• L'Hérésie d'Horus, Tome 5 : Fulgrim


    Le dernier roman, La Fuite de L’Eisenstein (critiqué ici) prenait le parti malheureux de revenir sur la trilogie Loken pour en combler les trous et en donner un autre point de vue, celui de la Death Guard. Heureusement, Fulgrim, son successeur tente de corriger le tir. Pour l’occasion, c’est un des vétérans de l’équipe de la Black Library qui revient aux commandes en la personne de Graham McNeill qui avait déjà officié avec succès sur le second tome, Les Faux Dieux (critiqué ici). Fulgrim initie en fait un second type de roman du cycle de L’Hérésie D’Horus, à savoir des volumes centrés sur une légion particulière et leur parcours durant le conflit. Mais est-ce vraiment un choix judicieux ?

    La IIIème légion affronte un ennemi redoutable. Sur Laeran, un peuple reptilien - nommé les Laers - s’est déclaré représenté le guerrier parfait. Et pour cause puisque que leurs soldats, améliorés génétiquement et bénéficiant d’une technologie des plus efficaces, ont tenu en échec les flottes expéditionnaires impériales. Pour Fulgrim, primarque des Emperor’s Children, une des légions favorites de l’Empereur, l’affront doit être lavé dans le sang : seul l’Imperium peut prétendre à la perfection. Alors que les Space Marines livrent des combats acharnés sur la planète, Fulgrim ne se doute pas que cette guerre marque le premier pas vers sa longue déchéance. Seuls des hommes comme Solomon Demeter et Saul Tarvitz tentent de l’avertir, mais un autre adversaire agit dans l’ombre et corrompt petit à petit le cœur de la légion. Lorsque l’inévitable est sur le point de se produire, même les frères d’hier ne résistent pas aux immondes complots du Chaos.

    Avec plus de 500 pages au compteur, Fulgrim s’impose comme le plus gros volume jusqu’ici de L’Hérésie d’Horus. C’est d’ailleurs son premier défaut. McNeill, très enthousiaste à l’idée de dérouler l’historique de la légion des Emperor’s Children, s’emporte et tire facilement à la ligne. Tout le début du roman (en gros les cent premières pages) aurait mérité de sérieuses coupes comme présenter par exemple juste l’assaut final contre le temple des Laers. Mais McNeill tente de nous mêler à ce conflit, certes historiquement primordial pour la suite, mais qui reste bancal de toute façon. D’un côté, on nous décrit une guerre terrible que même les Astartes ont du mal à gagner, et de l’autre on sait que le tout sera expédié sur une centaine de pages, sans compter que ce n’est même pas le cœur du roman. Il se reproduit un peu la même chose lors de la rencontre entre Eldrad Ulthran et Fulgrim, les événements trainent en longueur pour, finalement ne faire que rallonger la sauce. En taillant dans le gras de ces deux parties, le roman aurait pu facilement s’alléger de cent pages, ce qui le rendrait déjà plus digeste.

    L’autre défaut de Fulgrim, c’est que McNeill n’arrive pas encore à caractériser une légion avec l’habilité d’un Abnett. Ainsi, toutes les deux pages, il insiste sur l’idéal de perfection des Emperor’s Children et à quel point ils se voient tous de cette manière. La redondance de cette caractérisation finit par lasser…et c’est dommage puisque, du reste, Fulgrim s’avère très réussi. McNeill arrive à mêler un aspect à la Loken avec le personnage de Demeter, tout en écrasant pas son récit et en laissant la part du lion au primarque Fulgrim. Son parcours et son portrait rehaussent immédiatement le tableau d’ensemble du roman. Personnage dramatique et rapidement pathétique, Fulgrim succombe à sa fierté et à son obsession. McNeill ne manque pas de revenir sur une des causes prépondérantes de cet aspect monomaniaque avec l’accident dans la création des Space marines et leur nombre réduit au départ de la Grande Croisade. De même, il humanise Fulgrim pour mieux le faire chuter, une chute d’autant plus impressionnante qu’elle évolue sur un mode insidieux jusqu’à une explosion d’horreurs lors de la Maravaglia.

    L’autre excellente idée du roman, c’est de présenter une seconde légion intimement liée aux Emperor’s Children : les Iron Hands. La relation qu’entretiennent les deux primarques à leur tête prend tout son sens lors des dernières pages. Ferrus Manus bénéficie d’un soin tout particulier et son tempérament fougueux et inflexible contraste avec celui plus posé et réfléchi de son frère. C’est aussi l’occasion d’opposer deux styles radicalement différents de combats et d’univers. Lorsque la trahison d’Horus arrive, la réaction de Ferrus captive à la fois par sa véhémence mais aussi par un sentiment d’inéluctabilité – il doit laver l’affront sous peine d’être soupçonner d’hérésie. La dernière partie du roman nous emmène d’ailleurs plus loin que les événements relatés dans la trilogie Loken. On assiste au fameux et terrible massacre du site d’atterrissage d’Isstvan V. McNeill réussit totalement ce tournant décisif et nous entraîne dans une bataille aussi courte qu’intense et impitoyable. La confrontation finale entre Ferrus et Fulgrim s’illustre facilement comme le point d’orgue du récit. Ses conséquences sur la santé mentale de Fulgrim puis la prise de conscience de ce dernier le font tomber vers l’horreur totale quand le coup de théâtre final éclate. Bien pensé, il amène à une vision radicalement différente de Fulgrim – notamment avec la délicieuse entrevue entre Horus et le primarque de la IIIème légion – et invente un nouveau pan de fluff bien plus original que le précédent.

    Mais si Fulgrim arrive finalement à convaincre, c’est grâce à l’habilité que possède McNeill pour opérer ce lent glissement dans la folie, à la fois des Space Marines mais aussi des commémorateurs humains. On sent petit à petit Slaanesh s’introduire dans le mode de pensée et l’envie de perfection des Emperor’s Children pris à leur propre piège. De l’autre côté, des personnages charismatiques comme Lucius, Demeter ou Santor ajoutent du piment à l’aventure. Sans compter le redoutable et rusé Fabius Bile dont, finalement, on remonte les origines et motivations. Pas si chaotique que ça mais simplement obsédé par les modifications corporelles, il compte dans les plus grandes réussites du roman, chacune de ses apparitions ayant de quoi filer sa dose de frissons.

    Ce cinquième tome rassure, et grandement, sur le devenir de la série. McNeill arrive à surpasser ses lacunes pour livrer un portrait convaincant et quelques séquences mémorables – Isstvan V, la Meravaglia, la forge de Manus. Passionnant pour les amateurs de Warhammer 40.000, surement un peu longuet pour les autres, Fulgrim rehausse le niveau après un tome 4 très décevant.
    Si l’on ajoute que le prochain opus, Légion, voit le retour du meilleur auteur de la Black Library, nous voici impatient de continuer…

    Note : 7/10

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    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.


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  • L'Hérésie d'Horus, Tome 4 : La Fuite de L'Eisenstein


    La Galaxie en flammes
    (critiqué ici) concluait la trilogie de Loken, ce capitaine des Luna Wolves qui assistait à la lente corruption de sa légion et de son légendaire primarque, Horus. Alors qu’on pourrait penser que le prochain tome de la série s’intéresserait à la bataille d’Isstvan V et le massacre du site d’Atterrissage, La Fuite de L’Eisenstein choisit de prendre une autre voie. Le roman de James Swallow, l’auteur de Deus Encarmine et Deus Sanguinius (autour des Blood Angels donc), prend le parti de s’attarder sur le parcours du capitaine Nathaniel Garro et sa légion, la Death Guard. On l’avait déjà aperçu dans le précédent volume mais on ne savait tout simplement pas son devenir après la course désespérée de Saul Tarvitz. Ainsi, la Fuite de L’Eisenstein nous propose non seulement de découvrir la conclusion de la mission hautement prioritaire de Garro mais également de revenir en arrière au moment des événements des Faux-Dieux (critiqué ici), vu cette fois par la Death Guard.


    Le Capitaine Nathaniel Garro est un des plus fidèles lieutenants de Mortarion, le sinistre primarque de la Death Guard. Malgré ses rivalités avec Ignatius Grulgor, Garro n’en reste pas moins un des éléments les plus importants de la légion. Alors que la Death Guard affronte un étrange ennemi mi-mécanique mi-insectoïde dans des complexes spatiales tubulaires, Le Maître de Guerre Horus rappelle son frère pour participer à l’attaque d’une planète rebelle : Isstvan III. Mais peu à peu, les choses semblent étrangement se mettre en place et les forces envoyées sur la planète se retrouvent prises au piège, trahies par leurs frères. Garro, en orbite autour d’Isstvan à bord de la frégate Eisenstein décide alors de tout tenter pour avertir l’Empereur de l’humanité de la traîtrise de son fils favori. Mais entre ses frères d’hier et les démons du Warp, comment Garro pourra-t-il mener à bien sa mission ?

    La Fuite de L’Eisentein s’avère rapidement une fausse bonne idée. On passera rapidement sur la qualité toute relative de l’écriture de Swallow, encore un niveau en-dessous de Counter ou McNeill, pour s’intéresser à la structure du roman. Le britannique choisit de commencer par des événements antérieurs à Isstvan III mais ne profite pas de l’opportunité pour nous parler du pourquoi de la trahison de Mortarion. Si Swallow décrit de façon intéressante l’organisation de la légion et quelques rites de passages – l’absorption rituelle de poison – tout en magnifiant le primarque et en décrivant très bien sa sombre majesté, aucun mot sur les raisons de sa décision finale d’alliance avec Horus. On soupçonne bien sûr Typhon, mais rien de concret n’est dévoilé dans le roman, si bien que jusqu’au bombardement de la planète, on ne fait en gros qu’assister à des scènes coupées des autres romans ou simplement vues selon le point de vue de Garro. Le procédé s’avère non seulement peu convainquant mais vite rébarbatif. On se demande constamment l’utilité de faire durer le suspense alors qu’il n’y en a plus (si vous avez lu les tomes précédents évidemment).

    Arrive ensuite le vrai morceau de bravoure, et certainement le meilleur passage du livre, à savoir le bombardement viral de la flotte d’Horus et le choix de Garro. Celui-ci fait un peu Loken-like mais arrive tout de même à s’attirer notre sympathie, non seulement par sa fidélité à ses principes mais aussi par sa fragilité, certes discrète, mais bien présente. Si le combat spatial pour s’enfuir de la zone fait un peu court (un peu obligé...), l’arrivée dans le Warp et la confrontation épique qui s’ensuit constituent l’acme du récit. Le lecteur peut enfin assister à une confrontation Marines loyalistes contre Marines possédés et démons du chaos, le tout dans une asphyxiante atmosphère spatiale. Swallow gère bien ses combats et arrive à mener à bien les péripéties dans l’éther. Reste alors la dernière partie, avec le retour de Garro vers Terra et sa rencontre avec Dorn et le Sigillite.

    Ici, tout est plus problématique. Swallow en fait un peu trop sur la réaction de Dorn – on a du mal à croire qu’il serait prêt à tuer Garro juste pour le message qu’il apporte, ce n’est pas Russ non plus – et l’affrontement final fait un peu rajouté, comme pour avoir une conclusion adrénalinée. Plus grave, Swallow fait un peu n’importe quoi niveau fluff en annonçant le départ de toute la flotte de Dorn pour le système Isstvan, cela sans le soutien d’autres légions. Non seulement c’est totalement stupide – 1 légion contre 4, Dorn n’est pourtant pas suicidaire – mais en plus cela vient en contradiction avec le roman suivant, Fulgrim, où justement se retrouve la bataille d’Isstvan V et où aucun Imperial Fist n'est présent. Heureusement, la toute fin permet d’apercevoir le Sigilitte et d’apprendre quelques petites choses sympathiques. On se consolera comme on peut.

    Finalement, ce quatrième tome est, clairement, une déception. Tout juste sympathique pour les inconditionnels du cycle mais clairement faiblard, La Fuite de L’Eisenstein déçoit par sa répétitivité vis-à-vis de ses prédécesseurs et son manque d’ambition, notamment par rapport à la description du parcours de la Death Guard. A réserver aux inconditionnels, clairement. Les autres peuvent enchaîner directement sur le tome 5, Fulgrim, avec le retour de Graham McNeill aux commandes.

    Note : 4.5/10

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.

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  • L'Hérésie d'Horus, Tome 3 : La Galaxie en Flammes


    Après Les Faux Dieux, un second roman tout à fait dans la lignée du premier de la trilogie Loken, le cycle de l’Hérésie d’Horus continue avec La Galaxie en Flammes. Cette fois, c’est Ben Counter, l’anglais responsable du roman Chevalier Gris, qui reprend le flambeau après le passage de Graham McNeill et Dan Abnett. Ce troisième opus vient clore la trilogie et termine cette grosse introduction à l’énorme conflit que représente L’Hérésie. Plus orienté action que les précédents, le livre permet à Ben Counter de faire ce qu’il affectionne le plus, décrire des affrontements musclés et impitoyables.

    Horus a réussi à échapper à la mort grâce aux temples de Davin. Mais Loken et une poignée d’autres Space Marines et commémorateurs soupçonnent depuis la guerre avec la Technocratie qu’Horus n’est plus le même. Partout dans la flotte expéditionnaire, le secret autour des loges s’épaissit et les combattants d’hier changent radicalement de comportement. Malgré la progression de la foi du Lectio Divinatus, un autre culte se répand comme un cancer, celui du Chaos. Horus décide de rassembler quatre légions, Les Sons of Horus, Les World Eaters, la Death Guard et les Emperor’s Children, pour anéantir une rébellion d’anciens sujets impériaux sur le monde d’Isstvan III. Étrangement, les légions se retrouvent divisés et seul Loken et ses hommes pour les Sons of Horus, descendent pour l’assaut. Il n’imagine pas encore l’horreur absolue du plan d’Horus, le Maître de Guerre.

    La Galaxie en Flammes reprend les mêmes protagonistes que les deux volets précédents en introduisant quelques personnages secondaires d’importance pour l’univers. Parmi eux, on trouvera Fabius Bile, l’apothicaire des Emperor’s Children et Nathaniel Garro, le vertueux capitaine de la Death Guard. Ces deux personnages bénéficient d’un temps congru (surtout Fabius) mais se retrouveront ensuite respectivement dans le roman Fulgrim et la Fuite de L’Eisenstein. De même, les chapitres sont découpés de la même façon et le lecteur avance ainsi en terrain connu. On connaît la fâcheuse tendance de Counter à tirer à la ligne mais avec ce roman, il semble corriger le tir et se borner au cahier des charges, une très bonne chose. Car ici, la conclusion des premiers événements de la trilogie se doit d’aller vite, Loken et les quelques Spaces Marines encore fidèles à l’Empereur découvrent la corruption de leur frère.

    Celle-ci est très bien représentée par l’auteur, avec des personnages qui glissent de plus en plus dans la folie sanguinaire et l’adoration du chaos. Les loges révèlent leur pouvoir corrupteur et l’on assiste à la chute de nombreux héros du côté des forces du Warp, des Primarques à leurs capitaines en passant par les forces du Mechanicum. L’excellent point de La Galaxie en Flammes, c’est cette ambiance constante de catastrophe imminente et l’ombre de menace qui plane sur les loyalistes. Counter arrive à la distiller petit à petit dans son récit jusqu’à la faire culminer lors de la fameuse bataille d’Isstvan III. Le choix de l’anglais pour écrire ce troisième tome se révèle alors tout à fait judicieux, puisqu’un bon tiers, si ce n’est davantage, du roman s’intéresse à cette affrontement majeur et à la révélation des nouvelles allégeances d’Horus. Que ce soit l’attaque des rebelles ou par la suite, des renégats contre les loyalistes, Counter maîtrise son sujet et dépeint parfaitement la destruction à une échelle inédite qu’engendre le bombardement par charges virales.

    Encore une fois, les héros restent tout à fait attachants et convaincants, reprenant les bases posées par Abnett dans l’Ascension d’Horus. La fin, héroïque au possible et très 40.000 dans l’esprit, achève de faire entrer des hommes comme Solomon Demeter, Saul Tarvitz ou Loken dans la légende de l’univers. C’est aussi la toute nouvelle donne au niveau de la répartition des forces qui accentue le côté dramatique du roman et amène une évolution bienvenue dans le cycle. On devine rapidement d’ailleurs les légions les plus enclines à massacrer leurs frères. Angron et ses World Eaters emportent facilement (encore) le titre des Space marines les plus bad-ass et terrifiants, même si Lucius n’est pas en reste. Malgré une simplicité d’écriture et d’imbrications des événements (encore une fois, on n’est pas au niveau du premier tome d’Abnett), le livre se dévore comme un page-turner, divertissement aussi captivant que ses deux prédécesseurs. On peut saluer enfin la tournure du récit telle que l’expose Counter, toujours convaincante et en harmonie avec le reste de l’univers.

    Dernier tome pour Loken des Luna Wolves, et encore une fois, une réussite. Ben Counter gère les événements et les personnages avec brio, décrit une bataille d’Isstvan III dantesque et épique, et conclut ce prologue à l’Hérésie de façon tout à fait honorable. Ces trois volumes forment ainsi une porte d’entrée idéale sur le monde très sombre de Warhammer 40.000 et garde un intérêt certain pour les experts de l’univers dans le même temps. Vous n’avez plus qu’à vous laisser tenter…

    Note : 7/10

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  • Second volet de la trilogie Loken (et deuxième roman du cycle de L’hérésie d’Horus), Les Faux Dieux constitue une suite directe à l’Ascension d’Horus de Dan Abnett. Ce dernier a en effet passé la main à l’autre auteur habituel de la Black Library, Graham McNeill. D’abord concepteur de jeux pour Games Workshop, il s’est ensuite rapidement et entièrement consacré à l’écriture, notamment dans l’univers de 40.000. Avec ce premier essai dans l’immense construction que représente l’Hérésie, l’écossais se voit confier la dure tâche de passer après le meilleur auteur de l’éditeur anglais. Heureusement, grâce à des romans comme L’Ambassadeur, on sait déjà qu’il peut parfaitement assurer la continuité, notamment au niveau de la qualité d’écriture.

    Horus et le capitaine Loken ont réussi à s’échapper des griffes de l’Interex. Plongés dans l’incompréhension suite au revirement soudain de ces derniers, les Luna Wolves s’acheminent vers le système de Davin où Erebus, premier chapelain des Word Bearers, leur a demandé urgemment de mater une rébellion des forces impériales restées à la suite de Corax et sa Raven Guard. Loken ne fait pourtant que peu confiance à Erebus et se questionne toujours à propos de la présence de celui-ci lors du vol d’une arme d’une puissance terrifiante sur la planète de l’interex : L’Anathame. Tandis que la légion de maître de guerre s’apprête à atterrir sur Davin, les esprits s’échauffent à la fois par les retrouvailles envers un peuple bien connu des Luna Wolves mais aussi par de sombres pressentiments des événements à venir…

     Les Faux Dieux constitue l’élément capital de la trilogie initiale de L’Hérésie d’Horus. McNeill a non seulement la pression de passer après Abnett mais aussi celle de narrer le tournant décisif de la Grande Croisade qu’est la chute d’Horus sur Davin. On s’aperçoit d’emblée que la structure des chapitres et les sous-titres du premier roman sont conservés, tout comme les principaux personnages. Ceux-ci se révèlent tout aussi bien exploités et exposés par l’écossais qui continue de se servir de Loken comme principal point d’attache pour le lecteur. Outre cela, il introduit des protagonistes de la Legio Mortis et Petronella Vivar, une commémoratrice issue de la noblesse de Terra. Si les adeptes de la machine offrent un vrai plus dans la vision globales des factions qui seront impliquées dans la guerre qui s’annonce, Vivar reste un demi-échec en ne faisant guère avancer l’intrigue… heureusement son garde du corps Maggard arrive à susciter un petit regain d’intérêt.

    Côté histoire elle-même, McNeill fait comme Abnett et découpe grossièrement son roman en trois segments. Les deux premiers sont d’ailleurs les plus réussis avec la guerre sur Davin et l’intéressante réaction des impériaux confrontés pour la première fois à la traîtrise d’hommes issus de leurs rangs, ainsi que la confrontation décisive entre Horus et les Dieux du Chaos. Le premier segment sur la lune de Davin s’affirme comme une grande réussite, puisque McNeill installe une puissante atmosphère autour des space marines englués dans les maléfices de Nurgle. L’imagerie et la description méticuleuse de l’écossais assure un excellent moment. Vient ensuite tout un passage autour de la convalescence d’Horus et de son arrivée au temple de Davin. Cette fois, les choses sont plus mitigées…

    Il faut bien comprendre que tous les événements ultérieurs sont liés à la décision d’Horus dans cette seconde partie. McNeill tente du mieux qu’il le peut de montrer les doutes du primarque (il avait d’ailleurs déjà esquissé les choses avant) et de montrer les duperies employées à la fois par les Dieux du Chaos et par Erebus. Malheureusement, cet exercice très difficile ne convainc qu’à moitié…Malgré toute la bonne volonté et les nombreuses démonstrations de l’auteur, la décision finale du maître de guerre et ses dernières paroles semblent bien insuffisantes pour achever d’expliquer clairement le positionnement qui sera le sien par la suite. Du fait, il y a une certaine frustration, même si, on le répète, ce n’est pas un échec ou un ratage. C’est juste un peu décevant et trop rapide.

    Finalement, c’est aussi la dernière partie lors de la guerre contre la Technocratie, qui rattrape un peu les choses. D’abord parce qu’elle permet de retrouver la légion des World Eaters et le terrifiant primarque Angron, mais aussi parce McNeill révèle doucement les nouvelles allégeances d’Horus ainsi que l’effarement de Loken face aux changements qu’il constate. La dernière phrase ne laisse d’ailleurs aucun doute quant à la prochaine étape, le nom d’Isstvaan III étant tristement célèbres pour les fans de 40.000. A ce stade, on peut aussi saluer l’auteur de faire évoluer en parallèle le Lectio Divinatus, ce culte de L’empereur naissant, et de faire un parallèle avec la montée en puissance des légions obscures. La confrontation entre le démon et Keeler dans la bibliothèque étant un très appréciable moment de bravoure (surtout qu’il concerne une simple humaine et non un Astartes).

    Les Faux Dieux s’avère un cran en dessous du roman d’Abnett. Si l’écriture reste d’un niveau satisfaisant pour un ouvrage de divertissement, McNeill peine à trouver les mots juste pour illustrer le choix d’Horus et convaincre de l’inéluctabilité de son choix. Mais ne boudons pas notre plaisir car tout le reste reprend dignement le flambeau de l’Ascension d’Horus et met clairement l’eau à la bouche pour les événements à venir dans La Galaxie en Flammes, confiée cette fois à Ben Counter.
    To Be Continued…

    Note :  7.5/10

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.

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  • L'Hérésie D'Horus, Tome 1 : L'ascension d'Horus



    L’univers de Warhammer 40.000 est un des plus célèbres univers de Science-Fiction contemporain. Son immensité (et pas forcément son originalité) permet d’envisager une énorme quantité d’histoires en son sein. Après la publication des premiers romans prenant place dans ce Dark Millenium sous l’égide de la Bibliothèque Interdite, c’est à présent Black Library France qui a repris le flambeau et se charge de publier les volumes consacrés à l’univers. Soyons clair, il ne s’agit pas de grande littérature, bien au contraire, mais plutôt de divertissement d’action et militariste à souhait. Une collusion entre le roman de gare et le roman de SF militaire. Dans tous les auteurs qui publient pour Games Workshop, ils s’en trouvent quelques-uns qui produisent du bon travail, quand d’autres s’avèrent réellement incapables (William King par exemple). Dan Abnett figure tout en haut de cette galerie d’écrivains et trône, assez facilement, au-dessus de tous les autres. C’est aussi lui qui est également responsable du Marvel Cosmic Universe (Annihilation) et l’auteur du roman Zone de Guerre. Autant dire qu’on peut toujours espérer une bonne qualité pour ses écrits.

    Dans l’univers de 40.000, L’Hérésie d’Horus occupe une place centrale, et c’est tout naturellement qu’une vaste série de romans s’emploie à traiter le sujet. Le tout premier tome s’intitule L’ascension d’Horus et débute en réalité une trilogie avec Les Faux Dieux et La Galaxie en Flammes, respectivement de Graham McNeil et Ben Counter. Pour ce premier volume signé Dan Abnett, nous voici plongés dans la Grande Croisade avec la 63ème flotte expéditionnaire, commandée par le Maître de Guerre Horus en personne à la tête de la légion des Luna Wolves. Alors que la flotte arrive en vue d’une planète où les habitants se croient être les seuls hommes de la galaxie et nomment leur monde Terra, l’officier Loken, commandant d’une des compagnies de Space Marines s’apprête à fondre à la tête de ses guerriers contre ces usurpateurs. Mais sur soixante-trois dix-neuf (le nouveau nom de ce planétoïde), Loken et les Luna Wolves vont découvrir des entités qu’ils n’ont encore jamais affrontées. Ce sera le début d’un engrenage implacable qui conduira Horus, le Maître de Guerre, le premier parmi les fils de l’Empereur, à se confronter à son plus grand adversaire, le Chaos.

    Grossièrement, on peut diviser le roman d’Abnett en trois parties. 
    Tout d’abord, la bataille sur soixante-trois dix-neuf et sa conquête ainsi que l’expédition au Pic des Murmures. Dans ce segment, Abnett met en place ses personnages principaux et pose le contexte. Le tout reste très fluide et assez compréhensible pour introduire même le novice de l’univers. Immédiatement, l’auteur affirme sa maîtrise sur les combats et l’action, l’assaut du palais est intense et épique, les Space marines iconiques et Loken, le personnage principal, instantanément sympathique (ce qui est rare dans 40.000). De même, il introduit la caste des commémorateurs et itérateurs, de façon à donner une dimension plus humaine et certainement aussi, plus empathique pour le lecteur que celle des demi-dieux en armures. S’ensuit l’assaut sur le Pic des Murmures, où Abnett distille une ambiance plus étouffante et plus glauque, et dévoile véritablement l’enjeu du roman. Dans ce premier tiers, on apprend non seulement à connaître la structure de la légion des Luna Wolves (avec le Mournival notamment) mais aussi celle de la Croisade avec ses flottes expéditionnaires hétéroclites. L’anglais profite de cette introduction pour revenir sur la situation de l’Empereur à ce stade de la croisade et ses enseignements, notamment ce refus violent de toute forme de religion.

    Pour la seconde partie, Dan Abnett élargit l’objectif et inclut des protagonistes d’autres légions Space marines dont les célèbres Eidolon et Lucius des Emperor’s Children, et les Blood Angels. Bien plus féroce que la précédente, on assiste à l’immense bataille sur Meurtre, une planète arachnide où les combats se font âpres et sanglants. Abnett se débrouille ici pour creuser la personnalité des Emperor’s Children et dépeindre leurs chefs, prétentieux et trop enclins au narcissisme, même en pleine déroute. C’est l’occasion d’introduire le personnage de Tarvitz, le capitaine de la première compagnie des Emperor’s Children. Il s’avère à ce stade que l’auteur possède toujours ce talent certain d’incarner ses personnages et de les rendre vivants et attachants. De même, sa maîtrise de l’univers ajoute un plus indéniable et il peut mener de front deux arcs essentiels, celui de la tentation de la légion et d’Horus (vu par le prisme de Loken) et celui de la montée du sentiment de déification de l’Empereur. C’est vraiment très habile et très bien intégré au récit, ne gênant absolument pas l’action globale. Ce deuxième segment s’achève une fois tous les éléments en place pour le véritable début, la rencontre avec l’Interex.

    La confrontation avec L’interex donne une étrange sensation. Abnett décrit un Horus que l’on avait peu l’habitude de voir, utopique et très enclin à la paix. Toujours dépeint comme un monstre d'habitude, celui-ci retrouve ici son humanité et, forcément, ses failles, faisant de lui un excellent personnage et donnant une grande force à son destin. C’est aussi ici que se découvre lentement le mal insidieux qui détruira la légion. Certains lecteurs pourraient d’ailleurs être déçus de voir que le roman coupe juste avant le voyage vers Davin mais, d’une façon exemplaire, Abnett vient de poser toutes les bases pour la suite. L’ascension d’Horus, en plus d’être un excellent roman d’action, bénéficie du sens du rythme inné de l’auteur anglais, donnant une vraie dimension de page-turner à l’ouvrage. On peut aussi louer le fait qu’Abnett n’oublie pas d’employer des petits détails de l’univers qui trouveront tout leur sens par la suite (Les loges guerrières) et qui raviront les fans.

    Au final, ce premier volume s’avère une grande réussite. A son échelle de divertissement pur et simple, L’ascension d’Horus est prenant, intense et suffisamment intriguant pour motiver la lecture du second volume. Ses personnages, ses batailles…Abnett n’a rien perdu de ses talents de scénariste et le démontre une nouvelle fois. La suite dans Les Faux Dieux de Graham McNeil.

    Note : 8/10

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