• X-Men : Days of The Future Past

    X-Men : Days of The Future Past


    En 2011, la franchise X-Men - la plus vieille aventure de super-héros au cinéma - subit un virage à 180°. Après un décevant X-Men 3 par Brett Ratner, la Fox décide de confier le nouveau volet des mutants à Matthew Vaughn, tout auréolé de gloire par son Kick-Ass. Accompagné par Singer au scénario, celui qui avait si bien entamé la saga, Vaughn accouche d’un film génial porté par une pléiade d’acteurs fabuleux : X-Men : First Class. Malheureusement, Vaughn se retire de l’entreprise et au bout de nombreux rebondissements, Bryan Singer reprend les rênes pour le plus grand bonheur des fans. En adaptant un arc mineur des comics et en continuant dans le même temps l’histoire de jeunesse amorcée dans First Class, Days of The Future Past retrouve son casting flamboyant et ses relations humaines passionnantes. Après une traversée du désert avec le médiocre Jack, Le chasseur de Géants et le méconnu (mais néanmoins excellent) Walkyrie, Singer peut-il revenir à son meilleur niveau et égaler le métrage de Vaughn ?

    L’humanité est au bord de la destruction totale depuis que des machines inventées pour traquer les mutants sont devenues incontrôlables. Ces Sentinelles ont réussi à éradiquer tous les surhommes du monde et seule une poignée menée par Magneto et le Professeur X a réussi à survivre. Dans une ultime tentative désespérée, Xavier renvoie Wolverine dans le passé, en 1973, pour changer le cours de l’histoire et empêcher Bolivar Trask de mener à terme son projet de Sentinelles. Mais les choses s’avèrent beaucoup plus délicates que prévues car Wolverine va devoir convaincre le jeune Xavier de la nécessité de son combat et surtout… de coopérer avec son ennemi juré de l’époque, Magnéto.

    A l’instar de son X-Men 2, Bryan Singer ouvre ce Days of Future Past par une superbe scène d’action mettant en valeur sa réalisation et le pouvoir d’un mutant particulier. Exit Diablo et bonjour Blink qui possède un don tout droit sorti de Portal et qui se prête merveilleusement à cette introduction grandiose. Virevoltant entre les différents affrontements, la caméra de Singer impressionne et laisse entrevoir que le monsieur est revenu à son meilleur niveau. La suite ne fera d’ailleurs que le confirmer tant la maitrise de l’américain parsème le long-métrage de scène mémorables : L’arrivée de Magnéto et de son stade, la confrontation Mystique-Magnéto et surtout la séquence à la gloire de Quicksilver, totalement jouissive et formellement exemplaire. Singer utilise à merveille le ralenti, oublie le côté racoleur habituel de la chose et s’en sert à la fois pour des questions de lisibilité et de mise en perspective de l’action. Si la scène de Quicksilver constitue un des points d’orgue du film, elle synthétise en même temps nombre des qualités du métrage : Audace, force et intelligence.

    Si le film allie passé et futur, c’est bien le premier qui domine de son ombre imposante l’histoire qui se joue devant nos yeux. Singer reprend quelques années après First Class et dépeint un passé désabusé où les jeunes Magnéto et Xavier sont loin de ce qu’ils seront. Le premier se retrouve enfermé et impuissant, et le second se morfond sur son passé. Là où First Class jouait sur le trio Mystique – Xavier – Magnéto en mettant l’accent sur Magnéto, c’est ici sur Xavier que Singer se focalise. Il fait de Mystique un enjeu majeur, son âme devenant le salut du futur, sorte de symbole fort sur un choix auquel se retrouve confronté chaque mutant dans sa vie. Cette orientation fait de Days of Future Past un parfait complément de First Class, tout en mettant en perspective le passé torturé de Xavier. De nombreux spectateurs seront d’ailleurs surpris sur le relatif manque de scènes d’actions (on en compte surement trois d’importance) mais Singer mise sur la première force des X-Men : leur humanité exacerbée. A ce titre Mystique prend ici une importance aussi inattendue que superbe, personnage tragique tiraillé entre deux hommes qu’elle aime, et surtout deux camps qui l’attirent.

    Days of The Future Past n’en oublie pas forcément ses personnages secondaires et notamment Wolverine, pas vraiment le point central du film mais qui reste déterminant et que Singer affectionne particulièrement. La surprise c’est le choix de celui-ci pour repartir en arrière alors qu’il est loin d’être le plus adapté. Cette inadéquation produit un décalage subtil dans l’approche bien plus frontale du jeune Xavier mais aussi bien plus intéressante. Elle creuse dans le même temps la relation entre les deux hommes qui n’en finit pas de réjouir. D’autres mutants seront largement moins exploités comme Le Fauve, Tornade ou Kitty… mais sans aucune incidence sur la qualité du film, puisque ce ne sont pas eux qui en constituent le cœur.

    Si le film impressionne autant, c’est aussi, et surtout, par ses acteurs, absolument fabuleux et toujours plus impressionnants. On citera inévitablement le génial Michael Fassbender, toujours insolemment bon, ou encore Hugh Jackman presque indissociable aujourd’hui du rôle de Wolverine tant il se l’est approprié au fur et à mesure des films de la franchise ou encore Jennifer Lawrence, sublime, toujours au plus juste dans ses émotions et dans son intensité. Cependant, celui qui vole la vedette cette fois, c’est définitivement James McAvoy, l’écossais qu’on n’a pas vu aussi habité depuis Le Dernier Roi D’Ecosse, et qui compose un personnage de Xavier en plein tourment, pris entre ses dons et son handicap, entre ses espoirs et sa colère. Sa prestation s’avère simplement exceptionnelle et poignante entre toutes. Days of The Future Past profite également de la présence fugace des vieux de la vieille tels que Ian McKellen ou Patrick Stewart, toujours aussi convaincants. Précisons pour ceux qui se le demandent : oui, Omar Sy en Bishop assure, même si on le voit très peu et qu’il reste quasiment muet.

    Enfin, et surtout, Days of The Future Past puise sa force dans son audace. Singer sait pertinemment que sa trilogie initiale avait été estropié par le médiocre X-Men 3 de Rattner, sans même compter les deux faiblards spin-off sur Wolverine. Avec ce long-métrage, il arrive malicieusement à retourner la situation et amène petit à petit une sorte de « reboot » de la saga par sa trame temporelle alternative. La conclusion du film ne laisse d’ailleurs aucun doute, Singer a réussi le tour de force de zapper tout ce qui a eu lieu avant First Class pour s’offrir, enfin, la trilogie sublime auquel il aspirait tant. Une situation unique mais salutaire, qu’on espère se voir concrétiser avec le troisième volet de cette seconde trilogie, X-Men Apocalypse.
    Le dernier bébé de Singer n’a finalement qu’un talon d’Achille en la personne de Bolivar Trask. Malgré l’excellent jeu de Peter Dinklage, le personnage manque cruellement d’épaisseur et avant tout, de motivations. Ses explications très sommaires sur celles-ci ne suffisent pas et l’on reste un peu perplexe sur ce qui pousse Trask à détruire les mutants…

    Bryan Singer l’a fait. Non content de revenir au top de sa forme, l’américain vient de signer rien de moins que le meilleur X-Men de la franchise. Intense, poignant, intelligent, audacieux, surprenant… tout y est, et si les acteurs n’ont pas finis de nous épater, nul doute que le réalisateur non plus. Dire que l’on attend désormais Apocalypse semblerait un euphémisme.
    En l’état, Days of The Future Past s’affirme comme l’exact opposé du déplorable Amazing Spider-Man (critiqué ici), un film avec une âme et du respect, un film d’un auteur plutôt que d’un commercial. Précipitez-vous !

    Note : 9/10

    Meilleure scène : Quicksilver en action

    Meilleure réplique : « I don’t want your future, i don’t want your suffering »


    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    1
    Jeudi 26 Juin 2014 à 20:14

    La mise en scène de Singer  est quand même assez basique. C'est une réalisation à la papa avec beaucoup de dialogues sans être capable d'une réelle inventivité des scènes d'action .En soi, le film est bon pour sons scénario et sa volonté de mettre en avant ses acteurs. On peut noter un Wolverine plus en retrait ce qui nous change de la trilogie de base !

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    2
    Jeudi 26 Juin 2014 à 21:17

    Je ne trouve pas la mise en scène de Singer basique. Sa scène d'ouverture est aussi virtuose que pour X-Men 2, le reste est d'un très bon niveau et il sait magnifié ses personnages et filmer ses instants dramatiques. Sans parler de la scène de Quicksilver.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :