FLOP CINE 2015 - JUST A WORD
Ce flop a été composé après visionnage de 111 films au cinéma sortis cette année 2015.
10 - Crimson Peak de Guillermo Del Toro
Réalisateur pourtant largement apprécié, le mexicain Guillermo Del Toro a extrêmement déçu avec son Crimson Peak. Si le long-métrage est inattaquable sur le plan de la mise en scène pure (et c'est finalement ce qui le sauve), il met en lumière une pratique à la fois honteuse et révélatrice : l'auto-plagiat. N'ayant visiblement plus rien à dire, Del Toro finit par se plagier lui-même en reprenant presque trait pour trait le fond de son chef-d'oeuvre, L'Echine du Diable. Rajoutons à cela des incohérences embarrassantes et la longueur abusée du long-métrage dans sa première partie, et l'on constate avec désarroi que depuis Le Labyrinthe de Pan, Del Toro n'a plus fait de film avec un véritable scénario. Sera-t-il condamné aux blockbusters épiques tels que Pacific Rim ?
Espérons que non...
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9 - Chappie de Neill Blomkamp
A l'instar de Del Toro, Blomkamp se plagie lui-même dans Chappie. Resucée maladroite de l'ambiance de son premier excellent film, District 9, Chappie nous fait aussi le coup du robot qui devient plus humain que l'humain. Ce thème abordé à maintes et maintes reprises ne procure au spectateur aucune nouvelle piste de réflexion et finit même par lasser tant les personnages humains manquent de charisme pour nous séduire. Reste alors un film d'action correct mais franchement décevant. Après le lamentable Elysium, Neill Blomkamp confirme qu'il n'avait qu'une seule bonne idée à mettre en images...
8 - American Sniper de Clint Eastwood
C'est l'histoire d'un mec qui réalisait d'excellents films voire, parfois, de véritables pépites. Ayant atteint le sommet avec Letters from Iwo Jima, notre bon vieux Clint Eastwood s'est mis en tête de doucement descendre de l'autre côté. Le côté obscur. Très très obscur. Républicain convaincu mais pas assez bête pour l'exposer sur pellicule, Clint Eastwood réalise avec American Sniper son pire film. Incapable d'adopter une position claire, mixant des influences et des éléments vus ailleurs dans une qualité largement supérieure (Jarhead, Full Metal Jacket...) et donnant à Cooper un de ses rôles les plus insipides (avec le jeu monolithique qui va avec, évidemment). A côté du monstrueusement intelligent Foxcatcher de Benett Miller, American Sniper apparaît comme un film insipide et médiocre au mieux. C'est dur de vieillir...
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7 - Les 4 Fantastiques de Josh Trank
Running-gag de la production foireuse, les 4 Fantastiques par Josh Trank se hisse avec aisance dans le Flop 10 de l'année. Ce film étrange qui semble pourtant assez correct dans sa première moitié, malgré des erreurs de casting flagrantes (à commencer par Toby Kebell en méchant et Miles Teller en Richards...), bascule d'un coup d'un seul dans un nanar de luxe comme on a en rarement vu. Tout se passe comme si, au bout de la moitié du film, tout le monde s'était dit sur le plateau : "Oh et puis merde les gars, si on faisait n'importe quoi ?". Parce que, oui, après, c'est du grand n'importe quoi. Le point culminant semblant atteint lorsque le grand méchant Dr Doom, que l'on pensait impossible d'être plus médiocre que dans l'original, se révèle encore plus médiocre et foiré. Un tel exploit après avoir livré un Chronicle excellent, ça mérite le respect (ou la fessée, c'est à voir...) !
6 - Maggie d'Henry Hobson
Arnold n'est plus gouverneur de Californie. Du coup, Arnold doit payer ses factures comme tout un chacun. Alors, avant de violer joyeusement la saga Terminator avec Genysis (non critiqué dans Just A Word, la bande-annonce se suffit à elle-même), Arnold est parti tourner un film de zombies. Avec la talentueuse Abigail Breslin qui devait aussi avoir des factures à payer, Henry Hobson livre un long-métrage qui se concentre sur le traumatisme que peuvent vivre les personnages condamnés à abattre leurs proches zombifiés. Bonne idée, non ? Sur vingt minutes... peut-être... sur une heure et demi, certainement pas. Répétitif, déjà largement vu ailleurs en mieux (et en beaucoup plus juste), Maggie veut aussi se donner un style "film d'auteur" qui finit par tomber dans la caricature désolante. Un échec assez dommage mais presque inévitable.
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5 - La rage au ventre d'Antoine Fuqua
Les films de boxe, c'est bien. Enfin, quand c'est fait avec talent. Antoine Fuqua, bien décidé à rendre hommage à son nom de famille, nous gratifie cette année d'une véritable diarrhée filmique. Mélodrame poussif jamais crédible et surtout vu mille fois ailleurs (et en mieux), La Rage au ventre bouffe le précieux temps d'excellents acteurs (Gyllenhaal et Whitaker) pour une sorte de pseudo-Million Dollar Baby mixé avec du mauvais Rocky, où l'on sait tout ce qu'il va se passer après dix minutes de film. Du coup, on se fait profondément chier et l'on attend avec impatience la victoire du hérosquiestunconnardmaispastropetquivatrouverlalumièreavecunvieuxnoirquinefaitplusdeboxe.
Et si en plus on vous dit que 50 Cent joue dans le film ? Il faut vraiment argumenter davantage ?
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4 - Jupiter's Ascending des Wachowksi
Véritable énigme de petit et grand écran, les Wachowksi alternent coup de génie et bouse affligeante. Puisqu'en 2012 était sorti sur les écrans l'éblouissant Cloud Atlas, 2015 devait donc voir la parution d'un étron filmique. Certainement trop occupé par leur série Sense8, les Wachos nous offrent un space-opéra réalisé de main de maître mais totalement imbécile et caricatural. A la fois niais comme un Disney et ridicule comme un Disney (bah oui), Jupiter's Ascending réussit l'exploit de faire jouer comme des patates Channing Tatum et Eddie Redmayne (on a même honte pour ce dernier...). Prouvant une bonne fois pour toutes que des effets spéciaux et une belle actrice ne font pas tout en science-fiction, Jupiter's Ascending mérite carrément sa place au pied du podium.
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3 - Les Merveilles d'Alice Rohrwacher
Il n'y a pas que le cinéma à gros budget qui accouche de sombres bouses. Il y a aussi le cinéma d'auteur.
Grand prix du festival de Cannes 2014 (mais ça leur arrive souvent...), Les Merveilles d'Alice Rohrwacher avait reçu une pluie d'éloges avant même de sortir en salle. Seulement voilà, une fois devant le long-métrage, difficile de comprendre l'engouement. Mise en scène extrêmement fade et datée, histoire aussi passionnante que la dernière saison de Derrick, des longueurs à n'en plus finir... Les Merveilles porte mal son nom. On se consolera avec l'apparition d'une Monica Belucci grimée en présentatrice sexy de show campagnard au rabais mais, avouons-le, c'est assez peu pour pallier à l'infinie vacuité de ce navet méconnu (à juste titre).
2 - Jurassic World de Colin Trevorrow
Vous l'attendiez tous avec impatience ? Avec excitation même ? Manque de bol, la suite/reboot de la légendaire saga Jurassic Park se hisse au rang du nanar de l'année. Rien que ça.
Dans un superbe élan artistique qui rappelle parfois les meilleurs éclats de génie de Paul W.S Anderson, le jeune réalisateur américain a décidé de livrer une belle madeleine de Proust aux fans surexcités. Sauf qu'à l'intérieur, tout est pourri. Non seulement la réalisation du film manque constamment d'ampleur et d'audace (alors qu'on filme quand même des dinosaures de plusieurs mètres de haut), mais en plus elle conjugue la médiocrité d'un casting fade au possible (la palme à Chris Pratt qui incarne un héros dont on a déjà oublié le nom, possédant le charisme d'un bulot cuit et l'intelligence d'un concombre avec des cheveux... et c’est bête un concombre !), d'un scénario qui recherche constamment les débilités, les incohérences et surtout des moments de pur "WTF ?!" qu'on croyait impossible. Pour peu, on n'aurait pas été plus surpris que ça de voir nos héros boire une bière avec les vélociraptors.
Dans le jargon, on appelle ça une purge (et encore, la purge soulage... là...)
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1 - The Visit de Night Shyamalan
Ah Night Shyamalan ! Un jour grand parmi les grands, l'américain n'en finit à présent plus de toucher le fond.
Malgré le postulat de base prometteur de son dernier film, The Visit, on sait à présent que Shyamalan a pris une pelle et qu'il creuse. Profondément. Etant au film d'horreur ce que Justin Bieber est à la musique contemporaine, The Visit semble avoir parfaitement assimilé tout ce qu'il ne faut pas faire pour réaliser un bon film d'horreur, et même un bon film tout court. Scénario aussi fin qu'une blague de Jean-Marie Bigard, réalisation totalement désespérante, absence totale du moindre début de frisson, et, pire que tout, drôle involontairement, le dernier rejeton de Night Shyamalan achève de nous convaincre que le réalisateur d'Incassable et Sixième Sens n'est plus. Paix à son âme, et arrêtez de violer son cadavre. Merci.
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