• Wolverine : Le Combat de l'Immortel

    Wolverine : Le Combat de l'Immortel


    Après un X-men, First Class exceptionnel et en attendant sa suite avec X-Men, Days of the Future Past dirigé de nouveau par un certain Bryan Singer, la 20th Century Fox a décidé d’effacer le spin-off Wolverine, Origins et son échec artistique tout autant que public cuisant. Pour se faire, ils ont engagé James Mangoldun réalisateur décent, et pour s’éloigner autant que possible de l’aîné encombrant, ont positionné ce nouveau volet entre X-Men 3 et X-Men Days of the Future Past. En emmenant toujours Hugh Jackman pour incarner Wolverine – un rôle taillé pour lui de toute façon - James Mangold tente de revenir aux fondamentaux du personnage tout en l’envoyant dans une contrée exotique, le Japon. 

    Wolverine, hanté par la mort de Jean Grey, vit à nouveau en paria. Sa rencontre inattendue avec Yukio va venir perturber sa retraite. Celle-ci lui propose d’aller au Japon avec elle pour honorer une vieille promesse vis-à-vis de son maître mourant, le vénérable Yashida. Alors que Logan arrive au chevet du vieil homme, celui-ci lui fait une proposition étrange : la mortalité. Lassé par son éternité, Wolverine semble plus que troublé par cette offre mais rapidement Yashida meurt et le X-Men le plus célèbre se retrouve aux prises avec un complot machiavélique.

    Les premières minutes du film de Mangold font plaisir. On retrouve un Logan solitaire et torturé, hanté par son passé et par sa condition de mutant quasi-immortel. Mangold installe une belle comparaison entre Serval et l’ours, deux bêtes pourchassés. On sent que le réalisateur a la volonté de ne pas reproduire les erreurs ridicules de son prédécesseur et en cela, le personnage de Wolverine et sa peinture dans le long-métrage évite les écueils. On retrouve bel et bien un Logan comme il devrait toujours être, plus noir, plus charismatique et surtout plus tourmenté. En jouant sur le thème de l’immortalité et de son fardeau pour Wolverine, Mangold a tout compris et, un instant, on s’attend à une vrai grosse réussite. Malheureusement, d’autres points viennent gâcher le tableau.

    D’abord, une introduction putassière et hors de propos où Mangold fait se suicider les officiers japonais. Pourquoi ? Aucune idée – en effet, éviter à un bombardier B25 de passer avec un sabre et un pistolet…c’est assez illusoire, pas besoin de croire qu’on a failli, et à ce rythme, vu le nombre de bombardements subit auparavant par le Japon…il ne resterait plus grand monde dans l'archipel. De même, l’énorme proximité avec l’explosion nucléaire aurait dû tuer rapidement Yashida. Rien ici n’a de cohérence. Et ce sera un vrai gros problème durant tout le long-métrage. Notamment à la fin et la confrontation finale où les griffes de Wolverine ne repoussent pas – on se demande pourquoi – ou encore pendant la nullissime scène d’auto-opération à cœur ouvert du X-Men, incroyablement improbable et pas crédible une seule minute.

    De même, et au-delà de ces choses imbéciles et bourrées de facilité, Mangold n’est pas capable de vraiment mettre en difficulté son héros. Même privé de son pouvoir, on ne croit jamais au danger qui pèse sur lui, ce qui donne un sentiment de vacuité au film. Un problème récurrent que l’on retrouve dans une histoire d’amour qui semble artificielle et un peu forcée pour le grand public. Enfin, et surtout, ce qu’il manque à ce Wolverine, c’est un vrai méchant. On passera vite sur Vipère, aussi kitsch qu’inutile pour s’attarder sur le fameux Samouraï d’Argent, un adversaire trop froid et trop tardif. En fait, son intervention à la toute fin et son apparence de robot en font juste une sorte de boss mécanique...avant de dévoiler sa vraie identité qui, de toute façon, ne change pas grand-chose. Il va falloir un jour que la franchise Wolverine comprenne qu’un méchant charismatique et mémorable s’installe durant tout un film et non juste à quelques minutes de la fin.

    Ces nombreux défauts qui plombent le film s’avèrent d’autant plus dommage que l’opus n’est pas franchement mauvais. Les multiples scènes d’action sont de grandes réussites, notamment celle sur le toit du train, vive, inventive et parfois drôle même si un poil incohérente. Idem pour la relation Yukio-Wolverine, un peu l’occasion manquée du long-métrage tant le personnage de Yukio fait preuve de charisme et d’originalité. Les liens entre l’orpheline et le solitaire avaient de quoi donner de belles choses, notamment en évitant la love-story facile et en bénéficiant de l’excellent jeu d’actrice de la jeune Rila Fukushima. Mais Mangold ne saisit jamais l’opportunité et semble la garder sous le coude pour un prochain volet. Reste pour se consoler une scène post-générique intrigante et réussie mais déjà-vue – les humains veulent détruire les mutants, mais QUELLE SURPRISE !!

    Wolverine, le combat de l’immortel avait de quoi séduire par son contexte asiatique et son retour aux sources sur le personnage principal de Logan. Malheureusement, le film se retrouve plombé par de multiples incohérences, le manque criant d’un vrai bad guy charismatique et pire encore, d’enjeux crédibles. Sans être mauvais, le long-métrage de Mangold n'arrive pas à redorer totalement le blason de la franchise, espérons que le prochain saura enfin le faire – en adaptant Weapon X, on peut rêver non ? 
    Bref, on est loin d'un Days of the Future Past (critiqué ici)

    Note : 6/10

    Meilleure scène : L’introduction dans la forêt

    Meilleure réplique : I’m Wolverine


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