• [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 18 : Délivrance Perdue

    Délivrance perdue annonce une nouvelle période dans l'immense cycle de L'Hérésie d'Horus. Après 17 tomes, la Black Library se décide (enfin) à aborder des événements post-Istvaan. Bien entendu, on peut arguer que, déjà, Les Morts Oubliés abordait cette époque mais, en regard du type particulier de roman dont il s'agissait et de son action restreinte à Terra, c'est bel et bien Délivrance perdue qui représente le véritable coup d'envoi de cette seconde époque. Pour l'occasion, c'est Gav Thorpe, un des concepteurs de jeux le plus connus de Games Workshop (et un des plus controversés...), qui se charge de l'écriture des mésaventures de la Raven Guard. Il faut noter d'ailleurs qu'il est très fortement recommandé de lire la nouvelle Le Visage de la Trahison dans le recueil L'Âge des Ténèbres puisqu'elle raconte justement le sauvetage de la Raven Guard du point de vue du commandant Branne.

    Le massacre du site d’atterrissage a entraîné l'annihilation de deux légions, les Salamanders et les Iron Hands. Saignés à blanc, les survivants de la Raven Guard abandonnent derrière eux près de soixante-quinze mille des leurs pour fuir à travers les plaines tourmentées d'Istvaan V. A leur tête, leur impétueux primarque, Corvus Corax. Alors qu'ils se préparent à vendre chèrement leur peau face aux hordes d'Angron, le commandant Branne les contacte depuis son vaisseau pour les évacuer. Il parvient ainsi à sauver le primarque et quelques deux mille cinq cents de ses hommes. Corax ordonne alors de partir pour Terra au plus vite dans l'espoir d'obtenir de l'Empereur son ancienne technologie génétique pour reconstruire sa légion meurtrie. Ce qu'il ignore c'est que son échappée miraculeuse ne doit rien à la chance. Dans l'ombre, Alpharius et Omegon ont infiltré des agents de l'Alpha Legion au cœur même de la Raven Guard...


    Gav Thorpe a trois tâches principales avec Délivrance Perdue. La première est de nous raconter les conséquences du massacre d'Istvaan V. De façon précise et rapide, il arrive à saisir toute l'horreur de cette trahison pour Corax et, plus loin dans le récit, pour Dorn et le Sigilitte. Il rend de façon très crédible l'impuissance et le désespoir qui a envahi la Raven Guard mais aussi la fébrilité des forces stationnées sur Terra pour fortifier le Palais Impérial. La seconde tâche est elle, plus ardue. Thorpe se doit de décrire une des légions qu'on a le moins vu jusque là : la Raven Guard. D'un côté, l'auteur britannique parvient à donner une identité à ces space marines en en faisant une force d'attaque-éclair bien plus pragmatique que des World Eaters ou des Space Wolves, mais de l'autre il peine à bâtir un véritable caractère, de véritables spécificités comme l'a fait Dan Abnett pour les Space Wolves justement. Leur description, même si elle reste plaisante, se borne donc au minimum syndical et, d'une certaine façon, Thorpe réussit bien mieux à incarner leur primarque, Corvus Corax. Charismatique, le primogenitor de la Raven Guard est également décrit au cours de quelques flash-backs au sujet de son ascension sur Lycaeus. Une excellente idée qui permet de rendre le personnage plus humain alors que, justement, il est bien plus que ça.

    Le troisième défi que doit relever Thorpe est également le plus conséquent. Délivrance perdue constitue certes un récit centré sur la Raven Guard...mais parle également de l'Alpha Legion. En quelque sorte, Thorpe doit prendre la suite d'Abnett et son génial Légion. Evidemment, il n'arrive jamais à égaler l'excellent background mis en place par Dan Abnett mais pour autant il prolonge honorablement la chose. L'Alpha Legion devient ici quasiment une troisième faction, tiraillée entre sa collusion avec la Cabale et son envie de dominer toute les légions renégates. Le mystère qui les entoure permet d'ailleurs à l'intrigue de faire long feu. Gav Thorpe nous berne pendant les trois quarts de l'histoire sur l'identité des agents infiltrés et amène son lot de surprises en fin de récit. On regrette de ne pas voir davantage Alpharius (le vrai) mais la présence d'Omegon permet de pallier à cette frustration. En réalité, le seul vrai défaut du roman, c'est encore une fois sa longueur. Le livre aurait mérité d'être amputé d'une bonne centaine de pages, notamment des passages inutiles autour des régiments de Therion qui ne servent à rien. De même, le passage sur Terra s'éternise beaucoup trop avec le petit jeu d'exploration mortel du labyrinthe vraiment trop long. Ainsi, Délivrance Perdue accuse un coup de mou à mi-parcours et retrouve un deuxième souffle avec l'amorce de la révolte contre la Cache du Corbeau. Thorpe conclut son récit par une bataille qui vaut plus pour la révélation des machinations d'Omegon que pour son action en elle-même, celle-ci sera d'ailleurs bien plus réussie dans la prise de la Forteresse Parfaite.

    A l'arrivée, Délivrance Perdue n'est pas un tome aussi réussi que Prospero Brûle ou Legion, mais il se lit avec plaisir, notamment pour les fans de L'Alpha Legion et de la Raven Guard. Si Thorpe n'a pas la plume d'un Abnett, il assure le nécessaire pour rendre son récit intéressant et réserver quelques surprises à son lecteur. Espérons simplement que la Bataille de Calth sera plus prenant.

    Note : 7.5/10


    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 10, Chroniques de L'Hérésie ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 16, L'Âge des Ténèbres ici.

    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

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  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 16 : L'âge des ténèbres


    Pour ce tome 16, le cycle de L'Hérésie d'Horus fait une nouvelle pause "nouvelles".  Après un recueil Chroniques de l'Hérésie très décevant, L'âge de ténèbres a la lourde tâche de relever le niveau, d'autant plus qu'il s'agit la d'un volume destiné à faire la transition vers l'après Istvaan V. Au travers de 9 nouvelles et autant d'auteurs, L'âge des ténèbres fait un peu le point des forces en présence avant d'embrayer vers des tomes tels que Délivrance Perdue où l'on assistera au devenir de Corax et de ses troupes meurtries. Peut-il effacer le souvenir médiocre de son prédécesseur et rassurer quand à la capacité des auteurs de la Black Library à écrire correctement sur une forme courte ?


    Premier auteur à ouvrir ce volume, le vétéran Graham McNeill qui se penche cette fois du côté des Ultramarines qu'on avait eu peu l’occasion de voir auparavant. On y suit l'affrontement terrible entre le capitaine Remus Ventanus, commandant de la 4ème compagnie, et les différents envahisseurs du secteur d'Ultramar tandis que le Primarque Roboute Guilliman débute l'écriture d'un livre essentiel pour l'avenir de l'humanité, le Codex Astartes. Malheureusement, si McNeill était le plus convaincant dans le premier recueil de nouvelle, il ne réitère pas cette exploit avec un texte franchement inutile, tout juste destiné à ceux qui recherche de l'action. De plus, Roboute Guilliman est présenté de façon tout à fait étrange, seul enfermé dans son domaine de Maccrage alors que la galaxie se déchire sous les coup du maître de guerre... Voilà qui est pour le moins peu crédible. Les Règles du combat constitue une piètre entrée en matière...

    Heureusement, le second texte relève le niveau. Dans le Fruit du Mensonge, James Swallow - l'auteur de La Fuite de l'Eisenstein - tente une nouvelle approche du conflit. Sur la planète agricole Vigor-Mos II, un monde reculé et sans aucune importance stratégique, une terrible nouvelle secoue les habitants. Horus a tué l'Empereur de l'Humanité et règne désormais sur la galaxie. Léon pourtant n'en croit pas un mot tandis que le reste de la population commence à se diviser entre les fidèles de l'Empereur qui refusent de croire à son décès et les lâches qui préfèrent déjà se ranger sous la bannière d'Horus. Léon commence alors à s’intéresser à un étranger arrivé quelques semaines auparavant, un certain Mendacs. Originale, sans aucun space marine à l'horizon, James Swallow nous démontre de manière fort convaincante comment un monde peut changer d’allégeance par un simple mensonge. Derrière cette stratégie retorse, une légion qu'on a plaisir à retrouver et une ambiance qui tranche avec l'habituelle atmosphère martiale et guerrière. Une vraie bonne pioche et le premier bon texte de Swallow.

    Pour Les Fils Oubliés, Nick Kyme, un petit nouveau pour le cycle de l'Hérésie, raconte comment Bastion, un monde technologiquement et militairement avancé, demande à des émissaires de chaque camp de se rencontrer pour plaider leur cause et choisir leur allégeance en conséquences. Du côté renégat, ce sont les Iron Warriors qui se chargent de cette tâche tandis que de l'autre, Heka'tan, un survivant Salamanders, et Arcadese, un Ultramarine, portent la lourde responsabilité de représenter l'Imperium...Mais si la rencontre était un piège ? Relativement sans surprise et presque complètement anecdotique, la nouvelle de Nick Kyme ne vaut que pour les quelques passages où l'on assiste au dernier carré des Salamanders et de leur primarque Vulkan à la surface d'Istvaan. Le reste fait appel à des ressorts scénaristiques éculés et les personnages peinent à convaincre (la présence d'Arcadese laisse sceptique...). Dommage.

    Le Dernier Commémorateur prend encore à contre-pied son prédécesseur et expurge toute action ou bataille pour renouer avec un huit-clos et rapporter le récit de Solomon Voss, fondateur des Commémorateurs. Très bien pensée, la nouvelle a l'avantage de se pencher sur les extrémités auxquelles sont obligés de se résoudre les loyalistes et ainsi, de préfigurer l'horreur que sera le 41ème millénaire. Rogal Dorn y apparaît plus humain et surtout dans une position bien plus inconfortable qu'il n'y parait. C'est aussi l'occasion d'apprendre ce qu'est devenu l'ordre des commémorateurs. En résumé, John French convainc dès son premier texte. Chapeau.

    Ce n'est pas le cas de Chris Wraight avec Renaissance. Non seulement sa plume présente quelques lacunes mais en plus son sujet souffre de cette même inutilité qui sapait l’intérêt du texte de McNeill. Le lecteur y suit le retour de certains Thousand Sons non présents durant l'attaque de Prospero et leur réaction face à la dévastation. Wraight tente un faux-suspense longuet sur l'identité des agresseurs qui se trouvent à la surface de la planète mais surtout, il n'apporte rien de neuf au cycle. De même, la justification de la présence des renégats sur Prospero s'avère très légère, pour ne pas dire ridicule. Une belle déception.

    Le Visage de la trahison n'est, lui, pas du tout inutile, c'est même tout le contraire. Dans celui-ci, Gav Thorpe raconte le sauvetage inespéré des survivants de la Raven Guard et de leur primarque, Corvus Corax. Le texte est non seulement fort bien mené mais il permet en plus d'annoncer clairement la suite des choses en constituant le parfait prélude pour Délivrance Perdue. Thorpe met ses pions en place, que ce soit du côté des loyalistes ou des renégats, et en profite pour expliquer par quel miracle Corax a pu s'échapper d'Istvaan V. Un miracle qui n'en est d'ailleurs surement pas un. Voilà un texte qui rehausse le niveau.

    Dan Abnett avait largement déçu dans les Chroniques de L'Hérésie. Cette fois, avec L'autre Horus, il capitalise sur un des personnages qu'il avait lui-même introduit dans le premier tome du cycle. C'est un vrai plaisir de retrouver Horus Aximand et de pouvoir enfin constater ce que sont devenus les Sons of Horus, et plus particulièrement le Mournival. Courte, très bien écrite, et avec son lot de fan-service, la nouvelle arrive à rassurer sur la capacité d'Abnett à forger de courtes histoires passionnantes.

    Rob Sanders, encore un nouveau nom pour l'Hérésie, s'intéresse à un conflit intra-légion, en l’occurrence l'opposition entre des Iron Warriors loyalistes emmenés par le maître de forge Barabas Dantioch, seigneur du Fort de la Misère sur Damantyne La Petite, et le maître de forge renégat Krendl envoyé par Horus et Perturabo. Épique et haletante, la nouvelle permet en plus de mettre en lumière un des héros méconnus ayant ralenti la progression des renégats vers Terra. Avec ses personnages charismatiques et une ribambelle d'idées, notamment à propos du lieu de la bataille, Rob Sanders offre un récit qui se lit avec grand plaisir et qui ne manque pas de moments de bravoure.

    Pour conclure, Aaron Dembksi-Bowden, le responsable de l'excellent Le Premier Hérétique, s'intéresse aux Dark Angels dans Des Armes Brutales. Il nous emmène dans le secteur de Thramas où les Darks Angels ont reçu l'ordre de défendre les mondes impériaux et où ils se sont heurtés à la légion de Konrad Curze, le Night Haunter. Il nous convie à une rencontre au sommet entre les deux primarques et à un inévitable affrontement bien épique. Les deux demi-dieux sont excellemment dépeint et la fin du récit permet d'annoncer un nouveau rebondissement dans la saga, que l'on retrouvera dans quelques tomes. Une excellente conclusion.

    L'âge des Ténèbres rassure. Malgré trois nouvelles anecdotiques, le reste des textes du recueil tient largement ses promesses et fait de belle manière la liaison avec la suite du cycle. En gros, si vous souhaitez lire de courts récits intéressants et importants pour la saga, oubliez Chroniques de l'Hérésie (excepté les deux dernières nouvelles) et prenez L'âge des Ténèbres, autrement plus convainquant.

    Note : 7/10

    Chronologie :
    - Les Règles du Combat de Graham Mcneill : Après la bataille de Calth [Lire après le tome 19 dans l'idéal]
    - Le Fruit du Mensonge de James Swallow : Peu précise, après Istvaan V [Lire après le tome 7 dans l'idéal]
    - Les Fils Oubliés de Nick Kyme : Quelques temps après la bataille d'Istvaan V et avant Calth [Lire après le Tome 5 dans l'idéal]
    - Le dernier Commémorateur de John French : Après la fondation de la forteresse-prison de Titan
    - Renaissance de Chris Wraight : Après la bataille de Prospero [Lire après le diptyque Tome 12+15} 
    - Le Visage de la Trahison de Gav Thorpe : A la toute fin de la bataille d'Istvaan V [Lire AVANT le Tome 18]
    - L'autre Horus de Dan Abnett : Indéterminé, après Istvaan V [Lire après la trilogie Loken et le Tome 5 dans l'idéal]
    - Coeur de Fer de Rob Sanders : Lors de l'avancée de la flotte d'Horus vers Terra [Lire après le Tome 5 dans l'idéal]

    - Des Armes Brutales : 2 ans après la trahison du maître de guerre Horus

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 10, Chroniques de L'Hérésie ici.

    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

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  • Premier volume de ce type dans le cycle de L’Hérésie d’Horus, Chroniques de l’Hérésie n’est pas un roman mais un recueil de nouvelles. Il rassemble sept nouvelles de sept auteurs différents autour d’un sujet commun : L’Hérésie d’Horus à proprement parler, c’est-à-dire les événements autour de la trahison du maître de guerre Horus. Ce concept, pourtant répandu en science-fiction, est une première pour l’univers du 31ème millénaire. Voyons si le format de la nouvelle convient également à l’univers sombre de la Black Library.

    Le premier texte est signé, naturellement, Dan Abnett, l’auteur le plus populaire et le plus talentueux de la Black Library. Dans Partie de Chasse, on suit Amon, un Custodes, qui tente de mettre à l’épreuve les systèmes de protections du Palais Impérial avant de mener une mission retorse au cœur du Haut-Brésil. Assez rapide et grossièrement scindé en deux parties, le récit manque clairement du génie habituel d’Abnett. Le nombre de pages empêche de creuser la psychologie d’Amon et l’intrigue, même si elle reste sympathique à lire, n’a rien d’inoubliable. Il semble clair qu’Abnett est à l’étroit dans ce format d’écriture accouchant cette fois d’un texte anecdotique même s’il n’est pas désagréable en soi.

    Pour la suite, c’est Mike Lee qui prend la relève avec Dans la Gueule du Loup. Déjà « responsable » des Anges Déchus, un des plus mauvais tomes du cycle, il porte cette fois son dévolu sur une compagnie de Space Wolves découvrant une planète isolée qui abrite une communauté humaine devenue le souffre-douleur d’une cabale d’Eldars Noirs. Plus long texte du recueil, il met l’accent sur une guérilla de Space Marines et une série de combats devant mener à la rébellion d’un monde entier. Même si Mike Lee n’est pas mauvais dans sa façon de mener son récit, celui-ci reste basique et ne comporte pas de grandes révélations fracassantes. On reste dans un registre de SF militaire basique où certains défauts de l’univers sont exacerbés (la tendance à exagérer le nombre d’adversaires pour démontrer le caractère surhumain des space marines atteint des sommets avec une dizaine de Space Wolves contre une cabale de plusieurs centaines d’Eldars Noirs...) et, plus dommageable, quelques soucis d’écriture assombrissent la nouvelle, la faute au style de l’auteur ou à une traduction hasardeuse (on retrouve par exemple des Land-Raiders qui vont « cul par-dessus tête, ou des qualificatifs pour le moins étranges tel qu’« atavique »...). Bref, encore une fois sympathique mais rapidement oublié.

    Les Descendants de la Tempête aborde à son tour la question de L’Hérésie par le biais des Word Bearers et l’attaque de la planète Quarante-Sept Seize, qui est également relatée dans Le Premier Hérétique. Signé par Anthony Reynolds, le récit présente un problème de taille, celui de la cohérence. Ils arrivent souvent que certains éléments divergent entre les nombreux auteurs de la Black Library, mais cette fois, Reynolds se retrouve confronté à la version d’Aaron Dembski-Bowden. L’évolution de Lorgar est bien trop rapide, le primarque tombant dans le giron du Chaos à peine un mois après les événements de Monarchia. Mais le pire, c’est que la bataille en elle-même et sa conclusion restent tout à fait insipides et extrêmement prévisibles. A oublier.

    Pour James Swallow, le cadre du récit de La Voix fait suite (ou presque) à son roman La Fuite de L’Eisenstein mais change de protagonistes grâce aux Sœurs du Silence. On y suit Leilani Mollitas et ses sœurs d’armes à bord du Validus, un vaisseau Noir avec lequel l’Astra Telepathica a perdu tout contact. Construit comme une histoire d’horreur spatiale à la sauce Event Horizon, Swallow se débrouille assez bien pour installer une atmosphère inquiétante. Si sa révélation finale quant à la nature de l’entité qui a décimé l’équipage du Validus s’avère surprenante, il n’en fait fondamentalement rien et termine trop rapidement son récit qui reste tout aussi anecdotique que les précédents.

    L’Appel du Lion, quant à lui, met en scène les Dark Angels et l’abord d’une planète humaine devant intégrer l’Imperium. Gav Thorpe, déjà responsable de plusieurs romans sur les mêmes space marines, s’amuse à confronter les natifs de Terra et ceux de Caliban pour parler discrètement des différences fondamentales entre les deux factions et ce qui, un jour, scindera la légion en deux. Malheureusement, le style de Gav Thorpe se révèle très maladroit et franchement pataud tandis que son histoire n’arrive jamais réellement à provoquer la surprise avec des personnages caricaturaux et peu charismatiques. Un ratage.

    Alors que l’on désespère, c’est Graham McNeill qui va venir changer la donner avec La Dernière Eglise. McNeill fait son Abnett et désobéit au sujet du recueil pour situer son action avant même la Grande Croisade. Dans la dernière église de Terra, le prêtre Uriah Olathaire accueille un étrange visiteur se faisant appeler Révélation et qui vient débattre avec lui de la religion et de la suprématie de la vision de L’Empereur. Totalement divergent des précédents, sans aucune once d’action, le récit est de loin le plus brillant du recueil avec une tentative réussie de McNeill d’opposer la vision religieuse et scientifique, la raison et la foi. On y découvre de plus des événements très anciens, datant des guerres d’Unification ainsi qu’une meilleure vision des motivations de l’Empereur. Imprégnée d’une ironie mordante, La Dernière Eglise est une immense réussite.

    Pour terminer, Après Desh’ea de Matthew Farrer nous expose l’épineuse situation dans laquelle se retrouve les War Hounds lorsqu’ils rencontrent, enfin, leur primarque perdu : Angron. Enfermé dans une des salles du vaisseau depuis sa téléportation par l’Empereur, le primarque est fou de rage. Plusieurs des commandants de la Légion sont déjà allés à sa rencontre pour finir démembrer dans l’aveuglement sanguinaire du primarque. Désespéré, les derniers capitaines envoient Khârn, commandant de la 8ème compagnie, pour tenter encore une fois de le raisonner. Comme pour la nouvelle de McNeill, pas d’affrontement planétaire ou de bataille sanglante mais un face-à-face brutal entre Angron, rongé par la colère d’avoir été privé du dernier combat auprès de ses hommes sur Desh’ea par l’Empereur, et Kharn, fidèle space marine désarçonné par le comportement incompréhensible de son primarque envers ses fils. Cette nouvelle permet de mieux comprendre le chagrin d’Angron mais également de faire le point sur ses motivations futures lors de son ralliement à Horus. Mieux encore, elle trouve l’équilibre entre la démence et la violence du personnage d’une part, et sa dimension martiale. Une franche réussite.

    Chroniques de L’Hérésie est un recueil extrêmement décevant. Sur sept nouvelles, seules deux s’avèrent convaincantes et apportent véritablement un plus au cycle. Les autres ne constituent guère plus que quelques bonus anecdotiques pour les fans hardcore de l’univers. En somme, lisez La Dernière Eglise et Après Desh’ea, c’est amplement suffisant.

    Note : 4/10

    Chronologie :
    - Partie de Chasse de Dan Abnett : Après la trahison d'Horus et avant l'attaque sur Prospero [Lire après la trilogie Loken et AVANT le tome 12]
    - Dans la Gueule du Loup de Mike Lee : Juste avant l'attaque de Prospero [Lire AVANT le tome 12]
    - Les Descendants de la Tempête d'Anthony Reynolds : un peu plus d'un mois après Monarchia
    - La Voix de James Swallow : Après les événements de La Fuite de L'Eisenstein [Lire après le Tome 4]
    - L'Appel du Lion : Peu de temps après l'intégration de Caliban à l'Imperium
    - La Dernière Eglise de Graham McNeill : Juste avant le début de la Grande Croisade
    - Après Desh'ea de Matthew Farrer : Quelques temps après la découverte d'Angron et son exfiltration de son monde natal

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 14, Le Premier Hérétique ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

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  • Au nombre des romans s’intéressant sur une légion en particulier, on trouvait déjà Fulgrim à propos des Emperor’s Children, Légion autour de l’Alpha Legion, Un Milliers de fils sur les Thousand Sons et Prospero brûle sur les Space Wolves. Le tome 14, Le Premier Hérétique, se concentre sur une autre légion space marines : les Word Bearers. Protagonistes essentiels de l’Hérésie d’Horus, Lorgar et ses fils représentent la porte d’entrée du Chaos au sein des armées d’élite de l’Imperium. Pour ce titre primordial et délicat, c’est Aaron Dembski-Bowden qui reçoit carte blanche. L’auteur anglais - déjà responsable d’une série autour des Night Lords et d’Helsreach pour la série Space Marines Battle – fait donc son entrée dans la troupe des auteurs de la Black Library travaillant sur L’Hérésie d’Horus. Pour le meilleur ?

    Lorgar est le Porteur du Verbe, l’Urizen, le fils le plus dévot de L’Empereur. Fanatique de la parole impériale, il conquiert les mondes puis les convertit à la foi en l’Empereur-Dieu de l’humanité. Mais l’Empereur a toujours refusé toute divinisation de sa personne et décide de mettre Lorgar au pas. Il envoie la XIIIème légion de Roboute Guilliman pour anéantir la capitale Monarchia de la planète Khur, une des planètes fanatisées par les Word Bearers. Durement réprimandé par son père en personne, humilié devant sa propre légion, Lorgar s’enferme dans ses quartiers. C’est alors que son premier capitaine, Kor Phaeron, et le premier chapelain, Erebus, murmurent à son oreille que si l’Empereur rejette l’adoration de ses fidèles, d’autres puissances n’attendent que la dévotion de Lorgar... Celui-ci se lance alors dans un Pèlerinage à travers la galaxie pour rencontrer ces mystérieux Dieux que mentionne l’ancienne foi de Colchis, son monde natal. Avec l’aide d’Argel Tal, capitaine de la 7ème compagnie d’assaut, Lorgar va découvrir des secrets qui auraient mieux fait de le rester.

    Depuis le début de la série de L’Hérésie d’Horus, On sait que les Word Bearers ont tenu un rôle clé dans la trahison du maître de guerre. Aaron Dembski-Bowden apporte ici toutes les réponses quant au rôle joué par ceux-ci dans l’Hérésie d’Horus. Le roman commence très fort avec l’événement de Monarchia et l’humiliation de Lorgar, peut-être le tournant décisif de la Grande Croisade, magistralement dépeint par l’auteur anglais. Celui-ci met un accent tout particulier pour explorer le personnage de Lorgar, un primarque à part puisque peu enclin à guerroyer, mais davantage à convertir les masses. La description minutieuse de ses croyances et de ses obsessions permet de bien mieux appréhender le lent et inévitable glissement de la légion vers le Chaos. C’est aussi une foule de détails qu’apporte Dembski-Bowden en retraçant l’histoire de primarque lors de sa prise de pouvoir sur Colchis et la présence de cette fameuse « ancienne foi ». C’est en réalité celle-ci et son emprise sur Kor Phaeron, le véritable premier hérétique, qui donne la clé pour comprendre la déchéance des Word Bearers.

    Non content de dresser un portrait solide et convaincant de Lorgar, l’anglais s’appuie aussi sur le personnage d’Argel Tal, un des capitaines les plus dévoués à Lorgar et qui découvre d’une façon plus naïve les horreurs dans lesquelles s’enfoncent petit à petit sa légion et son primarque. Son personnage permet de mieux s’immerger dans l’histoire, ses quelques doutes lui conférant une aura plus humaine. Ce que réussit fort bien Dembksi-Bowden, c’est également le décalage entre ce que pensent les Word Bearers et leur répugnance vis-à-vis des démons. Ainsi Argel Tal semble pendant longtemps ne même pas réaliser ce qu’il devient. De ce fait, on arrive à suivre d’autant plus facilement la pente glissante qui les amène au cœur du chaos. Cette rencontre avec le chaos s’avère d’ailleurs assez longue – beaucoup de sous-entendus pendant les deux premier tiers du roman – et semble éclater avec l’arrivée dans l’œil de la Terreur et l’espèce de flash-back qui revient sur la vision d’Horus pendant sa conversion au chaos sur Davin. L’auteur anglais s’échine à expliquer comment les puissances du Chaos ont parfaitement orchestré leur duperie pour faire chuter l’Imperium, et cela depuis le début. Les passages autour des cultes démoniaques primitifs dans l’œil de la Terreur n’est pas sans rappeler celui sur Davin dans Les Faux Dieux. La mise en abîme réalisée donne une nouvelle vision sur les projets que nourrissent les dieux du Chaos.

    Le Premier Hérétique arrive finalement à un dernier tiers explosif où tous les fils de l’intrigue se regroupent et où le lecteur se retrouve – à nouveau – plongé dans la sanglante bataille d’Isstvan V. Aaron Dembski-Bowden fait ici preuve d’un grand talent pour dépeindre ce conflit brutal et fait même largement mieux que Graham McNeil dans Fulgrim. Bien sûr, il est vrai qu’il profite d’une autre perspective, celle des légions traitresses qui débarquent sur Isstvan pour la seconde vague et non celles qui défendent au sol, mais la présence de Konrad Curze et de Corvus Corax permet de donner une dimension tout à fait épique à la chose. Ce dernier est ici dépeint de façon magistrale et devient un monstre de charisme dans les pages où il apparait. Cette nouvelle vision d’Isstvan V permet de mieux se rendre compte du piège tendu et du sort désespéré des trois légions loyalistes prises au piège dans la nasse. C’est aussi l’occasion pour l’auteur d’exploiter le potentiel de ses Gal Vorbaks – en fait, les premiers possédés du Chaos – et de livrer quelques visions terrifiantes à son lecteur. Finalement, on ne reprochera guère que l’inutilité de la trame de Cyrène, l’humaine qui a rejoint les Word Bearers après Monarchia. Décidément, les auteurs de la Black Library ont un souci avec les protagonistes purement humains...excepté Dan Abnett, bien entendu. Reste un épilogue tendu et triste qui annonce surtout le prochain volet de l’affrontement entre Ultramarines et Word Bearers, en même temps qu’il annonce – enfin - une avancée dans l’histoire globale du conflit avec, enfin, des événements post-Isstvan V : la bataille de Calth.

    Aaron Dembski-Bowden entre dans la danse de bien belle façon. Le Premier Hérétique est un roman passionnant, qui se bonifie au fur et à mesure des pages et qui regorge d’informations essentielles sur le conflit et l’univers du 31ème millénaire. Ne serait-ce que pour sa conclusion épique, ce quatorzième tome est aussi indispensable que la trilogie Loken ou le diptyque sur les Thousand Sons. On attend avec impatience Félon, le prochain écrit de Dembski-Bowden au sein de L’Hérésie d’Horus.

    Note : 8/10

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.
    Critique du Tome 15, Prospero Brûle ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

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  • Ils sont les Routs, les Space Wolves. Des vingt légions du Père de Tous, ils sont les bourreaux, les exécuteurs. Par tous, les gardes impériaux, les civils et même leurs frères Astartes, ils sont vus comme des bêtes sauvages, des Space Marines dégénérés dont la brutalité aveugle va trop loin. C’est pour cela que dans ce quinzième tome de L’Hérésie D’Horus, pour narrer la complainte de Prospero vue par les Loups de Fenris, la Black Library a choisi son meilleur skjald, son meilleur conteur, Dan Abnett. Il avait déjà réussi à délivrer l’histoire de L’Ascension d’Horus et celle, plus retorse et plus inattendue des enfants de l’Hydre dans Légion. En venant compléter, épouser Un Millier de Fils de Graham Mcneill, son Prospero brûle clame au-dessus des tempêtes d’Asahaim le wyrd des Routs, de Leman Russ, et surtout du skjald des Tra, Ahmad Ibn Rustah, aussi connu sous le nom de Kasper Hawser. Malgré la traîtrise du titre et de sa quatrième de couverture, Prospero brûle vous plonge dans la VIème légion, celle des Loups, et vous raconte non seulement comment ils en sont venus à tuer leurs frères sorciers des Thousand Sons, mais avant toute chose, qui ils sont. Car, croyez-le frères et sœurs de l’Imperium, il n’y a pas de loups sur Fenris.


    Le Skjald Abnett ne fait rien comme ses illustres collègues écrivains. Alors que l’on s’attend à un récit miroir des événements d’Un Millier de Fils, l’anglais prend le contre-pied de ces attentes et livre quelque chose de totalement différent et radicalement plus puissant. Soyez prévenus lecteurs, pour voir le Roi des Loups, Typhon ou Valdor, il vous faudra attendre la toute fin de ce récit de 530 pages. Les trois quarts de l’histoire s’intéressent à autre chose, au récit d’une certaine vision de l’Imperium, de la Grande Croisade et la rencontre de l’humain Kasper Hawser avec Fenris et ses Routs. Abnett emploie encore une fois l’artifice de l’observateur extérieur au monde des Astartes pour nous guider dans les événements, un peu à la façon de son Légion. Mais la comparaison s’arrête là car cette fois, son personnage devient le pivot central de l’intrigue en même temps qu’un protagoniste fascinant, envoûtant et simplement génial. A travers l’histoire d’Hawser, Abnett réussit l’exploit de parler de L’imperium au début de la Grande Croisade, des balbutiements des conservateurs et commémorateurs et forcément de la VIème légion des Space Wolves.

    L’auteur invente tout un parler pour les fils de Russ, à base de Skjald (Conteur), de Wyrd (Destinée) ou encore d’Uppland (Le Monde d’en Haut). Il réussit le tour de force d’engoncer petit à petit le lecteur dans des traditions et un lexique unique, sans jamais se perdre et en gardant une authenticité impeccable. Non content de cela, il représente les Routs (Les Space Wolves) avec une originalité et un sérieux qui forcent le respect. Inspirés largement par les peuplades nordiques, les Space Wolves gomment petit à petit leur aura de brutes et de sauvages incultes pour s’imposer comme des figures d’un charisme éclatant. Abnett accomplit un travail d’orfèvre sur la légion et il se préoccupe peu au début de raccorder son récit avec celui d’Un Millier de Fils. Il développe son histoire à lui, et quel formidable récit rempli de suspense et de mystères il nous offre ! Abnett maitrise ce qu’il raconte de bout en bout et surtout, il arrive encore une fois, après John Grammaticus, à accoucher d’un personnage extraordinaire. Kasper est un conservateur qui a soif de savoir, de comprendre et sa rencontre avec son anathème apparent, les Space Wolves, va le confronter à ses peurs, à ses doutes, mais aussi à des choses auxquelles il n’avait jamais réfléchi auparavant. Poignant dans son humanité, il est la plus grande réussite du roman, c’est dire. C’est, à ce jour, la plus belle figure ayant arpenté les pages d’un roman estampillé 40.000.

    Mais le Wyrd ne s’arrête pas là. Il reprend rapidement avec l’entrelacement des fils d’Un Millier de Fils et de Prospero brûle. Notre Skjald sait qu’il n’a aucun intérêt à refaire chaque événement traité par McNeill d’un autre point de vue, alors il fait simple, rapide et efficace. Il cherche toujours à apporter du neuf et pas simplement une redite. Tout cela culmine dans la dernière partie du roman intitulée « Le Récit », où Abnett emploie tout ce qu’il a minutieusement préparé auparavant dans un récit à la première personne, dans la pure tradition des Routs, de la part de Kasper. Sublime dans son abord des événements de Prospero, l’anglais fait mieux que McNeill ne l’a fait, en deux fois moins de pages. Les événements sont violents, mais la façon qu’il a de les décrire confine au sublime, pour en faire une histoire « orale » qui marie tragique et héroïsme, avec abnégation et tristesse. C’est dramatiquement beau. On comprend mieux l’attaque de Russ, on perçoit tout à fait autrement les Space Wolves, et leur mission qui nous semblait si injuste dans Un Millier de Fils prend ici tout son sens. Abnett établit un contrepoids parfait. Pour finir sur une conclusion magistrale qui, en plus de réserver son lot de surprises, achève de convaincre du talent de l’Anglais. Jamais une légion n’a été si finement cernée et incarnée depuis... Légion... justement ! Chaque Loup a sa raison d’être, chaque personnage secondaire est superbe et attachant. Et surtout, pour la première fois, l’intrigue d’un simple humain (ou presque...) est plus intéressante que le reste. Un coup de maître qui trouve son aboutissement dans la signification qu’Abnett arrive à donner à la simple phrase : « Il n’y a pas de loups sur Fenris », le vrai titre du roman.

    Jetez donc la quatrième de couverture, oubliez le titre, oubliez tout ce que vous pensez savoir sur ce tome. Parce que Prospero brûle est le récit de la vie de Kasper Hawser, la complainte d’un Skjald qui absout tout un peuple, celui des neiges d’Asaheim, les Routs, les fiers et indomptables Space Wolves. Lisez-le à la suite d’Un Millier de Fils et vous avez la meilleure saga du cycle entier. Prospero brûle s’impose, jusqu’ici, comme le pinacle de L’Hérésie D’Horus, et se libère du carcan du roman à licence pour se hisser au rang des excellents livres de science-fiction militaire, tout simplement.
    A l’hiver prochain.

    Note : 8.5/10

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 12, Un Millier de Fils ici.

    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.

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  • [Critique] L'Hérésie d'Horus, Tome 12 : Un Millier de Fils


    Après les tomes Légion ou Fulgrim centrés sur une légion particulière, c’est au tour d’Un Millier de Fils de venir s’intéresser aux fils de Prospero : les Thousand Sons.  Comme pour les Emperor’s Children, la tâche échoie à Graham McNeill qui signe sa quatrième participation au cycle colossal de L’Hérésie d’Horus après Les Morts Oubliés ou Mechanicum. Plus encore que pour Fulgrim, Un Millier de Fils constitue un défi pour l’auteur anglais tant le background autour des Thousand Sons et de leur primarque, Magnus le Rouge, est l'un des plus célèbres de l’univers et surtout l'un des plus importants. Sacrément épais – 630 pages – ce douzième tome va donc devoir décrire une des clefs du conflit intergalactique. Et McNeill nous réserve quelques surprises...

    Le Roi des Loups, Leman Russ, fulmine. Alors que sa légion est aux prises avec l’empire d’Ark Reach, son frère, Magnus le Roi écarlate, et ses précieux Thousand Sons, tentent de percer les secrets de la montagne d’Aghoru. Légion unique parmi ses sœurs, les Thousand Sons ont souffert par le passé d’une terrible erreur dans leur code génétique qui les condamnait à courte échéance. Lorsque Magnus les a sauvés, il a aussi formé ses fils à l’art de manipuler le Warp. Depuis, nombre des primarques murmurent que la légion n’est qu’un ramassis de sorciers qui se balancent dangereusement au bord du gouffre de l’hérésie. Parmi eux, justement, Leman Russ. Lorsque les choses s’emballent sur le Piton du Phénix, le Loup Suprême décide d’en référer à l’Empereur. Attendu sur Nikaea, Magnus sait que le destin de sa légion repose sur la décision de son père...

    Graham McNeill relève donc le gant et s’attaque à l’histoire des Thousand Sons, de la Grande Croisade jusqu’à la destruction de Prospero. Il segmente son récit en plusieurs périodes clés, ainsi que certaines moins importantes...notamment la première partie sur Aghoru qui sert avant tout d’introduction aux personnages et à la légion. Comme d’habitude avec McNeill, c’est fort long et l’on aurait pu largement se passer de l’affrontement initial sous la montagne. La suite relève immédiatement le niveau et nous présente des événements parmi les plus incontournables du 31ème millénaire : Ullanor et Nikaea. On assiste enfin à la Grande Victoire sur Ullanor et à l’annonce de l’Empereur tout comme au très fameux Concile qui changera la face de l’Imperium. La force du roman, c’est évidemment de montrer ce que l’on attend depuis si longtemps mais pas seulement. C’est aussi et surtout de formidablement bien les aborder avec de magnifiques personnages.

    D’abord grâce à Ahriman, très loin de celui qu’il deviendra au 41ème millénaire, le personnage est véritablement une des grandes réussites du roman. Il permet de suivre un Space Marine à la fois colossalement puissant mais qui doute à plusieurs reprises dans les rudes moments qui l’attendent. Ensuite et forcément, grâce à Magnus le Rouge. Protagoniste central du roman, il devient avec Horus et Alpharius, le primarque le plus brillamment dépeint par un récit de la Balck Library. Toute la force du personnage réside dans ses failles tout à fait humaines chez un être pourtant d’une puissance quasi-divine. Mais là où Fulgrim devenait rapidement détestable par son ton hautain, Magnus est un vrai défenseur de la justice et de la connaissance. C’est un enchaînement d’erreurs qui va l’obliger à commettre l’inévitable. Devant l’immensité de son chagrin et l’horreur qu’il éprouve lorsqu’il apprend qu’il a été trompé, Magnus touche immanquablement le lecteur. De même, Mc Neill en profite pour jeter un nouvel éclairage sur différents primarques, cela bien entendu par le point de vue de Magnus, avec Fulgrim, Mortarion (qui en prend pour son grade) ou encore (forcément) le terrible Leman Russ

    S’il l’on ne doit retenir qu’une seule chose d’Un Millier de Fils, c’est la réussite impeccable de McNeill à dépeindre la tragédie qui va s’abattre sur Prospero et les Thousands Sons. Un peu à la façon d’Abnett pour l’Alpha Legion, l’anglais arrive à concilier tout ce que l’on savait auparavant de la légion avec une foultitude de trouvailles qui rendent son destin encore plus poignant. Mieux encore, le roman monte graduellement en puissance avec non pas un mais bien deux sommets : Nikaea, sublime moment aussi terrible que palpitant, et l’arrivée des Loups sur Prospero, morceau de désespoir absolu jusqu’à l’éclatante sortie de Magnus. Le combat final, entre Russ et le Roi Ecarlate, s’avère aussi court qu’intense, amenant à ce que l’on sait inévitable. Mc Neill mène sa barque avec une impressionnante maîtrise. Le seul véritable accroc dans cette belle fresque, c’est la place des commémorateurs, qui font un peu rajout forcé, et qui étirent souvent inutilement le récit (sans parler de la fin de leur trame narrative pour le moins abrupte).

    Depuis ses premiers pas parmi la Black Library, Graham McNeill n’a eu de cesse de s’améliorer. Un Millier de Fils vient couronner ses efforts en s’imposant comme l’un des sommets du cycle et, plus simplement, des publications autour de l’univers de Warhammer 40.000. Une formidable tragédie sur fond de science-fiction militariste.
    A noter que ce tome forme un dytique avec Prospero brûle de Dan Abnett, et que les deux volumes ont été écrit en collaboration par les deux auteurs... Rendez-vous parmi les loups pour le prochain opus.

    Note : 8/10

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    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.
    Critique du Tome 17, Les Morts Oubliés ici.


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  • Pour son cinquième roman dans le cycle de L’Hérésie d’Horus, Graham McNeill abandonne Mechanicum et Légions Astartes pour un corps très spécial dans l’immense machinerie de l’Imperium : L’ Astra Telephatica. Autre originalité, il situe l’action non pas à l’autre bout de la galaxie mais sur le berceau de l’humanité, Terra. Ce dix-septième tome fait un peu figure de « pause » dans le cycle entre la destruction de Prospero et le destin de Corax. En mêlant des protagonistes de natures radicalement différentes – humains, guerrier-tonnerre, space marines, Custodes, Assassin... - McNeill offre un récit dépaysant mais pas forcément indispensable.

    Kaï Zulane est le meilleur astropathe au service de l’Empereur mais depuis l’incident terrible survenu sur l’Argo, son vaisseau au sein de la XIIIème légion, Zulane est incapable de communiquer au moyen du Warp. Pour soigner et recoller son esprit brisé, il est remis à la Cité de la Vue au cœur du Palais Impérial de Terra. La survenue d’une catastrophe psychique sans commune mesure et sa communion forcée avec Sarashina vont faire de lui le détenteur d’un secret dont la portée pourrait changer la face de la guerre civile qui se joue. Déjouant ses gardiens, Zulane tente de s’enfuir avec ceux qui aujourd’hui sont considérés comme des traîtres et notamment Atharva, un Exemptus des Thousand Sons. Dans la traque qui s’engage, Zulane devra faire un choix terrible... parfois tout ce que l’on peut faire c’est empêcher l’ennemi de gagner...

    Les Morts oubliés pèse environ 540 pages. Autant dire que sa lecture prend un certain temps. McNeill nous pose le décor dans la première partie du roman en nous faisant visiter la Cité de la Vue et en nous exposant ses différentes fonctions et institutions (comme les Cryptaesthésistes). Si le tout regorge d’informations pour le fan de l’univers, il faut bien avouer que cette partie est un peu le point faible du récit. Simplement parce que pas grand-chose ne s’y passe (excepté à la toute fin) et que les vrais événements – la traque elle-même – ne commencent que bien tard, dans la seconde partie. Même si tout ce qui gravite autour de Zulane s’avère fascinant, McNeill perd un peu de la force de son récit et l’étire inutilement. Une franche coupe dans ces pages aurait été souhaitable, surtout autour du personnage de Roxanne qui apparaît très vite dans l’histoire pour se retrouver mise de côté pendant les deux tiers qui suivent...

    L’autre point faible des Morts Oubliés, c’est en fait le côté anecdotique des révélations qui sont contenues dans le fameux secret que détient Zulane. Certes, le néophyte y trouvera quelques surprises sur le destin de l’Imperium, mais quiconque connaît Warhammer 40.000 au préalable ne sera absolument pas surpris de ces visions. Ce qui est déjà nettement plus intéressant, c’est le pragmatisme et le fatalisme de l’Empereur face à ce funeste destin. On retrouve ce sens du sacrifice si noble et si cher à l’univers. Celui-ci se retrouve aussi dans l’attitude des compagnons de Zulane, les infortunés space marines enfermés pour leur seule appartenance à des légions qui se sont rebellées. La peinture des World Eaters et surtout du Thousand Sons est géniale. De même, dès que l’aventure avec ceux-là est lancée, le récit s’emballe et McNeill nous tient jusqu’au bout en haleine.

    Outre cela, le roman peut se targuer de nous faire visiter Terra, que l’on connaissait mal jusque-là mais aussi de nous faire rencontrer une large diversité de personnages. De l’assassin Culexus aux redoutables Custodes, en passant par des navigators et des astropathes, on découvre de nombreuses autres facettes de l’univers. Quelques personnages secondaires seront d’ailleurs particulièrement réussis, à commencer par Nagasena, le traqueur mystérieux à la tête de l’expédition, ou encore Babou Dhakar. Ce dernier permet à McNeill de disserter sur un terrain inédit et vraiment intéressant, celui de l’Unicité et de l’ère pré-impériale. On découvre les fameux guerriers-tonnerre et leur funeste destin tout en continuant à s’interroger sur les intentions de l’Empereur. Malgré le fait que ce fil ne soit pas non plus vraiment exploité vers la toute fin du récit, l’initiative est à saluer. De même, il faut avouer que tout ce qui tourne autour des visions psychiques et/ou des pouvoirs des psykers est remarquablement bien représenté par l’auteur.

    Histoire sympathique mais pas vraiment indispensable dans le cycle, Les Morts Oubliés tente de porter un regard original sur l’univers de l’Imperium. Malgré sa longueur exagérée, l’histoire de Kaï Zulane tient nombre de ses promesses et permettra aux lecteurs de faire une halte dépaysante dans la grande fresque guerrière de L’Hérésie d’Horus.

    Note : 6.5/10

    N.B : Ce tome est indépendant dans le cycle, il peut se lire avant Thousand Sons. La critique arrive en avance car le roman est en attente de réédition et donc introuvable et qu'il s'agit d'un prêt.

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.

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  • L'Hérésie d'Horus, Tome 8 : La Bataille des Abysses


    Selon que vous suiviez l’ordre chronologique de parution des romans en France ou celui dicté par la Black Library, La Bataille des Abysses est le 9ème ou le 8ème tome du cycle de L’Hérésie D’Horus. En réalité, peu importe puisque les deux romans n’ont aucun lien et peuvent se lire dans l’ordre que l’on souhaite. Pour retracer le début de l’opposition entre Word Bearers et Ultramarines, c’est Ben Counter qui revient sur le devant de la scène, auteur que l’on n’avait pas lu depuis le troisième tome de la trilogie Loken. Seulement voilà, on sait que l’anglais a non seulement besoin d’une ligne directrice mais aussi de sérieuses coupes dans ses romans pour être à la hauteur. La Bataille des Abysses laisse donc quelques craintes vis-à-vis de la qualité de l’entreprise...

    L’Hérésie germe dans toute la galaxie. Le Furious Abyss, vaisseau Tueur-de-planète, vient de se lancer dans une course effrénée vers MacCragge, la planète natale de la légion des Ultramarines. Commandé par le capitaine de la Flotte Zadkiel, un chapitre complet des Word Bearers s’apprête à frapper sournoisement les hommes de Guilliman. La seule chose que le plan de Kor Phaeraon n’avait pas prévu, c’était l’intervention d’un groupe d’hommes déterminés emmenés par le capitaine Cestus et le contre-amiral Kaminska de la flotte Saturnienne. Avec un groupe hétéroclite formé par les guerriers des Ultramarines, des Space Wolves, des World Eaters et même un Thousand Sons, une traque périlleuse s’engage et déterminera le destin de toute la galaxie.

    La Bataille des Abysses commence mal. En effet, Counter n’a peut-être besoin de personne pour écrire des phases d’affrontements, mais lorsqu’il s’agit de mener une histoire, même simpliste, il a besoin de bases solides (comme dans la trilogie Loken). Or, ce roman nécessite d’abord d’installer les protagonistes et enjeux, ce qui fait que toute la première moitié du roman peine énormément. D’abord parce que Counter écrit  maladroitement mais surtout parce que ses dialogues s’avèrent totalement nuls. La palme revient aux paroles de Brynngar, le Space Wolf, d’un ridicule consommé tellement l’écrivain veut trop en faire. De toute façon, tous les protagonistes du livre ne sont que de faibles caricatures là où les romans précédents insufflaient du charisme ou un poil d’empathie. Que ce soit Cestus ou Zadkiel, on se fout totalement de leur destin. Un drame en soi pour un livre d’action-aventure...

    Mais le pire n’est pas dans cette faiblesse d’écriture. Celle-ci tend à s’amoindrir dans la seconde moitié... lorsqu’arrivent les enchaînements de batailles spatiales (certainement la seule chose réussie du roman). Non, le pire en fait, c’est que Counter enchaîne les invraisemblances et les incohérences, rien n’est crédible dans son histoire à l’exception du plan de Kor Phaeron. Le Furious Abyss est censé embarquer un chapitre de Space Marines, soit environ mille hommes, mais jamais dans le récit on ne voit plus de vingt Word Bearers simultanément barrer la route aux loyalistes. Comme si 90% de l’équipage se foutait de ce qui se passe sur le vaisseau. De même, comment expliquer la collusion des World Eaters, des Space Wolves Etc... Qu’est-ce que font ces space marines si loin de leurs légions ? Counter s’en fiche. Pire encore, le seul personnage un peu intéressant, le Thousand Sons Mhotep, se retrouve piégé dans une fin absurde en train de combattre un démon dans une épave de vaisseau. On sait qu’il va mourir, donc on s’en fiche, et donc le récit est gonflé artificiellement... encore !

    Les erreurs de ce genre, il y en a des tonnes dans la Bataille des Abysses. Comment expliquer que le démon dans l’équipage loyaliste se dévoile alors que le vaisseau est à la dérive, tout proche de la destruction, à quoi ça sert ? Et puis ces sempiternelles pages sur la force des Word Bearers alors qu’ils sont incapables de tuer un seul intrus dans leur vaisseau, fut-il un World Eaters ! Le récit accumule tellement de bourdes qu’il en devient ridicule. En rajoutant que même sur 400 pages, Counter arrive encore à traîner en longueur, La Bataille des Abysses peut se targuer d’être un ratage total. Il n’y a rien à en sauver ou presque. Seules quelques informations éparses sur le plan des Word Bearers ou les Suppliants, des créatures abjectes créées par Phaeron, sont dignes d’intérêt. Tout le reste n’est que médiocrité et absurdité.

    La Bataille des Abysses peut aisément être évité par le lecteur. Inutile au cycle de L’Hérésie d’Horus – pour ce qu’il faut savoir dessus, lisez un résumé, ça suffira amplement – le roman de Ben Counter n’est rien de moins qu’un récit insipide et douloureux. Heureusement que l’auteur semble ne plus sévir par la suite et que le jeune Aaron Dembski-Bowden prend le relais pour Le Premier Hérétique... en espérant qu’il pourra relever le niveau.
    Évitez ce récit, tout simplement.

    Note : 2.5/10

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    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
    Critique du Tome 7, Légion ici.
    Critique du Tome 9, Mechanicum ici.


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  • Sur Mars, l’homme vénère la Machine. Ceux qui ont forgé l’immense organisation du Mechanicum avancent désormais main dans la main avec les hommes de Terra pour reconquérir la galaxie au nom de l’Empereur de l’humanité. Mais l’Omnimessie se retrouve aujourd’hui dans une position dangereuse. Certains au sein du Mechanicum murmurent que l’Empereur n’a pas libéré Mars mais l’a asservi et qu’il n’est pas l’incarnation du Dieu-Machine. Parmi eux, le puissant Fabricator General Kelbor-Hal et les maîtres de forges Chrom et Malevolus. C’est alors que Régulus, l’émissaire d’Horus Lupercal arrive sur Mars avec une proposition sinistre qui risque d’entraîner tout Mars dans une violente guerre civile. De leur côté, les fidèles de l’Empereur se rassemblent pour une dernière lutte désespérée. Koriel Zeth, la redoutable maîtresse de la Cité du Magma fait appel aux loyaux sujets de la Legio Tempestus et des Chevaliers de Taranis pour protéger son grand projet. Elle a en effet mandé Dalia Cythera, une transcriptrice aux pouvoirs extraordinaires, pour accéder au savoir universel. Mais Dalia va découvrir bien plus qu’elle n’était censée le faire sous les cieux menaçants de Mars...

    Graham McNeill revient après son pavé sur Fulgrim pour s’attaquer à un sujet qu’il maîtrise bien, les adeptes de Mars. Ainsi, ce 9ème tome de L’Hérésie D’Horus fait un peu le même choix narratif que le précédent, Légion (critiqué ici), en délaissant les Space Marines pour se concentrer sur une nouvelle faction entraperçue dans les volumes précédents, les disciples du Dieu-Machines. Mechanicum revient un peu en arrière (grosse modo au niveau de la trame temporelle des deux premiers volumes du cycle) pour s’achever sur le funeste destin de la planète Mars prise dans les mâchoires de l’Hérésie. Relativement épais (450 pages environ), le livre ne se contente pas de nous conter la chute des derniers bastions loyaux à l’Empereur, mais en profite pour installer une intrigue secondaire qui ne manquera pas de titiller les fans de l’univers.

    Mechanicum nous plonge donc dans l’organisation Martienne bien connue des fans de Warhammer. Ses adeptes vénèrent la mécanique et la technologie avec une telle avidité et une telle obsession qu’ils se modifient lentement au cours de leur existence pour remplacer des parties organiques de leur corps par du métal. McNeill adore cette faction et ça se voit. Ses descriptions et sa plongée sans retenue dans les différents organes du pouvoir de Mars fascinent le lecteur. Même s’il se borne finalement à peu (deux légios de Titans seulement par exemple), l’anglais accouche de personnages charismatiques et attachants, notamment le Princeps Cavalerio, Korial Zeth ou encore Dalia Cythera. Curieusement, McNeill s’aventure moins à parler des rebelles, les passages avec Kelbor Hal sont moins nombreux sans parler de l’inexistence de chapitres consacrés à la Legio Mortis. Cela n’affaiblit pas forcément le récit mais a de quoi frustrer ceux qui voulaient s’immiscer dans les rangs du Mechanicum Noir.

    McNeill choisit au final de narrer le déroulement de la guerre civile sur Mars avec brutalité et précision (la rencontre initiale entre les Legio Mortis et Tempestus) tout en laissant une belle part du récit à la sous-intrigue de Cythera. Ce choix pourra en rendre perplexe certains mais pourtant, il apporte une originalité que l’on n’avait pas coutume de voir avant l’arrivée de Légion : celle d’ajouter des Xenos aux conflits. La petite bande de Dalia ne joue pas tant un rôle important dans la guerre sur Mars... mais plutôt dans une future guerre intergalactique autrement plus meurtrière mais qui se déroulera des milliers d’années plus tard. Avec cette histoire dans l’histoire, McNeill fait plaisir aux connaisseurs de l’univers dont aucun n’a oublié celui que l’on nomme le Dragon de Mars. Seulement voilà, les autres risquent de ne pas du tout comprendre la pertinence de ce passage... Ce qui est, avouons-le, bien dommage car il constitue tout de même une pierre angulaire du 41ème millénaire.

    Du côté de la guerre civile, McNeill s’en sort brillamment. D’abord en faisant monter la pression entre les différentes factions, puis ensuite en décrivant les affrontements qui en résultent. Il faut saluer sa représentation des batailles entre Légions Titaniques, intense et épique, qui culminent lors de l’immense bataille devant la Cité du Magma. Même si l’on sait l’issue inévitable, l’auteur insuffle un souffle héroïque désespéré dans la confrontation qui ne manque jamais de piquant. Le charisme de Cavalerio et des chevaliers de Taranis n’y est d’ailleurs pas étrangère. Reste l’intervention des Imperial Fist, aussi frustrante qu’’exaltante pour le lecteur, puisque McNeill ne fera jamais de réelle place aux Space Marines, mais restera ancré sur le Mechanicum et les hommes qui se retrouvent piégés sur une planète qui tombe en morceaux. Un choix tout à fait logique et cohérent puisque c’est bien à Mars que le livre rend honneur. Le seul vrai reproche à faire au roman de McNeill, c’est cette espèce d’intrigue mal fichue autour de la machine démoniaque de Chrom, trop artificielle et vraiment laborieuse.

    Mechanicum donne l’occasion à Graham McNeill de revenir au meilleur de sa forme. Passionnant et parfois épique, le récit concilie plusieurs facettes de l’univers et change des sempiternels affrontements entre Space Marine. Reste que seuls les vétérans de l’univers pourront appréhender toutes les allusions de l’écrivain. 
    Un bon cru.

    Note : 7,5/10

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    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.
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    Critique du Tome 8, La Bataille des Abysses ici.


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  • Légion


    Pour ce septième tome de L’Hérésie d’Horus, c’est le génial Dan Abnett qui revient pour nous parler d’une des légions les plus méconnues qui soit dans l’univers de Warhammer 40.000, celle de l’Alpha Legion. Comme l’anglais ne fait pas les choses comme tout le monde, il choisit de positionner son action deux ans avant l’Hérésie et de livrer ainsi une préquelle à la trilogie Loken. Mais ce n’est pas la dernière surprise que nous réserve Légion, qui avec ses 415 pages renoue avec l’excellence de l’Ascension d’Horus et davantage encore.

    Sur la planète Nurth, la 670ème flotte expéditionnaire piétine devant l’armée Nurthienne et sa magie aérienne. Alors que certains des plus prestigieux régiments de la Garde Impériale se battent sans relâche, comme la Chiliade cinq-deux du Geno ou les Outremars, le seigneur commandant Namatjira lance un appel à l’aide aux légions Astartes pour mettre à genou les Nurthiens. C’est la plus énigmatique et la plus retorse des légions qui répond à l’appel des impériaux et leur vient en aide au lieu de livrer bataille à Ullanor avec l’Empereur : l’Alpha Legion. Lorsque les Space Marines entrent dans la danse, les cartes du jeu se troublent. On dirait bien qu’il n’y a pas qu’une simple bataille planétaire en jeu et des puissances aussi vieilles que la Galaxie elle-même se mettent en branle pour avertir Alpharius d’un immense danger à venir.

    Fait unique jusqu’ici, le récit de Légion n’est pas vu à travers les yeux des Space Marines. Abnett choisit de prendre des individus humains « ordinaires » (ou presque) de la Garde Impériale combattant sur Nurth. En premier lieu se trouvent les hommes du Geno, des humains génétiquement sélectionnés et légèrement améliorés – une sorte de Space Marine light sans armure – et dont la structure d’armée s’avère très originale avec les uxxor qui commandent chaque cohorte et transmettent leur ordre par télépathie. Ainsi on suit surtout Honzi, Soneka et d’autres gardes non seulement face à un ennemi redoutable – les Nurthiens – mais aussi livrés aux mensonges et aux secrets utilisés par tous les partis en présence, et notamment les membres de l’Alpha Légion. Une grande partie de l’action se passe sur Nurth et fait la part belle au mystère, non seulement vis-à-vis des Nurthiens et de leur allégeance (que l’on devine rapidement) mais surtout vis-à-vis des Marines et de leur primarque si discret. Alpharius étant certainement le moins connu de tous les fils de l’Empereur, Abnett a l’occasion de remodeler son histoire et d’imaginer une structure et une méthode de combat originales à cette légion, la seule à comprendre dans ses rangs des hommes ordinaires.

    Abnett n’a rien perdu de sa vivacité et de son talent pour entretenir le suspense et captiver le lecteur. Légion passionne par ses multiples rebondissements et mêle dans un même récit Impérium, Chaos et...Xénos. Car l’anglais ne fait pas que nous raconter un fait d’armes de la XXème légion, il nous parle également du passage d’Alpharius dans le camp d’Horus et de ses motivations. Là où la plupart se serait contenté du strict minimum, Abnett imagine une immense machination d’origine Xénos avec une Cabale d’extra-terrestre dont John Grammaticus serait l’émissaire. Personnage captivant, Grammaticus est une des plus grandes réussites du roman, de par son humanité enfouie et ses obligations vis-à-vis de la Cabale dans le même temps. Puisque le fluff autour de L’alpha Legion était jusque là très évasif sur l’Alpha Legion, Abnett repart des bribes glanées de-ci de-là et arrive à les assembler avec son hypothèse de conspiration galactique pour accoucher d’un coup de théâtre et d’une fin totalement inattendue. Alpharius ne choisit pas Horus par connivence, bien au contraire, et les raisons de son allégeance propulse l’Alpha Légion au rang des plus intéressantes légions Space Marines à suivre.

    De même, Abnett a parfaitement compris que pour magnifier des personnages ( Alpharius, Omegon ou les autres de L’Alpha Legion), le meilleur moyen est de les définir par les yeux d’autres protagonistes. Un peu à la manière d’un Raiden dans Metal Gear Solid 2, Soneka et Bronzi nous permettent de mieux appréhender la grandeur des Space Marines, ce simple outil de narration permettant de donner une autre dimension au Primarque. C’est pour cela qu’Alpharius, sans pour autant se dévoiler autant que l’ont fait Horus ou Fulgrim, devient un des personnages les plus emblématiques de la saga. De même, la façon qu’a l’anglais pour amener les choses le place très largement au-dessus d’un McNeill ou d’un Counter, on reste captiver du début à la fin par l’intrigue de Légion et les connaisseurs de l’univers vont prendre un immense plaisir à découvrir toutes sortes de petites choses sur L’Alpha Legion mais aussi sur l’Hérésie elle-même. La toute fin pousse même le vice jusqu’à laisser le lecteur choisir son opinion à l’encontre de la Cabale : Manipulateurs avides de détruire l’humanité ou bienfaiteurs de la galaxie quelqu’en soit le coût ? Une chose est sûre, on a hâte de retrouver Alpharius et ses (sur)hommes.

    Légion est une surprise de taille. Pas en terme de pages puisque le roman reste assez raisonnable à ce niveau mais en termes de densité narrative, de suspense et d’intrigue. Véritable bonheur pour tout fan de L’Hérésie d’Horus ou du monde de 40.000 en général, Légion est aussi et surtout un excellent roman de divertissement SF dont vous auriez tort de vous priver. Même si le début est assez difficile avec la profusion de termes employés, la suite est une totale réussite. Le meilleur tome de la série jusqu'ici.

    Note : 8/10


    N.B : Le Tome 6 du Cycle ne sera pas chroniqué, tout simplement parce que Le Retour des Anges de Scanlon est unanimement salué comme une piètre lecture et une perte de temps. Vous pouvez donc totalement zapper le dyptique Dark Angels et ainsi ne pas ternir votre image de la légion du Lion.

    Critique du Tome 1, L'Ascension d'Horus ici.
    Critique du Tome 2, Les Faux Dieux ici.
    Critique du Tome 3, La Galaxie en flammes ici.
    Critique du Tome 4, La Fuite de L'Eisenstein ici.
    Critique du Tome 5, Fulgrim ici.

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