous convergent vers le domaine de Guilliman. Le père des Ultramarines doit pourtant prendre une décision aux lourdes conséquences : incapable de connaître l'état du reste de l'empire, il doit décider de fonder un nouvel Imperium. Rongé par ses interrogations, Roboute ne se doute pas qu'un redoutable ennemi se trouve aux portes de son domaine.

    Cela faisait quelque temps que les lecteurs de L'Hérésie d'Horus voyait poindre un nexus book. La fin de Vulkan est vivant, celle de Signus Daemonicus ou encore la nouvelle Le Lion laissaient entrevoir un rassemblement de plusieurs légions dans un seul et même lieu : Ultramar. Dès lors, Imperium Secundus prend une importance capitale dans la série, celle de redonner du souffle et des enjeux après un dernier tome poussif. Pour une telle tâche, il était inévitable de retrouver la star de la Black Library, à savoir Dan Abnett lui-même. Comme il l'avait fait en lançant la saga ou lorsqu'il avait remué son monde dans La Bataille de Calth, le britannique a la lourde responsabilité de faire le point sur la situation galactique tout en faisant enfin avancer les choses. Un sacré défi en perspective.

    Imperium Secundus est le roman de toutes les convergences. Dan Abnett fait la synthèse de tout ce qu'il a mit en place dans ses romans antérieurs, de l'empire d'Ultramar aux fameux Immortels. On retrouve dans le récit à peu près tout ce que l'on aime dans les écrits du britannique, à savoir de multiples intrigues, le sens du suspense et des scènes épiques en diable. Il commence lentement et, à l'instar de ce qu'il a fait dans le bataille de Calth, fait monter la pression petit à petit. En rassemblant près de quatre primarques et encore davantage de légions, Imperium Secundus nous offre de très grand morceaux de bravoure. Les lecteurs fidèles retrouveront d'ailleurs un très grand nombre de personnages entrevus auparavant tels qu'Alexis Pollux, Barabas Dantioch ou Vulkan lui-même. A ce stade, adressons un gros carton rouge à Black Library France qui a eu l'idée brillante de sortir Imperium Secundus en France bien avant la publication du recueil les Ombres de la traîtrise (qui vient tout juste de paraître). Du coup, on ne comprend pas la situation initiale de la flotte Dark Angels et encore moins la présence de Pollux. Bravo.

    Mais passons. Cela ne doit pas obscurcir le fait que le récit d'Imperium Secundus prend son envol à partir de la confrontation entre les différents primarques. Que ces rencontres soient fraternels - l’énigmatique Lion et le rigide Guilliman - ou bien belliqueuses. Et là, disons que le contenu du vaisseau amiral des Dark Angels va mettre une sacrée pagaille sur Ultramar. Au contraire de Nick Kyme dans le précédent opus, Abnett arrive à représenter le Night Haunter avec une puissance évocatrice fantastique qui ne sera surpassée que par Dembski-Bowden dans Le Prince des Corbeaux. Extrêmement charismatique et puissant, terrifiant et imposant, Konrad Curze retrouve son aura d'incarnation vivante de la peur. La véritable chasse à l'homme qui s'organise pour capturer le primarque tourne au pugilat...qui est le chasseur ? Qui est la proie ? Abnett passionne encore et toujours.

    Il revient ensuite sur un autre de ses axes de lectures favoris, celui des Immortels. On retrouve avec une grande joie John Grammaticus aux prises avec sa conscience et son devoir. Abnett continue de creuser cette histoire parallèle à l'Hérésie qu'il a débuté dans son excellent Légion. Cette fois il fait entrer en scène d'autres protagonistes du même bord ainsi qu'un invité eldar, Eldrad Ulthran. La quête entamée dans Vulkan est vivant prend un nouvel essor en multipliant les fausses pistes et en incluant de façon bien plus convaincante Grammaticus dans la danse. Abnett prouve une nouvelle fois qu'il est bien plus à l'aise que les autres pour dresser un portrait humain et accrocheur des immortels. Imperium Secundus n'est pas qu'une histoire de space marines, et c'est tant mieux. 

    Captivant de bout en bout, Imperium Secundus est bien le roman que l'on attendait pour entrer dans une nouvelle phase de la saga. Il permet non seulement de rassembler une myriade de personnages connus mais également de faire avancer les intrigues parallèles. Ajoutez-y un Konrad Curze au meilleur de sa forme et vous obtenez un des meilleurs romans du cycle.

    Note : 8/10
    CITRIQ
    Le Guide de l'Hérésie D'Horus

    Suivre l'actualité du site :

    Abonnez-vous à la page Facebook  
     

    Littérature

     Suivez sur Twitter :

    Cinéma

     


    votre commentaire
  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 26 : Vulkan est vivant

    Les choses avancent toujours dans l'immense cycle de L'Hérésie d'Horus. On quitte les World Eaters d'Angron de Félon pour retrouver les légions brisées ainsi que deux primarques encore peu mis en avant jusqu'ici dans ce 26 ème volume (le volume 25 étant le recueil La Marque de Calth qui ne sortira qu'en Avril 2015...) intitulé Vulkan est vivant. Comme son titre l'indique, le roman se centre sur le primarque des Salamanders et revient (encore) dire quelques mots sur la sanglante bataille d'Isstvan V. Cette fois, c'est Nick Kyme qui prend les choses en main. Entrevu dans les recueils L'âge des ténèbres et Les primarques, l'anglais s'est également illustré par le cycle consacré aux Salamanders dans l'univers de 40.000 (justement...). Reste que la tâche est ardue pour l'écrivain qui doit passer après l'excellentissime ouvrage d'Aaron Dembski-Bowden

    La XVIIIème légion n'est plus. Ou presque. Sur les sables noirs d'Isstvan V, elle fut brisée par la traîtrise d'Horus, le maître de guerre. Une poignée de survivants a pourtant réussi l'exploit de s'extirper du massacre. Ces hommes forment désormais les légions brisées avec leurs frères d'armes de la Raven Guard et des Iron Hands. Sur un monde reculé, ils luttent pour arracher la victoire une dernière fois. Face aux Word Bearers fanatiques, Leodrakk, Pergellen et les autres savent qu'ils n'ont pas grand espoir de s'opposer aux traîtres mais ils combattront jusqu'à leur dernier souffle. Envers et contre tout, les Salamanders survivants gardent un espoir. Celui que leur primarque disparu, Vulkan, soit vivant. Ils ne savent pas qu'à des millions d'années-lumières de là, Vulkan est retenu prisonnier par son frère ténébreux, Konrad Curze dit le Nighthaunter. Le hasard va pourtant leur faire croiser la route de Sebaton, un archéologue qui a découvert une arme capable de changer le cours de la guerre.

    Vulkan est vivant rallonge encore la sauce. Cette fois (on l'espère), il s'agit du dernier ouvrage s'attardant sur Isstvan V et ses conséquences. Pas que les faits racontés soient mauvais en soi, mais les choses ont dangereusement tendance à faire du surplace chez la Black Library. Heureusement Nick Kyme se sert de flash-backs franchement prenants et adoptant l'unique point de vue des Salamanders durant la bataille, la dernière chose qu'il nous manquait jusque là. Seulement voilà, le roman peine à convaincre quand même. Tout simplement parce que Vulkan est vivant n'aurait jamais du être un roman justement. On sent dès le départ que l'ouvrage se scinde en deux parties (trois si l'on compte les flash-backs précédemment cités) : la première aborde le sort de Vulkan dans les geôles des Night Lords, la seconde retrace l'épopée de Leodrakk et de...Grammaticus. Pour tout dire, on aurait pu avoir deux bonnes novellas...mais certainement pas un roman.

    D'abord parce que les deux fils narratifs s’imbriquent très mal. Le lien entre les deux reste ténu et l'on aurait franchement gagné à les séparer carrément. Ensuite parce que chacun, de cette façon, souffre de ses propres défauts qui, accumulés, finissent par amoindrir grandement le résultat final. Si les arcs sont trop longs - décidément un travers récurrent dans ce cycle - ils n'en restent pas moins intéressants. La chasse à l'homme centrée sur les légions brisées permet de retrouver un Grammaticus en proie au doute et toujours embourbé dans un piège intergalactique aux allures inextricables. Sa seule présence et les intrigues qui l'accompagnent offrent un plus à cette aventure. Seulement, toute la partie avec les légions brisées s'étale bien trop, le seul véritable intérêt ne résidant d'ailleurs pas du tout dans les loyalistes survivants mais plutôt chez les renégats avec le personnage de Narek. Il constitue pour ainsi dire le meilleur point du roman puisqu'il représente l'unique cas du Word Bearers en désaccord avec sa propre légion de fanatiques, quelque chose qu'on avait jusqu'alors jamais rencontré. Mieux encore, son évolution lui fera adopter une position encore plus originale entre les deux factions qui s'opposent pour le contrôle de la galaxie.

    Reste ensuite l'autre (grosse) partie du roman avec le huit-clos centré sur Vulkan et Curze. Si Nick Kyme réussit sa description de Vulkan en en faisant le primarque le plus humain et le plus terre-à-terre, il se loupe passablement sur son geôlier. Non seulement les tortures du Nighthaunter traînent bien trop en longueur (on a compris au bout d'un moment) mais en plus la psychologie de celui-ci apparaît comme bancale. Le redoutable seigneur des Night Lords fait plus pleurnicheur que véritable seigneur de guerre psychotique. Lorsque le personnage sera repris par Dan Abnett dans l'ouvrage suivant, il en sera tout autrement. En attendant et malgré les excellents flash-backs autour d'un vieux conflit entre les deux légions, la confrontation fait long feu. Il faut attendre la toute fin pour réanimer l’intérêt du lecteur. Enfin, on pourra faire un dernier reproche à Vulkan est vivant : celui de difficilement se positionner dans la chronologie de l'Hérésie. A quel moment prend place cette torture alors que les Night Lords sont censés être en conflit avec les Dark Angels ? Plus important encore, il manque les clés aux lecteurs pour la situation initiale du roman Imperium Secundus. Peut-être que les recueils de nouvelles honteusement oubliés par Black Library France apporteront plus de précision à l'avenir.

    Malgré de bonnes choses, Vulkan est vivant déçoit. Non seulement il passe après un excellent roman mais il semble retomber dans les travers de l'Ange Exterminatus, à savoir faire du remplissage. Pas forcément désagréable mais poliment ennuyeux, le roman sera à réserver aux fans des Salamanders... et à ceux qui veulent tout savoir avant Imperium Secundus de Dan Abnett. Car en définitif, ce qui fait de Vulkan est vivant un roman important dans le cycle, c'est bel et bien son rôle (longuet) d'introduction au volet suivant.

    Note : 6,5/10

    Le Guide de l'Hérésie D'Horus

     

    CITRIQ

    Suivre l'actualité du site :

    Abonnez-vous à la page Facebook  
     

    Littérature

     Suivez sur Twitter :

    Cinéma


    votre commentaire
  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 24 : Félon


    Le dernier volume du cycle de L'Hérésie d'Horus, à savoir L'Ange Exterminatus, avait laissé une désagréable impression de remplissage et de surplace. Félon, le vingt-cinquième tome, part sur un postulat de base similaire, c'est à dire l'union de deux primarques renégats pour ravager l'Imperium. Seulement voilà, c'est le jeune prodige Aaron Dembski-Bowden qui se charge de l'aventure. L'auteur de l'excellent Le Premier Hérétique continue son arc Word Bearers/Ultramarines, prenant le relais de l'illustre Dan Abnett. Alors que l'on est encore déçu de l'histoire de McNeill, Félon vient relever le défi de redorer le blason d'une série qui risque grandement de s’essouffler. Est--ce seulement encore possible ?

    Les Ultramarines ont brûlé. Calth est en cendres. La fière flotte de Guilliman saigne. Pourtant, tout cela n'est pas suffisant pour Lorgar. Assoiffé de vengeance depuis Monarchia, le primarque a trouvé de nouveaux Dieux à vénérer. Ceux-ci lui murmurent qu'Ultramar doit être saccagé, sacrifié sur l'autel de la grande Hérésie. De sa destruction jaillira une tempête à même de couper les armées de Guilliman du Palais Impérial. Lorgar décide alors d'emmener un de ses frères avec lui. Pour mettre à genoux des planètes entières, l'Urizen utilise Angron, l'Ange Rouge, le primarque sanguinaire des World Eaters, Sur Armatura cependant, l'écuyer d'Angron, Khârn, sent que son primarque sombre définitivement dans la folie et l'autodestruction. La Croisade des Ombres a commencé, et avant son terme, elle détruira plus que des mondes, elle fera chuter un primarque.

    Félon se découpe en deux parties. La première se passe sur Armatura et la seconde... disons qu'elle revient sur un monde hautement symbolique. Là où le roman de McNeill traînait constamment la patte et accumulait les longueurs, Félon cumule les moments épiques. S'inspirant très certainement de la Bataille de Calth d'Abnett, Aaron Dembski-Bowden propose plusieurs séquences mémorables parmi lesquels deux primarques face à un Titan, un assaut planétaire ou encore un vaisseau créant un raz-de-marée en s'écrasant dans un océan. L'ampleur rappelle clairement Calth, mais sait également varier les plaisirs. La prise d'Armatura est le moment idéal pour savourer la sauvagerie martiale des World Eaters et l'efficacité implacable des Word Bearers. L'auteur fait très clairement plaisir aux fans mais il le fait merveilleusement bien, avec un sens du tempo juste parfait. Cependant, n'allez pas croire qu'il n'y a que de l'action dans Félon, car c'est tout le contraire.

    A la manière de McNeill dans L'ange Exterminatus pour les Iron Warriors, Dembski-Bowden donne littéralement une âme à la légion des Word Eaters. Après avoir décrit avec talent et minutie les Word Bearers, l'anglais explore la légion de l'Ange Rouge. Entre Khârn, personnage exquis et ultra-charismatique et Delvarus, un bourrin de première, on trouve bien d'autres individus captivants, à commencer par la commandante du vaisseau-amiral Lotara Sarrin, et le vieux Lhorke. La différence de point de vue apporté par Lhorke reste d'ailleurs une des choses les plus appréciables dans l'histoire, apportant un regard critique vis-à-vis des monstres que deviennent petit à petit les World Eaters. En plongeant sans retenue dans la malédiction qui accable les enfants d'Angron, Dembsi-Bowden accomplit quelques petites prouesses, entre la mélancolie d'un temps révolue où les War Hounds étaient des guerriers honorables et celui, terrible, où les limiers sont devenues des tueurs.
    L'immense succès de Dembski-Bowden dans Félon, c'est de capturer l'âme de la légion et de la restituer de façon tout à fait magistrale. Jamais plus vous ne regarderez ceux de la XIIème de la même façon.

    Mais, bien évidemment, la plus grande réussite de l'anglais (et on l'attendait au tournant), c'est sa description d'Angron. Le primarque légendaire perd de son aura terrifiante sous la plume de Dembski-Bowden, il devient un personnage désespéré et torturé, dans la droite lignée de la nouvelle Après Desh'Ea. Magnifique personnage dramatique, Angron n'en reste pourtant pas moins extrêmement impressionnant, à aucun moment on ne doute de l'incommensurable force de l'Ange. Mieux encore, l'auteur invente tout un volet sur un premier rappel à l'ordre des World Eaters...par les Space Wolves de Russ. Ce passage, juste formidable, vaut à lui seul l'achat du roman. En plus d'explorer les relations compliquées entre Angron et ses frères (et notamment Lorgar), Dembski-Bowden décortique davantage le primarque en le confrontant à son "double" loyaliste, Leman Russ. A travers lui, il en profite également pour disserter sur le ressentiment d'Angron vis-à-vis de L'Empereur. La chose est tellement bien menée que même le plus fervent loyaliste ne pourra que tomber d'accord avec l'amertume du roi-gladiateur. Ainsi, lorsqu'arrive une vengeance longtemps attendue, dans la seconde partie du roman, son déroulement s'avère un vrai moment de plaisir sadique pour le lecteur. Jusqu'à la dernière scène (écho d'une certaine nouvelle), Aaron Dembski-Bowden fait des merveilles. 

    Félon fait mieux que relever le niveau qui avait bien redescendu depuis 2 volumes, il l'explose carrément et rend honneur au volume d'Abnett dans cet arc Word Bearers/Ultramarines décidément passionnant. Épique, passionnant et franchement bien pensé, le roman d'Aaron Dembski-Bowden devient instantanément un indispensable de la série, un volume incontournable que l'on ne peut que vous recommander chaudement. Que brûle Ultramar !

    Note : 8/10

    Le Guide du cycle de L'Hérésie d'Horus. 


    CITRIQ

     

     

     


    1 commentaire
  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 23 : L'Ange Exterminatus

    L'ange Exterminatus est le 23ème volet du cycle de L'Hérésie D'Horus. Quid du vingt-deuxième ? Il s'agit simplement d'un recueil de nouvelles - Les Ombres de la Traîtrise - qui ne sera publié que vers le milieu de l'année 2015. En attendant, voici donc un nouveau pan de l'immense guerre civile qui déchire le trente-et-unième millénaire. De retour au manettes, Graham McNeill revient au premier plan après Les Morts Oubliés qui n'était pas un des indispensables du cycle mais restait une agréable lecture, surtout par ce qu'il nous apprenait sur la période pré-Grande Croisade. Cette fois cependant, McNeill revient auprès des légions pour se recentrer sur deux en particulier : les Emperor's Children et les Iron Warriors. C'est donc l'occasion non seulement de dévoiler un peu plus de choses sur la IVème légion jusqu'ici à peine effleurée - une seule nouvelle - mais aussi celle de retrouver Fulgrim et ses hommes, passablement changés...

    Perturabo n'en finit plus d'assiéger les mondes fidèles à l'Empereur et de méthodiquement détruire les forteresse de l'Imperium. Encore malade du génocide planétaire qu'ils ont commis sur leur propre planète d'origine, Olympia, les Iron Warriors désirent plus que tout être reconnus pour leur bravoure et leur férocité. Alors qu'il achève la conquête d'une des places fortes tenues par les Imperial Fists, Fulgrim et la IIIème légion débarquent en force pour offrir une chance unique à leurs alliés. Le primarque des Emperor's Children a fait une découverte fascinante depuis que Slaanesh lui a révélé les secrets de la galaxie, et aujourd'hui, le jour est venu pour Perturabo de l'accompagner dans l'Oeil de la Terreur en quête du légendaire Ange Exterminatus, un être d'une puissance incommensurable jadis emprisonné par les eldars.

    Le soucis majeur auquel vient se heurter le cycle à présent, c'est qu'il a pratiquement fait le tour des principaux événements du début de l'Hérésie et qu'il est temps, tout de même, de passer à la suite des réjouissances. Malheureusement, McNeill a beaucoup de mal à faire avancer les choses. Ce volume se concentre sur l'expédition des deux légions renégates et tente de présenter une "amitié" improbable entre deux primarques totalement opposés : Perturabo et Fulgrim. Si le second a déjà eu largement l'occasion d'être représenté par McNeill, c'est le premier qui restera le plus intéressant. Le récit permet - enfin - d'expliquer la rébellion des Iron Warriors et de décrire la légion elle-même. Ce qui est intéressant, c'est qu'au contraire de beaucoup, ils restent peu, voir pas, attirer par le Chaos. Perturabo et ses triarques s'avèrent diamétralement opposés à Fulgrim et ses hommes. La coopération entre les deux et la dissemblance évidente des formations renégates constituent un des points forts du roman.

    L'autre point fort, c'est Perturabo. Primarque constamment rabaissé, toujours considéré comme un poids par les autres, il prend ici toute son envergure et s'affirme comme un meneur charismatique et puissant. McNeill réussit formidablement bien sa description et donne une personnalité à cette légion (et ce primarque) qui en manquait cruellement jusqu'ici. Malheureusement, tout cela ne suffit pas. Un des plus gros points noirs de la série, et de McNeill en particulier, c'est cette capacité à gonfler artificiellement l'histoire. Disons-le clairement, l'Ange Exterminatus bat des records dans ce domaine. Son gros problèmes c'est qu'il possède un énorme ventre mou en milieu de roman avec le voyage vers l'Oeil de la Terreur et le combat spatial contre les Légions Éclatées. Non pas que la bataille en soi soit mauvaise ou mal écrite, pas du tout, mais elle n'a en fin de compte aucune utilité et ne fait rigoureusement rien avancer. Un reproche qui peut s'étendre à tout le roman car, au-delà de sa description de Perturabo et des Iron Warriors, le reste est soit archi-connu (on avait déjà bien compris où en était les Emperor's Children...), soit exagérément étiré. 

    Cela si bien qu'au fond, l'Ange Exterminatus met des plombes à en arriver à l'essentiel, c'est à dire la prise de la forteresse au cœur de l'Oeil de la Terreur et le destin des deux primarques. Et même là, certaines choses s'avèrent rébarbatives. Comme les sempiternels massacres des Emperor's Children qui semblent passer leur temps à s'entretuer - à ce rythme, on se demande s'ils vont prendre le palais impérial à dix... - ou encore l'exagération continue sur le nombre de survivants des Iron Hands - on va finir par croire que seule une compagnie a combattu sur Isstvan V.. -, bref, on appelle ça tirer à la ligne. C'est d'autant plus dommage qu'à aucun moment le style et l'écriture de McNeill ne faiblit et que les cent dernières pages mettent en scène des choses réellement intéressantes. Il faut simplement se farcir la moitié inutile du récit pour en arriver là. On sauvera en réalité quelques personnages charismatiques de tout ça, Lucius en passe de devenir l’éternel et Sharrowkine, un formidable combattant de la Raven Guard ou Kroeger, le sanguin triarque Iron Warriors.

    Déception que ce vingt-troisième volume de L'Hérésie d'Horus. McNeill semble prendre un mauvais virage et entrer dans une politique de remplissage réellement navrante. Si L'Ange Exterminatus reste intéressant pour la vision qu'il offre des Iron Warriors ainsi que pour un certain événement en fin de volume, le reste est long...très long. Il constitue en réalité l'exemple typique du roman qui aurait mérité une bonne coupe pour en tirer le meilleur. Reste à espérer que Graham McNeill changera la donne pour L'Esprit Vengeur.

    Note : 6/10

    CITRIQ


    votre commentaire
  • [Critique] Space Marines Battle, Tome 2 : Helsreach


    L'Hérésie d'Horus
    constitue la plus imposante saga littéraire autour de l'univers de Warhammer 40.000 publié chez Black Library. Pourtant, il en existe d'autres comme Les Fantômes de Gaunt de Dan Abnett....ou les Space Marine Battles. Ces derniers romans s'intéressent à des batailles légendaires menées par les Space Marines, les troupes d'élite du genre humain. A l'heure actuelle, il en existe 14 volumes. Contrairement au cycle de L'Hérésie d'Horus, chaque roman est un one-shoot. Moins populaire que son illustre aîné, la série comprend pourtant plusieurs tomes à la réputation flatteuse au sein du fandom. Nous commencerons aujourd'hui par LE plus renommé : Helsreach d'Aaron Dembski-Bowden. Ecrit avant Le Premier Hérétique, le premier écrit de Dembski-Bowden pour l'Hérésie D'Horus, Helsreach s'intéresse à une des campagnes les plus légendaires de Warhammer 40.000 : la troisième guerre d'Armageddon.

    Encore marqué par les stigmates de la dernière invasion ork, le monde industriel d'Armageddon se retrouve de nouveau en état d'alerte. Les patrouilles de reconnaissance impériales font état de l'avancée d'une gigantesque flotte peau-verte. L'ordre est donné à tous les régiments de la Garde Impériale et tous les chapitres Space Marines disponibles de venir défendre une nouvelle fois la légendaire planète. Bientôt la rumeur se répand sur la planète, Ghazghkull Thraka est de retour. Le vieux Yarrick, l'amiral Parol et un certains nombres de maîtres de chapitres se préparent à l'accueillir comme il se doit. Parmi les forces impériales se trouve le glorieux chapitre des Black templars. Les Croisés de l'Empereur menés par le redoutable Haut Sénéchal Helbrecht vont livrer un de leurs combats les plus déterminants. Pour défendre la cité-ruche Helreasch, le Sénéchal a choisi un chapelain nouvellement nommé comme Réclusiarque : Mereck Grimaldus. Tandis que la cité fortifié assiste à l'arrivée massive des armées orks, Grimaldus et sa croisade gravissent les remparts de la ville. La guerre est sur eux, et ils mourront pour défendre Helsreach.

    Roman de divertissement pur, Helsreach est un récit de SF Militaire burné. Aaron Dembski-Bowden porte son dévolu sur un des chapitres les plus fanatiques (c'est dire !) et arrive à rendre de façon particulièrement convaincante la dichotomie "devoir de protection de l'humanité" et "caractère totalement surhumain des Marines". Ce paradoxe s'incarne à merveille dans le personnage principal, Grimaldus, véritable attraction du roman, sévèrement charismatique mais aussi étonnamment pragmatique. Empli de doutes, le personnage permet pour une fois d'entrevoir le désespoir qui ronge les défenseurs de l'humanité dans ce futur apocalyptique sans issue. Pour mieux nous faire pénétrer les pensées du chapelain, l'auteur alterne la première personne du singulier et la troisième. De ce fait, on bénéficie souvent d'un point de vue radicalement différent des mêmes événements. Une excellente idée. De même, le contraste offert entre le fanatisme des autres Black Templars et Grimaldus permet de mieux mettre en valeur le caractère post-humain des Marines. Une partie de la "réflexion" menée par Dembski-Bowden tourne autour de cette question : Comment des guerriers aussi surpuissants et modifiés peuvent-ils encore correspondre aux critères humains ?

    Mais ne nous y trompons pas, avant tout, Helsreach est l'histoire d'une défense désespérée d'une cité que l'on sait perdu d'avance. Ce côté dramatique s'allie aux nombreux passages héroïques du roman (avec les discours de Grimaldus en point d'orgue) pour offrir une lecture puissante et passionnante. Le roman devient un vrai page-turner. De surcroît, l'auteur reste le plus respectueux possible du fluff de Warhammer 40.000, un élément qui ravira les fans de la franchise, premiers concernés par le livre. Mieux encore, il ne néglige pas ses personnages secondaires, du maître des docks au princeps de Titan en passant par les troupes de choc, le récit offre quelques beaux seconds couteaux qu'on espère grandement retrouver à l'avenir. Malgré la qualité un peu fluctuante de son écriture (oeuvre de jeunesse oblige), Dembski-Bowden se débrouille extrêmement bien notamment lorsqu'il change d'échelle, passant du Titan Imperator au milicien avec une aisance salutaire pour son histoire. Cette vision globale de la bataille ne fait pourtant jamais perdre au récit son sens de l'épique et du grandiloquent (dans le bon sens du terme). Le roman comporte son lot d'affrontements et de confrontations mémorables et quelques instants poignants en prime, à commencer par l'énumération des morts Black Templars avec cette sensation que leur effectif fond comme neige au soleil devant les millions d'orks.... ou encore l'épilogue, magnifique et concis.

    Fidèle à sa réputation, Helsreach assume parfaitement son statut de divertissement gonflé à la testostérone. On ne décroche pas un instant du récit mené tambour-battant par Aaron Dembski-Bowden qui décrit avec passion ce siège haletant et dresse des portraits charismatiques à souhait - à commencer par l'inoubliable Grimaldus - au cœur d'une titanesque bataille. Une grande réussite et un vrai indispensable pour les fans de Warhammer 40.000 (et de SF militaire en générale).

    Note : 7.5/10

    CITRIQ


    votre commentaire
  • [Critique] Signus Daemonicus

    C'est donc le vingt-et-unième volume que nous abordons aujourd'hui avec Signus Daemonicus du britannique James Swallow. On se souvient de Swallow pour quelques-unes de ses nouvelles dans les recueils L'âge des Ténèbres et Chroniques de l'Hérésie, pour son Némésis, mais aussi et surtout pour son roman La Fuite de l'Eisenstein, pas très réussi au demeurant. L'anglais a l'occasion de se rattraper en revenant sur une des légions les plus importantes de L'Hérésie d'Horus, les Blood Angels et leur primarque Sanguinius. Pour Swallow, il s'agit d'un retour aux sources puisqu'il avait déjà écrit sur les Blood Angels mais dans l'univers du 41ème millénaire avec Deus Encarmine et Deus Sanguinius. Dans le même temps, cela permet à la série de combler un blanc dans le tableau d'ensemble de ce conflit titanesque puisque jusqu'ici, on ne savait quasiment rien des agissements des anges de Sanguinius. Signus Daemonicus pourra-t-il redorer le blason de James Swallow ?

    Sanguinius et le Maître de guerre Horus partagent tout deux un terrible secret, celui de la malédiction qui ronge la légion de l'Ange. Après une campagne des plus frustrantes aux côtés de l'énigmatique Alpha Legion, Sanguinius reçoit la visite d'un émissaire d'Horus qui lui ordonne de se porter vers l'amas de Signus dans le but de libérer ses mondes de l'emprise d'un très vieil ennemi xenos. Réunissant l'ensemble de ses Blood Angels, le primarque de la IXème légion découvre rapidement un système dévasté à une échelle inconcevable. Des mondes vidés de leur population, des planètes devenues des entités hostiles, des étoiles qui s'éteignent...Au fur et à mesure de leur incursion, les Blood Angels réalisent qu'ils se retrouvent face à un ennemi tout autre que celui qu'on leur a ordonné de réduire en cendres. Et si le commandement d'Horus avait un but caché ? Dans les profondeurs du monde-capitale de Signus Prime, la mort et la fureur attendent Sanguinius et ses fils.

    L'une des choses les plus attendues dans ce roman, c'est la caractérisation des Blood Angels mais surtout de leur fameuse tare génétique : La Rage Noire.  Pour se faire, James Swallow commence le récit par un flash-back qui permet dans le même temps d'introduire un ennemi Xenos qui servira de prétexte par la suite pour le maître de Guerre. Swallow installe une certaine forme de complicité crédible entre Horus et Sanguinius ainsi qu'un bref aperçu du sort qui attend les victimes de la Rage Noire. Par la suite, le britannique s'emploiera à faire graduellement monter la pression sur les Blood Angels lors de leur incursion sur Signus Prime. Celle-ci est d'ailleurs précédée par la lente progression à travers le système de Signus. Ce passage s'avère de loin le plus réussi et convainquant du roman, l'auteur arrive à distiller une ambiance pesante et assez terrifiante tout en évitant de confronter frontalement le lecteur aux démons du chaos. Le passage sur la planète vivante offre d'ailleurs quelques visions fantastiques où Swallow s'amuse à transformer l'environnement urbain en monstruosités. Cette approche en douceur installe une atmosphère pesante et oppressante qui se perd malheureusement avec l'arrivée des anges sur Signus Prime. A ce stade, le britannique dévoile les forces du Chaos et ses démons en ayant recours à une alliance improbable - Slaanesh et Khorne, qui l'eût crut ? - et passe d'un récit de terreur à celui de pure action où les Blood Angels révèlent toute leur férocité.

    Du côté du Primarque, Swallow arrive plutôt bien à mettre en avant Sanguinius mais l'on ne peut s'empêcher de penser que celui-ci manque un tantinet de relief, un comble pour celui qui tiendra envers et contre tous la Porte de l’éternité. Ce qui semble manquer à l'anglais ici, c'est un vrai talent pour les punchlines où les séquences héroïques comme Abnett, McNeill ou Dembski-Bowden dans leurs romans respectifs. Une autre déception majeure à attrait à certains rajouts malheureux et totalement inutiles comme celui du groupe de Space Wolves qui n'a rigoureusement rien à faire là et qui ne servira en fait que de punching-ball à des Blood Angels devenus incontrôlables. Enfin, et comme souvent, le roman aurait mérité quelques coupes franches et surtout de condenser l'affrontement final qui vire dans certaines fantaisies un poil abstraites. Heureusement, le récit se suit globalement sans déplaisir, Swallow arrive aussi à insérer quelques flash-backs intéressants ainsi qu'à disserter sur l'erreur monumentale que fut l'Edit de Nikaea. De même, deux personnages sortent du lot : Meros, l'apothicaire, aussi humble que primordial pour le récit, et Amit, le brutal et terrible Flesh Tearer. Les autres restent globalement trop peu travaillés pour réellement interpeller le lecteur. Pour terminer, James Swallow intègre son récit au niveau actuel de l'avancée du cycle et annonce la suite des événements qui se dérouleront dans l'arc Imperium Secundus de Dan Abnett.

    Malgré ses défauts, Signus Daemonicus relève le niveau des écrits de James Swallow. Il constitue également un volume primordial dans l'histoire de l'Hérésie D'Horus pour comprendre pourquoi les Blood Angels n'ont pas été du tout présents dans le conflit jusque-là. Même si Swallow souffre de son style très quelconque et d'un manque cruel pour façonner des personnages charismatiques, il livre un récit à l'atmosphère convaincante et globalement captivant, notamment pour les fans de la IXème légion.

    Note : 6.5/10

    Le Guide du cycle de L'Hérésie d'Horus. 

    CITRIQ


    votre commentaire
  • [Guide] Warhammer 40.000 et L'Hérésie d'Horus : Introduction pour les novices

    Après la critique des vingt premiers tomes du cycle de L'Hérésie d'Horus, il était temps de faire un petit bilan et, en même temps, d'expliquer de quoi l'on parle pour ceux qui ne connaissent pas du tout l'univers. Voici donc pour commencer une F.A.Q pour les novices :

    1- Qu'est-ce que Warhammer 40.000 ?

    En 1987, la société britannique Games Workshop (GW) publie un nouveau jeu de plateau au tour par tour avec figurines. Son nom : Warhammer 40.000. Jusque là l'entreprise ne comptait principalement qu'un jeu, Warhammer, qui se situait dans un univers de Dark Fantasy.

    Warhammer 40.000 devient rapidement le principal succès de la marque. Pour appuyer ses batailles futuristes ainsi que ses figurines, GW invente tout un background à son univers. Dans celui-ci, nous sommes au 41ème millénaire. L'humanité a réunit les mondes humains dispersés dans la galaxie au cours de la Grande Croisade sous l'égide d'un être incroyablement puissant : L'Empereur. Malheureusement les choses ont mal tourné et l'Empereur est devenu incapable de diriger son empire galactique. En lieu et place de la société qu'il avait imaginé se retrouve en fait un système totalitaire où l'Inquisition chasse les psykers (des êtres doués de pouvoir psychiques), les hérétiques (la religion de l'Empire n'accepte que la vénération du Dieu-Empereur) et les xénos. 
    Pour défendre les millions de monde de l'Imperium, les hommes disposent de plusieurs armées : Les Space Marines, des humains génétiquement améliorés, la Garde Impériale, une armée de simples humains forte de milliards de soldats, les Sœurs de Batailles, un ordre guerrier de l'Inquisition composé exclusivement de femmes, et un tas de formations spécialisées (L'Inquisition, La Deathwatch, Les Chevaliers Gris).
    De même, la technologie a régressé par rapport à celle dont disposait l'humanité lors de la Grande Croisade. Elle est jalousement gardée par l'Adeptus Mechanicus, un ordre où la Machine est vénérée comme un Dieu à part entière.

    Dans ce futur apocalyptique, l'humanité est assaillie de toutes parts. On trouve un certains nombres de factions hostiles à l'Imperium :

    - Les Eldars : Une ancienne race technologiquement extrêmement avancée et qui constitue un peu les Elfes de l'espace.
    - Les Eldars Noirs : Les frères corrompus des Eldars qui se complaisent dans les raids, le pillage, l'esclavage et la torture.
    - Les Tyranides : Une race d'extraterrestres organisée en ruche. Des machines à tuer vivantes qui consument les planètes qu'ils rencontrent.
    - Les Orks : Les traditionnelles peaux-vertes de Fantasy boostées aux hormones et dans un style Mad Max.
    - Les Nécrons : Une race antique qui se réveille de ses tombeaux, constitués de robots et menés par des entités d'une puissance incommensurables, les C'Tan.
    - Les Tau : Une jeune faction faite d'extraterrestres idéalistes qui cherchent à regrouper les races de la galaxie pour le Bien Commun.
    - Et surtout....le Chaos : Des entités surnaturelles du Warp - la dimension parallèle où transitent les vaisseaux impériaux - qui ont corrompu des légions de space marines et qui amènent des démons dans la réalité pour jeter à bas l'Imperium.

    Bref, un joyeux univers où ne règne que la guerre. Mais qui dure depuis bientôt 30 ans, permettant ainsi d'avoir un background science-fictif énorme et vraiment captivant qui est développé aujourd'hui par une branche de Games Workshop : la Black Library. Au travers de romans et de nouvelles, les auteurs de la BL élargissent encore et toujours l'univers de Warhammer 40.000.

    2- Comment aborder Warhammer 40.000 en romans ?

    La chose est assez simple, pour commencer à explorer le 41ème millénaire, on ne saura trop vous conseiller deux points d'entrée :

    - La première trilogie des Fantômes de Gaunt de Dan Abnett constitué par Premier et Unique, Les Fantômes et Nécropolis. Dan Abnett est le meilleur auteur de la Black Library en plus d'être un grand scénariste de comics. Cette première trilogie vous entraîne aux côtés de la garde impériale (des hommes ordinaires donc) dans leur combat à travers la galaxie. Une excellente porte d'entrée.

    - La première trilogie de L'Hérésie D'Horus.

    3 - Mais L'Hérésie d'Horus, c'est quoi au juste ?

    Dans l'histoire de Warhammer 40.000, L'Hérésie d'Horus est la période charnière qui va causer tout ce qui arrive par la suite.

    Elle prend place 10.000 ans plus tôt, au 31ème millénaire.
    Terra a été ravagé par les luttes intestines entre divers despotes et les planètes humaines sont isolées les unes des autres par des tempêtes dans le Warp, empêchant le transit des vaisseaux. Cette période s'appelle la Longue Nuit et a failli marquer la fin de la race humaine.
    Après des années de guerres atomiques terribles, un être aux pouvoirs extraordinaires a surgi sur Terra accompagné de légions de guerriers génétiquement modifiés, les premiers du genre, les Guerriers Tonnerres.
    Ce conquérant aux immenses pouvoirs est appelé l'Empereur et reconquiert la totalité de Terra sous sa bannière.
    Alors qu'il achève sa conquête, les tempêtes Warp s'étiolent et l'Empereur décide de façonner une nouvelle génération de combattants, les Space Marines.
    Pour les mener, il crée également vingt individus à partir de son propre génome, leur conférant des capacités proches de demi-Dieux de la guerre. Ils seront les Primarques.
    Avant que ne soit achevée la maturation des primarques, les Dieux du Chaos, les entités malveillantes du Warp, dispersent les jeunes enfants de l'Empereur à travers la galaxie.
    Ainsi débute la Grande Croisade, où les flottes expéditionnaires de l'Empereur, fortes de milliards de guerriers humains et de vingt légions space marines, partent unir la galaxie au nom de l'Imperium.
    Peu à peu, les primarques sont retrouvés sur les planètes ramenées dans le giron impérial. 
    Ces 20 guerriers uniques possèdent une légion de Space Marines à leur ordre, chaque légion ayant été créé à partir du génome d'un des primarques. Ce qui donne donc vingt légions bien différentes.
    Parmi les primarques, on citera Angron, le colérique et sanguinaire primarque des World Eaters, Rogal Dorn, le posé et fier primarque des Imperial Fists ou encore Horus, fils favori de l'Empereur et maître des Luna Wolves.
    Seulement, 200 ans après le début de la Grande Croisade, sur la planète Ullanor, l'Empereur annonce qu'il se retire du front et laisse les rênes de ses armées à Horus, promu maître de guerre.
    Malheureusement, Horus va rencontrer un ennemi nouveau et extrêmement dangereux après le départ de l'Empereur : le Chaos.
    Ainsi débute l'Hérésie d'Horus.

    Actuellement, la Black Library a une collection dédiée à cette période qui fait fureur auprès des fans de Warhammer 40.000. 
    Il existe actuellement 30 tomes en VO et 27 en VF.

    4 - Puis-je débuter L'Hérésie D'Horus si je ne connais pas Warhammer 40.000 ?

    Tout à fait.
    Pour cela, rien de mieux que de lire L'Ascension d'Horus qui nous positionne juste après l'attribution du titre de Maître de Guerre à celui-ci. 
    C'est le début de la trilogie dit de Loken - du nom de son principal héros, le capitaine Loken - qui se poursuit avec Les Faux Dieux et La Galaxie en Flammes.
    En soi, la trilogie peut se lire seule et permet de voir si, oui ou non, vous êtes sensibles à l'univers.
    Les maîtres mots de L'Hérésie d'Horus sont héroïsme, épique, ambiance gothique et guerre. C'est aussi une série dramatique avec des instants tout à fait mémorables. Cela restant, évidemment, du roman de divertissement.
    Une fois cette trilogie terminée, il vous sera utile d'avoir un petit guide sur ce qui vaut le détour dans le cycle, qui est, il faut le dire, assez inégal.

    5 - Quels sont les incontournables du cycle de L'Hérésie d'Horus ?

    Dans l'ordre :
    - La trilogie Loken de Dan Abnett/Graham Mcneill/Ben Counter
    - Légion de Dan Abnett
    - Un Millier de Fils de Graham McNeill à faire suivre de Prospero Brûle de Dan Abnett
    - Le Premier Hérétique d'Aaron Dembski-Bowden
    - La Bataille de Calth de Dan Abnett
    - Félon d'Aaron Dembski-Bowden
    - Le Prince des Corbeaux d'Aaron Dembski-Bowden dans le recueil Les ombres de la Traîtrise.
    - Imperium Secundus de Dan Abnett


    + quelques nouvelles comme Des Armes Brutales dans le recueil L'âge des Ténèbres puis Le Lion dans Les Primarques (à lire dans cet ordre) ainsi que Le Serpent En Dessous dans Les Primarques. On ajoutera aussi les deux dernières nouvelles du recueil des Chroniques de L'Hérésie, un bouquin à éviter mais dont vous pouvez juste retenir ces deux derniers textes.

    Sachez également que Fulgrim, Mechanicum, Délivrance Perdue constituent d'agréables récits, pas forcément indispensables mais tout à fait recommandables. 
    Côté recueil de nouvelles, c’est plus compliqué et on vous conseillera surtout L'âge des Ténèbres et Les Primarques.

    6 - Guide de notation de l'Hérésie d'Horus (sera mise à jour au fur et à mesure des critiques)

    - Tome 1 – L’Ascension d’Horus  de Dan Abnett : 8/10

    - Tome 2 – Les Faux Dieux de Graham McNeill : 7.5/10

    - Tome 3 – La Galaxie en Flammes de Ben Counter : 7/10

    - Tome 4 – La Fuite de l’Eisenstein de James Swallow : 4.5/10

    - Tome 5 – Fulgrim de Graham McNeill : 7/10

    - Tome 6 – Le Retour des Anges de Mitchell Scanlon : A éviter, unanimement décrié comme médiocre

    - Tome 7 – Légion de Dan Abnett : 8/10

    - Tome 8 – La Bataille des Abysses de Ben Counter : 2.5/10

    - Tome 9 – Mechanicum de Graham McNeill : 7.5/10

    - Tome 10 – Chroniques de l’Hérésie [Recueil de Nouvelles] : 4/10

    - Tome 11 – Les Anges déchus de Mike Lee: Suite du tome 6, à éviter également

    - Tome 12 – Un Millier de Fils de Graham McNeill: 8/10

    - Tome 13 – Némésis de James Swallow : Non lu

    - Tome 14 – Le Premier Hérétique d'Aaron Dembski-Bowden: 8/10

    - Tome 15 – Prospero brûle de Dan Abnett : 8.5/10

    - Tome 16 – L’Âge des Ténèbres [Recueil de nouvelles] : 7/10

    - Tome 17 – Les Morts Oubliés de Graham McNeill : 6.5/10

    - Tome 18 – Délivrance Perdue de Gav Thorpe : 7.5/10

    - Tome 19 – La Bataille de Calth de Dan Abnett : 8/10

    - Tome 20 – Les Primarques [Recueil de Nouvelles] : 7/10

    - Tome 21 – Signus Daemonicus de James Swallow : 6.5/10

    - Tome 22 – Les Ombres de la Traîtrise [Recueil de Nouvelles] : 7.5/10

    - Tome 23 – L'Ange Exterminatus de Graham McNeill : 6/10

    - Tome 24 – Félon d'Aaron Dembski-Bowden : 8/10

    - Tome 26 – Vulkan est vivant de Nick Kyme : 6,5/10

    - Tome 27 – Imperium Secundus de Dan Abnett : 8/10

    7- Liste des Critiques disponibles du Cycle :

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 10, Chroniques de L'Hérésie ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 16, L'Âge des Ténèbres ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.
    Critique du Tome 18, Délivrance Perdue ici.
    Critique du Tome 19, La Bataille de Calth ici.
    Critique du Tome 20, Les Primarques ici.
    Critique du Tome 21, Signus Daemonicus ici.
    Critique du Tome 22, Les Ombres de la Traîtrise ici.
    Critique du Tome 23, L'Ange Exterminatus ici.
    Critique du Tome 24, Félon ici.
    Critique du Tome 26, Vulkan est vivant ici.

    Critique du Tome 27, Imperium Secundus ici.


    2 commentaires
  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 20 : Les Primarques


    Les Primarques
    constitue le vingtième tome de L'Hérésie d'Horus mais surtout, le troisième recueil de nouvelles après le médiocre Les Chroniques de L'Hérésie et le très bon L'âge des Ténèbres. La particularité de cet opus, c'est de proposer non pas des nouvelles mais plutôt quatre novellas autour, vous l'aurez deviné, des primarques des légions space marines. Malheureusement, ce nombre restreint de texte signifie que peu de ces leaders légendaires seront finalement au programme. En effet, on ne retrouve que quatre d'entre eux dans les pages du recueil : Fulgrim, Ferrus Manus, Lion El'Johnson et Omegon. Si la quantité déçoit un tantinet d'emblée, la qualité est-elle au rendez-vous ?


    Elle l'est en tout cas avec Le Serpent en Dessous de Rob Sanders. L'auteur de Coeur de Fer dans L'âge des Ténèbres quitte les Iron Warriors pour l'Alpha Legion. Dans cette novella, Omegon met sur pied une équipe de choc pour purger sa propre légion de ce qu'il soupçonne être une infiltration des forces impériales. Outre l'écriture tout à fait plaisante de l'écrivain britannique, on peut saluer l'agencement de son intrigue et la mise en parallèle entre le plan et son déroulement pratique. De même, Sanders ne perd pas son temps, ne s'égare jamais et arrive à soutenir son action du début à la fin. Enfin, c'est surtout l'intrigue retorse à souhait ainsi que les multiples rebondissements made in Alpha Legion qui achèvent de convaincre que Sanders a tout compris. Sa novella s'avère, naturellement, la plus réussie du recueil. Un sans-faute qui ne se contente pas de raconter une aventure rythmée mais en profite pour approfondir les choses que l'on connait à propos de l'Alpha Legion tout en éclaircissant certains points sur le conflit galactique en cours.

    Du côté de Ferrus Manus, c'est Nick Kyme qui se charge de l'histoire. L'expert en Salamanders nous plonge dans le combat entre les Iron Hands et les eldars. Au programme, sorcellerie, bioniques et visions du futurs. On retrouve avec plaisir quelques Iron Hands déjà entrevus ailleurs (Henricos et Santar notamment) dans une histoire sympathique et qui a ceci de bon qu'elle permet d'explorer un peu plus le credo de la légion de Medusa. Malheureusement, même si la nouvelle est très agréable à lire, elle souffre d'un problème assez courant...Elle n'apporte rien de bien neuf sur L'Hérésie d'Horus ou sur Ferrus Manus qui apparaît toujours plus obtus et borné - ce qui causera d'ailleurs sa perte. En somme, Triomphe de Fer n'est pas indispensable, juste divertissant.

    Gav Thorpe revient à ses premiers amours après un détour par la Raven Guard. Dans Le Lion, il nous narre la suite directe du combat mené par Johnson dans le secteur de Thramas contre les Night Lords. Après une altercation avec le Night Haunter qui a failli lui coûter la vie, le Lion apprend l'arrivée d'une flotte menée par Typhon, le capitaine de la Death Guard, vers le mystérieux monde de Perditus. Il décide de se ruer au secours de cet avant-poste qui renfermerait un artefact décisif pour déterminer l'issue de la guerre. Le texte est excellent, avec un Lion charismatique mais également très troublant, puisque Thorpe se plaît à jouer sur l’ambiguïté qui l'anime. L'histoire en elle-même permet de faire avancer les choses sur le front de la Croisade de Thramas tout en annonçant les retrouvailles futures avec Guilliman. Le seul défaut de la novella, c'est sa taille, Thorpe passe beaucoup trop de temps dans le Warp pour la première partie de son récit alors qu'il ne s'agit là que d'une bataille préliminaire. Autrement, le texte ravira tous les fans du cycle.

    Reste alors le cas de Fulgrim dans Et le Reflet se brisa de Graham McNeill. Suite quasi-directe à Fulgrim, la longue novella de McNeill est une amère déception et, pour tout dire, la seule fausse note du recueil. On suit Lucius, l'épéiste narcissique des Emperor's Children, qui en vient à douter de son propre primarque et qui finit par découvrir sa possession par une entité démoniaque. On a le plaisir de découvrir le nouveau visage de la légion et sa lente déliquescence suite à l'influence du Prince des Plaisirs, tout en découvrant encore davantage le personnage de Lucius, décidément excellent. Alors qu'est-ce qui cloche dans cette novella ? Ce qui cloche, c'est l'histoire de McNeill autour de Fulgrim en premier lieu. Pourquoi avoir inventé cette histoire de possession pour la jeter en deux temps trois mouvements par une pirouette finale totalement grotesque ? Et surtout, McNeill en fait des tonnes ! D'abord lorsqu'il confronte Lucius à ses pairs, ceux-ci faisant un geste menaçant avec leurs armes à chaque phrase de l'épéiste - et comme il sont une dizaine, bonjour la rallonge inutile de descriptions ridicules -, et ensuite la séance de torture de fin...interminable ! McNeill s'enfonce dans une complaisance déplacée et surtout tellement pataude. On a bien compris que les Emperor's Children tiraient plaisir de la souffrance, merci bien. Non franchement, c'est la catastrophe. On espère que l'anglais se rattrapera avec L'Ange Exterminatus....

    En conclusion, et en zappant le texte de McNeill, Les Primarques offre un excellent moment de lecture aux fans du cycle qui le suivent depuis vingt volumes à présent. Malgré le peu de primarques décrit - il en manque quatorze tout de même - le recueil vaut l'achat juste pour les novellas de Thorpe et Sanders (décidément enthousiasmant), avec en bonus un bon petit moment sur le récit de Nick Kyme
    En route pour Signus Daemonicus de James Swallow...

    Note : 7/10


    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 10, Chroniques de L'Hérésie ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 16, L'Âge des Ténèbres ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.
    Critique du Tome 18, Délivrance Perdue ici.
    Critique du Tome 19, La Bataille de Calth ici.

    CITRIQ


    votre commentaire
  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 19 : La Bataille de Calth

    Le tome 17, Délivrance Perdue, inaugurait la seconde période de L'Hérésie d'Horus avec les batailles Post-Istvaan V. Pour le 18ème volume, l'empereur de la Black Library est de retour aux affaires. Dan Abnett se retrouve en charge de La Bataille de Calth, l'autre tournant décisif de l'Hérésie, et se concentre sur la légion des Ultramarines jusqu'ici peu exploitée (si l'on met de côté le médiocre La Bataille des Abysses). D'une certaine façon, ce récit fait suite au Premier Hérétique où l'on avait laissé Argel Tal, le commandant des Gal Vorbak, en attente de l'assaut sur Calth. Sauf qu'ici, tout, ou presque, sera vu du point de vue des Ultramarines. Et encore une fois, inutile de le cacher, Dan Abnett fait des merveilles.

    Horus a étrillé trois légions loyalistes sur le sable d'Istvaan V. Pourtant, rien est encore joué pour les renégats. Il reste un obstacle majeur au succès du Maître du Guerre et à son attaque sur Terra : Les Ultramarines. La XIIIème légion est, de loin, la plus importante des légions space marine loyaliste. Roboute Guilliman dispose de deux cent mille hommes prêt à se battre. Horus laisse donc les mains libres au plus vieil adversaire de la treizième...Lorgar et ses Word Bearers. Depuis l'affront de Monarchia, ceux-ci n'espèrent qu'une chose : se venger des Ultramarines. Alors que la légion de Guilliman se rassemble autour de Calth sur l'ordre d'Horus ignorant encore sa trahison, la flotte de Lorgar et de ses séides arrivent pour "épauler" son illustre frère. Dans les flammes et la douleur, Calth et les Ultramarines brûleront !

    Pour aborder cette immense boucherie qu'est la bataille de Calth, Dan Abnett choisit de la raconter avec une certaine originalité. On assiste en effet à une sorte de compte-rendu historique avec un texte entrecoupé de repères chronologiques. Cette astuce qui n'a l'air de rien permet pourtant une chose géniale. Elle agit comme une sorte de compte à rebours avant l'attaque des Words Bearers. Ajoutez à cela le talent totalement insolent d'Abnett pour faire graduellement monter la tension et la première partie - le "prélude" - devient une lente montée en puissance extrêmement jouissive qui relate simultanément la position des forces spatiales et terrestres, présente les personnages principaux et surtout dévoile le plan machiavélique de Kor Phaeron et Lorgar. Pendant près de la moitié du roman, on assiste à un massacre en règle qui fait prendre tout son sens au mot épique. Car c'est bien ce que l'on retiendra en premier lieu du récit.

    La Bataille de Calth n'est rien de moins que le blockbuster de la série de L'Hérésie d'Horus. Abnett a passé une bonne centaine de pages à placer ses pions et ses enjeux et fait tout sauter d'un coup d'un seul. Imaginez. Une légion de près de cent vingt mille space marines épaulés par des démons du chaos, des millions de cultistes et des Titans se retournant contre leurs frères et leurs alliés. Imaginez un vaisseau lancé à pleine vitesse qui percute une plate-forme orbitale grouillant de navires et explosant au beau milieu. Imaginez un croiseur de 8 km de long qui s'écrase au ralenti sur une ville. Imaginez des croiseurs et des cuirassés en train de raser des villes et de saigner à blanc une flotte entière. Imaginez tout cela et vous ne serez encore qu'à la moitié du chemin. Le style d'Abnett, vif, emporté et tonitruant, nous ballotte en plein milieu d'une tempête sans commune mesure. Aucun des passages de L'Hérésie d'Horus n'a été si intense et si cinématographique. La lecture de la bataille, qu'elle soit spatiale ou terrestre, vaut tous les blockbusters hollywoodiens. Comme si ce n'était pas suffisant, Abnett prend un malin plaisir à révéler la nature chaotique des Word Bearers et dès lors, les démons entrent en scène. Épique que l'on vous dit !

    Ce que l'on apprécie également tout particulièrement, c'est cette intensité avec laquelle Abnett incarne ses personnages, qu'ils soient Ultramarines, Adeptes de la Machine ou Gardes Impériaux. Il en profite aussi pour introduire un nouveau personnage "spécial" avec Oll Persson, un individu bien plus important pour le cycle qu'il n'en a l'air...ainsi qu'un revenant de son excellent roman Légion. Bref, du fan-service que tous les amoureux du cycle apprécieront. La fin du roman, relativement vite expédiée, laisse la voie libre au recueil La Marque de Calth et à l'histoire de la guerre souterraine - tome qui sera publié à l'été 2015 - permettant à l'histoire de ne pas s'éterniser. La Bataille de Calth s'avère en effet un des plus courts récits de L'Hérésie d'Horus, pour le meilleur puisque c'est bien la longueur des romans de la franchise qui représentent souvent un handicap. Enfin, le dernier élément de réjouissance, ce sont les éléments de fin qui font non seulement avancer la guerre galactique mais la rende également plus crédible - on sait enfin pourquoi les loyalistes ne pourront pas atteindre Terra à temps.

    Une tuerie, au sens propre comme au figuré.
    La Bataille de Calth est un récit intense, trépidant et explosif. Abnett joue le jeu du grand spectacle et nous livre un récit de SF militaire hard-boiled ultra-jouissif. Incontournable que l'on soit fan ou non.

    Note : 8/10

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 10, Chroniques de L'Hérésie ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 16, L'Âge des Ténèbres ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.
    Critique du Tome 18, Délivrance Perdue ici.

    CITRIQ


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique